| Réponse à François
Kalonga Kazadi |
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| Marcel Kabundi |
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François,
Merci pour votre message que j'approuve dans presque sa totalité. Vous êtes clair et
très précis. Vous vous exprimez très bien. Vous dites en peu de mot votre fond de
pensée. Il est plus facile de se comprendre et de mieux échanger.
Voilà des qualités que je vous conjure de garder et je le dis en toute sincerité et
sans flatterie. Lorsque vous communiquez avec un interolucteur sans que vous vous
entendiez sur le sujet et sur la méthode de discussion, il y a confusion et mauvaise
communication. Le débat dont il était question touchait plusieurs champs. Il pouvait
être traité sous divers plans. Mais, comme on était arrivé à l'évidence qu'en
suivant la rigueur de la procédure pénale, mieux juridique, on ne pouvait pas aller
loin, il fallait alors clairement dire que le débat était sur le plan politique, en ce
moment-là, François, je n'aurai pas gardé ma langue de bois qui n'a pu susciter votre
enthousiasme, je me serai retiré totalement du débat en laissant à d'autres personnes
de le poursuivre.
Dr Bilolo a voulu discuter des principes juridiques et concepts criminologiques en les
confondant comme vous l'avez remarqué, alors j'ai cru qu'il fallait que j'élucide ces
principes juridiques fondamentaux et universels. Vous l'auriez fait si vous étiez dans ma
situation.
François, les juristes n'ont pas étudié que le Droit. Nous avons également eu des
cours de philosophie, de sociologie, de psychologie, d'économie, d'histoire, de science
politique, de logique, bref, on a couvert la plupart de cours de sciences sociales. Cela
prend cinq ans (5 ans) pour étudier le droit. Nous avions commencé à 500 et nous avons
terminé à environ 40 personnes, cinq ans après. C'est vous dire que si le droit
n'était que Droit, on serait peut-etre 450 diplômés, cinq ans plus tard.
Les juristes ont une formation tellement large et générale qu'ils peuvent aborder et
discuter avec une limite tolérable de tout ce qui touche la vie en société. Lorsque
cela devient complexe, on fait appel à des EXPERTS pour nous aider à mieux comprendre le
sujet.
En ce qui me concerne, vous savez que j'ai fait, en plus, la Criminologie qui fait partie
de sciences sociales. Et Dieu sait combien de cours en sciences sociales nous avons suivis
avant d'être déclaré par l'Université de Montréal, Maître-ès sciences en
Criminologie. C'est vous dire, avec toute humilité et insistance, que les juristes ne
sont pas étrangers aux sciences humaines et sociales. Nihil humanum alienum est (Rien de
ce qui est humain ne nous est étranger) diraient les jurisconsultes africains. Et ubi
societas, ibi jus (partout où il y a un groupement de gens, le droit y est).
Voilà pourquoi, il existe plusieurs familles de droit: anglos-saxon, civil napoléonien,
musulman, etc sans oublier les multiples droits coutumiers africain.
Mais, j'avoue que je ne suis pas encyclopédiste.
Néanmoins, je fais tout pour maîtriser ce que j'ai appris à l'université et continue
à pratiquer dans la vie professionnelle.
François, le droit positif est relatif. Chaque pays fait sa loi en suivant certains
principes universellement contenus dans la déclaration universelle des droits de l'homme
qui est le préambule de plusieurs constitutions. C'est pourquoi, ce qui est crime ici ne
l'est pas nécessairement là-bas. Erreur en déça des pyrennées, vérité au délà,
voilà ce que nous avions appris dans nos études classiques au Petit Séminaire
C'est pourquoi, pour renforcer cette relativité juridique, un principe dit: Nullum
crimen, nulla poena sine lege (Il n' y a pas de crime ni de peine sans loi).
La question d'homosexualité peut également être analysée sous diverses disciplines
scientifiques. Il faut s,entendre avec la discussion de définir le cadre de discussion et
la méthode. N'est-ce pas Emile Durkheim, un des classiques en sociologie, qui a parlé de
méthodologie ?
La question de créer une autre forme de crime, le crime mobutien selon vos termes,
appartient bien sûr aux fils et filles élus de n'importe quel pays. Mais tout cela devra
se faire selon une certaine procédure, un certain cadre, pour que l'on parle tous d'un
même sujet et que l'on tende vers un même but. Sinon, c'est de l'indiscipline et de la
confusion. Voilà pourquoi lorsque nous faisions des dissertations en rethorique ou en
poésie ou syntaxe, on avait parfois des annotations comme celles-ci: Hors Sujet; Trop
Vague, Dispersé, Sujet non Maîtrisé, etc. Je m'excuse d'avoir été marqué si jeune
par cette dscipline et cette riguer et je ne regrette pas de m'imposer à mon tour une
certaine rigueur lorsque je discute, par respect pour mon interlocuteur et pour être
mieux compris. Et tout le reste est comme disait autrefois Voltaire, n'est que de la
littérature.
Je vous signale que j'ai déjà envoyé deux textes à Congonline et j'attends qu'il les
publie comme étant l'exercice de mon droit à la réponse. Vous verrez ce que j'y écris.
C'est très intéressant.
Bonne journée François
Et à Bientôt !
Merci
Marcel Kabundi
Juriste- Criminologue |
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