| Notes d'informations du
C.R.F.D.C. |
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Cellule Communication,
Presse et Information - Bureau Exécutif du Conseil de
la République Fédérale Démocratique du Congo |
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KINSHASA, DANS LA TOURMENTE.
( lundi 01 juin 1998)
Depuis bientôt deux semaines, le microcosme politique kinois s'agite fébrilement comme
si une apocalypse était annoncée.
Le moment fort de cette agitation correspondrait au fiasco politique et diplomatique que
le Régime du Président Kabila a connu lors des festivités marquant la célébration du
premier anniversaire de son avènement.
Au plan politique, la désaffection populaire à l'égard du Régime s'est traduite par le
désintérêt des kinois et kinoises face aux manifestations organisées le 17 mai : le
défilé des forces vives de la Nation s'est finalement limité à un défilé des troupes
"d'occupation", tandis que dans le grand stade des Martyrs dont la tribune
était clairsemée des dignitaires de l'AFDL, on ne se bousculait pas, le peuple ayant
préféré vaquer à d'autres occupations. Peut-être méditait-il!!
Sur la scène diplomatique, outre les multiples fronts offensifs que Kabila et ses homes
ont ouverts -consciemment ou inconsciemment- l'avortement du Sommet Régional dit "de
solidarité et de développement" a signé le lâchage du Régime par ses parrains
africains dont certains parmi eux se rencontrèrent ailleurs.
A n'en point douter, avec une diligence rare, le Gouvernement Kabila achève l'oeuvre de
son isolement diplomatique, gaspillant ainsi le capital inestimable de sympathie dont il
fut porteur.
Les récentes diatribes du Ministre d'Etat, en charge de l'Economie et du Pétrole, Mr.
Pierre Victor Mpoyo, contre le Président ougandais Yoweri Museveni, ajoutent une touche
supplémentaire à ce tableau déjà si sombre.
Remaniement annoncé du Gouvernement de Salut Public
Pendant ce temps, certains éléments des ex-Forces Armées Zaïroises, éparpillées dans
les pays frontaliers annoncent des bruits de bottes plutôt inquiétants, alors que le
Chef des Armées de Kabila,le rwando-ougandais "James Kabare" aurait été
rapatrié sous bonne escorte vers son pays d'origine,l'Ouganda.
C'est dans cette matrice éminemment fragile que fut annoncé un remaniement
gouvernemental imminent. Au sommet de l'Etat, des violentes convulsions
politico-judiciaires se traduisent par des arrestations et interpellations des
dignitaires, selon des procédures on ne peut plus cavalières. On attend les suites de
l'orage!!.
Le C.R.F.D.C, Perspectives d'espoir ?
Dans les rues, le peuple affamé, apeuré, erre désespérément, abandonné à lui même.
La question lancinante demeure : D'où viendrait donc le salut?
A Bruxelles, saisissant l'appel du Colonel belge en retraite, Willy Mallants, qui a
déclaré, le 15 mai, prêt à se mettre à la disposition des patriotes congolais,
quatorze intellectuels ont mis sur pied un "Conseil de la République Fédérale
Démocratique du Congo", une Haute Autorité Morale.
Ce Conseil a été présenté au cours d'une Conférence de Presse, le mardi 26 mai 1998
à l'Hôtel bruxellois "Le Méridien".
Cet Organe, qui se veut apolitique, n'est inféodé à quelque formation politique,
confessionnelle ou philosophique que ce soit. Son Objectif est de créer un environnement
politique, économique et social stable en vue de permettre à toutes les forces vives,
tout en respectant scrupuleusement leur diversité et leurs différences respectives, de
contribuer à l'instauration d'un Etat de Droit, Démocratique, Tolérant, Respectable et
Responsable.
Le Conseil s'inscrit dans le strict schéma de la Conférence Nationale Souveraine, tout
en veillant à l'actualiser, compte tenu de la donne politique actuelle, de manière à
écarter tout ce qui pourrait conduire à des blocages.
Les profils des membres du Conseil attestent dans l'ensemble leur virginité politique;
celle-ci, alliée à leur qualité des "professionnels", semblent donner le gage
de l'émergence d'une nouvelle génération politique dont les principaux atouts seraient
une présomption de bonne moralité et une maîtrise des dossiers pour la bonne
gouvernance.
Prioritairement, le Conseil se propose de s'employer à ce qu'il soit rapidement mis en
place au Congo, un Pouvoir qui aura pour missions principales :
- le rétablissement des libertés fondamentales, notamment les activités des partis
politiques et des organisations des droits de l'homme;
- l'élaboration, par consensus, d'un cadre juridique et institutionnel devant régir
l'organisation des élections générales;
- conduire le Pays aux élections à tous les niveaux dans un délai de six mois, la
reconstruction ne pouvant se faire que par un Gouvernement issu des urnes;
- garantir un véritable développement économique et social durable en ouvrant le Pays
au Monde extérieur.
Les stratégies du Conseil de la République Fédérale Démocratique du Congo constituent
une rupture radicale avec les schémas anciens qui visaient le pouvoir pour le pouvoir. En
effet, à titre personnel, aucun membre de ce Conseil ne nourrit d'ambition politique. Ils
s'engagent tous à ne briguer aucun mandat électoral.
C'est dans cette perspective qu'il a paru opportun d'en confier la Présidence à un Ami
du Congo, le Colonel en retraite Willy Mallants, un "homme de l'ombre" qui sert
de caution étrangère sans la moindre visée politique. Le contraire relèverait
d'ailleurs d'un anachronisme ubuesque.
Il reste à espérer que cette belle initiative patriotique soit suivie pour qu'enfin le
Congo sorte de la tourmente.
RD CONGO : UN POUVOIR SOLITAIRE DANS LA DERIVE
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(Cellule Communication, Presse et Information - Bureau Exécutif du Conseil de
la République Fédérale Démocratique du Congo; lundi 08 juin 1998)
Isolement du Pouvoir de Kinshasa et Tentatives d'ouverture à l'Opposition politique
Isolé par la communauté Internationale et désavoué par ses parrains africains, le
Président Laurent Désiré KABILA tente, sur le plan interne, des manoeuvres tortueuses
et sans scrupules en vue de redorer le blason d'un régime défaillant.
Au Congo, à l'amateurisme des nouveaux dirigeants, s'ajoutent des pratiques tant
décriées d'une corruption politique rémanente, des violations massives des droits
humains et le népotisme, achevant ainsi furieusement l'architecture d'un néo-mobutisme
célébré par le Conseiller Spécial du Président , en matière de Communication, Mr.
Dominique SAKOMBI INONGO, "le thuriféraire d'Etat".
Plus que jamais seul et aux abois, le Président KABILA a rencontré récemment à
Lubumbashi, Mr Etienne TSHISEKEDI, le Président national de l'UDPS et le leader
charismatique de l'Opposition congo-zaïroise, relégué dans son village natal,
Kabeya-Kamuanga, dans le Kasaï Oriental.
Cette rencontre du "martyr et son bourreau", dans un camp militaire de la
capitale du cuivre, n'a naturellement rien donné, Mr. TSHISEKEDI ayant très justement
posé les conditions politiques d'une vraie réconciliation nationale, préalables que Mr.
KABILA récuse.
La Réconciliation d'abord, la Reconstruction après
Et pourtant, cette question préjudicielle doit être vidée avant que ne soit abordée la
problématique de la reconstruction du pays. C'est d'ailleurs l'option fondamentale que
s'est fixée le Conseil de la République Fédérale Démocratique du Congo qui, dans sa
démarche s'emploie à organiser un Conclave National de réconciliation entre d'une part
le Pouvoir actuel et d'autre part toutes les Forces sociales, politiques et militaires du
Pays en vue de définir un consensus ou un Cadre juridique et institutionnel autour duquel
doit s'articuler le processus irréversible de démocratisation du Congo-Kinshasa.
Dans sa démarche d'ouverture, le Président KABILA doit intéresser toutes les
sensibilités du Pays et non uniquement une composante politique et encore moins une seule
formation politique, l'UDPS.
Le Conseil soutient que le Pouvoir devrait au préalable lancer un signal fort en
libérant d'abord, sans conditions, tous les prisonniers détenus pour leurs opinions
politiques, et en libéralisant ensuite les activités des partis politiques et des
organisations des droits de l'homme.
A en croire des sources autorisées, cette absence d'un consensus politique
hypothéquerait lourdement les maigres chances de succès d'une réforme monétaire
annoncé pour le 30 juin prochain et dont les experts ne cachent plus leur scepticisme.
Remaniement du Gouvernement. Limogeage des "Compagnons de la Libération"
Au sein du sérail, les luttes des clans, machiavéliquement présentées comme une
opération prétorienne " mains propres" ont conduit à une légère
recomposition du paysage politique d'où disparaissent quelques compagnons fidèles :
Raphaël GHENDA, le fils spirituel de KABILA, Etienne-Richard MBAYA, le défenseur
patenté de l'AFDL dans le dossier des massacres orchestrés dans l'Est du Congo, sans
oublier Pierre-Victor MPOYO, argentier de l'ombre, dont le maintien au rang protocolaire
de ministre d'Etat à la Présidence de la République cache mal son limogeage comme
puissant ministre en charge de l'Economie et du Pétrole.
La création d'un ministère des Droits humains confié à un proche compagnon de Mr.
KABILA, le Check OKITUNDU, constitue, au plan structurel, un arrangement cosmétique qui
voile à peine les rides déjà profondes d'un pouvoir autoritaire, donc forcément
solitaire.
Ce ministère est par ailleurs un remake. Mr. MOBUTU aussi l'avait créé, en le confiant
à l'un de ses proches, Maître NIMY MAYIDIKA NGIMBI, ancien Directeur du Bureau du
"Président-Fondateur".
Le visage disgracieux du pouvoir solitaire du Président KABILA gagnerait en se soumettant
à un véritable lifting idéologique qui passe par la libération de l'espace politique
plus la libéralisation des activités des partis politiques et des organisations de
droits humains, celles-ci étant d'ailleurs mieux qualifiées qu'un ministère pour
assurer la protection et la promotion des droits de l'homme.
Par des touches successives, en éliminant les cercles concentriques, Mr. KABILA entend
également rester seul sur la scène, en écartant progressivement ses partenaires de
l'AFDL:
Après la disparition mystérieuse en plein campagne de libération -que d'aucuns
qualifient d'assassinat- du vaillant patriote NGANDU KISASE Président du C.N.R.D (Conseil
National de Résistance pour la Démocratie), on vient d'assister à la condamnation à
une lourde peine d'emprisonnement de MASASU NINDAGA, Président du M.R.L.Z (Mouvement
Révolutionnaire pour la Libération du Zaïre), ancien chef des Armées de l'AFDL dont on
apprendra plus tard qu'il n'était qu'un simple caporal de l'Armée Ruandaise jusqu'en
1996.
Des quatre signataires des accords de Lemera créant l'AFDL, à côté de KABILA,
Président de P.R.P(Parti de la Révolution Populaire et Président de l'AFDL, seul
Deogratias BUGERA, Président de l'A.D.P (Alliance Démocratique des Peuples), récemment
promu Ministre d'Etat sans portefeuille, reste en sursis avec un art politique consommé,
tout en finesse.
Mais combien de temps tiendra-t-il encore dans l'oeil du cyclone alors que les phalanges
tribalo-claniques montent irrésistiblement pour occuper sans partage tous les postes
sensibles ?
Mme Justine KASAVUBU, Ambassadeur Victime ou Révoqué?
C'est le lieu d'évoquer le sort de Mme Justine M'POYO KASAVUBU prochain ex-Ambassadeur de
la République Démocratique du Congo à Bruxelles dont les différentes déclarations à
la Presse font toujours grand bruit. Il est fort certain que sa tête tombera bientôt.
En pactisant avec le diable, il faut savoir payer le prix, le moment venu. Mme Justine
paie-t-elle sa loyauté envers celui qu'elle remerciait pour avoir "chassé du
Pays" Mr. MOBUTU qui avait déshonoré son Feu Père, l'Illustre Premier Président
de la Ire République du Congo?. Son combat, au sein de l'UDPS, était-il dirigé contre
le système mobutu ou contre Mr. MOBUTU, l'Homme?
Ce que semble feindre ignorer notre soeur congolaise c'est que, dans la distribution du
pouvoir en ce moment critique où le poste diplomatique de Bruxelles constitue un point
névralgique, il importe aux yeux de KABILA et de son "pré carré" d'y placer
un homme sûr. Cela a toujours été ainsi lors de la IIème République et c'est ce que
compte faire le Régime KABILA qui mime à s'y méprendre le Régime MOBUTU.
Quid de l'Assemblée Constituante et Législative?
Poussant le mimétisme néo-mobutien jusqu'à son comble, Mr. KABILA vient de se doter
d'un parlement-alibi. En effet, l'Assemblée constituante et législative créée par le
décret-loi constitutionnel n° 074 du 25 mai 1998 n'est qu'une chambre d'enregistrement
dont l'inféodation à l'exécutif est copiée de l'ancien régime avec une fidélité
éhontée. On croit rêver. Outre que l'accès à cet organe relève d'une procédure
discrétionnaire,. l'essentiel de
l'économie de ce décret rétrograde repose sur les dispositions suivantes :.
- l'Article 13 dispose : Les membres du bureau (de l'Assemblée constituante et
législative) sont nommés par le Président de la République .
- Aux termes de l'Article 14, in fine, le Président de la République peut, dans un
message à la Nation, dissoudre anticipativement ladite Assemblée, sans que soient
autrement précisées les conditions d'exercice de cette faculté.
- Du reste, les moyens d'information et de contrôle ne peuvent aboutir à aucune
sanction, ainsi qu'il ressort de l'Article 18.
Il ne faut pas être un grand constitutionnaliste pour s'apercevoir que l'Assemblée
Constituante et législative, loin d'être une Institution Républicaine, sera
instrumentalisée comme appendice du Président de la République lequel a déjà
caporalisé le gouvernement.
On a vu les traitements inhumains et dégradants infligés à des ministres : arrestations
manu militari, interpellations grotesques, limogeages à la hussarde et bien d'autres
travers qui forment le syndrome d'un pouvoir solitaire à la dérive. NE FAUT-IL PAS QUE
CELA CESSE RAPIDEMENT?? |
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