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Si une équipe de football perd...
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Bernard Ilunga
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Je suis de l'avis qu'il est grand temps d'arrêter le débat sur Mr. Nimy. Ne gaspillons pas nos énergies...
Cependant, je voudrais dire à ceux qui, défendant Mr. Nimy, comparent l'Etat défunt au service duquel était notre compatriote, à une équipe de football. Si, disent-ils, une équipe de foot perd, est éliminée de la coupe du monde par exemple, cela n'enlève rien aux qualités d'un tel joueur individuel. En concret, ce n'est pas parce que une telle équipe a perdu qu'un tel joueur individuel n'est pas bon joueur. Car on peut toujours être et rester bon joueur même si son équipe a perdu. Je crois que tout homme de bon sens souscrira volontiers à ce raisonnement.
Toutefois, l'Etat défunt zaïrois n'est pas comparable à une équipe de foot. Tant s'en faut ! Quelqu'un parlait sur ce net d'un Etat mafieux. Oui, l'Etat mort en Ex-Zaïre peut être comparé à une organisation mafieuse. Il ne s'agit pas ici d'une figure de style. La mafia fonctionne comme ceci (du moins en Italie) : il y a de petits clans, avec un chef (ou un parrain) à la tête. Ensuite, tous ces petits clans sont unis et sont sous l'autorité d'un chef de tous qu'on appelle communément "le parrain des parrains". L'Etat défunt a fonctionné plus ou moins comme une solidarité mafieuse et cela pendant de nombreuses années. Le petit chef était couvert pas un des grands chefs, ou même par le parrain des parrain. Il pouvait voler, nuire à la populaiton sans s'inquiéter puisque justement le grand chef veillait sur lui. Puisqu'on recherche des faits sur ce net, en voici un. Un jour, dans l'une des provinces de notre pays, un gouverneur signa la destitution d'un "commisaire urbain", puisque, de toute évidence, ce dernier était incompétent. Le malheureux "commissaire urbain" fit recours au président de la République. Et celui-ci d'abroger tout simplement le décret du gouverneur de région. La mafia fonctionne aussi comme ça : le parrain des parrains est la sécurité des petits parrains, pourvu qu'ils lui demeurent fidéles. Ensuite, une des caractéristiques des clans mafieux, c'est que tous sont liés par des pactes de fidélité... Quiconque montre des signes "contradicteurs" des objectifs communs doit être écarté, car il met en danger l'organisation.
Alors, chers compatriotes, c'est ici que je voulais en arriver, soyons sérieux ! Quand on a pris part, et à un niveau élevé, et pendant une vingtaine d'années à un pouvoir qui avait tout d'une organisation mafieuse, on ne peut pas clamer comme ça son innocence... Quand un clan mafieux est démantelé, tous ceux qui en font partie sont ipso facto coupables, bien sûr à des degrés différents. Mais il reste qu'ils sont coupables. Quelqu'un ne peut pas dire : "non, moi, je me suis gardé propre". Se garder propre équivalait à ne pas faire partie de ce clan, ou du moins, à ne pas y être resté (longtemps). Car nul ne peut faire partie d'un clan mafieux et rester vierge. L'Etat du feu le président de l'ex-Zaïre n'est pas comme une équipe qui a perdu. Non, mille fois non ! C'est plutôt quelque chose qui s'apparente à une organisation mafieuse ((c'est-à-dire une organisation foncièrement mauvaise. Son but : nuire, ou plutôt s'enrichir en nuisant aux autres). En moral, on parle des actes intrinsèquement mauvais. L'Etat défunt comptait parmi ces Etats intrinsèquement mauvais. Et une fois que quelqu'un accepte de travailler, et encore dans les hautes sphères de l'un de ces Etats, il se rend ipso facto coupable...
Enfin, chers comptriotes, faisons attention. N'insultons pas la mémoire collective des Congolais. Car nous avons tous (du moins la grande majorité d'entre nous) des blessures encore béantes, des empreintes de l'existence de cet Etat qui peut être comparé à tout, sauf à une équipe de football, eût-elle perdu la compétition.

Patriotiquement,

Bernard Ilunga

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