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Lettre du collectif de l'opposition au Président des Etats Unis d'Amérique
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Gérard Kamanda wa Kamanda (Coordination politique)
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Au Président Des Etats-Unis D'Amérique

Avec Ampliation :

Au Secrétaire Général De L'Onu

A La Présidence De L'Union Européenne

Aux Chefs D'Etat Et De Gouvernements Africains

Mars 1998

Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l'ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la Terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l'opinion de l'humanité l'oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation.

Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.

Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructrice de ce but, le peuple a le droit de changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtrons les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur.

... Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future...

... A diverses reprises, il a dissous les Chambres des représentants parce qu'elles s'opposaient avec une mâle fermeté à ses empiétements sur les droits du peuple.

Après ces dissolutions, il a refusé pendant longtemps de faire élire d'autres Chambres de représentants, et le pouvoir législatif, qui n'est pas susceptible d'anéantissement, est ainsi retourné au peuple tout entier pour être exercé par lui, l'Etat restant, dans l'intervalle, exposé à tous les dangers d'invasions du dehors et de convulsions au dedans...

... Il a entravé l'administration de la justice...

... Il a rendu les juges dépendants de sa seule volonté, pour la durée de leurs offices et pour le taux et le paiement de leurs appointements.

… Il a créé une multitude d'emplois et envoyé dans ce pays des essaims de nouveaux employés pour vexer notre peuple et dévorer sa substance...

... Il a affecté de rendre le pouvoir militaire indépendant de l'autorité civile et même supérieur à elle. Il s'est coalisé avec d'autres pour nous soumettre à une juridiction étrangère à nos Constitutions et non reconnue par nos lois, en donnant sa caution à des actes de prétendue législation ayant pour objet :

de mettre en quartier parmi nous de gros corps de troupes armées ;

de les protéger par une procédure illusoire contre le châtiment des meurtres qu'ils auraient commis sur la personne des habitants de ces Etats;...

... En ce moment même, il transporte de grandes armées de mercenaires étrangers pour accomplir l'œuvre de mort, de désolation et de tyrannie qui a été commencée avec des circonstances de cruauté et de perfidie dont on aurait peine à trouver des exemples dans les siècles plus barbares, et qui sont tout à fait indignes du chef d'une nation civilisé...

... Dans tout le cours de ces oppressions, nous avons demandé justice dans les termes les plus humbles ; nos pétitions répétées n'ont reçu pour réponse que des injustices répétées. Un prince dont le caractère est ainsi marqué par les actions qui peuvent signaler un tyran est impropre à gouverner un peuple libre...

Déclaration d'Indépendance *

4 juillet 1776 - USA

(* Traduction de Thomas Jefferson)

 

Monsieur le Président,

 

Au nom de notre peuple, atteint dans sa dignité par le régime d'occupation que lui impose l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo de M. Laurent Désiré Kabila, depuis qu'il s'est auto-proclamé Président de la République, le 29 mai 1997, en général et en particulier au nom des partis et groupements politiques interdits qui forment, aujourd'hui, l'Opposition au régime de M. Kabila, spécialement :

- l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social, U.D.P.S. ;

- le Front Commun des Nationalistes, F.C.N. ;

- le Parti Démocrate Social Chrétien, P.D.S.C. ;

- le Mouvement National Congolais Lumumba, M.N.C.-L. ;

- les Forces Nouvelles de l'Union Sacrée, FO.N.U.S. ;

- le Conseil de la Résistance pour la Libération Nationale, C.R.L.N. ;

- le Mouvement National pour la Sauvegarde de la Démocratie, M.N.S.D. ;

- le Rassemblement des Patriotes Congolais, R.P.C. ;

nous vous souhaitons ainsi qu'à votre importante délégation une chaleureuse bienvenue en terre africaine, terre de paix, de dialogue et d'ouverture, à l'occasion de votre première visite sur notre Continent.

Nous sommes très sensibles à l'intérêt que les Etats-Unis d'Amérique semblent porter aux problèmes de notre Continent, en général, et à ceux de la sous-région des Grands Lacs, en Afrique Centrale, en particulier : l'Insécurité, l'Instabilité, le Sous-Développement, les Violations des Droits de l'Homme, le déficit de Démocratie, les Crimes contre l'Humanité, la Tyrannie, l'Epuration Ethnique, l'Exclusion, la Famine, les Maladies et la Pauvreté. Et, dans ce contexte, nous vous remercions tout particulièrement de ne pas vous être rendu au Congo de Kabila, car votre visite aurait servi de caution à la profonde humiliation que représente pour notre peuple le régime d'occupation de Kabila et à l'imposture historique qui l'a conduit au pouvoir.

Dans le même esprit, nous espérons fermement que votre séjour dans la Sous-Région des Grands Lacs ne contribuera pas à conforter la volonté de puissance et de domination des minorités organisées qui se sont emparées du pouvoir par la force et qui se maintiennent par la force, niant à la majorité ses droits les plus élémentaires et forçant ses membres à l'exil, dans d'autres Nations. Une telle volonté d'exclusion ne peut que provoquer des frustrations légitimes qui risquent, à la longue, de miner durablement les fondements de la paix, de la stabilité, de la sécurité et du développement, en Afrique Centrale.

Au Sommet des 8 à Denver, en juin 1997, vous aviez déclaré, à juste titre, que " au fur et à mesure que les barrières tombent, les problèmes qui surgissent dans un pays peuvent rapidement affecter d'autres pays, qu'il s'agisse de crises financières, du crime organisé ou de l'apparition de maladies mortelles... ". Et dans votre discours de clôture vous avez informé le Monde entier que le Sommet des 8 avait décidé de " poursuivre ses efforts pour consolider et promouvoir la démocratie et la Liberté à travers le Monde ". Notre pays et notre région souffrent de maux graves dont le foyer de propagation se trouve là même où vous avez décidé de poser les pieds, dans la région des Grands Lacs : le déni de démocratie, la volonté de puissance, de domination et d'exclusion dont votre pays a combattu les conséquences, sur le théâtre de guerre, en Europe !

Les extraits de la Déclaration de l'Indépendance de votre pays repris en liminaire de ce Mémorandum résument la convergence des aspirations de nos peuples respectifs qui ont foi dans les mêmes principes : ceux qui vous ont permis d'arracher votre indépendance en 1776 et qui ont justifié, au début du siècle, les résistances héroïques de notre peuple à l'imposition de l'ordre colonial, jusqu'à notre accession à l'indépendance, en 1960. Le temps n'altère pas la dignité et la fierté de l'âme profonde des peuples libres.

Et parce que, nous connaissons le profond attachement du démocrate et du Président de la première puissance du Monde libre que vous êtes, à ces principes, nous avons résolu - au nom de 50 millions de " sans voix " enfermés dans les geôles de l'obscurantisme despotique et de la tyrannie au Congo-Kinshasa, sous Kabila - de vous soumettre le présent Mémorandum pour vous faire part, à la fois, des craintes et des inquiétudes que nous inspire la situation politique actuelle, dans la Sous-Régions des Grands Lacs et au Congo-Kinshasa, et de notre vision de l'avenir, car à l'instar de la résistance héroïque du peuple de France, sous le régime de Vichy et l'occupation allemande, notre peuple n'acceptera plus jamais l'occupation étrangère, qu'elle soit non africaine ou africaine.

 

Nature de la crise dans la sous-région des grands lacs

 

Monsieur le Président,

 

Le vrai problème qui se pose dans la région des Grands Lacs et qui crée l'instabilité n'est :

- ni un problème de réfugiés rwandais et burundais Hutu qui créeraient l'instabilité et l'insécurité, à partir des pays voisins, notamment le Congo-Kinshasa ;

- ni celui des prétendus Tutsi zaïro-congolais, dits Banyamulenge (fiction ethnique) auxquels ont refuserait la nationalité zaïro-congolaise ;

- ni enfin, celui des " groupes armés vaincus ou des rébellions ougandaise, rwandaise, burundaise et zaïro-congolaise qui représenteraient une menace pour les pouvoirs établis de l'Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de l'ex-Zaïre ", selon l'expression malheureuse de M. Aldo Ayello, Envoyé Spécial de l'Union Européenne dans cette région.

Le vrai problème est double :

  • 1. Premièrement, celui des régimes minoritaires installés par la force en Ouganda, au Rwanda et au Burundi et qui se maintiennent par la force, niant à la majorité ses droits démocratiques, notamment le principe fondamental " un homme, une voix ". Ainsi, des groupes minoritaires (14% de la population du Rwanda et du Burundi et moins de 10% de celle de l'Ouganda) imposent leur loi à la majorité de la population, soit plus de 86%.
  • 2. Deuxièmement, celui de la volonté de puissance et de domination d'un groupe (Hima-Tutsi) qui veut contrôler une large portion de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique Centrale et qui s'organise sur une base ethnique, de l'Erythrée au Congo-Zaïre en passant par l'Ethiopie, la Somalie, le Kenya, l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie.

Tous les autres essais politico-philosophiques hasardeux qui s'élaborent là-bas (Etat sans partis - démocratie mono-partiste - nouvelle vision politique africaine - priorité au développement et à la reconstruction etc...) ne servent qu'à conforter la volonté de puissance de cette minorité.

C'est cette volonté de puissance et de domination qui les pousse à vouloir occuper d'une manière ou d'une autre la province zaïro-congolaise du Kivu. En outre, c'est cela la motivation réelle de la guerre contre l'ex-Zaïre et de la conclusion des Accords félons de Lemera entre la coalition formée par les dirigeants de l'Ouganda, du Rwanda, du Burundi, et l'AFDL de Laurent Désiré Kabila.

Ce n'est pas en occultant cette réalité, en voulant détourner l'attention de l'opinion internationale sur l'insécurité qui menacerait leurs gouvernements à partir des frontières zaïro-congolaises du Kivu, en cherchant à installer massivement des Tutsi au Kivu - ce à quoi notre peuple, comme c'est le cas actuellement, s'opposera toujours - que l'on pourra résoudre les vrais problèmes du Rwanda, du Burundi et de l'Ouganda.

Voilà la réalité.

Ce qui est en jeu et qui a toujours été en jeu pour les régimes Tutsi de la région des Grands Lacs, c'est la soif de pouvoir sans partage et la volonté de domination, d'une part, et d'autre part la volonté d'occupation du Kivu, pour conforter cette volonté de domination régionale.

Ce qu'il faut retenir, c'est que si les minorités Tutsi-Hima au pouvoir en Ouganda, au Rwanda et au Burundi (après l'assassinat d'un Président démocratiquement élu de ce dernier pays) estiment qu'elles ne peuvent se maintenir que par la force, parce qu'elles redoutent les élections et l'instauration de systèmes démocratiques, il est évident que les majorités Hutu-Bantu privées de leurs droits, dans ces pays, ne pourront que résister, s'opposer à la loi des minorités et mettre tout en œuvre pour instaurer la démocratie, en faisant accepter le principe " un homme, une voix ", pour lequel tous les Etats membres des Nations Unies, y compris les Etats membres de l'OUA, opposés à la politique criminelle de l'Apartheid en Afrique du Sud, se sont battus.

 

Accords félons de Lemera et imposture de la guerre de libération de l'AFDL

 

L'objectif initial de l'agression militaire dont l'ex-Zaïre a été victime était de remettre en cause le principe sacré de l'intangibilité des frontières internationalement reconnues des Etats, inscrit en lettre d'or dans la charte de l'OUA, pour attenter à son intégrité territoriale, en organisant la séparation de certaines provinces de l'Est, sur le 25° parallèle (Haut Zaïre, Katanga, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema). Il suffit pour s'en convaincre de rappeler la déclaration du Président Pasteur Bizimungu du Rwanda, en appelant à la révision des frontières et à la tenue d'une conférence de Berlin II.

A la suite du tollé général des Etats membres de l'OUA et de l'ONU hostiles à ce projet, les auteurs de l'agression sortirent de l'ombre un inconnu nommé Kabila qui, jusque là, se livrait au commerce frauduleux de diamant, d'or, et de défenses d'éléphants à la frontière du Zaïre et de la Tanzanie et gérait, en même temps, une boite de nuit à Dar-es-Salam. Les gouvernants de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi lui proposèrent, contre le fauteuil présidentiel à Kinshasa, les Accords de Lemera, une localité du Sud-Kivu, afin qu'il apportât son concours à une partition de fait du Zaïre et au contrôle de ce pays par des Tutsi qui, pour mieux réaliser leur plan au Soudan, au Kenya, en Tanzanie et dans l'Afrique francophone, devaient absolument avoir le contrôle des affaires au Zaïre. Kabila accepta l'occupation démographique progressive du Kivu par des Tutsi auxquels il accorderait la nationalité congolaise.

Fortes de cet Accord, les puissances d'agression présentèrent alors leur invasion comme une guerre de libération de l'AFDL de M. Kabila, pour accélérer le processus de démocratisation du Zaïre " enlisé dans une longue et interminable période de transition ", disait-on.

Les accords de Lemera ont prévu que l'occupation totale du Kivu par les Tutsi de l'Ouganda, du Rwanda, du Burundi..., avec la coopération du pouvoir de Kabila à Kinshasa se ferait au cours d'une période de 10 ans, allant de 1998 à 2008. Le plan conçu à cet effet stipule ce qui suit :

CITATION " Période de réalisation : de 1998 à 2008 (soit 10 ans)

Source de financement : encore inconnue

Colonisation à 2 variantes : - imposition armée dans le Nord-Kivu

- " transfert tranquille " dans le Sud-Kivu

La première phase va se réaliser sans aucune forme de procès, sous le seul prétexte de faire la chasse aux miliciens armés Hutu (Interhamwe) et aux ex-FAR qui déstabilisent le Rwanda à partir du Nord-Kivu.

L'occupation des villes de Goma et Butembo constitue la phase la plus décisive suite à l'éventuelle résistance armée des autochtones. La réalisation de la deuxième phase du plan est indépendante de la réussite de la première phase. Le " transfert tranquille " dans le Sud-Kivu est proportionnel à la résistance calme de l'élite de cette partie du Kivu face à l'hégémonie Tutsi dans la région des grands lacs. Cette phase est réalisée en trois étapes :

1. L'inondation démographique dans le Sud-Kivu ;

2. La séparation physique entre les parties Tutsi et celles habitées par les autochtones ;

3. Le démantèlement de l'entité non Tutsi dans la province, plus particulièrement dans les villes de Bukavu et d'Uvira.

L'objectif Tutsi dans les villes de Bukavu et d'Uvira est d'en faire des villes les moins Bantu possibles. Cette deuxième phase de la tutsisation du Kivu montagneux se réalisera en deux étapes :

Les deux premières étapes seront réalisées en coopération avec le pouvoir de Kinshasa, qui organisera l'immigration des Tutsi du Rwanda, Burundi, Ouganda, Somalie et éventuellement de l'Ethiopie vers la " terre promise ".

Ainsi sera payée la facture de guerre pour le Rwanda de Paul Kagame (accords de Lemera). Pour financer cette colonisation Tutsi une banque appelée " banque d'implantation Tutsi dans le Kivu " sera installée à Kigali, avec sa maison mère dans la ville de Kampala (Ouganda). Elle va financer les constructions des logements pour Tutsi dans le territoire occupé et, sous forme de crédit, le commerce et l'administration des colons. Le plan prévoit 600 000 constructions de logements pour la période de 1999 à 2004. En cette année, on prévoit alors d'organiser des élections municipales et pour le parlement en coopération avec le pouvoir de Kinshasa. C'est alors que le Kivucien autochtone, devenu minoritaire, comprendra qu'il a perdu la partie. Alors on passera à l'étape du " transfert tranquille "proprement dit... " FIN DE CITATION

En clair, aucune élection ne devrait être organisée avant 2004, selon ce plan !

Le 29 novembre 1997, un représentant de la communauté Tutsi, aux Etats-Unis d'Amérique publie sur internet la déclaration suivante, par laquelle il déclare que pour les Tutsi rwandais, qui ont conquis le pouvoir dans l'ex-Zaïre " il ne faut même pas rêver d'élections ... avant au moins 5 ans ".

Voici la déclaration dans son intégralité : CITATION

" Assez de vos grandes gueules congolaises

Date : Samedi 29 novembre 1997 03 : 00 EST

De : Ruaga 712

Message id. : 19971129080001.daa18895@ladder01.news.aol.com

Nous en avons assez de prétendus zaïrois ou congolais qui passent leur temps à dire du mal du peuple Tutsi. Nous sommes fiers d'être Tutsi et en tant que tels, nous sommes fatigués de vous voir parcourir le monde pour vous plaindre des Tutsi qui vous auraient fait ceci ou cela. Je viens juste de rentrer de Kinshasa et je pense que depuis que nous Tutsi contrôlons le pouvoir, nous avons fait un bien meilleur travail que vos soit disant militaires et leaders. En ce qui concerne le traitement infligé à votre peuple, je pense sincèrement qu'il était temps que vous soyez rééduqués.

Pour une population de plus de 44 millions, personne parmi vous, pas même Kabila n'aurait été capable de faire ce que nous avons fait pour vous. Vous devriez, au moins, nous être reconnaissants et laisser le petit Rwanda prendre ce qu'il veut prendre, car c'est lui qui a fait le travail à votre place. Je pense que 5 années d'accès libre aux richesses de votre pays ne serait pas trop vous demander, à la lumière de ce que nous avons réalisé.

Pendant ce temps, vous tous congolais, étiez assis en Europe et en Amérique en train de bavarder, alors que nous agissions. Ne vous aventurez même pas à rêver d'élections, parce que comme minorité, nous ne vous donnerons pas l'occasion de ne pas nous élire demain. Alors, laissez nous jouir de notre séjour et nous gâter pour une durée d'au moins 5 ans. Les pseudo-intellectuels de vos communautés peuvent, pendant ce temps, continuer à marcher, à protester et à crier au sujet d'âneries, telles que les droits de l'homme. Quel genre d'hommes êtes-vous ? Ou, devrais-je dire quel genre de femmes ? Souvenez-vous que vous ne nous avez pas donné le pouvoir, mais que nous l'avons arraché ... Même si nous avons un farceur dans le palais présidentiel qui se trouve être un congolais. L'est-il réellement ? Vous n'êtes que 44 millions d'individus confus prêts à vendre votre peuple pour des profits personnels et capables de compromissions typiquement congolaises pour avoir un poste dans le gouvernement. Souvenez-vous que le pouvoir ne se donne pas, il s'arrache. Nous, la plus petite nation de l'Afrique Centrale, avons conquis la plus grande et la plus riche nation de l'Afrique Centrale ! Souvenez-vous d'Israël ! Si vous pensez un seul instant que vous avez assez souffert, attendez que nous en ayons fini avec vous. En attendant ... FOUTEZ-NOUS LA PAIX (GET OUT OF OUR BACKS) ! Allez vous amuser avec Wenge Musica et Koffi Olomide, pendant que nous profitons des diamants et d'autres richesses de votre pays. "

FIN DE CITATION.

Le 17 février 1998, M. Kabila dans une intervention radiotélévisée rejette toute perspective d'élections en déclarant qu'il existe dans le pays un climat d'insécurité qui en rend l'organisation impossible.

Voici l'article d'Associated Press : CITATION

" L'homme fort du Congo refuse les élections"

KINSHASA, Congo (AP) - Rejetant les pressions internationales exercées sur lui pour organiser les élections, le Président congolais, Laurent Kabila a déclaré mardi qu'il sera impossible d'organiser des élections libres et transparentes jusqu'à ce que la paix prévale dans le pays.

Les Etats-Unis d'Amérique et d'autres Etats ont invité, à plusieurs reprises Kabila à organiser les élections après la victoire de ses rebelles qui ont renversé le régime autocratique du Président Mobutu Sese Seko.

S'exprimant à la télévision nationale, Kabila a dit que les gouvernements étrangers ne comprennent rien à ce qui se passe au Congo.

Il a déclaré que le pays est truffé d'armes, rendant ainsi inconcevable l'organisation des élections. Plus de 35 000 armes ont été saisies dans la capitale, à Kinshasa, depuis la prise du pouvoir par les forces rebelles de Kabila, en mai dernier.

L'organisation des élections paraît également improbable, à voir la répression engagée par Kabila contre ses opposants.

Kabila a été critiqué sévèrement par la section new-yorkaise de Human Rights Watch pour avoir arrêté puis envoyé en exil (dans son propre pays) Etienne Tshisekedi, un grand leader de l'opposition au Congo.

Tshisekedi a rencontré la semaine dernière, M. Jesse Jackson, envoyé spécial du Président Clinton. Cette rencontre a rendu Kabila furieux et il a, en conséquence, refusé de recevoir M. Jackson.

Jackson avait instamment demandé à Kabila de laisser fonctionner les partis politiques du pays. Kabila a interdit les activité politiques de l'opposition dès sa prise du pouvoir, forçant à l'exil un Mobutu malade.

Mobutu est décédé peu de temps après avoir quitté le Congo, anciennement appelé Zaïre."

FIN DE CITATION.

Le 20 février 1998, des affrontements armées éclatent à Butembo où les autochtones sont massacrés par l'armée de Kabila, au motif qu'ils soutiendraient les combattants Maï-Maï qui s'opposent à la présence des Tutsi au Sud-Kivu. 300 civils sont ainsi massacrés.

(cf. dépêche de Reuters du 6 mars 98)

Le 23 février 1998, M. Muller, un Tutsi de l'armée de Kabila, porte-parole de la communauté Tutsi rwandaise résidant au Congo-Zaïre, les prétendus Banyamulenge, a déclaré que les membres de sa communauté seraient :

- victimes d'injustices dans l'armée et les services de sécurité de M. Kabila, dont ils seraient exclus ;

- forcés de quitter la région du Kivu ;

- décidés à se battre et qu'après avoir fait la guerre de libération, ils allaient faire une guerre d'occupation !

(cf. dépêche AFP Nairobi -26 fév. 98)

Peut-on mieux résumer les prétentions de cette communauté que les deux représentants cités ci-dessus ?

Le même jour, les éléments Tutsi de l'armée de Kabila attaquaient le dépôt d'armes de Bukavu et emportaient un arsenal important. Se repliant sur la ville d'Uvira pour l'assiéger, ils ont dressé des barricades sur les routes au sud de Bukavu pour prévenir les représailles des soldats rivaux et des populations autochtones !

Le 5 mars 1998, l'armée congolaise a envoyé 3 000 soldats au Kivu, pour mâter la résistance des populations autochtones à la tentative d'occupation étrangère, alors que les forces rwandaises et ougandaises amassaient des troupes dans la plaine de la Ruzizi et face à Goma, franchissant même la frontière avec le Zaïre, selon les rapports des agences humanitaires ! Ceci afin de prendre en étaux ces populations. Goma ... Butembo, Bukavu, Uvira !... des villes dont on retrouve les noms dans les accords de Lemera et le plan d'occupation du Kivu, conformément aux extraits reproduits ci-dessus ! Or c'est précisément là que l'effervescence a repris ces derniers temps ! Simple coïncidence ou hasard

Réapparition, dans les mêmes termes, des mêmes problèmes pour lesquels l'ancien régime a été renversé

 

Monsieur le Président,

 

Aujourd'hui, le rejet du régime Kabila par la population du Congo-Zaïre ne permet pas la réalisation des accords de Lemera. En effet, la réalisation de ces accords - par lesquels l'AFDL et M. Kabila ont accepté une occupation de fait du Kivu par les Tutsi en contre-partie du pouvoir à Kinshasa - paraît sérieusement compromise, voir mise à mal par la farouche opposition de la population du Congo-Zaïre au régime d'occupation de l'AFDL de M. Kabila, Président auto-proclamé du pays, et spécialement celle des populations autochtones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le ressentiment contre les étrangers qui détiennent les pouvoirs réels dans le pays atteint des proportions incontrôlables.

C'est pourquoi, les dirigeants de la coalition Tutsi veulent recourir au stratagème connu de la " révolte des Banyamulenge " pour les prétendues injustices dont ils seraient l'objet, afin de préparer une nouvelle invasion du Kivu qu'ils rêvent d'occuper, au mépris des principes de souveraineté nationale et de l'inviolabilité des frontières internationalement reconnues.

En effet, à l'occasion des négociations engagées par les envoyés de Kabila (le général James Kabare, Chef d'Etat major de Kabila, colonel de l'APR, de son vrai nom rwandais Kabarebe, assisté du major Ibambasi, commandant APR de la ville rwandaise de Cyangungu en face de Bukavu) avec les mutins Tutsi stationnés à Uvira et dans la plaine de la Ruzizi, ces derniers ont formulé officiellement les revendications suivantes :

  • 1. que les zones d'Uvira et de Fizi au Sud-Kivu, dans l'ex-Zaïre soient officiellement reconnues par le régime Kabila comme étant leurs fiefs et que les membres de leur communauté y soient institués chefs coutumiers et administrateurs de territoire ;
  • 2. que des garanties fermes leur soient données concernant la représentation de leur communauté dans tous les services clés de la vie nationale : gouvernement, armée, sécurité, administration du territoire, économie...
  • 3. qu'aucun militaire Munyamulenge (Tutsi d'origine rwandaise) dans l'armée de Kabila ne soit l'objet de mutations hors de la province zaïro-congolaise du Kivu.

C'est dans ce contexte qu'il faut situer les affrontements actuels à Bukavu, Butembo et Uvira ainsi que le pillage du dépôt d'armes de Bukavu par des Tutsi qui se sont repliés sur la localité d'Uvira.

Cette effervescence calculée a pour but de donner aux armées de la coalition Tutsi le prétexte d'une intervention militaire au Kivu, à savoir, " prévenir un nouveau flux de soi-disant réfugiés congolais ou zaïrois vers l'Ouganda, le Rwanda, et le Burundi ", en raison de l'insécurité grandissante au Kivu !

Ainsi, 10 mois après le renversement du régime de Mobutu, le même problème, dans les mêmes termes, sur le même terrain du Kivu, selon le même scénario de " BANYAMULENGE BRIMES OU EXCLUS " se repose, sous le régime de Kabila qui fut précisément mis en place par les Etats voisins de l'Est pour le résoudre !

Qu'est-ce à dire, sinon que soit le problème existe, mais il a été mal posé et ne peut ainsi être résolu comme on voudrait le résoudre, soit qu'il n'existe pas. Et il est évident qu'on ne peut pas résoudre un faux problème ou un problème mal posé.

Mieux, le régime Kabila n'a pas de légitimité intérieure et ne bénéficie d'aucun consensus national, comme en attestent les résistances et les révoltes en cours au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, à Kisangani, à Kinshasa, au Bandundu et partout ailleurs dans le pays et qui sont l'objet d'une répression sauvage.

Pourquoi ?

1. Premièrement, parce qu'il n'est pas d'essence interne et a été institué par des puissances étrangères. C'est un pouvoir sous tutelle étrangère, dans un Etat indépendant et souverain, à l'instar du régime de Vichy en France, sous l'occupation Allemande ;

2. Deuxièmement, parce qu'il a opéré le 17 mai 1997 un coup d'Etat, en violation de l'article 37 de l'ACTE CONSTITUTIONEL de la Transition qui stipule que : CITATION " Durant la période de Transition, les pouvoirs sont exercés de la manière établie par le présent acte.

Tout zaïrois a le droit et le devoir sacré de défendre la Nation et son intégrité territoriale et de faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou l'exerce en violation des dispositions du présent Acte.

Nul ne peut détourner les attributs du pouvoir et la puissance publique à des fins personnelles pour la réalisation d'intérêts partisans ." FIN DE CITATION

Ce régime est donc inconstitutionnel et illégal.

3. Troisièmement, parce que le coup de force de Kabila est intervenu alors que :

a/ conformément à la résolution 1097 (1997) du Conseil de Sécurité de l'ONU datée du 18 février 1997, des pourparlers étaient en cours, sous la co-présidence de M. Mohamed Sahnoun, Représentant Spécial Conjoint ONU/OUA et du Président Nelson Mandela, Chef de l'Etat de l'Afrique du Sud, pour le règlement négocié du conflit ;

b/ un processus de démocratisation - dont toutes les étapes jusqu'aux élections avaient été clairement et démocratiquement définies par la Conférence Nationale Souveraine (CNS) - était en cours ;

4. Quatrièmement, parce qu'il a tourné le dos aux conquêtes démocratiques de notre peuple, en réimposant le monopartisme, sous la forme d'un Parti-Etat, en interdisant l'activité des partis politiques et en restreignant les espaces de liberté dans le pays, à l'instar des pouvoir minoritaires de l'Ouganda, du Rwanda, du Burundi. Comme l'a bien souligné M. Roberto Garreton, le régime de Kabila n'a aucun projet démocratique à court, moyen, et long terme et méconnaît les droits civiques à la vie, à la liberté et à l'intégrité. Ainsi, le pays, sous Kabila, n'est pas un Etat de droit démocratique et ne le sera pas demain, à voir le profil de ses dirigeants ;

5. Cinquièmement, parce qu'il est accusé d'avoir constitué des unités spéciales qui se sont rendues coupables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité et qu'il dresse des obstacles à l'enquête de l'ONU pour que toute la lumière ne soit pas faite sur ces massacres.

6. Sixièmement, parce qu'il organise le hold-up des ressources nationales ;

7. Septièmement, parce qu'il est devenu le principal facteur d'instabilité en Afrique Centrale ;

8. Huitièmement, parce qu'il est miné par des contradictions internes graves aux niveaux militaire et civil, par la corruption et l'absence d'expertise et n'inspire aucune confiance tant aux nationaux qu'aux étrangers habitant le pays, qu'il spolie et exproprie à souhait ;

9. Neuvièmement, parce qu'il est une reproduction du modèle totalitaire de pouvoir dont notre peuple - qui a souffert pour faire reconnaître ses droits par l'ancien régime et pour l'instauration de la démocratie - ne veut plus.

L'analyse ci-dessus, confortée par la réalité sur le terrain au Congo-Zaïre (grave détérioration de la situation militaire et sécuritaire – violations massives des droits de l'homme et déni de démocratie - grave tension politique consécutive à l'interdiction des activités des partis politiques et à la brutale répression des opposants politiques - accélération de la misère, de la corruption, des déprédations et de la mauvaise gestion - manque d'expertise) montre deux choses très graves, au regard de l'histoire :

1. La mise au pouvoir de M. Kabila n'a pas contribué à accélérer le processus de démocratisation dans le pays, ni à libérer le peuple de la dictature. Bien au contraire, il a :

- premièrement, replongé dans la dictature, le peuple zaïrois qui a tant souffert pour se débarrasser du système autocratique, sous le Président Mobutu et pour arriver à la démocratie ;

- deuxièmement, brutalement mis fin au processus de démocratisation qui était en cours dans le pays.

2. La mise au pouvoir de M. Kabila a été une énorme erreur tant du point de vue interne que du point de vue régional, puisqu'il est aujourd'hui un grand facteur d'instabilité régionale et nationale. Sa mise au pouvoir n'aura donc servi à rien.

Arrêter l'imposture et respecter la volonté du peuple libre et souverain du Congo-Zaïre

Pour réparer l'erreur commise, laver notre population du mépris et de l'infamie dont elle est couverte, il faut :

- arrêter l'imposture ;

- faire respecter, par toutes les Nations du Monde, la volonté du peuple libre et souverain du Congo-Zaïre, concernant la façon dont il entend être gouverné et le système politique de son choix, ainsi qu'il l'a décidé par la voix de ses délégués à la Conférence Nationale Souveraine (CNS) ;

- rétablir la légalité constitutionnelle.

La paix et la stabilité, dans notre pays, passent donc par :

  • 1. le rétablissement de la légalité constitutionnelle et la réhabilitation du processus de démocratisation initié par la Conférence Nationale Souveraine (CNS), y compris la réinstauration du pluralisme politique et la libération de tous les prisonniers politiques ;
  • 2. le retrait des troupes étrangères comme l'avait demandé la résolution 1097 (1997) du Conseil de Sécurité et le retour chez eux des étrangers qui sont dans l'armée, dans le gouvernement, dans les services de sécurité et de la police et dans les rouages politiques et économiques du pays ;
  • 3. la formation d'un gouvernement d'union nationale représentatif de toutes les sensibilités politiques, de la société civile et de toutes les régions du pays, pendant la période de transition et avant les élections, car le consensus est indispensable à la reconstruction nationale ;
  • 4. l'organisation d'un Forum National qui, a la lumière de l'expérience récente, devra convenir :

- du projet de Constitution de la IIIè République à soumettre au référendum populaire, et de la date de ce référendum ;

- de la durée de la période de transition ;

- du calendrier électoral ;

- des termes de la réconciliation nationale et des réaménagements nécessaires aux Institutions légales issu de la CNS, notamment le Parlement de Transition pour tenir compte des réalités politiques et des contraintes légales, économiques et financières.

Promouvoir la démocratie et conforter un nouvel espace de liberté dans la région des Grands Lacs

La dérive autocratique et la volonté d'exclusion sont à la base des maux qui sapent les fondements de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la Région des Grands Lacs.

Elles nous semblent être confortées par les phénomènes ci-après :

1. la responsabilité des graves violations des droits de l'homme, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, dans cette partie du Monde, est sacrifiée sur l'autel des enjeux économiques ou diplomatiques.

Tout donne à penser qu'ici, puisque la guerre est de mise comme mode de règlement des différents, les vainqueurs ont tous les droits et la justice de leur côté, et qu'il n'y a pas de droits, ni de justice pour les vaincus, les perdants ou les victimes !

2. pour certains Etats et pas forcement des moindres, l'entretien de bonnes relations avec les régimes autocratiques et obscurantistes de cette partie de l'Afrique - à des fins économiques - vaut plus que ce que pensent de ces régimes, les peuples concernés qui sont privés de leur droits. Comme si, pour eux, les mêmes principes ne valent pas la même chose selon qu'ils concernent ou pas des populations africaines ;

3. quand certains acteurs internationaux sont, dans la région des Grands Lacs, en face de certains régimes, ils considèrent que le rapport entre le développement, les droits de l'homme et la démocratie n'existe pas et que les besoins de reconstruction nationale passent avant les besoins de justice, de liberté et de démocratie participative. Et quand ils sont en dehors de cette région, ils considèrent que ce rapport existe !

C'est ce que révèle le rapport conjoint Human Rights Watch / Fédération Internationale des Droits de l'Homme qui souligne que parce que l'AFDL a été victorieuse, certains acteurs internationaux sont prêts à taire leur engagement envers la Justice, pour assurer de juteuses relations avec le régime de Kabila. Alors que règne dans le pays un despotisme primaire et mercantiliste !

Monsieur le Président,

Nous constatons, avec consternation, que le traitement des massacres et des crimes contre l'humanité par l'ONU et les grandes puissances n'est pas égal sur l'ensemble de la planète. Pour que la Région des Grands Lacs retrouve la paix et la stabilité, conditions indispensables au développement, il faut mettre fin à l'hypocrisie, au double langage et à la politique de deux poids deux mesures qui y trouvent un terrain de prédilection, y promouvoir la démocratie et y conforter l'émergence d'un nouvel espace de liberté.

C'est à ce prix que votre passage dans notre région restera marqué du sceau de la lumière et du respect des principes chers au Monde libre et, en particulier, à votre Grand Pays qui les a inscrits en lettres d'or dans sa Déclaration d'Indépendance.

Ainsi, le Monde n'attendra pas, une nouvelle fois, 50 ans, pour entendre un autre Pape, comme l'a fait sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, l'inviter à demander pardon pour son silence coupable devant la dérive de la volonté de puissance et d'exclusion, dans la Région des Grands Lacs.

Ainsi, le Monde n'attendra pas un demi siècle pour voir un nouveau Papon (occidental ou africain) accusé et passer en jugement pour n'avoir pas arrêté l'imposture, alors qu'il pouvait le faire et épargner des milliers de vies humaines, dans la Région des Grands Lacs.

Ainsi, le Monde n'attendra pas un siècle ou plus pour voir les cœurs s'attendrir sur tous les crimes contre l'humanité commis dans cette région, comme c'est le cas aujourd'hui pour l'esclavage lucratif des Noirs.

En tout état de cause, pour nous, Opposition zaïro-congolaise organisée contre le régime d'occupation de Kabila, la solidarité des peuples du Monde épris de Justice et de Paix avec la juste cause de nos masses opprimées, ne sera jamais un alibi pour abandonner la lutte, jusqu'à la victoire de la raison sur les forces de l'obscurantisme despotique.

Nous avons conscience que la légitimité de notre combat réside dans la disposition constitutionnelle pré-rappelée, adoptée à l'unanimité par les délégués de notre peuple réunis en Conférence Nationale Souveraine (CNS) et qui rappelle impérativement à chaque citoyen qu'" il a le droit et le devoir sacrés de défendre la Nation et son intégrité territoriale et de faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou l'exerce en violation des dispositions constitutionnelles ".

Fait le 14 mars 1998

Pour le Collectif de l'Opposition

Gérard Kamanda wa Kamanda ( nganj@vtx.ch )

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