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Réponse aux Nations-Unies au nom de l'histoire et de la raison

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Gérard Buakasa
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A propos de l'enquête de l'ONU sur les massacres présumés des Réfugiés Rwandais en République Démocratique du Congo

Par

Pr Gérard BUAKASA

Albert Djolosoko LOMOMBA

Dr Albert BONDO

X Kadha LUMUMBA

Sous la direction

de

Abraham NGONGO

Coordonateur de l'AFDL-Canada

Juillet 1998

8660 13ème Rue, Suite 5

Montréal (Qc)

H1Z 3K7, Canada

Tél (514) 727 0107

Fax (514) 727 0107

E-Mail :kd491862@er.uqam.ca  

Introduction

La Commission d’enquête des Nations-Unies sur les massacres présumés des Réfugiés Rwandais en République Démocratique du Congo vient de déposer ses conclusions: il y est dit qu'il y a eu des massacres des Réfugiés Rwandais, lors de l'avancée sur le terrain des soldats de l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), sous la direction du Président de la République Démocratique du Congo, Laurent-Désiré KABILA. Sur la base de nombreuses informations en notre disposition recueillies sur place et confrontées les unes avec les autres, nous allons, dans le présent document, réfuter, au nom de l'histoire et de la raison, les accusations contenues dans ce rapport d'enquête. Nous le faisons en trois points, que voici:

1° aucune raison, pour le Congo, d'en vouloir aux Rwandais;

2° les ONG ne disent pas la vérité;

3° Réfugiés et massacre: une fabrication occidentale.

I. Aucune raison d'en vouloir aux Rwandais

Tous ceux qui vont nous lire ici doivent savoir d’avance que nous ne prenons pas la parole pour condamner les Morts, s'il y en a eu; parce que nous ne sommes pas pour la mort; mais pour la vie. Cette déclaration vaut pour dire, en ce qui concerne la question de massacres présumés des Réfugiés Rwandais, que notre pays n'a aucune raison, de près ou de loin, d'en vouloir aux Réfugiés Rwandais, de les exterminer. Depuis longtemps, ça peut faire des centaines d’années, nous les avons toujours reçus chez nous fraternellement, nous les avons même intégrés dans nos familles et ainsi tissé des liens solides.

A cet argument historique, il faut ajouter cet autre, à savoir, que ces Réfugiés étaient placés sous la protection des Nations-Unies, des Organisations humanitaires et des Observateurs internationaux. On ne voit dès lors comment l'AFDL aurait osé s'attaquer à des Réfugiés ainsi protégés, alors que jusque-là les Congolais avaient une haute idée de ces institutions et de ces hauts personnages.

Aussi, le Gouvernement congolais n'a-t-il jamais été opposé à l’enquête des Nations-Unies pour chercher et découvrir la vérité sur les massacres présumés. Le problème qui s’est posé est un problème de procédure et non de principe: les Nations-Unies cherchaient à aborder la question des Réfugiés Rwandais par la queue ou en aval, alors que notre Gouvernement qui se veut responsable demandait de commencer l'enquête depuis l'amont, au départ du problème, ceci, comme on le verra d'ailleurs plus loin dans ce texte, pour plus de clarté.

Certes, en tant que nouveau pouvoir, l’AFDL avait encore besoin de se mettre en place et de se consolider. Parce que, faut-il le rappeler, elle venait à peine de remporter la victoire après une guerre de 7 mois; elle était là depuis seulement peu de temps, pas plus de trois mois; elle n’avait pas encore de l’expérience dans la gestion des affaires; elle devait veiller à sa sécurité dans un contexte social plein, pour ne pas dire pourri de mobutistes qui n'avaient pas démissionné mais qui étaient prêts à poursuivre la luttre armée. Il faut ajouter qu’à ce moment-là, le Gouvernement congolais n'avait pas encore le contrôle total de la situation, notamment dans l'Équateur d'où MOBUTU fut originaire et dans les contrées environnantes à forte dominance mobutiste, ainsi que dans le Kivu, zone à problèmes depuis déjà bien longtemps avant l’arrivée au pouvoir du Gouvernement congolais. Enfin, on ne peut pas perdre de vue que, d'une part, le pays partage sa frontière avec 9 voisins et que, d'autre part, depuis sa sortie de la longue dictature il a été tellement dévasté qu'il est devenu quasi un vaste chantier.

Mais, malgré cette situation bien lamentable non enviable, l’AFDL n’avait aucun intérêt, absolument pas, d’exterminer les Réfugiés Hutus en territoire congolais. Car, son objectif de la guerre était ailleurs: mettre fin au chaos qui prévalait dans le pays, prendre le pouvoir et restaurer les valeurs fondamentales de l’homme effondrées, garantir la paix et le respect des droits de l’homme au Congo et dans toute la région des Grands Lacs; libérer le Peuple congolais. La libération de tous les Peuples et le respect de la souveraineté sont sa philosophie. Raison pour laquelle elle a besoin d’adhésion populaire.

Le problème des Réfugiés Rwandais au moment où l'AFDL est entrée en guerre est plutôt du côté des groupes armés qui pillaient et massacraient tant les nationaux que les Réfugiés, à savoir, les ex-FAR, les ex-FAZ, les Milices Interhamwe, etc. Nous pouvons donc affirmer, pour nous résumer, que nous sommes conscients de la question des Réfugiés Rwandais mais nous ignorons qu'ils aient été exterminés sur notre sol. Nous sommes confiants que notre réputation sera lavée, compte tenu du fait que nous n'avons aucun mobile ni intérêt de le faire, aucune raison, pour le Congo de KABILA, d'en vouloir aux Rwandais et de provoquer leur mort, alors que notre Peuple est un peuple hospitalier.

Au contraire, durant leur avancée pour la libération du Congo, les soldats de l’AFDL étaient les premiers à prendre soin des blessés et des malades à leurs frais. Au moment de l’évacuation des camps, leurs balles étaient dirigées vers les soldats ennemis et non vers les civils. Mais, au cas où certains d’entre ceux-ci furent atteints par ces balles, ce n’était pas de manière intentionnelle; c’était une conséquence de la situation de guerre, selon l’entendement des Conventions de Genève de 1949 : ce qu’on appelle les victimes de la guerre. Il y eut donc des morts, sans doute, mais du fait de la guerre, de la soif, de la faim, de la fatigue, des maladies et des épidémies.

II. Les ONG ne disent pas la vérité

La Commission d'enquête des Nations-Unies sur les massacres présumés des Réfugiés Rwandais sur le sol congolais était composée d’experts étrangers qui n'habitent pas le Congo, qui ne connaissent pas les langues ni les villages du pays ni les lieux concernés; qui ne peuvent donc rien savoir de ce qui s'est réellement passé sur le terrain, sans le recours préalable à des intermédiaires situés sur les lieux des drames présumés. Elle s'est ainsi vue obligée de passer par des ONG installées sur place. Mais, ici, une distinction s'impose entre les ONG Internationales et les ONG locales.

a) Les premières, c’est-à-dire, les ONG Internationales, sont certes sur place, dans le pays, mais en réalité elles sont généralement loin des populations: non seulement, au niveau de la collecte des données, elles ne rencontrent pas les faits, se contentant des nouvelles qui leur parviennent, par téléphone, par phonie, par des rapports ou par des journaux, dans leur confort des grands hôtels de Kinshasa, Kisangani, Lubumbashi, Mbandaka, Goma, etc.; elles défendent la politique des pays ou institutions du nord qui les emploient ou les soutiennent financièrement ou dont elles sont ressortissantes. En ce sens, elles ne sont pas neutres, même quand elles s’appellent humanitaires et ce depuis toujours. Elles font en effet partie de moyens de menaces de l’intégrité et de la stabilité des pays qui présentent une résistance à la domination des pays du nord. Elles cherchent ainsi à désagréger ce qui est bon qui commence à naître dans le pays qui veut se relever; pour ne pas justement donner le temps à ce pays de se relever; très souvent, elles utilisent pour cela le travail des indigènes sans scrupule, tels les Mobutistes, pour freiner le sens que les Citoyens au cœur nationaliste et à l’esprit progressiste veulent imprimer à leur pays; elles sèment le doute ou la discorde dans les esprits en désinformant et déformant les événements; elles achètent généreusement les renseignements ou mettent partout leurs complices; pour avoir des informations.

C’est ce qu’a perçu le Président Laurent-Désiré KABILA lorsqu'il a dit, en réponse à une question de Colette BRAECKMAN, du Journal belge Le Soir, en disant:

"les ONG n'ont pas toujours été profitables à la population: c'est souvent le pays d'origine qui bénéficie de 75 % de ces aides. Pour le reste, la clientèle locale en profite pour créer une petite bourgeoisie, progresser socialement. Ces ONG ... sont aussi devenue (en RDC) un instrument de chantage politique contre le nouveau pouvoir. De plus, certaines ONG ont été engagées dans des opérations de fraude, ... ou se sont trop souvent mêlées de politique..."

b) La deuxième catégorie d’ONG, celles des ONG locales bien ancrées dans la population, assure certes des informations sur qui se fait à la base. Mais, ces ONG ont beau être compétentes au plan technique, elles sont faibles au plan moral et financier. Effectivement, KABILA n'est pas le seul à faire ce constat et à se plaindre des ONG de son pays. Nous allons citer, pris sur le tas, deux témoignages :

  • Le premier est celui de Pèlerin KIMWANGA, PhD, qui vient de défendre, en Février 98, une thèse de doctorat en sociologie à l'Université de Liège, en Belgique, thèse intitulée "Au delà du sujet et de l'objet: étude des représentations sociales et des cadres du développement dans les ONG belges de cofinancement". Dans ses conclusions, ce jeune chercheur dit que les ONG de cofinancement sont des sujets qui agissent, qui conjuguent principalement le verbe de l'action; et qui, en finançant les projets des ONG locales, se placent en amont de celles-ci; pendant que ces dernières sont en aval, comme des auxiliaires ou compléments d'agent, d'objet, de lieu, de circonstance, par qui l'action arrive. Ce qui fait que, si elles ne sont pas des auteurs des projets qu’elles financent, les ONG de cofinancement se situent en amont; elles ont une ascendance indiscutable sur les ONG locales. De fait, ce sont elles qui imposent les critères de financement des projets situés au sud; tandis que les ONG locales sont tenues de respecter ces critères, de s’y conformer, même s’il ne s’agit pas d’y adhérer, pour avoir des fonds, des moyens de vivre ou de survivre.

Comme quoi les ONG qui aident définissent le projet et les conditions d’aide, à prendre ou à laisser. Où a-t-on jamais vu celui qui aide fixer les conditions d’aide?

  • Le deuxième témoignage est celui de KIMPIANGA Mahaniah, Professeur depuis plus de 25 ans à l'Institut Pédagogique National de Kinshasa, observateur privilégié des ONG et expert en développement, pour avoir occupé pendant 5 ans la fonction stratégique de financement des ONG africaines au Conseil Œcuménique des églises, à Genève et pour avoir fondé à Luozi, au Congo (RDC), depuis maintenant 25 ans, une ONG qu'il dirige encore, le Centre de Vulgarisation Agricole et tout récemment une autre ONG, l'Université Libre de Luozi.

Dans un ouvrage publié aux éditions de son Centre de Vulgarisation Agricole et qui porte sur la dette et les ONG, il cherche à savoir, étant donné la faillite de l’Etat, si les organisations non-gouvernementales sont une approche alternative pour soulager les souffrances des populations et assurer le développement. Il constate dans sa conclusion que, quoique situées à la bonne place, à la base, près des populations et que leur nombre permette de couvrir tout le pays et d'y jouer un grand rôle de facilitation ou d'appui des actions des communautés locales, ces organisations ont un défaut, une tare: elles n'ont pas de sources propres; elles reçoivent leur financement des églises, des instances publiques ou des entreprises privées. Or, beaucoup de ces sources de financement sont extérieures à l'Afrique, chaque ONG locale ayant un ou plusieurs partenaires à l'extérieur. D'où, dans beaucoup de cas, les ONG africaines sont dépendantes vis-à-vis des ONG sœurs de l'extérieur, principalement du nord.

L’expert en développement KIMPIANGA et le sociologue KIMWANGA s’accordent là-dessus pour nous faire remarquer que nos ONG ne sont pas neutres, étant téléguidées sinon téléguidables; qu'il y a chez elles une dépendance, source d'insécurité et d'inefficacité et que, dans ces conditions, elles servent plutôt de succursales ou d’outils aux ONG internationales et aux puissances extérieures. Autrement dit, ces ONG, peut-être pas toutes, sont sensibles aux influences des ONG extérieures; et par-là elles sont disposées, pour ne pas dire prédisposées ou préprogrammées, pour servir d’informatrices aux organisations extérieures. Et en ce sens, elles sont extraverties, fragiles, quant à la possibilité d'assumer la mission de développement. Des exemples?

Nous prendrons le cas du Rwanda: ce pays fut bien tissé en organisations non-gouvernementales, la plupart encadrées avec de l'humanisme chrétien. Mais, le pays s’est écroulé comme un château de cartons; et ses ONG n'ont pas été en mesure de protéger la population du génocide.

Un autre cas: celui de la commission conjointe composée de l'ONG canadienne dénommée Centre International des Droits de la Personne et du Développement Démocratique (CIDPDD) et d'une ONG congolaise en exil, dirigée par NGEFA et dénommée AZADHO. Cette Commission vient de rendre public, le 19 Juin 1998 à Montréal, un rapport où elle conclut que près de 200.000 Réfugiés Rwandais et des milliers de Civiles congolais auraient été victimes d'une stratégie délibérée d'extermination et d'actes génocidaires en 1996-1997, dans l'est du Congo. Dans ce chiffre, on compte aussi les survivants de l'ancienne armée du feu Président Juvénal HABYARIMANA et les Interhamwe ou miliciens Hutus qui ont commis le génocide qui eut lieu au Rwanda en 1994. Outre des accusations portées à l'endroit du Gouvernement rwandais dans cette tragédie, le rapport mentionne également la responsabilité de l'AFDL: celle-ci aurait travaillé, en territoire congolais, de concert avec des commandos spéciaux de l'APR, pour mission de détruire physiquement des Réfugiés Rwandais Hutus soupçonnés de génocide, incluant femmes et vieux. L'enquête aurait duré sept mois. S'il s'agit bien de la fameuse enquête des Nations-Unies au Congo, on peut se poser beaucoup de questions sur la validité et la pertinence de ses résultats, entre autres deux:

1° D'abord, cette enquête n'a pas été achevée, puisqu'à un moment donné le Secrétaire Général des Nations-Unies, Kofi ANNAN, a retiré son personnel chargé de la mener, à la suite des malentendus qui ont surgi entre l'Etat congolais et ce personnel à propos des conditions de son fonctionnement sur le territoire congolais. Ce qui veut dire que les résultats auxquels la Commission dit être arrivée ne peuvent être qu'incomplets. C'est pourquoi la question se pose de savoir si, dans ce contexte, on peut valablement conclure.

2° S'il s'agit d'une autre enquête que l'AZADHO aurait faite, alors probablement avant de venir en exil, dont elle aurait ramené les résultats pour les analyser à Montréal, on peut se demander dans quelles conditions elle les aurait eus, alors qu'elle n'était pas sur les lieux des événements présumés. En effet, Montréal vient de recevoir, dernièrement au mois de Mars 1998, un autre militant congolais des droits humains, en la personne de l'Abbé Jean-Pierre BADIDIKE, prêtre diocésain de Kisangani, venu prendre part à un colloque organisé par la Table de Concertation des Droits de la Personne au Congo, en compagnie de deux autres experts de la situation dans ce pays, à savoir, Pierre VATA DIA MBANZA, S.J., directeur de la revue Renaître et directeur de l'Agence DIA à Kinshasa et Honorate MUHANZI, responsable d'une ONG des Femmes dans la région rurale de Bukavu. A la question de savoir si oui ou non il y a eu des massacres des Réfugiés Rwandais au Congo, Jean-Pierre BADIDIKE a dit:

"Il y a des gens qui le disent; mais il n'y a pas de preuves; je n'ai pas vu et je n'ai pas de preuves".

Faisons remarquer que cet expert des droits humains au Congo, qui travaille précisément dans la région présumée des massacres, a parlé en présence de ses deux collègues. Ceux-ci auraient pu, pensons-nous réagir, chacun selon ce qu'il a vu ou ce qu'il sait, mais ils n'ont rien dit, alors qu'ils sont indépendants de l'AFDL au niveau de leur appartenance idéologique, religieuse et financière. Bien au contraire, pendant que beaucoup de participants auraient voulu entendre dire de la bouche des trois conférenciers que rien de bon ne va ou ne se fait au pays, ceux-ci ont, au contraire, fait des remarques sévères à l'endroit d'un tel comportement qui consiste à critiquer pour critiquer. De plus, parmi les participants, il y eut AKWETE, le responsable pour l'Afrique du CIDPDD, qui n'a pas démenti le témoignage de l'Abbé BADIDIKE, alors que suivant l'ambiance générale, il aurait pu parler comme celle-ci, au cas où il y aurait massacres.

Enfin, dans tous les cas, prendre comme sources d'information des ONG dont l'existence juridique en République Démocratique du Congo ne peut être établie, comme c'est notamment le cas de l'AZADHO, de l'ASSOCIATION DES CADRES PENITENTIAIRES, du COLLECTIF D'ACTION POUR LE DEVELOPPEMENT DES DROITS DE L'HOMME, du GROUPE LOTUS de Kisangani, etc., qui ont jusque-là fonctionné sans personnalité juridique, est inconcevable et sans fondement.

C'est pourquoi nous disons que NGEFA et l'AZADHO qu'il représente étant entretenus et protégés par le CIDPDD, il n'est pas surprenant qu'ils se laissent influencer par leur situation de dépendance. On ne peut pas, en effet, oublier que les mass media et certains milieux de lobbying canadiens travaillent à la désinformation sur tout ce qui se fait au Congo. Vu les pressions exercées sur les témoins locaux, individus et groupes confondus, comme l’AZADHO qui a des accointances avec le régime déchu de MOBUTU et certaines formations politiques de Kinshasa, le risque de manipulation de ces témoins, le danger de leur subordination et l’absence de confrontation sont réels. Dans ces conditions, la véracité des témoignages est mise en doute. D’où, la faiblesse d'esprit et de caractère des ONG congolaises et la partialité des organisations internationales au profit des puissances occidentales nous amènent à dire que les conclusions qui figurent dans le rapport d'enquête de la Commission des Nations-Unies sur les massacres présumés des Réfugiés Rwandais sont fausses.

III. Massacres: une fabrication occidentale

Rappelons d’abord qu’au moment où KABILA entrait en guerre, plusieurs groupes armés étaient déjà-là pour piller et massacrer tant les nationaux que les Réfugiés: l’ex-armée zaïroise, l'ex-armée rwandaise et les miliciens interhamwe, qui encadraient les Réfugiés, et les forces armées rwandaises et burundaises. L’action de KABILA est apparue pour combattre MOBUTU et libérer son Peuple. Pour réussir cette mission, il a demandé l’aide des pays voisins, pendant que de son côté, MOBUTU a tenté en vain de ramasser ce qui restait de son armée et de louer le service des mercenaires serbes, tout en espérant pouvoir aussi utiliser les soldats laissés par le défunt Président Juvénal HABYARIMANA et en comptant également, comme les autres fois dans le passé, sur l’aide occidentale, particulièrement celle de la France.

Ici, deux questions se posent, celles de savoir s’il était en droit de chasser MOBUTU et s’il avait le droit de recourir à l’aide des pays africains. A la première, nous pensons que personne de sensé ne peut douter de la validité et de la pertinence de la démarche de KABILA. Car, c’est un devoir sacré, pour toute personne qui arrive au statut de leader et dont le Peuple croupit dans la misère et l’exploitation. Celui qui ne le fait pas, mais qui en a les moyens, est un traître ou un lâche. Celui qui réussit l’exploit – de sauver son Peuple – est un Héros. C’est le cas de de GAULE ou de CASTRO.

A la deuxième question, la réponse est aussi claire: nous savons qu’on ne peut condamner KABILA pour avoir demandé ou accepté l’aide des pays africains, pour libérer son pays de la dictature de MOBUTU. Aujourd’hui, les Occidentaux accourent en Yougoslavie pour aider les Kosovos et personne ne s’y oppose. Mais les vraies questions sont ailleurs, entre autres, sur le terrain de la guerre où il y avait des génocidaires, pratiquement placés là par les humanitaires en vue de lui faire obstacle, de stopper son avancée. Car, ces génocidaires étaient une force armée favorable à MOBUTU mais contre KABILA, d’autant plus que celui-ci avait une armée en partie composée de soldats rwandais, leurs ennemis jurés. Ce qui fait que si jamais – car nous sommes ici dans des suppositions – il y eut une rencontre entre ces génocidaires et l’armée de KABILA, la logique de la rencontre ne pouvait être, de part et d’autre, que celle de la confrontation: se battre.

On remarquera ici que si la Commission des Nations-Unies refuse de remonter au passé, celui-ci est déjà dans le présent. Il ressort en effet que sur le terrain, les puissances occidentales étaient présentes, telle la France, ainsi que leurs humanitaires et leurs succursales africaines, suivant un plan caché pour le Congo, dont la crise qui perdurait est venue rencontrer celle du Rwanda. C'est suivant ce plan que les puissances occidentales ont d’abord compté sur MOBUTU, dans l’espoir de contrer KABILA. Elles ont dû changer de stratégie lorsque ce dernier avançait de façon foudroyante; c'est-à-dire, elles ont alors misé sur les Réfugiés placés à la frontière du Congo et du Rwanda. Ces Réfugiés étaient près d'un million. Leur gestion était confiée aux ONG mais ils étaient infiltrés par des militaires et miliciens Interhamwe génocidaires armés prêts à assister MOBUTU et sa garde présidentielle. Avec toutes ces forces, on a donc espéré que l’avance de KABILA pouvait connaître l’instabilité, être compromise et bloquée.

Des questions méritent ici d'être posées: qui a fabriqué les Réfugiés? qui les a mélangés aux génocidaires? qui les a encadrés? La réponse est connue:

1° Les Nations-Unies ne veulent pas qu’on touche au passé de la question des Réfugiés alors qu’on ne peut rien comprendre de cette question si on n'admet pas que tout a commencé avec l'aide en armement militaire apportée de l'extérieur, en particulier de la France, aux Forces armées rwandaises et aux milices interhamwe de Juvénal HABYARIMANA et qu'il y eut même des soldats étrangers pour entraîner ceux des FAR et les milices

2° Vint le temps des préparatifs du génocide dont les Nations-Unies et les puissances occidentales ont eu vent mais sans bouger, comme pour dire qu'elles se désintéressaient du sort des victimes, alors que ces Nations-Unies avaient les moyens d'intervenir pour arrêter ledit génocide. Au contraire, comme action à laquelle l'humanité a assisté, c'est le retrait par la France de ses troupes jusque-là faisant partie des casques bleus, le temps que le génocide ait lieu, car juste après, on a vu la même France revenir sur le champ des morts, dans l'opération turquoise, pour créer une zone interdite et protéger les Rwandais qui fuyaient l'arrivée de l'APR sans chercher à en extraire les génocidaires pour les mettre à la justice. Il se fera donc que ces génocidaires, armés de surcroît, sont restés mélangés et iront même être les encadreurs des Réfugiés Rwandais sans être reconnus dans cette fonction, les encadreurs en titre étant les ONG internationales.

3° Avec le démantèlement des camps des Réfugiés Rwandais à la frontière du Congo, on va retrouver ceux-ci à l'intérieur du Congo, toujours dissimulés avec les génocidaires.

Ainsi, l'ONU était au courant des massacres qui se préparaient au Rwanda; les humanitaires occidentales aussi savaient que des soldats de l'ancienne armée de feu le Président Juvénal HABYARIMANA et les miliciens Interhamwe allaient tuer des Tutsis et des Hutus modérés, entre 500 et 800 milles; il y a eu donc crime contre l’humanité au vu et au su de l'humanité. Comme preuve, lors de sa récente visite au Rwanda, le Secrétaire Général des Nations-Unies, Kofi ANNAN, a reçu, de l'Association de Rescapés de ce génocide de 1994, une lettre ouverte dans laquelle ceux-ci lui ont dit, sans complaisance:

"La décision de l'ONU de retirer ses forces au moment du début du génocide fut un acte malheureux et lourd de conséquences néfastes. Cet acte est considéré sans nul doute comme un délit de non-assistance au Peuple en danger, dont vous-même et l'organisation que vous dirigez, portez la responsabilité.

En réalité, votre organisation n'a pas montré seulement de l'indifférence, mais elle a décidé froidement d'abandonner tout un peuple à la mort"

Kofi ANNAN a publiquement reconnu le problème, puisqu'il a dit depuis Kigali:

"Nous devons reconnaître et nous reconnaissons que le monde a manqué à ses devoirs envers le Rwanda en cette période de malheurs,..."

Ceci pour dire qu'en ce temps-là qui était un temps de guerre, les Réfugiés Rwandais évoluaient sur le territoire congolais avec, certes, l'encadrement qu'ils pouvaient avoir des ONG; sinon ils étaient sous le pouvoir des génocidaires. Si donc, parmi eux, il y a eu des tués, ils ne le furent pas par les forces de l'AFDL, mais bien par les génocidaires. On sait par exemple que les Réfugiés qui ont été tués à Wendji, Tingi-Tingi, Kalima, Shabunda, Kisangani et Muganga le furent par leurs encadreurs; et que lorsqu’ils étaient affamés et malades ou trop fatigués pour continuer le voyage, ils étaient tués par leurs encadreurs qui ne voulaient pas voir des informations à leur sujet livrées à l’AFDL.

IV. Conclusion

  1. Il est établi que des génocidaires, semblables aux nazis, furent mélangés, protégés, nourris, couverts par la population civile, livrant celle-ci à ceux-là; qu’on a donc utilisé les Réfugiés comme argument politique et humanitaire pour cacher les génocidaires et que ces derniers ont par la suite encadré la population civile dans les camps de Réfugiés dont ils ont massacré ceux qui voulaient rentrer au Rwanda ou qui ne pouvaient continuer à marcher, pour cacher leur statut.
  2. Si elle cherche à cacher ces questions de mort d’hommes et de femmes, c’est signe que la Commission des Nations-Unies sur les massacres présumés des Réfugiés Rwandais au Congo cherche à cacher et à falsifier les résultats de l'enquête. Pourquoi? Pour créer des obstacles à l'avancée des forces de KABILA. Il y a là un problème, car nous voyons mal que l'Occident qui condamne chez lui les crimes nazis puisse, en Afrique, protéger, nourrir et couvrir des génocidaires et continuer de parler des droits humains.
  3. Nous nous trouvons donc là devant un problème fabriqué de toutes pièces par les Occidentaux suivant un plan clair: après avoir mélangé civils et génocidaires, ils les ont, par la suite, traînés sur le champ de guerre, les génocidaires pour combattre KABILA, tandis que les civils pour le gêner au nom des valeurs humanitaires. Dans leurs calculs, les stratèges occidentaux ont prévu, en cas d’échec du plan A qui consistait à paralyser la marche de KABILA, que le plan B allait suivre en accusant KABILA de crimes contre l'humanité. En effet, sachant que, dans ses forces armées, KABILA a des soldats empruntés au Rwanda et que ces soldats n’hésiteraient pas un instant à attaquer les génocidaires et leur population civile, il serait ainsi accusé de massacre des soit disants civils, donc de crime contre l’humanité, sali et déstabilisé. Ainsi, serait bien justifié de lui refuser tout subsides, ce qui s'appelle la mise en quarantaine ou le blocus, tandis qu'on donnerait à un valet de l’écarter du pouvoir avec leur assistance, au besoin par la force, lors d’une guerre qu’ils couvriraient comme juste.

  1. Les accusations de crime contre l’humanité portées par les Nations-Unies contre l’AFDL sont donc à considérer dans ce contexte de Plan B de harcèlement du régime de Kinshasa. Là dessus, l’opinion publique ne doit pas se leurrer: comme jadis, quand LUMUMBA venait de prendre le pouvoir pour conduire son Peuple vers son destin et son plan de vie, aujourd’hui, KABILA qui n’est autre que l’autre LUMUMBA, pour ne pas dire LUMUMBA lui-même, n’est pas bien vu par ceux-là mêmes qui ont assassiné LUMUMBA, N’KRUMAH, FANON, etc. Comme pour dire que la lutte anti-nationaliste et anti-pannafricaniste a repris. Hier avec LUMUMBA, aujourd’hui avec KABILA, un Congo unifié et en paix ayant à sa tête un anticolonialiste militant constitue un danger, à l'heure de la globalisation capitaliste, pour les intérêts des puissances extérieures. Le dénigrement dont il est l’objet et victime est bien la preuve qu’on ne veut pas de lui. Justement parce que KABILA n’était pas dans le collimateur où se trouvent gardés des gens de réserve pour le pouvoir au service du grand capital.
  2. Le projet B consiste entre autres à le rendre faussement criminel, donc vilain; à le déforcer moralement; à le discréditer ou le salir. Pendant ce temps, les Nations-Unies et les puissances occidentales elles-mêmes qui se sont illustrées par la non-assistance aux victimes du génocide du siècle sont toujours considérées comme propres. C’est le travail des ONG internationales, des médias et du rapport d’enquête.
  3. Parallèlement à ces actions, et alors que le pays arraché à MOBUTU est un véritable marasme et que tous les services de l’Etat ont été désorganisés et réorganisés en fonction du pillage et de la corruption, d’ailleurs en complicité avec les puissances du nord, aujourd’hui, celles-ci protègent, en plus des génocidaires, d'autres criminels congolais et ceux qui ont pillé notre pays et qu’ils ont reçus chez eux.

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Bref, notre pays, la République Démocratique du Congo, et son Président, Laurent-Désiré KABILA, sont injustement accusés dans le rapport de disparition, au mois de mai 1997, d’environ 180.000 Réfugiés Rwandais, d'autant d'ailleurs qu’aucune statistique fiable n’a été établie par le HCR à ce propos, tant dans les camps de Réfugiés que dans la nature où erraient la plupart d’entre eux en toute insécurité, dans l’état d’abandon total de la part des organisations humanitaires.

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