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Les Congolais doivent changer de comportements !
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Marcel Kabundi
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Sans changement de comportements et d’attitudes, le Congo-Kinshasa ne sortira jamais du bois !

Je reviens d’un voyage qui m’a conduit dans différents pays africains incluant mon pays d’origine, la République démocratique du Congo, anciennement connu sous le nom du Zaïre.
Ce voyage a été pour moi une occasion pour observer, analyser, comparer et comprendre ce qui se passe en République démocratique du Congo. En effet, j’ai constaté que Kinshasa est vraiment une ville détruite et qu’il faut reconstruire. Les routes sont en piétre état.
Lorsqu’il pleut à Kinshasa, c’est la castrophe pour certaines communes et pour certaines maisons qui se retrouvent inondées. L’université de Kinshasa n’a d’université que de nom et de bâtiment, d’ailleurs, en piteux état. Lorsqu’il pleut, certaines salles de classe, auditoires si vous voulez, pissent d’eau partout. Les marchés sont toujours pleins et dans un état d’hygiène discutable. Les immondices s’accumulent au bonheur des mouches et de tous les vecteurs de toutes sortes de maladies. Bref, l’aspect physique de cette mégapole rappelle la façon dont elle a été traitée pendant le régime de Mobutu par les gestionnaires de l’époque, il faut le dire sans crainte. Ce serait injuste de soutenir le contraire. À l’aéroport international de Ndjili, malgré l’état désolant dans lequel il se trouve, la sécurité y regne quand même. On vous pose quelques questions normales et classiques, et vous voilà sorti. Sans tracasseries policières, sans laisser quelques dévises ou objets de va!
leurs. Plus de corruption ni de concussion. Pour quitter l’aéroport en route vers l’étranger, même scénario: peu de questions, et aucune tracasserie. D’ailleurs, on empêche les vagabonds à avoir accès à la salle des voyageurs, voire même dans l’enceinte de l’aéroport. Ce qui reduit les pickpockets au chômage. Tout ce que j’énumère ici est vérifiable et observable même sans lunettes. Ce sont des faits qui dénotent un certain changement positif qu'il faut applaudir et reconnaître comme un acquit positif du régime Kabila. Dans la cité, je n'ai pas été embêté ni été temoin d'une tracasserie policière. Ceci est un changement observable parce qu'à l'époque, c'étati terrible et déshonnorant. Pour ce qui est des aspects politiques, je me garde de faire des commentaires parce que chaque partie a son mot à dire, son analyse à faire, ses impressions et ses conclusions, bref, chacun vend ou essayer de vendre son point de vue, ce qui est normal. C’est le jeu de la démocratie, mieux de la politique que les Luba traduisent mieux en tshiluba par tshididi (dishima). Mais néanmoins, là où tout le monde s’accorde est sur l’établissement d’un État de Droit. Sans cela, tout changement si minime soit-il, se dissipera. Mais cet état de Droit ne pourra s’établir sans qu'il soit accompagné de changement de mentalité, de comportement ni d’attitudes. C'est bien beau d'avoir d'excellents textes juridiques si ceux-ci ne sont pas connus du public, ne sont appliqués et s'ils sont appliqués, ne sont pas respectés par tout le monde. D'ailleurs, à l'époque de Mobutu, aucun texte de loi ne jusitifiait la torture, et pourtant elle était monnaie courante. Aucun texte l'interdisant n'était respecté et personne ne veillait à son respect. Certains individus étaient au-dessus de la Loi. Il faut réformer et restructurer de fond en comble tout le système de justice de la RDC pour extirper tous les irritants et échappatoires qui créaient deux classes et types de citoyens.
Voici comment cela pourra se traduire dans les faits.
De prime abord, il faut reconnaître que le Zaïre d’antan (RDC d’aujourd’hui) était déjà mûr et prêt pour un changement. Le travail amorcé par le groupe de treize parlementaires ayant abouti à la création de l'UDPS et d'autres partis politiques mérite une reconnaissance historique. Cela est un fait historique vérifiable. Le désengagement militaire et l’appui populaire aux mouvements rebelles armés d’alors initiés à Uvira sont là des indices que le peuple congolais en avait assez de Mobutu et de son système. Les Allemands appeleraient une telle époque la "Zeitgeist". La "Zeitgeist" fait référence à un bon timing qui fait que le système micro et macro-social de la RDC était disposé et mentalement prêt à accepter un changement si radical soit-il. À l’intérieur comme à l’extérieur de l’ex-Zaïre, tous les indicateurs étaient d’ailleurs pour un tel changement au pays. Ce changement refère, bien sûr, à une modification observable qui s’est vraiment réalisée dans la classe politique à Kinshasa et partout au pays. L’équipe Kabila a remplacé l’équipe Mobutu. Le Zaïre comme nom du pays est mort. Vive le Congo. La zaïroise comme hymne est mort , vive la congolaise ! Bientôt la monnaie sera changée. Etc. Tranquillement on amorce un changement des signes extérieurs de l'ancien système. Un changement de ce type est vite réalisé. Mais le changement qui prend beaucoup de temps, c’est le changement de mentalité, de comportements et d’attitudes. Il s’agit d’un changement capital car le Mobutisme a conditionné beaucoup de gens pendant 32 ans. Si vous relisez les travaux de Pavlov, vous comprendrez que nous apprenons nos comportements que nous intériorisons pour qu’ils deviennent presqu’automatiques. Mobutu avec tous ses courtisants de Makanda Kabobi et ses faiseurs d’images ont, au moins, réussi cette délicate tâche de psyschologues de la masse. Ils ont manipulé les masses au point où aujourd’hui, de pareilles tactiques, mêmes sincères, sont mal vues et dénigrées et leurs auteurs assimilés à des ténors du Mobutisme dont certains ont repris dans l'impunité du service, et ce, en dépit des crimes réels ou imaginaires que la population leur reproche comme le massacre des chrétiens, des étudiants, les massacres des Kasiens au Shaba, les viols, les pillages, les assassinats multiples, etc, pour ne citer que ceux-ci. Une commission du genre de celle de l'après Apartheid en Afrique du Sud aurait donné l'occasion aux victimes d,avoir un mot à dire et même de pardonner s'il le faut. Le mot pardon n'est jamais sorti de la bouche des Mobutistes dont certains se pètent les bretelles et se promènent sans qu'ils aient à répondre de leurs actes. Ce n'est pas la chasse aux sorcières. Non, c'est plutôt la lutte contre la culture le l'IMPUNITÉ. Voilà une autre caractéristique fondamentale de toute dictature: l'impunité. En tout cas, un procès de ce genre, même fictif, aurait beaucoup aidé à panser les blessures encore fraîches que le Système Mobutu et tous ses ténors qui reviennent de leur hibernation et osent donner des conseils. Laissons aux politiciens la chance d'écouter la population et d'agir dans le respect de la Loi et pour les intérêts de tout le monde.
Pour qu’un tel changement de mentalités et de comprtements puisse s’opérer et s'implanter avec succès, il faut une certaine démarche qui comporte trois étapes plus ou moins difficiles, longues et intenses selon les personnes et les groupes concernés écrivent Pierre Collerette et Gilles Delisle (1982, page 27),auteurs du changement planifié. Ces étapes sont les suivantes: la décristallisation, le mouvement et la recristallisation. Rapidement, retenons que la décristallisation est la période où au Congo, on commence, individuellement ou collectivement, à remettre en question volontairement ou non ses perceptions, ses habitudes ou ses comportements. C’est cette période où nous essayons de dénoncer les effets pervers du Mobutisme. Il faut dénoncer la corruption, l'impunité, le clientelisme, les violations de droits de la personne, les arrestations et détentions arbitraires, les pillages, les viols, les détournements des déniers publics, les antivaleurs qui constituaient la charpente et la colonne vertebrale du régime mobutiste. Il faut cette anamnèse pour que les gens comprennent et tirent des leçons pour adopter de nouvelles valeurs. Il faut décristalliser. Ceux qui vivent dans des pays froids comme le Canada comprendront que la décristallisation est le dégel. Il faut dégeler le mobutisme, c’est-à-dire le faire passer de l’état solide à l’état liquide et même gazeux pour mieux l’évacuer de nos têtes.
Pendant ce dégel, on explore d’autres alternatives, on propose de nouvelles solutions et méthodes dans le respect de la primauté du Droit ou alors, on accepte et adopte d’autres façons de faire. Cette période est difficile car elle est accompagnée d’insécurité, d’anxiété puisqu’on abandonne ses habitudes, ses points de repères, les pistes connues pour se lancer dans l’inconnu et l’aventure dans le but d’un nouvel équilibre que l'on souhaite meilleur. Ceux et celles qui vivaient du crime à l'époque du système mobutiste, par exemple, doivent trouver un tel changement difficile et inacceptable parce qu'ils doivent trouver d'autres sources légitimes et légales de revenus. Voilà pourquoi, lorsque ce changement ne vient pas vite, les protestations, les critiques peuvent surgir de part et d’autres. Tout le monde est débalancé comme les pneux d’une auto. Le nouvel équilibre ou balancement doit mener à l’expérimentation de nouvelles habitudes, de nouveaux comportements et de nouvelles attitudes fondées sur de nouvelles valeurs de justice, d’équité et de respect du bien commun, du respect du chacun, bref, des valeurs démocratiques universellement admises.
La meilleure garantie d’un tel changement est la Justice, prompte, rapide, équitable et surtout juste. Le meilleur garant est un État de Droit. Dès l’instant que les populations observent une quelconque forme de marche arrière, l’anxieté, les critiques et le doute s’installent et surgissent dans la population et empêchent la progression du mouvement de décristallisation vers la recristallisation de nouvelles pratiques. Si cette recristallisation ne prend pas corps ou bien n’est pas accepté par la population comme un corps humain doit accepter un nouveau coeur transplanté, elle sera rejetée.
C’est tout à fait normal d’observer que face au changement ou bien au nouveau régime politique ou économique, une certaine hostilité, une certaine polarisation des débats. Cette attitude et ce comportement ne sont pas un signe de pathologie quelconque. Bien au contraire, cela démontre l’intérêt des gens qu’ils manifestent pour le changement qu’ils veulent tout de suite et vite.
Face à cette nouvelle situation qui déséquilibre les anciens caciques et riches de l’ancien régime mobutiste de l’intérieur comme de l’extérieur, il existera toujours deux groupes aux intérêts opposés: d'une part, les adeptes du "statu quo" dans lequel on retrouve les mobutistes et leurs complices de l’étranger, et d,autre part, ceux qui militent pour le changement où je place les différents membres de l’opposition antimobutiste et les adeptes de l’actuel AFDL. Oui, il y a eu une grande frange de la population qui a osé se tenir debout au péril de leurs vies contre Mobutu, mieux, le système mis en place par Mobutu.
Face à une quelconque résistance au changement, les agents de changement qui ont le pouvoir comme c’est le cas du gouvernement en place à Kinshasa ou ailleurs dans n’importe quel pays au monde, auront le choix entre deux types d’action: 1) une réaction forte, militarisée, exclusive et radicale, 2) une manière réaliste, non militarisée concilliante, inclusive et participative Il peut y avoir également, une action mixte tirant les éléments positifs de ces deux.
La philosophie des protagonistes de la manière forte et radicale est de recourir à la repression, au baîllonnement des opinions différentes mais parfois constructives, et à l’entêtement et à l’enlisement dans une seule voie de la violence et de l’intimidation conduisant tout droit à un affrontement verbal, physique et permanent demeurant parfois clandestin et dont l’issue finale est un véritable cul-de-sac qui bloque l’économie et le développement intégral du pays en décourageant les investissements et les créativités locales. Or sans le developpement économique, aucun gouvernement ne pourra rester en place longtemps. Et tout compte fait, on revient à la même case de départ, ce qui fait penser au fameux mythe de Sisyphe condamné par les dieux à rouler une pierre au sommet d’une montagne d’où celle-ci retombait toujours. D’où l’afropessimisme et les théories de tous les marchands de muavais sorts. Et pourtant, il n’ y a rien de mystérieux. Il s,agit d'une simple question de gestion pragnmatique et stratégiquement bien plannifié.
La méthode concilliante, participative et moins radicale que nous recommandons pour implanter tout changement est ouverte à l’écoute des expressions de résistances et à la manifestation de l’empathie à l’égard de ceux qui ne pensent pas comme nous. Mais cela doit être bien encadré par les règles de droit simples, justes, clairs et uniformes pour tous. Voilà pourquoi il faut un État de droit Autrement c’est l’anarchie et l'arbitraire qui transformera le Prince en Bourreau de son propre peuple comme le fut Mobutu.
Que faut-il alors faire pour marquer ce changement d’un sceau nouveau ? Selon moi, neuf éléments sont nécessaires pour juger de la bonne santé d’une nouvelle organisation, d’un nouveau régime, bref d’un nouveau gouvernement. Ce sont notamment, 1) le leadership, 2) la vision (le changement planifié), 3) l’engagement de tous les citoyens, 4) la rétribution ou l’imputabilité de tout le monde (reconnaissance, récompense et sanction), 5) la communication ouverte, verticale et horizontale, 6) les compétences et l’ acquisition de compétences, 7) le travail d’équipe, 8) la capacité d’adaptation et d’ajustement et enfin 9) la vérification (audit, suivi, mesures de correction et retroaction).
Voyons en détail certains de ces éléments en commençant par la notion de leadership.
Plusieurs définitions circulent au sujet du leadership. D’après moi, un leader se fait reconnaître par ses qualités. D’ailleurs, c’est son leadership qui assure et motive les citoyens et facilite l’acquisition des compétences.
Une personne assumant une certaine responsabilité de gestion qui pense de façon stratégique et qui communique les valeurs de l’organisation ou de son entreprise en utilisant des termes simples, clairs et surtout crédibles, crée un climat de confiance et de respect mutuels et encourage, ipso facto, les initiatives et l’esprit de créativité de ses employés sans crainte de represailles.
Par ailleurs, une telle personne guidée par sa compétence et le respect de la primauté du Droit, est déterminée à faire face à n’importe quel défi. Une personne de ce calibre est un véritable leader efficace. De pareils leaders mettront l’accent sur le mérite de ses collaborateurs.
Cela s’observe à travers le processus de sélection de ses employés au cours duquel’accent sera mis sur les habiletés, la capacité, les connaissances, les compétences, les relations interpersonnelles efficaces des candidats plutôt que sur leurs origines tribales et régionales, sur leur sexe, ou sur d’autres critères discriminatoires.
Or, actuellement, en Afrique, l’accent est plus mis sur l’origine, la camaraderie et parfois le sexe du futur employé. Sans que cela ait des liens avec le mérite On s’entoure des amis, des cousins, des neveux, des beaux-frères, des multiples amies sans s’assurer que ces derniers sont d’abord compétents et capables de livrer la marchandise dans le respect des règles établies.
Un bon gestionnaire ne doit pas seulement être un leader efficace. Il doit être un visionnaire, un être prévoyant et réaliste. Certaines études récentes démontrent que lorsqu’on se préoccupe de la culture organisationnelle,on réussit meiux en affaire. Cela signifie que l’on doit tenir compte de la réalité de l’environnement social de l’entreprise ou de l’organisation, des besoins des clients ou des citoyens et des intervenants ainsi que de ses propres valeurs. La culture de l’entreprise est conditionnée par le processus de sélection, le système de contrôle, la communication, l’imputabilité, etc. En effet, une organisation qui n’a pas sa raison d’être et ses clients qu’elle ne pourra point satisfaire Elle ne pourra jamais survivre longtemps.
L’instabilité organisationnelle, les frustrations des citoyens, le non paiement des salaires et le non respect par les gestionnaires de la loi, des principes de Justice et d’Équité démotivent et découragent les gens. Sans un mandat clair, réaliste et conforme aux valeurs de l’organisation, il est difficile de conduire les gens sur le chemin du changement ou de la libération. Par ailleurs, si les gens ne comprennent pas la mandat (mission), les objectifs de l’organisation, son orientation stratégique, son sytle de leadership, ils ne pourront jamais s’engager avec fierté dans ce qu’ils font. D’où l’importance d’une bonne communication.
Une véritable bonne communication est transparente, opportune et complète. Elle doit se faire de haut en bas et de bas en haut. Une bonne communication doit avoir des suites, on doit savoir ce qui est advenu à notre message, à nos idées et suggestions obtenues lors des consultations. Les dirigeants doivent répondre aux lettres et aux préoccupations des citoyens, etc. Il faut établir une communication directe et sans ambages avec le peuple. Il faut leur expliquer, toujours et encore, ce que vous faites et où vous les conduisez. C’est une preuve de respect et d’imputabilité. Cela ne coûte rien de le faire.

Cette attitude des gouvernants entraînera l’engagement et la loyauté du peuple. En effet, l’engagement et la loyauté sont des facteurs très importants de succès. La confiance dans l’organisation avec laquelle on partage des valeurs communes qui sont, par exemple, l’honnêteté, la compétence professionnelle, l’intégrité, le respect des droits de la personne et le souci des autres est un gage de succès de tout processus de changement dans n’importe quelle organisation.
Tout ceci ne peut être réalisé que dans un climat de respect mutuel, de dignité, de fierté et de loyauté qui se traduit par l’attitude et le comprtement des dirigeants de n’importe quelle organisation. Il faut donc un système de reddition des comptes à tous les niveaux du système et cela, sans exception. Autant on gratifie ceux qui font du bon travail, autant il faudra interpeller, selon les règlements en vigueur, ceux qui ne font rien.
Voilà qui favorisera un travail d’équipe. L’union fait la force, disent les Belges. C’est là une reconnaissance manifeste de l’importance des ressources humaines et de la contribution de chacun individu à la reconstruction de n’importe quelle organisation laquelle se réalise à travers une pratique de gestion plannifiée, stratégique, intégre, transparente et participative et encourageant un leadership collectif et responsable. Pour arriver à ce niveau, il faut être capable de s’adapter soi-même au changement, de repenser fondamentalement ses valeurs, ses actions et de se remettre continuellement en question afin d’atteindre l’excellence. Telle est ma modeste contribution à la reconstruction de notre pays, la RDC et cela peu importe le nom qu'on peut lui donner. Quelle est donc la vôtre ?

Marcel Kabundi, juriste-criminologue, LL.L., LL.M., M.Sc.(Kabundim@istar.ca )
Canada, ce 24 mai 1998

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