| Réaction du directoire
sur la thèse de la responsabilité française dans la crise des Grands Lacs |
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| Léon O. Engulu Boyeka |
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| RESISTANCE PATRIOTIQUE
ZAIROISELe Directoire de la Résistance
Patriotique Zaïroise tient à faire une courte mise au point en ce qui concerne la thèse
d'une responsabilité française dans la crise des Grands Lacs.
Dans ce
dossier, nous voyons clairement que les faiseurs d'opinion ne sont pas africains et qu'ils
ignorent tout de la mentalité de cette région. Les experts subventionnés qui écrivent
tout et n'importe quoi bien à l'abri des responsabilités dans leurs centres de
recherches ont tenté de faire accréditer depuis quelques années l'idée d'une
supériorité tutsie dont ils ont voulu faire des victimes à l'instar des Juifs durant la
seconde guerre mondiale. Il va d'ailleurs falloir confier la direction de ces centres de
recherche à des africains.
S'il y a bien
eu près de deux millions de morts dans les Grands Lacs après l'assassinat du président
Habyarimana, ils sont majoritairement hutus. On voit mal dans quel intérêt des Hutus
auraient exterminé des Hutus. En outre cette idée de "Hutus modérés" est si
stupide qu'elle ne mérite pas qu'on s'y attarde, elle est intervenue assez tardivement
dans le débat devant l'évidence qu'il n'y a jamais eu autant de Tutsis que le nombre
réel des morts et qu'il fallait bien compenser cela par une pirouette statistique.
On sait avec
certitude que les rwandais présents dans les camps étaient Hutus. Pourquoi des Hutus
auraient-ils gagné le Zaïre fuyant des Hutus exterminant des Tutsis? 40% de la
population rwandaise a disparu après le génocide, mais il n'y a jamais eu 40% de Tutsis
au Rwanda, comment expliquer cela?
Il convient
d'analyser ce conflit à la lumière de l'histoire de la région et cesser de raconter des
histoires qui plaisent à une certaine opinion. Ce ne sont certainement pas des Hutus qui
ont abattu l'avion qui transportait le président Habyarimana.
C'est le
Front Patriotique Rwandais qui est à la base du génocide. En assassinant le président
Habyarimana, cette organisation terroriste a déclenché l'apocalypse qu'il faut qualifier
de "génocide réciproque" est non pas l'imputer aux seuls Hutus. Il ne faut pas
non plus poser la question d'une "planification du génocide" dans le chef des
Hutus, mais bien d'une "préméditation de représailles" devant l'offensive du
Front Patriotique Rwandais. Ce Front Patriotique Rwandais a d'ailleurs exporté son
idéologie nazie sur le territoire zaïrois et l'ONU vient de reconnaître la
co-responsabilité du Rwanda dans le génocide de centaines de milliers de réfugiés
Hutus et de civils zaïrois. Et il ne s'agit pas du Rwanda d'Habyarimana mais bien du
Rwanda de Paul Kagame.
La
responsabilité du Front Patriotique Rwandais est claire et sans équivoque. L'offensive
militaire de cette organisation en violation des accords d'Arusha a entraîné une
violente réaction des Hutus, parfaitement condamnable - et qui doit l'être - mais ce
sont les Tutsi du FPR qui sont les agresseurs et les principaux meurtriers; on ne peut pas
voir les choses autrement.
Quant à la
France, elle n'a rien à se reprocher dans ce dossier : ce n'est pas elle qui a armé le
Front Patriotique Rwandais. Elle n'a pas non plus à se reprocher d'avoir défendu le
régime d'Habyarimana dans la mesure des accords bilatéraux qui liaient ces deux pays,
sachant que le Rwanda jouissait d'une reconnaissance internationale de droit.
En effet, il
faut avoir la bonne foi de reconnaître que les régimes dictatoriaux ont donné toute
satisfaction à l'Occident durant la guerre froide et que les dictateurs ont bien
évidemment freiné des deux pieds les processus démocratiques consécutifs à
l'éclatement du bloc soviétique, ne comprenant guère pourquoi les décoration
distribuées au cours de voyages officiels étaient désormais sans valeur.
La question
que les politologues doivent se poser est la suivante : la communauté internationale
doit-elle laisser des gouvernements en voie de démocratisation se faire attaquer par des
organisations militaires qui ne font que retarder l'échéance démocratique? Les
analystes qui rêvaient de processus démocratiques météoriques après la traite des
Noirs, les colonisations et les dictatures qui ont dominé le continent jusqu'en 1989 se
sont gravement trompés. Ces processus ne pouvaient pas être beaucoup plus rapides que
celui de la transition chilienne.
Cette
question est d'autant plus pertinente que ces organisations militaires se rendent
coupables d'exactions plus grave encore que celles qu'ils dénonçaient et qu'il sont
encore moins démocrates que les dictateurs qu'elles chassent du pouvoir. Ainsi, on ne
ressent aucun frémissement démocratique dans le Rwanda de Paul Kagame ou dans le Congo
de Kabila. Ces deux régimes ont tué plus d'êtres humains en quelques mois que tous les
dictateurs d'Afrique en 45 années de guerre froide.
Pour en
revenir à la France, on ne peut que lui faire le reproche - et cela devrait être l'objet
même de sa Mission d'enquête parlementaire sur le Rwanda - de ne pas avoir plus
massivement déployé la Légion Etrangère devant les troupes du Front Patriotique
Rwandais que ne l'a fait l'opération d'interposition Turquoise.
Pour le
Directoire,
Léon
O. ENGULU Boyeka
Directeur
chargé de la Coordination générale.
Le 6 juillet
1998 |
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