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Mise au point à propos de l’arrestation d’Etienne Tshisekedi
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Pr Gérard Buakasa
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Ces derniers temps, les journaux et les radios étrangers parlent beaucoup d’Étienne Tshisekedi, Chef de l’UDPS, arrêté à Kinshasa, comme si, une fois de plus, les Autorités de Kinshasa étaient à l’encontre des droits de la personne. Ils semblent ignorer les raisons de son arrestation et se contentant de tourner autour de celle-ci.

Je me permets de faire une petite réflexion sur ce qui s’est passé. Je commencerai par rappeler l’esprit de la politique de l’Afdl: depuis sa victoire militaire sur les forces de Mobutu, l’Afdl née de la fusion de quatre partis parmi celui le PRP de Laurent Désiré Kabila a comme programme la reconstruction et la démocratisation de l’espace politique, pour ainsi rendre l’appareil de l’État à la disposition de la population et des investisseurs.

On ne peut bien apprécier ce travail qui a déjà commencé sans tapage ni grands moyens, si on ne prend pas soin de rappeler que ce pays vient d’être arraché, le verbe " arracher " étant ici pris au sens fort du terme, à l’une des plus longues et cruelles dictatures du monde: 37 ans de pouvoir absolu, de pillage systématique, qui ont amené le pays au délabrement le plus complet, tant au plan économique, politique, culturel que spirituel, alors que c’est un pays doté par Dieu des richesses fabuleuses et qui, de plus, a bénéficié, d’après les dettes qu’il doit aux banques du monde, de l’appui financier, technique, logistique et politique, voire même spirituel, des pays développés.

Si, donc, l’opinion publique internationale accuse Kabila d’avoir pris le pouvoir par la force, c’est sans doute en raison des intérêts qu’elle défend. Quels intérêts?

Étienne Tshisekedi que cette opinion défend a choisi d’avoir le pouvoir par la non-violence. Est-il non-violent par conviction ou pour sauver Mobutu? Ce qui est certain, c’est que ce dernier n’avait aucune envie et aucun intérêt ni de se changer en démocrate ni de partir du pouvoir. Dès lors, Étienne Tshisekedi était résigné d’accéder au pouvoir avec et par Mobutu. Raison pour laquelle, à trois reprises, il a répondu à l’appel de celui-ci pour occuper le poste de Premier Ministre, alors qu’il disait le combattre en opposant radical Pour sauver le pays, il ne restait plus que de chasser Mobutu du pouvoir, au besoin par la force.

C’est le point de vue de Kabila, qui combattra le dictateur avec le concours, il est vrai, des forces armées interafricaines que le Dieu de nos Ancêtres lui a envoyées et qui a effectivement mis hors d’état de nuire une armée nationale congolaise pourrie et des mercenaires sans foi.

Mobutu chassé, que devait faire Kabila?

Je ne connais pas un seul pays au monde où le vainqueur va sur la place publique, parce qu’il serait démocrate, pour partager le pouvoir, sans auparavant prendre des précautions consistant à fixer les règles de participation, même si, déjà, il peut former un gouvernement d’union nationale.

Que je sache, il s’en suit l’installation d’un pouvoir d’urgence ou d’exception qui, non seulement annule mais, suspend les autres pouvoirs, le temps de préparer et proposer un nouveau cadre pour remplacer la dictature. Ce temps, qui permet au vainqueur de travailler dans la liberté d’esprit et de cœur et qui ne doit cependant dépasser la durée nécessaire pour le démarrage du nouveau régime, s’impose pour des raisons d’efficacité dans l’application de l’action de changement amorcée. C’est dans la naturalité des choses de la vie.

Aussi, appeler Kabila président " autoproclamé " est-il injurier l’intelligence et la condition humaines : en effet, il n’est pas Dieu ni un Ancêtre. Il est une personne humaine. Tout homme de notre humanité a besoin d’un temps pour faire des propositions, d’un autre temps pour appliquer celles-ci, d’un troisième temps pour les vivre. La composition des temps est possible mais pas outre mesure. Tous les raccourcis ne sont pas permis.

Kabila a reconnu la nécessité d’installer un pouvoir d’urgence, d’exception, et, en conséquence, a suspendu tous les autres pouvoirs, comme la libertés de faire des manifestations politiques publiques des partis. A la suite de cette mesure, à l’occasion de l’arrivée à Kinshasa du pasteur Noir-Américain Jessy Jackson, Étienne Tshisekedi, un homme qui connaît le droit pour avoir fait le droit à l’Université Lovanium de Kinshasa, et aussi pour l’avoir longtemps appliqué en tant que Ministre de l’intérieur, puis de la justice, dans plusieurs gouvernements de Mobutu, aurait même dû s’abstenir de participer. Il bafoue les lois du pays, surtout à un moment où celui-ci a besoin d’unir ses ressources pour se reconstruire, éthiquement, politiquement, socialement, et économiquement, c’est-à-dire, à un moment où il a tout à faire, y compris de terminer la défaite complète du régime de Mobutu dont certains éléments, et non des moindres, résistent. Je ne sais si un gouvernement qui se respecte et tente de remettre son pays sur les rails peut mettre en péril les rares chances que Dieu vient d’accorder à notre peuple jusque-là resté jeté dans la poubelle de l’histoire.

Pr. Gérard Buakasa

Afdl – Canada

Secrétaire Général du Comité Exécutif Fédéral

kd491862@er.uqam.ca

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