En 1970, Sakombi est devenu
ministre de l'Information de Mobutu. Pendant vingt-deux ans, il a occupé de hautes
responsabilités dans ce régime criminel. En 1992, il s'est proclamé 'évangéliste'. Il
a alors avoué ceci: "Pendant vingt ans, j'ai fréquenté des magiciens des Indes et
d'Israël, des marabouts du Sénégal et de Guinée, des sorciers du Bas-Zaïre et de
l'Equateur. J'étais devenu l'incarnation de Satan. J'étais
porte-parole du gouvernement. Tous les communiqués, je les 'travaillais' sataniquement
avant que le peuple ne les écoute, afin qu'il soit envoûté... Le peuple était vendu à
Satan; tout était sous son contrôle."
Une nuit, pour protéger Sakombi d'un grand danger, un
"magicien" asiatique l'envoie au cimetière de Kimbanseke avec une valise vide.
Sakombi raconte la suite. "Au moment de rentrer, la
valise s'ouvrit toute seule. Je vis la grosse tête d'un boa de huit mètres. A sa queue
était attachée une enveloppe comme celle que m'envoyait Elise, la secrétaire de la
maison de magie. Le boa me regarda: il avait des yeux de femme. Dans l'enveloppe, il y
avait une lettre: 'C'est moi Elise. Je suis venue te sauver. Les yeux que tu vois sont les
miens. Tu dois rester ici pendant trois jours. Tu ne mangeras pas, tu resteras nu et je
ferai de toi tout ce que je voudrai'. Le boa s'enroula tout autour de moi. Il me souleva
jusqu'au lit. Il se mit à jouer avec moi. Il commença à me lécher tout le corps. Il
prit ma langue dans la sienne et l'enroula. Je ne peux vous décrire comment ce boa s'est
joué de moi. Le troisième jour, le serpent n'avait plus les yeux d'Elise. Je fis venir
mon garde du corps pour le tuer. Dans la tête du boa, je trouvai une bague qui devint ma
protection."
Un jour en 1983, Sakombi entendit la voix de la magicienne
Madame Bouddha. Elle dit: "Ton Dieu vient te sauver." Peu avant, Sakombi avait
acquis une mallette magique qui pouvait multiplier toutes les richesses à l'infini. Mais
le possesseur de cette mallette devait sacrifier deux enfants par an. Sakombi raconte:
"La magicienne me dit d'aller, seul, dans un coin de ma parcelle, de creuser un trou
de cinq mètres et d'y entrer avec la mallette; elle allait disparaître. En slip, avec
mon échelle et ma pelle, j'allais jusqu'à l'endroit choisi. J'enlevai mon slip. Imaginez
un ministre, à minuit, dehors, tout nu, une pelle et une échelle à la main! Je me mis
à creuser jusqu'à 2h30. Je mesurai jusqu'à accomplir les cinq mètres. Il se mit à
pleuvoir. En moins de deux minutes, l'eau avait rempli le trou. Je risquais de me noyer.
Je remontai et constatai qu'il ne pleuvait qu'au niveau de notre trou. Je me suis dit,
pluie ou pas pluie, je dois rentrer dans le trou avec la mallette. Aussitôt la mallette
disparut."
"Moi qui amenais à manger aux morts au cimetière,
moi qui avais un tapis magique qui me transporta à Paris en quelques minutes, j'ai tout
abandonné. Je suis maintenant enfant de Dieu. Dieu m'a demandé de lancer un journal, La
Voix de Dieu!. On y écrit 'Editeur: Sakombi Inongo', mais en réalité, le vrai Editeur
est le Seigneur Jésus. Dieu m'a donné les moyens matériels de le réaliser."1
1. La société zaïroise dans le miroir de son discours
religieux (1990-1993), pages 40-50.
Tiré du Journal belge "Le Solidaire"
Lu et transmis par vous par Me Biminayi
Jean-Pierre