| Sommes nous racistes? |
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| Gbagba Elima |
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Il nest jamais aisé de traiter un
sujet aussi sensible, complexe et difficile comme peut lêtre le RACISME.
Monsieur MBAMU NZEYEDIO, dans un article quil a publié sur congo2000, article qui
était un vrai plaidoyer de la musique en général et congolaise en particulier,
notamment pour leur rôle en tant que support à léducation de masse. Jai
été très sensible à ce message aussi jai pensé quil serait mieux de
dénoncer systématiquement autour de nous le piratage des oeuvres artistiques. Car mieux
nos musiciens se porteront, mieux notre culture sera.
Plus loin, M. NZEYEDIO aborde le survol dun point, o combien crucial, celui du
racisme. Alors quil parle du groupe afro-américain, Public - Ennemy, il conclut,
sur ce point en écrivant que les noirs ne sont pas racistes et ne peuvent pas être
racistes car le mot racisme nexiste pas dans le vocabulaire « africain ».
Ben voyons !
Je considère pour ma part que cette conclusion est hâtive, tant sen faut, en tout
cas elle est biaisée.
Ma démarche ici est une réflexion tendant à démontrer que lafricain nest
pas à labri du racisme.
Pour ce faire, il convient de :
1. - Situer lorigine de lidéologie et du terme racisme
2. - Définir le racisme dans le contexte actuel
3. - Projeter les africains dans un contexte raciste tel que défini au 2.
Le mot « Race » est assez récent dans la langue de Molière. Il ne date que du 15è
siècle ; il vient du mot latin ratio ( ordre chronologique ).
La race est alors comprise comme un ensemble de traits biologiques et psychologiques qui
relient ascendants et descendants dans une même lignée.
Comme doctrine, cest au 16è siècle que le racisme prend sa source, à
lépoque des conquistadores espagnoles lors de la conquête des Amériques. A cette
époque, cette doctrine est la bienvenue pour justifier les procédés de ces
conquistadores ; cela leur permet de légitimer leur conquête et leur établissement.
Lindigène étant inférieur et pervers, il faille le civiliser.
Ainsi, on voit clairement que le racisme (= la domination dun groupe sur un autre
présenté comme biologiquement inférieur ) comme doctrine naît du colonialisme.
Dans le contexte actuel, le racisme revêt trois caractères ayant un tronc commun :
Lidéologie selon laquelle il existe une hiérarchie entre les groupes humains.
Le premier caractère est que le comportement découlant de lidéologie raciste sert
à justifier une oppression ou une exploitation. La situation desclave, de
travailleur forcé, de sous-prolétaire, de « boys » - scandaleuse dans le cadre du
principe dégalité de tous les hommes - deviendrait ainsi admissible si les
individus ainsi traités ne sont pas des hommes comme les autres. Dans ce premier
caractère, on valorise donc à souhait dune manière quasi illimitée et
définitive des différences réelles ou imaginaires, au profit de laccusateur et
bien entendu au détriment de la victime, afin de justifier ses privilèges ou son
agression.
Comme exemple, on pourra citer en premier le sacro-saint cas décole :
lapartheid.
Ensuite il y a des exemples plus ou moins controversés : lesclavage en Mauritanie
et au Soudan, Les Hutus au Rwanda et Burundi, les Twas ( pygmées ) et les Bayakas en RDC.
Le second caractère est la dimension psychologique du racisme. La peur de lautre,
de létranger, du « différent » en est le fondement.
Chez ceux dont la personnalité nest pas affirmée, et qui conservent un sentiment
dincertitude sur leur propre identité, sur leur « moi », le conformisme constitue
leur seul remède à leur insécurité.
La différence des cultures et des modes de vie représente une véritable source
dangoisse.
LAllemagne nazi, une partie de lélectorat lepeniste en France... En Suède,
on claironnait que ce nétait pas une nation raciste avant de connaître les vagues
dimmigrants et des réfugiés. Aujourd'hui, ils sont surpris du contraire.
Le troisième caractère est réactionnaire. A toute action correspondant une réaction,
certaines âmes peu enclin au contrôle du soi, se lance soit dans un comportement raciste
revanchard ( exemple de certains afro-américains ) ou soit à la recherche dautres
boucs-émissaires ( En Afrique du sud, la venue au pouvoir de son excellence Nelson
MANDELA provoqua la débandade des racistes blancs, au profit des afro-américains dont
certains étaient racistes ; dans notre propre communauté nous connaissons tel ou untel
qui déteste les maghrébins, ou les indiens dAmérique )
Il convient de signaler tout de même que biologiquement, il nexiste aucune race
supérieure à lautre. La science nous apprend que toute lhumanité possède
un patrimoine héréditaire commun, or le principe de race reste fondé sur la
variabilité de quelques gênes parmi les dizaines de milliers que comptent le chromosome
de lhomme.
Le racisme est sans doute un trait de caractère que nous avons tous, et qui sommeil au
fond de nous, au même titre que certains caractères, comme la criminalité ou la
pédophilie, susceptibles de prendre des formes plus ou moins importante selon
léducation reçue dans un environnement donné.
Ne nous nous voilons pas la face, nous sommes des êtres humains comme les autres. Dans le
même registre, combien de fois jai entendu dire : Ah ! le noir ne connaît pas le
stress, la pédophilie, le viol, le suicide etc...Conneries tout cela.
Pour en finir, essayez de projeter le Congo dans le même contexte que la France par
exemple. Nous avons du pognon, on fait venir des 5 000 000 dimmigrés ( maghrébins,
indiens, chinois, africains, afro-américains ) ouvriers qualifiés pour construire des
usines, des routes, des hôtels, et tutti quanti, le rêve. Tout ce mélange, sans
politique adéquate, donnerait quoi à votre avis ? Je vous laisse à vos pensées. Car
moi, jai pour principe de ne puiser au fond de moi que ce qui est meilleur, le pire
je létouffe. Pour discerner le meilleur du pire ? une seule religion : Lamour
du prochain.
Gbagba Elima |
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