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"Quand quelqu'un est plus fort que toi, sois plus intelligent que lui !"
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Kais Kaisala, Vancouver, British Columbia, Canada
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Lorsqu'à la suite des résolutions de la Conférence Souveraine Nationale, Tshisekedi s'est fait démettre, quelques semaines après son investiture comme Premier ministre par Mobutu, à la suite de son entêtement et de son erreur stratégique, alors qu'il avait les rênes du pouvoir en mains, je me suis dis: "Il est con ce mec !" .

Lorsqu'au début de la guerre menée par Kabila, alors que le dictateur était lâché par tout le monde, Tshisekedi s'est pointé à Nice pour embrasser Mobutu, devant tous les cameras du monde entier, et déclarer prématurément après sa rencontre qu'il allait travailler avec lui pour relever le pays déjà à l'agonie, et que rentré au pays Mobutu choisit de reconduire Kengo Wa Dondo, je me suis encore dit: "Il est vraiment con ce type !".

Trois (3) mois avant la chute de la dictature de Mobutu, Tshisekedi choisissant d'être son avant-dernier Premier ministre, je me suis de nouveau dit : "Définitivement, il est con ce bonhomme !".

Et lorsque Kabila atteignant Kinshasa, nomme son équipe gouvernementale et l'exclut, Tshisekedi entamant alors un boycottage systématique du gouvernement et de toutes ses actions, je me suis encore secoué la tête: "Sans aucun doute, il est véritablement con !".

Et lorsque j'entends qu'il s'est fait renvoyer dans son village pour "être plus productif au pays", je ne verse aucune larme, contrairement aux messages qui pullulent sur les colonnes des médias électroniques.

Et pour cause : Tshisekedi est en infraction avec toutes les lois implicites de la politique que je connaisse !

A chacune des occasions énumérées ci-dessus, Tshisekedi s'est retrouvé en situation de faiblesse sur le terrain politique : pas de force militaire, aucune force financière, aucun pouvoir effectif. Et à chaque fois, il n'a usé du principe annoncé dans le titre du présent article.

S'il l'avait appliqué, par exemple, lors de sa première nomination par la CSN, il serait mieux placé aujourd'hui pour occuper le devant de la scène. Et je doute fort si on aurait parlé aujourd'hui de Kabila.

Tshisekedi avait même le beau rôle d'organiser les élections. Il a échappé une belle opportunité de le faire. Il a commis la fatale erreur avec Mobutu, il est entrain de commettre la même erreur avec Kabila.

Finalement, il n'a rien compris du passé. A moins qu'il ait toujours été mal conseillé ou entouré d'incompétents fonctionnels !

Tshisekedi et ses conseillers doivent réapprendre l'histoire du "Corbeau et du Renard" : c'est le renard qui a bénéficié en dernier ressort du fromage, parce qu'il a été plus malin que le corbeau.

Ceci dit, Tshisekedi mérite davantage. Kabila ferait peut-être mieux (très rapidement) ne pas chercher à l'isoler complètement, car c'est un mauvais calcul politique.

Si effectivement Tshisekedi préconise la réconciliation nationale, comme il le laisse entendre, j'adhère complètement à cette thèse. Toutefois, il y a des principes à respecter. Et je ne suis nullement d'accord avec les conditions qu'il pose pour que cela se fasse. Entre autres, revenir aux seules résolutions de la Conférence Souveraine Nationale. Comme je l'ai déjà écrit dans un des mes précédents articles, cette voie n'a plus

sa raison d'être, car les donne ont changé. Si au moins, l'UDPS prenait en compte la suggestion de Madame Kasa-Vubu qui, elle, suggérait de combiner les bons côtés de la Conférence Souveraine Nationale et les bons côtés des statuts des vainqueurs sur le terrain, c'est-à-dire les statuts de l'AFDL, un compromis aurait pu naître. Mais le chef de l'UDPS, suicidaire politique en puissance comme il est, ne veut que voir appliquer les résolutions de la CSN. S'il n'était pas obsédé par lesdites résolutions et par le poste de Premier ministre, tout serait différent. Personnellement, je trouve que c'est un faux problème qui se résoudra au sommet, c'est-à-dire la rencontre Kabila-Tshisekedi, sans conditions.

Tshisekedi mérite respect et considération pour son "travail" d'opposition interne. Mais, encore une fois, il n'est pas réaliste: il n'a pas réussi à faire tomber la dictature pendant des années avec " ses armes " alors que Kabila, lui, a réussi en sept (7) mois avec les siennes. N'étant pas le vainqueur sur le terrain, il est mal placé pour poser des conditions.

Je voyais en Tshisekedi le président du Parlement où il pourrait faire valoir les lettres de son parti (Union - Démocratie - Progrès - Social), car c'est en son sein que la démocratie va se jouer. Mais comme il ne veut aucunement travailler concrètement avec les dirigeants actuels et préfère les conflits, je crains fort le scénario de la Russie où Boris Elstine a fait déloger les parlementaires à coup de canon.

Je ne suis pas d'accord avec l'interdiction totale des partis politiques par Kabila. Je pencherais plutôt pour une "limitation acceptable" vu les tâches urgentes qui attendent son gouvernement et le défi d'Hercule à relever.

Mais lorsque les soi-disant partis d'opposition refusent tout compromis, refusent de voir le réalisme et l'urgence de la situation, je me demande finalement si Kabila n'a pas raison de les interdire. Du moins - ça c'est mon souhait - pour une période de dix-huit (18) mois.

Du même élan, je déplore l'attitude de distance politique de l'UDPS. Ce dernier ainsi que les principaux partis se comportent en spectateurs.

Ils doivent tous aidé le "navire" à vogué dans la bonne direction, à contribué chacun dans son rôle d'opposition responsable et non se croiser les bras et attendre que le "navire" coule comme le Titanic.

Et après ? Réoccuper les mêmes rôles d'opposants "éternels" ?

Un mouvement politique est susceptible d'assumer les premiers rôles pour la destinée d'un pays. Le but d'un parti politique est d'assumer, éventuellement, le pouvoir.

En sus, un parti politique n'est pas là seulement pour critiquer, mais aussi proposer sa vision des choses, ses solutions élaborées, concrètes et réalistes, à tel ou tel problème d'intérêt public ou national.

Pro-actif et visionnaire, tel devait être leur objectif de reconstruction et de contribution positive au pays. Mais, hélas, c'est de l'inceste mentale qui perdure…

En effet, lorsqu'un grand parti comme l'UDPS dénonce, par exemple, ce qu'il appelle "les spoliations des biens privés" , je retiens mon souffle... Vraiment ? Il y a nos frères, soeurs, enfants, cousins et cousines qui étudient sans bancs, sans craies dans leurs écoles; des étudiants universitaires qui consultent des livres datant de l'époque coloniale (j'exagère à peine); aucun hôpital viable et rarement des médicaments propres à la consommation; etc. Et parmi toute cette misère, des laissés pour compte, des affamés involontaires, il y a des gens qui possèdent des avions privés, des châteaux dans la brousse, des Mercedes pour chacune de dizaines de leurs maîtresses, etc. D'où vient cette fortune de "kidnapping ?" C'est évident: ils l'ont volé à moi, à toi, à tous les Congolais. Ils doivent la rendre: ainsi la RDCongo construira des écoles dignes, équipera convenablement des universités, construira des hôpitaux, etc. Voilà ce que je qualifie d'irresponsabilité politique, d'opposition à bégaiement intellectuel, critiquer pour critiquer et rien proposer de concret en retour.

L'UDPS réclame, entre autres, la participation de tous aux affaires de l'état (je suis d'accord) et même... des mobutistes (là, je ne suis pas d'accord). Quoi ? Certaines personnes ont-elles la mémoire-naine ? Des gens qui ont reculé mon pays de cinquante (50) ans en arrière, l'on pillé, pissé dessus, dégueulé dessus, chier dessus, manifesté leur incompétence avec brio (je parie qu'ils sont même incapables de gérer une petite boutique !) durant l'époque de la dictature, voilà que les responsables politiques de l'opposition veulent leur donner une seconde chance ! A moins que ce soit un coup de cafard intellectuel...

Je ne suis pas "Kabiliste" . Ma réflexion se base sur l'état du malade qu'est la RDCongo. Le diagnostic peut être faux, j'en conviens, mais au moins, je n'ai pas honte de dire ce que j'en pense.

Même si Kabila se serait appelé "Tintin" ou "Swarzzenegger" et serait un pygmée, j'aurais tenu les mêmes propos. Je suis peut-être naïf, peut-être dans le mauvais chemin, soit, mais quiconque connaît à fond le peuple congolais dirait, de concert avec moi, qu'il lui faut un homme fort, un homme de poigne.

Quelqu'un a-t-il déjà mené une étude exhaustive pré-indépendance afin de décortiquer pourquoi le belge fouettait le congolais ? Pourquoi, comment, quand le belge a osé le faire? Quelqu'un a-t-il essayé de comprendre, en profondeur, pourquoi Mobutu et ensuite sa famille et ses amis se sont comportés en véritables "Pachas" avec la complicité involontaire de tout un peuple ? Près de moi l'intention de m'aventurer dans les réflexions du genre "On ne mérite que ce que l'on a … " .

D'ailleurs, pourquoi pas ? Quelques faits pour illustrer: il y a moins d'un (1) an seulement, Tshisekedi avait accepté de servir le responsable du chaos du pays. Il était disposé à collaborer avec lui malgré ses trente-deux (32) ans de gestion apocalyptique. Il n'était pas "intransigeant" à collaborer avec Mobutu; il y a moins d'un (1) an seulement, un monsieur du nom de Kabila prend le pouvoir. Tshisekedi devient catégoriquement "intransigeant" à collaborer avec lui !

Quelqu'un peut-il me l'expliquer ? Trente-deux (32) ans VERSUS un (1) an… Wouaoh !

C'est vrai que "seuls les imbéciles ne changent pas d'avis" , mais quand même, quel contraste en très peu de temps !

Il y a moins d'un (1) an, ceux qui se disent opposants de la première heure et à leur tête "Tshitshi" ont filtré avec le dictateur sous les airs de Serge Gainsbourg Gainsbar "Je t'aime, moi non plus … " , concubiné et cohabité avec la dictature jusqu'à ses derniers souffles, acceptant ses cadeaux empoisonnés "indirectement" sollicités, prêts à s'en accommoder, à la reformer, à la renommer si possible pourvu qu'ils occupent le "poste" tant convoité !

Mon doute est tellement énorme de croire si effectivement ils "travaillent" pour le bien du pays ou en leur nom propre ou encore s'ils veulent seulement occuper un poste dans le paysage politique, coûte que coûte.

Kabila un nouveau dictateur ? Possible et je suis d'accord qu'il faut le juger avec sévérité. Mais le juger sur ses actes et ses actions (négatifs, mais aussi positifs, SVP !) et non parce qu'on ne fait point partie de son gouvernement ou qu'on ne partage sa philosophie de pensée.

Personne n'est indispensable, ni Kabila ni Tshisekedi. Les hommes passent, les institutions restent. Du premier, je note ses intentions louables de faire de mon pays une force qu'il faut prendre en compte dans l'avenir et il travaille pour cela. Du second, je note ses querelles interminables. J'en conclus en disant que la RDCongo a perdu trente-deux (32) ans et que maintenant, le pays a besoin des actions concrètes et de l'avancement et non des germes des querelles et conflits personnels à ne plus en finir.

Le sociologue-journaliste français Guy Sorman dans "Le monde est ma tribu" dit : " (...) l'humanité révèle ce qu'elle a de plus sordide (sa violence) et de plus exaltant (le métissage)" . Je rejette la violence verbale et tous les signes des conflits latents, et je privilégie le métissage d'idées novatrices et l'apport positif de tous les fils de la RDCongo.

Kabila un nouveau dictateur ? C'est possible, mais dans mon fond intérieur, je crois que le peuple congolais ne tolérera aucunement une autre dictature. Kabila doit le savoir, lui qui a combattu la dictature la plus pourrie qui soi. Une, ça suffit ! C'est ici que je peux comprendre la réaction du peuple empressé à critiquer les nouveaux dirigeants.

Et je serais le premier à m'élever contre le régime Kabila si des preuves tangibles et irréfutables accréditent la thèse de la naissance d'une nouvelle dictature dans mon pays. Les signes qui me feront réagir: une démission éventuelle de Madame Kasa-Vubu, Paul Bandoma, Thomas Kanza ou Juliana Lumumba, car il n'y a pas plus indépendants et plus nationalistes qu'eux !

Pour le moment, ma critique virulente envers l'équipe Kabila se concentre sur son manque évident de communication. Ou encore, l'inefficacité de communication du gouvernement. Il n'explique pas suffisamment ses choix, sa politique, son action. Dans le silence et le doute, les gens spéculent, interprètent. En tant que Kinois, je connais la force du "radio-trottoir" , de la spéculation. D'où la nécessité capitale de communiquer efficacement, en premier lieu, avec la population de Kin la capricieuse.

Cette tâche de communicateur aurait pu échoir à une personnalité telle que Olenghakoy : non seulement, c'est un "vrai Kinois" qui connaît le langage des Kinois, mais il a prouvé dans le passé ses talents de communication avec la capitale. Dans le cas Olenghakoy, double erreur : d'abord, du gouvernement Kabila pour n'avoir pas su recourir à ses services et se joindre une "tête dure" d'un autre courant de pensée, mais très efficace; ensuite, d'Olenghakoy lui-même qui veut se faire "plus grand" qu'il ne l'est en réalité.

Je me suis toujours dis qu'il faut un homme fort (et non dictatorial) pour diriger la RDCongo après la faillite causée par Mobutu. Il ne faut point confondre "homme fort" et "dictature" .

Mandela a demandé "compréhension" à Kabila, comme l'a fait la ligue des pays non-alignés et une dizaine des chefs d'état et de gouvernement venus le clamer avec force, il y a quelques mois, à Kinshasa.

Une autre évidence qui me choque: les "étrangers" ou "les pays africains" appuient et demandent compréhension à Kabila et non la vaste majorité des congolais, à sa tête l'opposant "historique" Tshisekedi.

C'est comme si les étrangers comprennent mieux les enjeux (pro-actifs, visionnaires) que nous ? N'eut-été l'intervention des forces africaines, je parie aujourd'hui que le sadique Sadam-Hussein Kongolo Mobutu serait à la tête du pays et Tshisekedi, "l'éternel opposant" , aboyant et n'arrivant (jamais) à atteindre le sommet du pouvoir.

Lorsque le colonel Muhamar Kadhafi de la Libye prit le pouvoir, il fut beaucoup plus malin. Pour déloger le roi Idriss, alors à la tête du pays, roi qui fut l'homme des britanniques et des américains, Kadhafi a joué "au corbeau et au renard" . Le monde arabe le taxa alors de "vendu" . Mais, Kadhafi attendait son heure. Lorsqu'il eu les moyens de mettre les Britanniques et les Américains dehors, il n'a pas hésité, pour le bien de son pays. C'est ce qui arrivera avec Kabila vis-à-vis des rwandais et des ougandais, les pays qui l'ont aidé avec leurs troupes à renverser Mobutu. Comment pourra-t-il faire autrement, n'ayant aucunement une armée à la hauteur de ses deux (2) puissants voisins de l'Est ? Il doit être plus malin qu'eux, et dans quelques mois les traces de la présence de leurs troupes seront reléguées aux oubliettes ! Non seulement il traitera d'égal à égal avec eux, mais vu ses potentiels, la RDCongo deviendra leur leader, leur tête dirigeante, leur "grand frère" . Il ne faut pas être un suicidaire politique, mais fin stratège pour survivre. Sinon, on change de métier !

Yaser Arafat était l'ennemi numéro un (1) des États-Unis, mais à l'heure où on se parle, grâce à son réalisme et à sa stratégie à long terme, il se rend, quand il le veut à Washington et parle arabe... à la Maison Blanche !

En 1945, après la 2e guerre mondiale, le Japon et l'Allemagne (de même que la Corée du Sud après la guerre de Corée de 1952) ont été privé par les puissances victorieuses de toute initiative sans l'aval des "maîtres" . Les États-Unis les ont presque fait agenouiller, car leur force et leur puissance étaient sans équivoque: interdiction de constituer une armée offensive, économie sous surveillance, etc. Étant à l'époque faibles, ils s'y sont conformés. Mais ils ont été plus intelligents et ont joué sur le terrain de prédilection des États-Unis, c'est-à-dire l'économie. A l'heure actuelle, ces pays "mangent" à la même table que les États-Unis et les grandes puissances, et traitent d'égal à égal avec eux. Et quand aujourd'hui la Corée, à la suite de la récente crise économique de l'Asie, sollicite cinquante (50) milliards de dollars US (vous avez bien lu, 50 milliards de dollars US !!!), les grandes puissances occidentales n'hésitent pas à le lui donner (par le biais du FMI ou de la Banque Mondiale qu'ils contrôlent). Pour la RDCongo on lui octroi un maigre... quarante (40) millions US, de l'argent de poche quoi !

Les grandes puissances n'ont manipulé que les imbéciles, les moins intelligents, les invalides mentaux. Soyons réalistes : "Quand quelqu'un est plus fort que soi, soyons plus intelligent que lui !" .

D'aucuns se rappellent, sans doute, les prédictions du fonctionnaire allemand Blumenthal, envoyé par le FMI et la Banque Mondiale, à la fin des années 70, pour essayer de mettre au pas l'économie du pays ? Il a dit approximativement ceci : "Déplacez tous les Zaïrois en Allemagne et déplacez tous les Allemands au Zaïre. Dans dix (10) ans, les Zaïrois vont regretter leur choix et vont vouloir récupérer leur pays !" Dix (10) ans seulement ! La morale de l'histoire: la RDCongo possède tous les atouts pour redevenir rapidement un des pays les plus prospères de la planète. Par conséquent, il faut le concours de tous. Ne gaspillons pas cette chance et mettons-nous au travail !

Au lieu de cela, Tshisekedi est entrain de faire peur à toute la population congolaise, à perpétuer le sentiment des troubles permanents, à faire fuir des investisseurs éventuels, à opposés les Congolais entre eux. Alors, sérieusement, son rôle n'aide pas mon pays. Pourquoi faire le jeu de celui qui risque de causer la perte de mon pays? Ce n'est pas le rôle d'un chef de parti responsable.

S'il était plus malin, il collaborerait ou participerait, d'une façon ou d'une autre, à la reconstruction nationale. Il en va aussi de sa crédibilité, de sa capacité à composer avec ceux qui ne partagent sa vision. L'art de la conciliation est un bagage non négligeable pour tout homme d'état digne de ce nom: concilier les différentes nuances d'opinions.

S'il était plus malin, il demeurerait à "l'intérieur" et non à "l'extérieur" du cercle du pouvoir et attendre son heure: les élections. Mikhaïel Gorbatchev a pu changer l'Union Soviétique de l'intérieur et non de l'extérieur.

Quelqu'un peut-il m'expliquer les raisons profondes (et non superficielles) de la scission puis de la création de l'aile UDPS-Kibassa Maliba ? Ce dernier n'est pas n'importe qui : il fut non seulement le Président, mais aussi un des fondateurs, au même titre que Tshisekedi, de l'UDPS. En fin de compte, je crois que Kibassa Maliba est plus réaliste et plus intelligent: il travaille pour son pays, au sein du seul gouvernement légal de son pays, il est à l'intérieur du cercle du pouvoir où les décisions majeures se prennent et il est conscient que sa moitié de l'UDPS ne fait pas le poids devant la machine de l'AFDL. Alors, je dis : Bravo !

Quand Tshisekedi envoi une lettre à Madeleine Albright, la secrétaire d'état américain, pour solliciter son intervention dans les affaires intérieures du pays, je trouve cela simplement lamentable. Quoi ? Il ne peut pas prendre le téléphone et dire : "Monsieur le Président, je veux vous voir... ? ". Pour cela, il doit passer par les États-Unis ? A moins que je ne comprenne vraiment rien à la politique du pays, je constate là aussi un cyclone d'incompréhension.

Incompréhension que je retrouve aussi dans la dénonciation des contrats signés par l'AFDL au beau milieu de la guerre, l'UDPS parlant de manipulation, d'asservissement de Kabila aux puissances étrangères, notamment américaine, alors que le pays a plus que besoin de l'argent frais pour refluer sa caisse mise à sac par la bande à Mobutu.

Woh ! Woh ! Ne nous sous-estimons plus jamais, ne sous-estimons plus "l'homme noir" . Je suis né en 1958, la génération de Mobutu, Tshisekedi ou de Kabila, c'est la génération de mes parents. Une génération issue des indépendances, avec le complexe de "l'homme blanc". Mais notre génération a eu l'opportunité de voyager, de "manger" à la même table que "l'homme blanc" , à étudier les mêmes matières que "l'homme blanc" à l'université des blancs, à "coucher" avec les filles de "l'homme blanc" , à voir "l'homme blanc" de plus près. Je dirais plutôt que "l'homme blanc" doit beaucoup plus avoir peur de notre génération, car nous sommes plus intelligents et plus cultivés. Les satellites en direct nous montrent sa peine, ses lacunes, ses faiblesses, ses peurs, ses larmes et ses misères. On le connaît trop bien maintenant pour qu'il puisse nous manipuler à sa guise. Arrêtons le complexe de "l'homme blanc !" C'est un homme comme un autre, seule la couleur de la peau est différente.

C'est pourquoi j'ai la conviction que l'équipe gouvernementale de Kabila sera beaucoup plus efficace si on la soutien et si on l'aide, car il y a en son sein beaucoup qui "savent" comment pense "l'homme blanc" . Ce sont des gens qui, à mon humble avis, sont sortis de ce que j'appelle le "ghetto noir": consommer "noir" , manger "noir", danser "noir" , penser "noir" !

J'ai autant de sympathie pour Laurent Kabila comme j'en ai pour Nelson Mandela de l'Afrique du sud pour avoir su pactiser avec les racistes blancs et mener un pays au bord de l'explosion, à la prospérité, calme et dignité; la même situation pour Robert Mugabe du Zimbabwe; de la sympathie pour Paul Kagame du Rwanda pour sa vision moderne de l'Afrique à la veille du 21e siècle; de la sympathie pour Yoweri Musevini de l'Ouganda pour avoir sorti son pays du chaos et l'avoir lancé sur la voie du progrès; même situation au Ghana de Jerry Rawlings; de la sympathie pour Dos Santos de l'Angola pour son réalisme politique, étant ami tant avec ses anciens ennemis (américains) qu'avec les français et le bloc de l'est; de la sympathie pour Tony Blair de la Grande-Bretagne pour sa modernité gouvernementale; de la sympathie pour Mikhaïel Gorbatchev de la Russie pour avoir marqué incontestablement ce siècle en faisant tomber le mur de Berlin et introduisant sa "Perostroïska" dans le paysage politique de presque tous les pays de l'ancien bloc de l'est; de la sympathie pour Shimon Pères d'Israël pour son coup de maître en pactisant avec ses pires ennemis politiques, l'un interne (Menahim Begin) et l'autre externe (Yaser Arafat), pour arriver à conclure une paix historique au Proche-Orient avec les Palestiniens; de la sympathie pour Paul Martin, le ministre de l'économie du Canada pour avoir réussi à ramener le déficit à zéro (0) jusqu'à l'an 2000, faisant ainsi du Canada le premier pays développé à réaliser cet exploit; j'avais de l'admiration pour Thomas Sankara du Burkina Faso pour avoir, en cinq (5) ans seulement, transformé un des pays le plus pauvre de la planète, en modèle de fierté, de bonne gérance, d'indépendance pour les générations d'africains qui s'inspirent et s'inspireront, etc.

Bref, j'ai de la sympathie pour tous ceux qui font avancer les choses, les visionnaires, les réalistes,...

Un sage à dit un jour : "Pour oublier le passé, bien faire le présent".

Tshisekedi doit oublier le passé et les résolutions passées du CSN, et bien faire le présent.

Par conséquent, c'est au présent qu'il doit s'atteler maintenant, immédiatement. Faire avancer les choses. "Celui qui n'avance pas, recule" dit-on.

Donc, il faut avancer. Personne n'est indispensable disais-je, même Kabila. Ce dernier, je le vois comme Gorbatchev, c'est-à-dire mettre le pays sur la bonne voie et, ensuite, quitter la scène politique. Je me battrais avec toutes mes énergies pour qu'il ne reste pas au pouvoir plus de cinq (5) ans !

On peut aider son pays de mille et une façon: en art, culture, philosophie, sport, musique, etc. On peut le faire dans son domaine de prédilection, à l'instar de Bob Marley, par exemple : il a de loin contribué à faire connaître davantage la Jamaïque à travers le monde avec ce qu'il savait faire de mieux, la musique.

Par opposition, chez moi tout le monde veut faire la politique active. Tout le monde est devenu un politicien en puissance avec, en prime, une épidémie de diarrhée verbale ! Prenons juste le cas des soi-disant "parlementaires-débout".

Au début, ce terme de "parlementaire-débout" avait suscité mon admiration. Ensuite, en me renseignant par le biais des différentes sources, ça m'a complètement dégoûté. Comme si je me trouvais en présence d'usurpateurs d'un terme pourtant noble et respectueux.

De quoi s'agit-il ? Ce sont des gens, et surtout universitaires, à peine lavés et brossés leurs dents, font des longues marches jusqu'à la résidence de Tshisekedi. Et là, ne s'appuyant sur aucun fait, aucun argument, discutent sur des rumeurs et des "on-dit" et attendent... attendent. Attendent quoi ? Que "Moïse" leur lance un mot d'ordre ! Même s'il leur disait d'aller pisser sur le boulevard Lumumba, je doute fort qu'ils hésiteraient ! C'est incroyablement lamentable ! Je m'emporte toujours lorsqu'il s'agit des gens, apparemment intelligents, qui devaient nous éclairer par leur raisonnement et leur réflexion, réagissent en parfaits malins-imbéciles !

Dans une des chansons de l'orchestre Extra Musica, on peut entendre : "Mayele Nzuzi alobi na bino, boyaki classe na retard" . Non seulement, les "parlementaires-débout" arrivent en retard en classe mais, de surcroît, ont brillamment échoué dans leur rôle de meneurs d'idées novatrices, originales et réalistes, contrairement à ces adolescents "villageois" venus de l'est à pied pour libérer le pays... J'espère seulement que nos universités ne sont pas devenues des dépotoirs intellectuel…

Ce sont toujours les "faux prophètes" , les haineux qui entraînent des populations entières (inconscientes, aveugles ou suiveurs) au génocide, à une sorte de banzaï-d'idées. Les "faux-prophètes" sont capables de faire passer le bon Dieu pour le Diable ! Je préfère prévenir et ne pas suivre ces prophètes de malheurs.

Je crois qu'il doit y avoir un moyen de s'entendre, de trouver un terrain d'entente, de dialoguer sérieusement avec des gens sérieux et digne de leur rang et de leur statut, et ne pas donner raison à Simon Leys quand il dit : "La vie est un long dialogue avec des imbéciles" (dans New York Review of Book).

La plupart de ceux qui se défoulent sur les colonnes des médias électroniques vivent en occident. Ils vivent dans les états où il existe des lois contre les propos haineux, des lois contre les propos racistes, des lois contre l'incitation à la révolte, des lois contre l'atteinte corporelle, des lois contre le parjure, … et j'en passe. Ils vivent en occident et se conforment aux lois votées par les législatures de leurs pays d'accueil. C'est normal, n'est-ce pas ? La loi, c'est la loi et elle s'applique à tout le monde sous peine d'arrestation.

Le hic, c'est lorsqu'au pays des "irresponsables" lancent des tracts haineux ou appellent des gens au soulèvement et à la révolte, et qu'ensuite on procède à leur arrestation, les mêmes "occidentalisés" montent aux barricades prêts à se faire "hara-kiri" et crient aux… droits de l'homme ! Incroyable !

Ils trouvent normal que la loi soit appliquée intégralement ailleurs, mais pas dans leur propre pays ! Comme si l'impunité érigée en système sous Mobutu est tellement ancrée en eux qu'ils ne veulent rien changer d'un iota. Et la loi, pardi ? Il est plus que temps que tous les congolais vivent dans un état de droit et que, dorénavant, la loi soit appliquée et respectée par tous !

Je veux lire et entendre l'impartialité, la lucidité au lieu et place des propos haineux de la part de certains dirigeants d'opposition, les germes potentiels des troubles permanents. Je ne veux pas revivre ce que les Kasaïens ont vécu au Katanga à cause des tels propos irresponsables ! Il suffit d'un peu, d'un vrai non-circoncis-intellectuel pour faire tout dérailler...

Et la même chose est entrain de se reproduire, encore une fois, sur les colonnes des médias électroniques: des Docteurs, des Professeurs, des universitaires, des dirigeants politiques ou leurs "lieutenants", etc. qui appuient Tshisekedi aveuglement, sans aucune analyse de ses gaffes, de ses erreurs stratégiques, de ses écarts de conduite ou de langage; pour eux, tout ce que fait et dit Tshisekedi, c'est comme la parole de la bible qu'il faut croire, aucune autocritique des faits et gestes de leur leader, même s'il viole consciemment et outrageusement la loi. Où sont les intellectuels de l'UDPS et de l'opposition ?

Arrêtons des conflits inutiles: le nouveau Congo a besoin des actions concrètes, des solutions réalistes et non des littératures léthargiques. Comment ne pas condamner cela ? Pour moi, ce ne sont que des suiveurs, des imitateurs des faits et gestes d'une même personne. A ce propos, ils ont intérêt à relire Victor Hugo quand il dit : "N'imitez rien ni personne. Un lion qui copie un lion devient un singe !".

On peut même constater, à un certain niveau, cette vague de "Moïsisisme" qui se reflète au sein de la société congolaise tout entière avec ces multitudes d'églises et des maisons de prière qui poussent comme des champignons. Une réflexion, vu cet état de chose, me revient sans cesse à l'esprit: "Quand quelqu'un est malade (la RDCongo), il consulte un médecin (les rénovateurs, les bâtisseurs du nouveau RDCongo), mais lorsqu'il est mourant (les désespérés et les pessimistes), il consulte un prêtre ("Moïse" et la soi-disante opposition) !". Moi, je préfère consulter un médecin plutôt qu'un prêtre. C'est un choix…

Tout ceci me rappelle une blague juive: "Eh ! Pourquoi dis-tu que Moïse, notre prophète, est un con ?

Explique-moi, demande un professeur juif à son élève...Eh bien, en traversant la mer rouge, il a entraîné tout mon peuple à tourner à droite au lieu de tourner à gauche... Et alors ? poursuit le professeur... Eh bien, s'il avait tourné à gauche, Israël aurait eu tout le pétrole !"

Quelle direction prend le "Moïse" de la République Démocratique du Congo ?

Kaisala Bokule-Mangubu ( kaisala@hotmail.com )

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