| L'hypocrisie de la
"Communauté internationale" |
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| Ilunga Bernard |
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Mon propos n'est pas de discuter de la
nature de cette fameuse "communauté internationale", un compatriote l'a fait
sur ce même net, il y a de cela quelques semaines. Disons seulement que cette
"communauté internationale" n'est internationale que de nom. Ou plutôt, pour
mieux dire, son internationalité se limite à quelques pays seulement. Mais laissons de
côté ce problème.
Je voudrais attirer votre attention sur l'hypocrisie criminelle (oui, vous avez bien lu :
criminelle) de cette soit-disant communauté internationale. Tenez, au tout début de la
guerre initiée par l'AFDL, à l'Est du Congo, les organismes internationaux, les Eglises
et bien des personnes de bonne volonté avaient élevé la voix pour appeler la
communauté internationale à secourir les réfugiés Hutus menacés des représailles
vindicatives de la part des soldats Tutsis engagés dans l'armée de ceux qu'on appelait
alors "les rebelles". Réponse : la communauté internationale traîna les
pieds... et, à la fin, répondit cyniquement : "Il n'y a plus de réfugiés Hutus
sur le territoire zaïrois, tous sont rentrés au Rwanda, donc l'intervention est
inutile". Au moment qu'elle répondait comme ça, cette communauté internationale
avait des preuves de l'existence des milliers des Hutus dans les forêts du Congo. Les
satélites, des avions prenaient des photos. Bref, la soi-disant communauté
internationale a laissé massacrer des Hutus. Car l'eût-elle voulu, elle serait
intervenue, et aujourd'hui, on n'aurait pas parlé de "génocide" des Hutus en
RDC. Sitôt finie la guerre, la même communauté crée une commission d'enquête sur les
"présumés massacres des Hutus" en RDC. Et aujourd'hui, elle parle de
"génocide" et cherche à établir des responsabilités. Quelle hypocrisie !
Laissez faire, au moment où on peut intervenir et empêcher... ensuite faire des
enquêtes et pointer du doigt les coupables, au moment où ceux qui ont été tués l'ont
été... et ce n'est pas cette enquête qui les ressuscitera ! La première coupable des
massacres des Hutus en RDC, c'est donc la communauté internationale elle-même. Je ne
suis pas juriste, mais je pense qu'il y a une loi en vertu de laquelle on peut être
poursuivi en justice pour non assistance aux personnes en danger. La communauté
internationale, symbolisée par l'ONU, doit se traduire elle-même (puisque personne ne
peut la traduire) en justice. Pour non assistance aux personnes en danger. Je suis
d'accord avec les actuelles autorités rwandaises qui boudent l'ONU l'accusant de
passivité complice lors des massacres des Tutsis et des Hutus modérés en 1994. Lesdits
massacres s'étaient opérés sous la barbe des casques bleus de l'ONU, devant
l'indifférence totale de la communauté internationale. Et tout de suite après, voyez le
cynisme, la même communauté monte un tribunal international à Arusha pour juger les
coupables desdits massacres. Je soutiens, quant à moi, que la première à comparaître
devant ce tribunal devrait normalement être la soi-disant communauté internationale,
pour non assistance aux personnes en danger et pour une passivité complice... Car si elle
l'avait voulu, elle aurait arrêté le massacre de près d'un million de personnes.
Enfin, j'appelle à l'éthicisation de cette communauté internationale. Il est urgent, je
pense, qu'elle se dote d'un code ou d'une charte de conduite morale. Les actions et
interventions de cette communauté internationale ne doivent pas être dictées par les
intérêts plus ou moins égoïstes des nations qui en font partie. Il est urgent de
mettre un peu d'éthique dans cette communauté. La France a fait des essais nucléaires,
il y a quelque temps, personne n'a brandi la menace des sanctions. Aujourd'hui l'Inde et
le Pakistan font la même chose, et déjà on parle de sanctions que la communauté
internationale doit infliger à ces deux pays coupables. Nous appelons de tous nos voeux
le surgissement d'une communauté internationale qui soit vraiment internationale, juste,
éthique...
Ilunga Bernard |
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