Après trente deux ans de
règne sans partage, depuis mai 1997, Mobutu est parti chasser du pouvoir au Congo (alors
Zaïre). Et dès l'instant, Monsieur Kabila est monté au pouvoir par la force militaire
en s'autoproclamant du même coup et sans projet de société en poche Président de la
République.
Le pays très rapidement changea de nom de
même que le drapeau. Le nom du pays est redevenu Congo, et le drapeau est redevenu le
fameux "bleu-étoile-jaune ". Il n'y a rien d'étonnant ici ; Monsieur Kabila
n'a fait que restituer tout seul l'ancien drapeau colonial belge en place au Congo. Donc
monsieur Kabila n'a rien inventé d'extraordinaire qui soit réellement et
fondamentalement destiné à une vive mémoire collective des Congolais. C'est une
aberration d'adopter ce drapeau alors qu'il ne reflète plus les réalités du Congo
post-colonial.
Toute marche de mille kilomètres commence
par un pas. À ces premières mesures purement dictatoriales vont s'ajouter encore bien
d'autres. Il faut tout de suite relever qu'à partir de ce moment, les premiers pas d'un
dictateur venaient d'être franchis. Sans tarder, et devant toute la communauté
internationale prise à témoin, monsieur Kabila décréta encore tout seul la suppression
de toutes les réalités politiques mises en place par Mobutu et pour lesquelles de
milliers de Congolais sont mort massacrés par l'armée de Mobutu (appuyé à l'époque
par un certain Nguz a Karl-i-Bond). Notamment et alors que représentatif du Congo,
successivement le Haut Conseil de la République Parlement de transition fut dissout. Les
partis politiques d'opposition furent interdits et le sont encore jusqu'à aujourd'hui.
Leurs leaders politiques sont tenus au silence strict s'ils n'ont pas purement et
simplement capturé suite à la répression sans nom. Beaucoup se sont retrouvés arrêter
et mis en prison, le régime Kabila approchant sans aucun doute, l'ordre colonial belge à
bien des égards, dans l'ancien Congo. L'ordre que Mobutu de son vivant avait suivi sans
scrupule.
Aujourd'hui encore, pour avoir exprimé
leur opinion politique, pourtant garantie par la déclaration universelle des droits de
l'homme, votés par l'ONU en 1948, plusieurs leaders politiques et beaucoup de membres des
partis politiques d'opposition au Congo sont en prison et beaucoup d'autres disparaissent
sans laisser des traces. Joseph OLENGA NKOYI, KABANDA, professeurs KALELE KA BILELE,
NYABIRUNGU, etc. croupissent en prison au Congo.
Comme si tout cela ne suffisait pas,
après la relégation de monsieur Étienne TSHISEKEDI, le chef du principal parti
d'opposition UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), libéré depuis le 02
juillet, a tenu à faire une conférence de presse en sa résidence de Limeté à
Kinshasa, le 07 juillet, pour fixer à jamais l'opinion publique tant nationale
qu'internationale sur la vision de l'U.D.P.S. quant à l'administration politique la
meilleure du Congo. Monsieur Étienne TSHISEKEDI déclara qu' "il est prêt à
travailler avec monsieur KABILA et son parti l'A.F.D.L mais à la seule condition
d'élaborer un cadre juridique consensuel devant régenter la transition" au Congo.
Qu'est ce à dire ? Ici il y a bien sûr
une certaine ouverture politique doublée d'une revendication habituelle et historique
caractérisant le combat mené depuis bientôt 16 ans par l'U.D.P.S à savoir :
l'instauration d'un état de droit.
Et les réactions du régime Kabila ? Dans
les minutes qui ont suivi cette conférence de presse, tous les collaborateurs de monsieur
de monsieur Étienne TSHISEKEDI ont été sauvagement arrêtés et conduits en prison où
les conditions de vie sont les plus inhumaines que le monde libre n'ait connu : tenez !
Pas de lit pour dormir, pas de nourriture, etc. la police et les militaires de KABILA
veillant à garde. En tête de la liste de ces prisonniers d'opinion politique de l'UDPS,
l'on cite nommément Maître MUKENDI wa MULUMBA (conseiller politique de monsieur Étienne
TSHISEKEDI) ainsi qu'une douzaine des partisans de ce dernier. Loin de s'arrêter, les
arrestations se sont encore poursuivis jusqu'en date du 15 et 16 juillet en cours ou 32
combattants de l'UDPS et six gardes du corps de monsieur Tshisekedi ont été arrêtés et
conduits brutalement à la circonscription militaire où les membres de familles des
concernés ne peuvent se présenter pour les voir
De tout ce qui précède, il n'y a pas de
doute d'affirmer que monsieur Kabila est et fut un grand admirateur de Mobutu. Kabila a
copié le mobutisme et ce sur toute la ligne. Le régime Kabila au Congo est loin de se
distancer des méthodes et de l'ancien régime mobutiste déchu. Il rejoint à plusieurs
égards le régime dictatorial mobutiste et aussi l'ordre colonial belge : dans l'ancien
Congo. Le régime Kabila arrête, torture, relègue dans leur village d'origine tous ceux
qui ne marchent pas aux pas de l'AFDL. L'exemple de monsieur Tshisekedi relégué dans son
village de Kabeya Kamwanga est très illustratif. Simon Kimbangu le fut à l'époque
coloniale belge au Congo. Le régime de Kabila fouette, chicote en ce vingtième siècle
finissant.
Dans le Kasaï, le représentant de
l'église presbytérienne au Congo, le révérend Dr TSHIPAMBA en a goutté. Il a fuit le
pays et se retrouve être à l'étranger maintenant. Le système datant de l'époque
coloniale belge.
L'AFDL égal parti État à l'instar de
l'ancien MPR (Mouvement Populaire de la Révolution) de Mobutu. Le débauchage des cadres
politiques entourant monsieur Étienne Tshisekedi est vif. Cette méthode mobutiste,
monsieur Kabila l'a fait sienne. Ceux des cadres politiques de l'UDPS qui résistent à
cette pratique sont souvent arrêté et torturé tel est le cas de monsieur Jean Joseph
Mukendi wa Mulumba, professeur Kalele ka Bilele et consort. Les organismes de droit de
l'homme sont suspendus, leurs dirigeants ont fuit le Congo ou se retrouvent en prison. Les
arrestations des journalistes et les intimidations à leur endroit sont sans nombre. Pas
plus tard qu'en date du 11 juillet 1998 voulant se rendre aux États Unis d'Amérique,
monsieur Modeste MUTINGA MUTUISHAYI a vu son passeport et son billet d'avion confisqué
par les sbires de KABILA.
En suspendant les activités des partis
politiques d'opposition, en réprimant avec barbarisme des leaders d'opposition, et les
membres de leurs partis politiques, les ambitions inavouées de monsieur Kabila sont de
décourager les opposants et principalement l'UDPS qui se trouve être populaire dans le
pays. Et ainsi, organiser des élections bidon à l'exemple de Museveni, en Ouganda ou
plutôt de Mobutu pour se faire élire sans difficulté tout en trichant bien sûr aux
urnes. Voilà le pourquoi de la répression du régime Kabila au Congo devant l'UDPS et
ses membres. Les arrestations opérées dans l'entourage immédiat de monsieur Tshisekedi
visent deux objectifs à savoir : créer un climat psychologique de peur permanente
auprès des combattants, puis d' isoler complètement monsieur Tshisekedi et ainsi, le
rendre politiquement impopulaire au Congo et dans le monde. L'idée de demeurer fort
longtemps à la tête du Congo comme Mobutu hante remarquablement bien Kabila (devant
l'hypocrisie de la communauté internationale, sinon devant la complaisance manifeste de
celle ci face à son régime.)
L'opposition devra faire attention.
Rencontrer monsieur Kabila sans un plan d'action minutieuse reviendrai à tomber dans
l'ancienne logique Mobutiste, consistant à donner des faux espoirs du partage de pouvoir,
alors que tout cela était faux en réalité dans l'esprit de Mobutu. Le Congo n'a plus
droit à l'erreur. On ne doit plus laisser le pays dans les mains d'un seul individu pour
le diriger sous prétexte qu'il est monté au pouvoir par la force des armes. L'exemple de
Mobutu à ce sujet est encore frais dans notre mémoire.
L'UDPS se doit de combattre cette
manuvre machiavélique jusqu'à la dernière de ses énergies pour l'instauration
d'un État de droit au Congo.
Albert Buyamba Musualuendu
UDPS/ONTARIO |