M.
Shoyaka,
Vous avez réagit par votre courrier du 6 juillet 1998 adressé au Forum
de Congonline à la "Réaction du Directoire sur la thèse de la responsabilité
française dans la crise des Grands Lacs" parue dans ce Forum le même jour en ces
termes :
"Monsieur Engulu s'est totalement discrédité. Il y a en France un débat sérieux
sur cette période. Un homme comme Mr Rocard dont on ne peut mettre en doute l'honnêteté
intellectuelle et morale a émis de sérieuses réserves.
D'autres hommes politiques français également. Mais Mr Engulu a des dossiers sur cette
affaire qui tendraient à disculper totalement la France. Publiez-les, Mr Engulu ou
envoyez-les à la Commission parlementaire française ou mieux demandez à être entendu.
Vous serez sûrement décoré de la Légion d'honneur."
M. Shoyaka, il est regrettable, et à porter à votre passif, que vous ayez réagi avant
l'achèvement des travaux de la commission parlementaire. En effet, le Directoire de la
Résistance Patriotique Zaïroise a fait paraître son sentiment le 6 juillet 1998, dans
l'ignorance de ce que les travaux de la commission d'enquête parlementaire
s'achèveraient le 7 juillet 1998.
Vous voudrez bien porter à mon crédit que les travaux se sont achevés sans qu'aucun
élément permettant d'établir une responsabilité française dans le génocide rwandais
de 1994 n'ait été découvert.
Au dernier jour des auditions, M. Herman Cohen ancien responsable de la politique
africaine de Washington sous le president George Bush a délivré un satisfecit à la
France pour avoir été le seul pays à intervenir pour sauver des vies humaines pendant
le genocide rwandais.
Croyez bien que M. Cohen en sait plus long que M. Rocard sur le sujet.
Léon O. ENGULU Boyeka
Directeur de la Résistance Patriotique Zaïroise
chargé de la Coordination générale.
PARIS, 8 juil (AFP) - Les parlementaires francais ont acheve leurs auditions sur le role
de la France dans les evenements ayant mene au genocide rwandais en 1994, sans avoir
decouvert d'elements permettant d'etablir une responsabilite de la politique de l'ancien
president Francois Mitterrand.
Initialement, la creation de la mission parlementaire d'information sur le Rwanda, qui
avait entame ses travaux fin mars dernier, repondait a des interrogations voire des
accusations dans divers milieux et dans la presse concernant un eventuel role occulte de
la France dans ce pays avant, pendant et apres le genocide de 1994. Celui-ci a fait
plusieurs centaines de
milliers de morts parmi la minorite tutsie et les Hutus moderes.
La tragedie rwandaise dans laquelle la France a ete mise en cause et l'eviction du
president zairois Mobutu Sese Seko par une rebellion soutenue par le pouvoir tutsi
rwandais avaient serieusement altere l'image de la France en Afrique et entraine une
revision de sa politique sur le continent noir.
Des articles de presse ont affirme que la strategie de Paris dans l'affaire rwandaise
avait ete tres influencee par les relations personnelles du president Mitterrand avec
l'entourage du president rwandais Juvenal Habyarimana. Le role de la cellule africaine de
l'Elysee, dirigee un temps par l'un des fils du president Mitterrand, Jean-Christophe,
avait ete
frequemment mentionne au cours du drame rwandais.
La politique africaine de la France releve traditionnellement du domaine dit
"reserve" du chef de l'Etat. Mais a l'epoque le president Mitterrand cohabitait
avec un gouvernement de droite dirige par Edouard Balladur.
Il ressort des auditions, que les decisions concernant la gestion de cette crise ont ete
prises d'un commun accord entre le chef de l'Etat et le gouvernement.
Soutien inattendu d'un ancien responsable americain
Au fil des 41 seances d'auditions, dont 20 a huis clos, au cours desquelles 88
personnalites ont ete entendues, les accusations portees contre la France et plus
particulierement contre le president Mitterrand n'ont a aucun moment pu etre etayees et le
clivage gauche-droite s'est completement estompe sur cette affaire.
Les parlementaires il est vrai on mene cette enquete sans chercher visiblement a mettre
dans l'embarras les personnalites entendues, ont constate les journalistes presents aux
auditions publiques.
Des critiques ont certes ete emises, y compris par des socialistes, quant a la facon dont
a ete geree cette crise par le president Mitterrand, reprochant surtout au pouvoir d'avoir
fait preuve de cecite politique, mais aucune preuve d'une politique occulte de la France
ou de la participation des troupes francaises aux combats aux cotes de l'armee rwandaise
n'a ete apportee.
Le ministre des Affaires etrangeres, Hubert Vedrine, qui etait a l'epoque
secretaire-general de la presidence, a explique qu'"on fait avec ce qu'il y a"
pour justifier l'appui de la France au president Habyarimana (en l'absence de toute autre
alternative politique) qu'elle pensait pouvoir soustraire aux extremistes hutus.
En tout etat de cause, Paris a trouve un soutien inattendu mardi en la personne de
l'ancien responsable de la politique africaine de Washington sous le president George
Bush, Herman Cohen, qui a delivre un satisfecit a la France pour avoir ete le seul pays a
intervenir pour sauver des vies humaines pendant le genocide rwandais.
Le Figaro avait accuse en janvier dernier la France d'avoir viole l'embargo sur les
livraisons d'armes au Rwanda decide par les Nations unies et affirme que les livraisons
d'armes francaises au gouvernement de Kigali s'etaient poursuivies au moins jusqu'au 30
mai 1994, soit quasiment un mois apres le debut du genocide.
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