| Un exemple à Mr JM
Beya |
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| Léon Diatezua |
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Cher Monsieur Beya,
Je sympathise avec votre demarche et je puis vous dire que je comprends la frustration
d'une personne victime d'un stereotype non honorant et qui lui colle a la peau.
J'ai ete au Kasai et j'y suis reste plus de deux mois.
Comme tout kinois (et etudiant a l'UNIKIN a l'epoque) j'ai ete surpris par l'aceuil et la
convivialite dont j'ai beneficie dans cette partie du Pays. C'etait la premiere fois que
je me suis pose la question si les kasaiens que je voyais a Kinshasa venaient bien de ce
coin.
De cette visite, j'ai appris ceci, le kasai est tres voire meme trop fier de sa culture au
point que quand il joue au grand avec elle tous les autres le traitent de tribaliste.
Bref, le kasaien ne se cache pas pour parler sa langue ou qu'il se trouve. C'est parfois
cette "impolitesse" qui est tres mal interpretee.
Neanmoins, nous devons quelquefois nous investir dans la comprehension de nos stereotypes
pour les comprendre. Seule la comprehension des origines permettra peut etre aux concernes
de trouver la parade. Vous savez comme moi comment nos freres Bayakas ont du herite a
cause de Delvo Mafuta d'une reputation qui ne faisaient pas plaisir. Mais vous constaterez
aussi avec moi la dexterite avec laquelle ils sont arrive a se defaire de cette
reputation.
Chez nos freres Balubas, malheureusement il semble ne pas y avoir les signes qui tentent a
convaincre le reste de leurs compatriotes que les stereotypes d'ailleurs largement crees
par le blancs pour diviser ne renferment aucune substance de verite.
A ceci je donne deux exemples.
1. Si vous avez ete a Kinshasa avant 1990, vous aurez surement connu une compagnie de
transport appelee Andre Motor. Eh bien, dans cette societe depuis le PDG jusqu'aux crieurs
en passant par les receveurs et les controlleurs tous etaient du Kasai. Vous conviendrez
avec moi qu'a moins que les ads ne futent diffuses qu'en Tshiluba, il est difficile
d'admettre que dans une Ville aussi cosmopolite que Kinshasa, seuls les freres Baluba
aient eu repondre a ces offres d'emplois.
2. Il eut encore a Kinshasa une societe appelee LEZA (Levurerie du Zaire). Je puis vous
assurer que quand vous arrivies a la porte d'entree principale a la recherche de
quelqu'un, on vous acceuillait en Tshiluba. La raison: ici aussi depuis le PDG jusqu'au
portier, tous etaient Baluba.
Plus pres de nous, nous avons eu l'UDPS. Un parti plein d'avenir et qui pour la premiere
fois dans l'ere mobutiste faisaint croire a la transcendance tribale au Zaire.
Malheureusement, la maniere dont on a evince tous les tenors pour juste ne garder que
Tshisekedi nous a une fois encore donne raison aux detracteurs des Baluba. En effet, il
etait impensable que pour les memes faits (voir plus grave) Tshitshi soit toujours
pardonne, alors que personne n'a meme cherche a entendre les autres qui pouvaient
justifier leurs prises de positions. De fil en aiguille on a fini par virer tous le monde
et nous n'avons plus que quasiment les Kasaiens dans l'UDPS. Et la liste des
representation de ce parti a l'etranger n'est pas la pour dementir la rumeur.
Ce sont ces genres d'actes qui a mon avis confortent dans l'esprit de nos compatriotes ce
sentiment de mefiance que vous decriez ici.
Voila donc mon cher Beya, quelques elements qui mettent les gens en alerte quand il est
question des Balubas. Je sais tres bien pour avoir cotoye intimement les balubas au cours
de ma vie (amis, copines, beau-freres et belles-soeurs), qu'il n'y a pas une volonte
tribalistique dans le kasaien, mais comme partout, il y a lieu d'etre vigilent pour que
ceux qui hatisent les flammes tribales pour leurs interets propres ne nous jouent
plus le coup des annees 1960. D'un autre cote, je vous dirai que vous n'avez a vous faire
aucune crainte car avec la connaissance reeelle de nos peuplades, les vraies valeurs
finiront bien par etre reconnu et a partir de la les stereotypes ne seront plus que des
mauvais souvenirs.
Portez vous bien.Léon Diatezua |
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