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Réponse au professeur Jules De Tibeiro
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Marcel Kabundi
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Bonjour cher compatriote,

Je m'excuse de vous répondre avec un leger retard. J'ai bien lu et relu votre texte pour être sûr que je vous ai bien compris. Vous me posez deux questions précises, notamment,
1) vous voulez savoir si on peut parler aujourd'hui d'une diaspora congolaise ou zairo-congolaise.
2) Ensuite, vous voulez savoir au nom de quels critères ou principes un individu sur ce réseau peut se permettre de signer ses livraisons intégristes au nom de cette diaspora ou vous seriez intégré à votre insu dans la mesure où vous n'adhérez pas à ses idées.
Voici mes commentaires

1) À PROPOS DE L'EXISTENCE DE LA DIASPORA CONGOLAISE.

Sur base du troisième critère politique que vous avez très bien décrit et qui a évolué avec le temps ainsi que sur base des éléments culturels dans le pays comme le Canada qui favorise le muliculturalisme, on peut soutenir que la diaspora congolaise entendue dans le sens d'une communauté congolaise ou regroupement des Congolais organisé conformément aux lois du pays d'accueil, peut exister.
En effet, on peut considérer la diaspora congolaise comme le synonyme de la communauté congolaise qui est composée des individus originaires de ce pays qui vivent en dehors de leur pays pour diverses raisons.
Cette diaspora peut s'organiser comme une structure administrative enregistrée comme un organisme de bienfaisance ou bien comme un mouvement social.
Dans ce dernier cas, les règles du jeu changent. En effet, ne seront membres que ceux qui on exprimé leur volonté d'adhésion aux objectifs de cette organisation. Si cette structure est légalement autorisée, elle constitue une personne morale et est dirigée par un conseil d'administration.
Personne ne peut parler en son nom sans être habilité à le faire. Dans l'autre hypothèse ou le regroupement des Congolais n'est légalement constitué, les individus agissent et engagent leur propre responsabilié.
Légalement parlant, une telle structure n'existe pas. Chacun individu engage sa propre responsabilité alors que dans le premier cas c'est la responsabilité de la personne morale qui est engagée lorsque ses représentants agissent en son nom.
Une personne morale a un nom. Ce nom peut être diaspora. Rien n'interdit d'utiliser une telle appelllation car elle n'est pas ILLICITE. À l'époque de la dictature de Mobutu, plusieurs Congolais ont fui le pays comme réfugiés politiques. Si le nombre dans un pays donné permettait un regroupement, il arrivait qu'il se constitue une petite diaspora. Aujourd'hui, le terme a une autre acception. Pour les Congolais restés au pays, le terme diaspora fait référence aux Congolais de l'étranger et dont certains sont revenus occuper certaines fonctions administratives. Cela cache une certaine connotation péjorative.
Ce regroupement de Congolais peut s'organiser en Mouvement social en vue de la défense ou de la promotion de certains objectifs précis, généralement à connotation sociale Les buts peuvent varier jusqu'à l'infini.
Mais tout cela doit se réaliser sous forme d'une structure ou d'une organisation autorisée par les lois du pays d'accueil. Généralement, il s'agit d'une organisation non gouvernementale(ONG)appelée ailleurs association sans but lucratif (ASBL).

Cette association, ou cette diaspora si vous voulez est une structure volontaire. Cela signifie que le fait d'être originaire du Congo ne fait pas automatiquement de vous un membre effectif et en règle.
Vous devez décider de votre adhésion. Ainsi donc si la diaspora est constituée en une organisation non gouvernementale, elle deviendra une personne morale dans le sens que elle sera distincte de ses membres qui peuvent être des personnes physiques (individus) ou morales.
Les décisions prises par cette ONG n,engage que la responsabilité de ses membres, SEULEMENT. En conclusion et grâce à l'évolution, le terme diaspora a pris plusieurs sens au point où elle est devenue presque le synonyme de COMMUNAUTÉ, GROUPEMENT. Mais, rien dans la loi interdit l'utilisation d'une telle appelation.

2) Est-ce qu'on peut être automatiquement membre d'une diaspora soit-elle congolaise ou africaine ?

Je réponds par la négative. Non, vous ne pouvez pas être membre d'une diaspora sans que vous ayez exprimé votre volonté. Toute ONG étant volontaire, il faut que la personne qui veut devenir membre adhére en acceptant les statuts et les règlements. Souvent, il arrive QUE certains mouvements sociaux font face à un probléme d'identité.
Un mouvement social soit-il la diaspora congolaise doit se donner une identité en disant qui il représente, au nom de qui il parle, quels intérêts il protège ou défend. Il faut résoudre le problème de la définition du groupe, de la diaspora, de la société civile, etc.
Il arrive que certains individus pour se donner une certaine image de popularité, une certaine crédibilité ou bien une certaine importance dans certains milieux et pour donner l'impression d'être le porte-parole d'un grand nombre d'individus font de la fausse représentation et utilisent ou font usage des appellations susceptibles de créer une certaine impression d'être un leader d'un grand mouvement social, d'être une élite alors qu'en réalité, il s'agit d'un écran de fumée, d'un SORDIDE subterfuge pour tromper et induire leurs interlocuteurs en erreur ou bien pour obtenir des faveurs ou des avantages politiques au nom d'une hypothétique structure et organisation ayant plusieurs membres.
EN RÉALITÉ, ces individus ne sont que l'ombre d'eux-mêmes. Avec l'avénément de l'Internet, c,est le LIBERTINAGE malheureusement et difficilement punissable dans certaines circonstances. C'est une forme de démagogie à l'envers. Que faire face une pareille situation ?

1) Il faut réagir immédiatement dès qu'un tel individu écrit ou fait croire qu'il agit sur mandat de ses membres ( en réalité des fantômes) en lui exigeant de dire clairement au nom de quels membres il parle et au besoin lui exiger de produire des statuts et règlements et la liste de ses membres.

2) Il faut se désolidariser d'avec ses écrits de la même manière et aux mêmes endroits où il les a publiés et faire savoir clairement que cet individu agit en son nom personnel ou au nom de sa famille immédiate;

3) Si le dommage qu'une telle appellation peut causer aux individus est irréparable, on peut demander à un tribunal compétent d'interdire l'usage d'une telle appellation. Cela arrive lorsque certains individus faisant la promotion des objectifs ILLICITE et ILLEGITIME, utilisent des appellations explicites dans ce sens comme faire la promotion de l'intégrisme, de la haine à l'égard d'un groupe etc.

4) En tout état de cause, il faut faire remarquer à l'auteur des écrits de ce type qu'il n,engage que sa responsabilité et le dénoncer à la première occasion.
Vous avez raison de soutenir que l'exil cesse lorsque les raisons qui en étaient à la base ont disparu. Mais remarquez que l'exil politique peut transformer en exil ou refuge socio- économique. Vous comprenez ce que je voudrais dire ici.

Merci et à bientôt !

Marcel Kabundi
Juriste-criminologue

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