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Le débat entre Dr. Bilolo et Me Kabundi
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Francois Kalonga Kazadi
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Je suis avec un interet toujours croissant les echanges entre Dr Bilolo et Me Kabundi. Ces echanges qui font suite au debat sur Me Nimy aident a mieux situer la problematique posee par ledit debat. On se rappelera que Me Kabundi, dans une action reductrice, avait impose un "straightjacket" Juridique a un debat, lequel a notre avis etait d'abord politique. L'intervention de Dr Bilolo avait relance le debat sur un terrain ou la multi-disciplinarite le disputer au dictat du droit impose par Me Kabundi. Il n'est donc pas etonnant de voir celui ci continuer a proner la primaute du droit et d'accuser le Dr. Bilolo de semer la confusion en partiquant "un saute mouton" entre diverses sciences. Il est vrai que le lyrisme parfois troublant, mais propre aux moralistes qu'il est, de Dr Bilolo deconcerte, mais la langue de bois de Me Kabundi ne peut susciter aucun enthusiasme de notre part.

La demarche de Dr. Bilolo a mon avis capte mieux l'esprit et l'essence du debat a l'origine. Lequel n'etait pas de se prononcer sur la culpabilite sur le plan juridique de Me Nimy en particulier et des Mobutistes en general, mais d'amorcer une discussion qui devait aboutir a la definition et a la determination des responsabilites reelles dans la destruction de notre pays par ses anciens dirigeants.

Et pour saisir la question dans toute sa complexite, un appel devait etre fait aux diverses sciences sociales et humaines pour nous aider a cerner la question. En faisant donc appel a l'histoire, a la religion, a nos coutumes, au droit, a la pholosophie, etc.. Dr Bilolo aborde donc le probleme dans sa totalite et aide a creer un nouveau cadre propice a une determination de la responsabilite et de la culpbilite reelle des uns et des autres.

Je trouve par contre la demarche de Me Kabundi dangereuse en ce sens qu'il aborde la question comme relevant du seul domaine du droit, oubliant que le cadre n'etant pas clairement defini, le droit ne saurait s'appliquer dans le sens de la justice. L'erreur de Me Kabundi est celui de considerer le droit comme une science autonome, pouvant exister en dehors de toute consideration historique, politique, sociologique et morale. Je trouve son adhesion aux principes de droit quasi religieuse(il est vrai qu'il avoue adorer cette science),manquant de recul necessaire a un questionnement utile a la definition d'un nouveau cadre juridique, adapte a une societe en pleine mutation.

Le droit est a mon avis une science reactive, il ne prospecte pas mais reagit et se met au service d'un cadre politique, moral, sociologique defini en avance. Avant d'aborder une question sur le plan juridique, celle ci doit etre epuiser sur d'autres plans. Le developement de l'informatique, de la bio-technologie, etc a ouvert des nouveaux terrains inconnus au juriste et celui ci doit attendre l'action du politique, du sociologue,etc. pour savoir dans quel sens appliquer la justice. La responsabilite et la culpabilite dans la destruction de notre pays ne saurait etre aborder sans une discussion prealable sur les acceptions et concepts. Cette discussion engage le politicien, le sociologue, le moraliste, le religieux, le juriste n'intervenant qu'en dernier ressoort pour constater et appliquer la nouvelle regle.

C'etait d'ailleurs la demarche des intellectuels Europeens apres la deuxieme guerre, conscients que les concepts existant a l'epoque etaient insuffisants pour saisir le crime Nazi et aussi pour prevenir l'impunissabilite eventuelle de ces derniers ont introduit en droit le concept de crime contre l'humanite obeissant a une nouvelle reglemetation.

Il faut ajouter qu'aucune notion de droit ne peut etre considerer comme une verite absolue et universelle. Tout est a discuter, tout est a redefinir. Le vol peut etre un crime dans une societe et un acte de bravoure dans une autre, ce n'est qu'un exemple, le juriste ne peut juger que sur la base de ce cadre moral et politique.

L'exemple de l'homosexualite dans la societe occidentale peut nous aider a elucider ce point. Celle ci etait condamnee dans la societe occidentale pendant longtemps et il y avait consensus aussi bien sur le plan scientifique, sociologique, moral, religieux. La psychiatrie considerait l'homosexualite comme une deviation, la morale comme une abomination, la loi comme un crime. Le caractere criminel de l'homosexualite trouvait sa fondation dans la science, la morale, la bible. Lorsque les homosexuels se sont organises pour attaquer l'edifice juridique banissant cette pratique, la premiere bataille s'est livree sur le terrain scientifique.

Il fallait convaincre le monde scientifique que l'homosexualite n'etait pas une maladie, ce qui a ete fait par une declaration de l'association des psychiatres. Il a fallu par la suite attaque le probleme sur le plan moral, etant donne que les psychiatres ont reconnu le caractere normal de cette pratique, la fondation morale de sa condamnation devenait fragile, et ainsi nous sommes arrives sur le plan politique ou dans nombreux pays, les legislateurs ont accorde le meme droit aux homosexuels qu'aux heterosexuels. Nous voyons comment ce qui a ete crime, punissable par la loi, est devenu droit protege par la loi.

Cet exemple montre la validite de la demarche de Dr Bilolo, dans sa recherche d'un nouveau cadre moral, politique, sociologique et enfin juridique pouvant permettre une meilleure saisie du crime Mobutien dans toute sa pleinitude.

Il commence par attaquer le fondement moral, juridique, politique qui a permis a ce crime d'eclore, et finit par proposer un nouveau fondement qui permettra a la societe de juger avec une meilleure approche ceux de nos compatriotes qui ont vendu et detruit la nation.

Il peut etre conseiller a Me Kabundi d'approcher le problmen non seulement selon une lecture positive du droit mais de considerer aussi la critique du droit(par de nombreux juristes).

Patriotiquement


Francois Kalonga Kazadi

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