Les agences de presse et
d'autres sources concordantes ont fait état du bouclage de la ville de Goma et de ses
alentours. Ceci survient un jour après le séjour du Président Kabila dans la région.
On se souvient par ailleurs que le président KABILA a déclaré dès son arrivée à Goma
qu'il venait pour "mettre de l'ordre dans le Kivu". Ceci doit attirer
l'attention de ceux et celles qui oeuvrent pour la paix et qui attachent encore de
l'importance pour la vie humaine dans la région du Kivu.D'après ces sources, un haut responsable de la sécurité du Nord
Kivu a déclaré : " des milliers des d'ex-Far sont entrés ici sans contrôle après
la guerre au Rwanda. Ils sont entrés avec des armes, et ils refusent d'accepter la
défaite. Ils doivent comprendre qu'ils sont abattus, et nous allons leur faire
comprendre". Interrogé sur la sécurité dans la ville de Goma, il répond,
"tout est calme" en poursuivant que "toute la région autour de la ville
est une zone opérationnelle contrôlée par l'armée. Elle n'est pas accessible aux
étrangers, car nous ne voulons pas que la communauté internationale se mêle de nos
problèmes intérieurs.
Plus loin, il ajoute "Quand on attrape des ex-FAR on
les extrade vers le Rwanda, conformément aux accords entre nos deux pays. Mais s'ils s'en
prennent au peuple Congolais, ils deviennent des ennemis . Et donc on les tue comme
tels".
Toutes ces déclarations doivent inquiéter ceux et celles
qui se souviennent de la méthode utilisée dès octobre 1996 par les troupes de
l'Alliance de M. L. D. KABILA. Elle consistaient à interdire l'accès aux médias et à
tout étranger de se rendre dans les zones sous leur contrôle. Plus tard on découvrait
des charniers de réfugiés rwandais essentiellement femmes et enfants et des citoyens
ex-Zaïrois.
Actuellement les différentes zones bouclées au Nord et
au Sud-Kivu, sous prétexte de pourchasser les ex-FAR, n'est que désinformation. En
réalité, d'après les différentes sources concordantes, les populations sont en train
de subir des répressions sanglantes avec comme motifs la sympathie aux groupes de
résistance May- May, par ailleurs diabolisés, pour justifier la répression et
l'intervention des armées voisines du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi.
Quant à l'extradition des ex-FAR, d'après les
informations qui proviennent de la région, s'il y a bien quelques Ex-FAR, il s'agit
plutôt de congolais qu'on ne peut pas exécuter sur place et que l'on trouve plus
convenant de déporter dans les pays voisins. En effet ces derniers sont intéressés par
l'élimination d'une d'une certaine catégorie de la population du Kivu qui a compris que
leur pays est au point à nouveau d'être envahi avec cette fois l'éclatement du
territoire rendant ainsi possible l'annexion du Kivu. Il faut aussi signaler que de
simples citoyens, autochtones de la région sont expulsés avec les réfugiés vers le
Rwanda ou le Burundi.
Les association de droits de l'homme ont été interdites.
En effet elles constituaient les seuls témoins dans diverses localités du Kivu et
pouvaient rapporter régulièrement les exactions des troupes de l'armée de Monsieur
Kabila et des pays voisins à l'égard de la population. On se souviendra de ce qui s'est
passé récemment à Butembo où selon les derniers rapports plus de 1200 personnes
principalement de jeunes adolescents ont été massacrés.
Ces associations étant interdites, il n'y a plus de
témoin gênant aux massacres et à la stratégie de dépeuplement du Kivu mise au point
par le pouvoir de Kigali, Kampala et Bujumbura.