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Message du Mouvement National Congolais/ Lumumba à l'occasion de la commémoration de l'Indépendance de la République Démocratique du Congo le 30/06/1960
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Lumbamba Kanyiki
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Le Peuple Congolais commémore en ce jour le 38 ème anniversaire de son Indépendance. Sous d'autres cieux, un homme de 38 ans est une personne mûre , responsable de famille, capable de concourir librement à la gestion de son pays. 38 ans, c'est donc l'âge de la pleine maturité, en d'autres termes, la fleur de l'âge!

Que pourrons-nous dire du Congo et ses 38 ans d'Indépendance? Le peuple Congolais avait espéré des lendemains meilleurs après la chute de la dictature de Mobutu. Mais quelle n'a pas été sa déception eu égard à la dictature de Kabila! Les 38 ans de l'Indépendance du Congo, ce sont non seulement les espoirs décus, des douleurs et soufrances des opprimés face à un futur incertain, mais aussi de l'indignation résultant de l'incompréhension de ceux qui se sont imposés aux rênes du pays, prenant leur peuple en otage.

Et cela, le peuple l'a manifesté encore une fois de plus lors de dernières festivités commémorant la prise de pouvoir par Monsieur Kabila. Les images restransmises à cet effet par les télévisions nationales et étrangères ont été à elles-mêmes éloquentes : les gradins du stade de martyrs vides. Les fauteuils réservés aux hôtes de marque invités pour la circonstance vides. Le peuple Congolais et les amis du "Mzee", le sage, ceux-là mêmes qui l'ont porté au pouvoir n'ont répondu à son appel.

Pour nous, membres du Mouvement National Congolais/Lumumba, nous saisissons cette occasion qui nous est offerte pour réflechir sur la politique actuelle des dirigeants du pays et formuler des recommandations pour le sortir de la crise et le porter à la maturité véritable.

Il est vrai que Monsieur Kabila, en se placant à la direction des affaires du pays, a trouvé une situation socio-économique désastreuse. Mais il n'a rien fait pour la redresser, bien au contraire. Et rien ne laisse entrevoir une amorce de changement. La misère a atteint le paroxysme jamais atteint pendant que la corruption et les détournements de deniers publics déjà dénoncés du temps de Mobutu ont refait surface.
Sur le plan politique, le processus de démocratisation déjà engagé par le peuple regroupé dans des partis politiques et des Organisations non-gouvernementales a été arrêté. Se prenant trop au serieux dans son rôle de "libérateur", Monsieur Kabila s'est d'abord proclamé Président de la République Démocatique du Congo, foulant aux pieds tous les efforts de l'Opposition et de la Société Civile qui lui ont permis de voler de victoire en victoire jusqu' à la chute du regime de Mobutu. Ensuite il a cherché et cherche toujours à asseoir son pouvoir par la peur et la terreur : Suppression des partis politiques sauf l'AFDL, arrestations arbitraires, jugements sommaires et expéditifs, tortures et usages répétés de la chicote, meurtres, etc...

Le peuple qui l'a acclamé comme libérateur est désormais pris au piège et tenu en otage. Le "Mzee" ´va reconstruire le pays avec les hommes nouveaux, sains, c'est-à-dire ceux de la diaspora, qui ne se sont pas salis avec les mobutistes. Il s'est ainsi entouré d'énergumènes munis de grands diplômes, bien sûr, mais sans expérience et connaissance sur terrain, rêveurs et incapables de traiter un dossier et de le clôturer. La plupart des membres de son entourage, sitôt leurs études terminées, ont brillé pendant leur séjour en
Europe ou en Amérique dans des escroqueries de tout genre et l'oisiveté. Ils ont trouvé dans la chute de Mobutu une opportunité de se préparer une bonne retraite!

Pendant ce temps, les gestionnaires ayant oeuvré sous le regime de Mobutu dans l'Administration, dans des Entreprises publiques ou dans l'Armée sont purement et simplement limogés, remis au garage ou traduits en justice selon les cas.
Ce qui donnera au pays beaucoup d'années pour se resaisir.

Le peuple s'est battu et fait couler son sang pour la démocratie. IL continue à réclamer ses droits à cor et à cris. Monsieur Kabila doit comprendre que l'heure du "Guide Eclairé", "Papa Président" ou du "Père de la Nation" est déjà revolue. La gestion du pays est une affaire de tous. Elle exige des structures stables, issues d'une loi fondamentale élaborée par une commission consentuelle, représentant toutes les tendances et toutes les couches de la
population.

C'est une honte pour le Congo et pour l'Afrique que de trouver de nos jours des dirigeants animés de mauvaise foi, allant jusqu'à priver leur peuple du droit qu'ont leurs semblables sous d'autres cieux de disposer et de déterminer leur propre devenir.

C'est pourquoi, en ce jour mémorable, nous demandons ce qui suit à Monsieur Kabila:

1) La libération du peuple dans l'exercice de ses libertés fondamentales et, par conséquent, autoriser les activités politiques de tous les partis politiques;

2) La libération de tous les détenus politiques et d'opinions;

3) La tenue d'une table ronde où seront invités les représentants de l'opposition et de la société civile et autour de la quelle sera défini le cadre de la transition et élaboré la future constitution devant régir le pays;

4) La composition d'un gouvernement de large union nationale approuvé par tous et dont la mission sera de sécuriser le pays, de créer un cadre juridique favorisant la mise en confiance des investisseurs tant nationaux qu'étrangers;

5) La préparation des élections libres et démocratiques.

Il est inutile et même peu sage de faire cavalier seul dans la gestion moderne d'un pays. En cas d'entêtement, le sort réservé à Monsieur Kabila ne sera en rien différent de celui qu'il a infligé à Mobutu. Car le peuple congolais ne reculera jamais devant ses exigences.

Que vive le Congo!

Fait à Erftstadt, le 30/06/1998

Lumbamba Kanyiki

Chargé de l'Organisation
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