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Cas Me Nimy: Mon point de vue final
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Marcel Kabundi
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Chers compatriotes,

Le cas Me Nimy nous a vraiment occupés. Cela démontre sincèrement les préoccupations de tous les Congolais et Congolaises à l'égard du passé, du présent et de l'avenir de leur pays et surtout leur souci pour l'intérêt suprême de ce pays qui nous a tous vu naître. Au délà des sentiments et de la passion que cette discussion a pu susciter, certains d'entre-nous ont pu résister à la tentation de verser dans des injures et des attaques personnelles. Je vous ai personnellement exigé une certaine rigueur de raisonnement, une discipline personnelle et surtout, une certaine méthode d'analyse insistant sur les faits afin que nous puissions acquérir de nouvelles attitudes lorsque nous discutons de n'importe quoi. Car très souvent, il nous est arrivé de nuire à la réputation des gens sur des bobards, des on-dits, à partir de la radio-trottoir, etc.Tout cela a eu parfois des conséquences irréparables à l'époque de Mobutu: des assassinats, des enlèvements et de la torture, bref, des violations repétées des droits de la personne. La recherche de l'argent et du pouvoir, souvent, ephémère, était le leitmotiv de bien de petites gens. D'où la méfiance reciproque au point où on avait peur de ses proches qui pouvaient inventer n'importe quoi pour survivre et devenir momentanément quelqu'un d'important. Vous comprenez ce que je voudrais dire ici. D'où l'intolérance et la prostitution politique. Or la réputation personnelle est quelque chose de sacré. Cela dit, dans le cas de Me Nimy, je fais deux constatations: d'une part, certains, avec raison, discutaient de la situation sur le plan politique, d'autres, aussi justifiés que les premiers, l'analysaient sur le plan juridique. Or ce dernier plan juridique est le plus rigoureux, il a des règles précises, claires et incontournables, il exige des faits, des preuves, mais attention, il faut démontrer qu'ils sont imputables à l'individu que l'on soupçonne. Cela n'a pas été facile, il faut le reconnaître, personne n'a pas pu amener des faits précis dans le TEMPS comme dans l'ESPACE pouvant permettre, pour le MOMENT, de soutenir avec force quoi que ce soit contre Me Nimy. Probablement, que le temps n'a pas permis de recueillir des faits tangibles contre le sieur Nimy, pour le laps de temps de notre discussion. Si les faits qu'il aurait commis tombent dans la catégorie des faits imprescriptibles, alors, ceux qui en auraient la preuve, reviendraient un jour à la charge. Pour l'instant, il n'y a rien de tangible. Il faut le dire sans peur. Je me permets de conclure, au vu de ce qui précède, que personne n'a pu apporter des faits imputables précis et punis par le code pénal du Congo contre l'individu Me Nimy. La seule conclusion plausible pour le moment est qu'aucun fait n'a été établi contre lui.
Par contre sur LE PLAN POLITIQUE, il faut reconnaître que Me Nimy, ayant été membre du gouvernement Mobutu, fût-ce pour quelques mois ou semaines OU ANNÉÉES, il doit accepter qu'il est loyalement solidaire avec les décisions du gouvernement dont il a librement et en connaissance de cause fait partie. Étant au courant de tout ce que le régime de Mobutu faisait ou ne faisait pas, il aurait dû refuser d'en faire partie et choisir, s'il le fallait, l'exil pour prouver son objection de conscience. Rien n'indique qu'il a posé ce geste. Son nom ne figure pas sur la liste des réfugiés politiques avant ou après1990. Or, en Droit constitutionnel, on parle de la SOLIDARITÉ MINISTÉRIELLE. Il s'agit d'un principe simple qui veut que les décisions importantes étant délibérées en commun par le Cabinet, chacun d'eux supporte la responsabilté des décisions arrêtées par le Gouvernement (même s'il les a combattues) et ne peut l'éluder qu'en démissionnant. Voilà le geste ultime que Me Nimy aurait dû poser au moment opportun pour marquer son refus de faire partie de l'équipe, soit-elle de football. Ce geste de démission parfois fracassante brise la solidarité ministérielle et dégage son auteur de la responsabilité solidaire et collective. M. Chevenement, l'actuel ministre français de l'intérieur, l'avait fait à l'époque de la guerre contre l'Irak alors qu'il était ministre de la défense. Certains ont avancé le cas de Mudimbe qui a refusé sa nomination prochaine ou imminente par Mobutu, etc. Cela étant, Me Nimy sera et demeurera, selon mon opinion, politiquement et solidairement responsable avec tous les autres ministres et commissaires d'État de Mobutu pour toute la période où il a exercé ses fonctions, peu importe l'échelon et l'importance de celles-ci. À partir du moment où il a quitté le bateau Mobutu, sa solidarité ministérielle cesse. En conclusion, je soutiens, pour ma part, que si personne n'a pas démontrer hors de tout doute raisonnable la responsabilité pénale individuelle de Me Nimy au regard du code pénal congolais, politiquement, il demeure et doit demeurer solidairement responsable avec ses collègues de cabinet en vertu du principe constitutionnel de SOLIDARITÉ MINISTÉRIELLE. Voila mon point de vue qui met fin, en ce qui me concerne, à ce débat.

Merci à tous ceux et celles qui ont exprimé leur point de vue et m'ont aidé à arriver à cette conclusion personnelle sur ce cas.

Marcel Kabundi, LL.M., M.Sc.crim.

Juriste-Criminologue

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