| Mr. Iluju Kiringa
accuse la police de Toronto ? |
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| Marcel Kabundi |
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Monsieur Kiringa,
Je viens de lire votre message accusant la Police de Toronto d'être l'alliée du
dictateur Kabila. Vous tenez également des propos assez durs à l'endroit des services
canadiens de sécurité. À cet effet, vous nous relatez les événements survenus lors de
la visite de la délégation congolaise. Les faits sont décrits tels qu'ils se sont
passés selon vous et selon vos témoins si vous n'étiez pas là personnellement.. Mais,
nous ne connaissons pas encore la version officielle de la police ou des plaignants s'il y
en a. J'ai quelques remarques à faire:
1) L'autorisation de faire une manifestation publique n'exonére personne lorsqu'un crime
est présumément commis ou est en train de se commettre. Les Services de sécurité
continuent à faire leur travail en veillant que tout se déroule dans l'ordre, sans
bagarre, sans casse, etc. Voyez-vous, les Canadiens qui frappent et cassent des choses
lors des manifestations légitimes se font également interpellés. C'est comme cela dans
un véritable État démocratique qui est, par dessus tout, un État de droit. Je ne
défends pas ici la Police de Toronto car j'ignore vraiment ce qui s'est réellement
passé ni quelle disposition légale aurait été violée. Mais je voudrais rappeler
brièvement la pratique courante ici au Canada. Je ne voudrais pas non plus m'ingérer
dans un dossier dont la Justice est déjà saisie. Cela n'est pas permis ici. Vous savez,
cher ami, et je le dis objectivement et sincèrement, en publiant ces accusations contre
la Police, vous ne rendez pas service aux personnes qui sont inculpées. Vous auriez dû
les consulter ou bien demander à leur avocat de réagir ou alors à un groupe de droits
de la personne de le faire si vous estimez que la Police n'a pas fait correctement son
travail car en dehors des actes commis par des personnes élues dans l'enceinte des
parlements dont leurs auteurs jouissent d'une certaine immunité, tous les autres actes,
non encore prescrits, sont poursuivables au Canada. D'ailleurs certains sont
imprescriptibles.Un avocat de Toronto vous aurait conseillé quelle attitude prendre. Je
ne suis pas avocat et ce que j'écris ici ne constitue point un avis légal. Je vous fais
part de mes réactions et de mes commentaires.Ce que vous avez écrit engage votre propre
responsabilité et la police de Toronto et les services de sécurité canadiens
pourraient, un jour, vous demande de prouver vos allégations. Ce jeu-là devient
dangereux lorsqu'on se frotte avec des services qui fonctionnent différemment des
services semblables africains mais néanmoins professionnellement. Sinon, il existe des
services de contrôle auprès desquels se plaindre en cas d'abus de leur part.. Vous
auriez dû vous renseigner d'abord avant de dire et d'écrire quoi que ce soit. Ici au
Canada, lorsque la Justice est saisie, même les députés s'abstiennent de faire des
commentaires avant la fin des procédures. Bien plus dans ce cas-ci, n'étant pas
vous-même avocat, vous n'êtes pas qualifié pour parler en leur nom car vous leur causez
plus de tort que de bien. Ce sont eux qui pouvaient se plaindre devant l'Ombudsman de
l'Ontario. Eux seuls ou leurs avocats.
2) Je ne crois pas que l'UDPS ou un autre groupement national soient enregistrés au
Bureau du Directeur général des élections comme partis politiques reconnus au Canada.
Si tel n'est pas le cas, on peut déduire que vous fonctionnez sous le parapluie d'autres
organisations non gouvernementales, qui, elles, sont reconnues par les différents
ministères du Canada et de l'Ontario. Si tel est le cas, les actions qui seraient menées
sous le nom de l'UDPS ou des manifestations sous ce couvert, seraient selon moi
considérées comme non conformes aux dispositions législatives de ce pays car il n' y a
pas de parti politique reconnu au Canada autres que canadiens. Mais il existe bien des
groupes de pression reconnus en matière de droits de la personne. Ceux-là sont
légitimes, voyez-vous ! Je ne connais pas la situation juridique de l'UDPS-Ontario. Mais
j'ose croire que le Canada n'a pas officiellement reconnu l'existence de l'UDPS-Ontario
comme parti politique congolais exerçant des activités politiques au Canada.
Informez-nous là-dessus. J'écris tout ceci parce que le lobbying que votre groupement
peut faire, dans le respect des lois canadiennes et ontariennes, peut être handicapé
sérieusement par des erreurs de jugement et des écrits de ce genre. Chaque pays a ses
lois. Le Canada, aussi.
3) Il faut faire attention aux comparaisons lorsque vous écrivez, je vous cite;
<<La Police Torontoise a agi en toute illegalite envers M. Bwabwa, une illegalite
qui malheureusement nous rappelle celle qui a cours au Congo>>. C'est imprudent de
faire de tels propos. Vous n'aidez ni votre cause ni celle de ces compatriotes à qui on
reproche certains comportements mais personne n'a dit qu'ils étaient responsables. Actori
probatio incumbit, la charge de la preuve incombe à l'accusation. N'oubliez pas le
principe de la présomption d'innoncence existe et est respecté au Canada dont jouissent
Bwabwa et son épouse. Donc ces compatriotes ne sont encore coupables de rien. Évitez de
leur nuire avec d'aussi graves accusations contre les institutions policières surtout si
celles-ci ne sont pas prouvées car si la police de Toronto parvient à réunir des
preuves matérielles et testimoniales contre ces deux personnes, rien n'arrêtera la
Justice de suivre son cours. Je suis vraiment déçu que vous ayez agi précipitamment de
la sorte et je me demande si vous aviez préalablement consulté les deux personnes
inculpées et obtenu leur accord. Vous devez respecter leur vie privée. En diffusant
cette information sur ce net, savez-vous combien de gens vont la lire. Que faites-vous de
leur réputation. Évitons l'excès de zèle dans certains dossiers surtout lorsqu'ils
débordent dans d'autres champs. Voilà des réflexions rapides et des conseils de
prudence qu'a suscité votre sortie contre la Police de Toronto et les Services canadiens
de sécurité, une sortie maladroite et possiblement au détriment de vos compatriotes, M.
Bwabwa et sa femme que j'invite ardemment de se dissocier rapidement de vos propros et
insinuations s'ils ne veulent pas y être indirectement associés. Entre nous, nous devons
nous dire certaines vérités. Qui bene amat, bene castigat (qui aime bien châtie bien).
Souffrez, cher ami compatriote que je vous donne ces conseils de prudence parce que je
respecte, sans en être le membre, le parti UDPS et tous ses membres.
Marcel Kabundi, LL.M. M.Sc.crim.
Juriste - Criminologue |
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