GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)
I have a dream that one day...
wpe141.jpg (679 octets)
Me Biminayi Jean-Pierre
wpe141.jpg (679 octets)
Réponse à M. Albert Ngama

Cher compatriote Ngama,

J'ai lu avec plaisir votre contre-réaction (je ne sais si je dois l'appeler ainsi) à ma réaction concernant la fameuse lettre du collectif de l'opposition. Et je vous remercie. Franchement je suis flatté par votre franchise. Je vous cite: "Mais seulement voilà; je suis moi pro-mobutiste.

Le terme ne me plaît pas trop mais disons que jusqu'à ce que je vienne en Occident pour études, j'étais un sympathisant de Mobutu et de son clan des "voleurs". Je l'ai été (et je crois que je le suis encore jusqu'à l'heure où je vous écris ce message) par choix, par reconnaissance, mais aussi, je dois l'avouer, parce que ce "grand voleur" de Mobutu avait un charisme qui m'attirait tant. Par choix parce que j'aurais pu lui préférer quelqu'un d'autre (ou même carrément personne), par reconnaissance parce que j'ai eu à vivre et à profiter de certaines réalisations de ce promu en enfer... et enfin en tant que jeune, j'étais attiré par cet homme qui en dégagea...". Fin de citation. C'est vraiment fantastique. Depuis que je suis en exil, je n'ai jamais été séduit par un mobutiste et je vous avoue, aujourd'hui, cher compatriote, que vous m'avez séduit. Et voilà pourquoi ? Parce que depuis la publication de ma réaction à mon confrère Kamanda, j'ai eu dans mon courrier électronique 165 messages -dont 164 sont anonymes- venant des mobutistes et personne de ces gens à qui Monsieur Mobutu faisait confiance et qui ont dilapidé, avec lui, notre patrimoine national, personne, je vous vous assure, n'a fait, comme vous, une déclaration d'amour –qui d'ailleurs se justifie- envers Mobutu et son clan. Vraiment vous m'avez séduit. Je vous avoue, cher compatriote, que je n'ai jamais été ému par une si noble franchise. Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre d'années, dit-on. Vous êtes récupérable; vous êtes encore jeune et quand vous allez mûrir, vous allez comprendre l'enjeu de notre démarche.

Cher compatriote, je ne suis pas de l'AFDL et je ne fais pas l'apologie de l'occupation de notre cher pays. J'ai été, 17 ans durant, contre le régime de monsieur Mobutu et je suis encore aujourd'hui contre le régime de monsieur Kabila quand il permet l'humiliation de notre peuple. Je suis contre tous ceux qui ont permis aux Rwandais et aux Ougandais d'occuper notre pays. Mais une réalité est là: "nous sommes aujourd'hui sous l'occupation ougandaise et rwandaise et comment en sommes-nous arrives là?"

Voilà ma question.

Cher compatriote, j'ai toujours pensé que les mobutistes étaient tous des criminels innés et qu'un jour nous les traînerons devant les tribunaux pour qu'ils répondent de leurs crimes mais aujourd'hui, je me suis rendus compte que, parmi eux, il y avait certains d'entre eux qui suivaient et ménageaient les criminels sans savoir pourquoi et cela m'a amené à classer les mobutistes en 3 catégorie: 1) il y a des criminels fous, durs et purs tels les BaMobutu, les BaKikunda, les BaBaramoto, les BaNkema, les BaKyungu, les BaSakombi, les BaBolozi, les BaNgbanda, les BaSeti... 2) et il y a des criminels constitutionnels tels les BaKamanda, les BaKengo, les BaKamitatu, les BaMandungu, les BaNimy... 3) et il y a enfin les occasionnels tels les... Et je vous place aussi dans cette dernière catégorie, car vous ne saviez pas ce que vous faisiez. Vous étiez comme des brebis égarés qui suivaient et suivent encore, à l'aveuglette, le pasteur sans savoir pourquoi. Mais cela n'enlève pas, pour autant, le caractère criminel de l'acte -qui est la destruction et la dilapidation du trésor national d'un Etat- , car disait B. Di Tullio, un criminaliste italien, "...diciamo subito che, poiche la pericolisita e determinata in gran parte dai fattori inerenti alle condizioni organiche, il delenquente occasionale o non presente, come in generale, una vera pericolosita, o ne presenta una forma cosi poco sviluppata, da non essere per lo piu ne valutabile, ne appezzabile. Il delinquente occasionale e infatti l'uomo abitualmente adattato all'ambiente sociale che, sotto la spinta di condizioni esteriori eccezionalissime, e cioe di stimoli comunque adeguati, venendo a perdere momentaneamente l'abituale controllo di se stesso...si trova ad essere occasionalmente determinato ad atti illeciti ed immorali, che in lui sono del tuto insoliti" (Disons tout de suite que la criminalité est déterminée, en grande partie, par les facteurs inhérents aux conditions organiques; le délinquant occasionnel ne présente pas, comme d'habitude, un véritable danger et ne présente pas une forme très développée de danger pour être apprécié. Le délinquant occasionnel est, en effet, l'homme habituellement adapté à la société mais qui, sous l'influence des forces extérieures remarquables, parvient à perdre momentanément le contrôle de soi...et parvient à commettre des actes illicites, immorales, qui ne sont pas partie intégrante de lui-même). Comme je disais, cela n'enlève pas le caractère criminel du fait accompli qui est "la destruction préméditée d'un Etat riche et prospère" mais ne peut qu'atténuer et réduire l'ampleur de la peine.

Cher compatriote, je ne suis pas un satirique sauvage comme m'ont qualifié certains d'entre vous en déclarant que je me permettais l'audace d'insulter les grands hommes politiques zaïrois. Je n'ai pas insulté les hommes politiques zaïrois ou congolais. Est- ce que avez-vous lu, dans ma lettre, quelques injures adressées à messieurs P.E. Lumumba, à G. Lubaya, P. Mulele, A. Gizenga, Olengankoy, A. Ngoma, E. Tshisekedi...? Avez-vous lu quelque part, dans ma lettre, quelques injures adressées à monsieur J. Kasa-Vubu? À monsieur J.W. Tshimbila ? Ce sont eux des grands hommes politiques. Je suis un nationaliste inquiet à qui le régime de monsieur Mobutu -votre régime- a volé toute sa jeunesse et qui n'acceptera plus, une seconde fois, le retour au pouvoir des mobutistes -qu'ils soient vetu-mobutistes ou néo- mobutsite, car ils restent mobutiste -entendu par là les personnes qui ont, en eux , la pensée, l'enseignement et les actions du "guide"-. Mon rôle n'est pas d'insulter les gens et votre crainte n'était pas fondée. La preuve est là, je vous répond avec courtoisie.

Cher Ngama, vous avez le droit de vous étaler comme mobutiste et nous n'avons pas le droit de vous en empêcher; c'est votre droit légitime, naturel -c'est ça la noblesse de la politique-, car, comme vous disiez, vous avez vécu et profité de certaines réalisations de ce promu en enfer.

Vous vous affichez donc mobutiste, non pas par conviction politique, mais plutôt par sympathie, par reconnaissance, car ce voleur du siècle vous a nourri et vêtu. Voilà pourquoi vous êtes mobutiste. Et nous ne pouvons que vous encourager.

Cher compatriote, vous dites que "le mal est mal" et je n'arrive plus à vous suivre. De quoi parlez-vous? De quel mal parlez-vous? Parlez-vous de ceux qui ont fui la dictature ou de ceux qui sont restés, au pays, à profiter des largesses du régime? Et puis, vous dites- je vous cite-: "Ou bien on est démocrate et on instaure un régime démocratique ou bien on ne va pas mieux que ceux qu'on traite de tous les noms et on mérite donc pas une...estime. Pour ma part j'ai des sérieuses doutes quant au "taux de démocratie" qui coulerait dans le sang de Mr Kabila". Fin de citation. Mais cher Ngama, je ne suis pas du pouvoir actuel, je me bats pour l'instauration d'un régime démocratique et libre où vous et moi pourrons nous épanouir malgré notre diversité idéologique. Je vous propose donc de poser cette question à Monsieur Dominique Sakombi ou à Monsieur Raphael Ghenda, eux, au moins, pourront vous donner des réponses précises, car ils sont dans les rouages du pouvoir..

Cher compatriote, je n'ai pas dit que monsieur Kamanda -même si il a été le buveur de l'urine de Mobutu- doit se la fermer. Vous m'empruntez des propos qui ne sont pas les miens. J'ai dit que "notre frère Kamanda est un oiseau rare; je l'avais appelé un vautour, que dis-je? Un rapace ou un épervier ? Peu importe le nom. Ce qui est important est qu'il appartient à la catégorie d'espèces rares en voie d'extinction; nous pouvons encore le garder aux musées pour que nous n'oublions pas la destruction du Congo; il ne mérite pas, pour autant, notre pardon mais il demeure congolais et il a le droit de s'exprimer...et nous n'avons pas le droit de l'empêcher de s'exprimer; par ailleurs nous avons le droit de répliquer, et si nous en avons les moyens, nous le traduirons devant la justice pour qu'il réponde de ses crimes. Ainsi justice sera faite. C'est comme ça le jeu de la démocratie...". Voilà mes propos. Relisez mes écrits et ne déformez pas ma pensée.

Cher compatriote, vous parlez de délation... ou des délateurs que les policiers amènent en cours pour faire écrouer un criminel notoire. Mais qui est délateur ? Et qui est criminel ? Vous dites qu'on peut amener ce concept en politique. Alors vous dites que monsieur Kamanda est un délateur... et qu'il doit faire écrouer qui.....? Si je ne vous ai pas bien saisi! Mais quelqu'un m'avait dit que monsieur Kamanda était un grand homme politique congolais et vous, vous me dites qu'il est un délateur. Où donc est le sérieux? Vous dites que "la justice se sert d'un criminel ou d'un présumé criminel pour coincer un autre plus gros, plus important, plus crapuleux". Mais qui est le criminel plus gros, plus important, plus crapuleux .......? Vous dites que monsieur Kamanda est moins crapuleux? Répondez-moi? Et vous soutenez un criminel moins crapuleux si je suis l'enchaînement de vos idées? En droit, vous êtes complice et criminel autant que celui que vous soutenez...Réfléchissez bien...

Cher compatriote, en vous lisant, j'ai eu l'impression de quelqu'un qui portait un lourd poids sur la conscience, quelqu'un qui voulait se défouler, qui voulait se dégager d'un poids énorme qui pesait sur son cœur et j'ai pu comprendre, sans hésitation, que vous prononciez un "mea culpa" et malheureusement, je ne suis pas un prêtre pour vous donner une absolution. Alors je me suis dis, Jean-Pierre, fais donc venir un prêtre du Vatican pour bénir notre frère Ngama qui fait une révélation de grande portée; il mérite vraiment une absolution...et puis je me suis dit si tous les mobutistes faisaient pareille nous n'aurons plus à nous chamailler à travers le net et nous pourrons combattre ensemble les Ruandais et les Ougandais... Ainsi pourra se faire la réconciliation nationale.

Cher compatriote, Martin Luther King, JR disait: "I have a dream...I say to you today, my friends. So even though we face the difficulties of today and tomorrow. I still have a dream. Its is a dream deeply rooted in the...dream. I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed, we hold these truths to be self-evident, that all men are created equal".réfléchissez bien et ayez aussi un rêve comme Martin Luther King. Vivez aussi ce rêve... Et apportez ce rêve à vos enfants et à vos futurs enfants... Et évitons de polémiquer... Ou la liberté ou la mort disait Patrice E. Lumumba. Et sauvons le Congo...

Me Biminayi Jean-Pierre (LL.M.) ( Licopa@hotmail.com )

Copyright Afriqu'Info asbl.