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A Monsieur Gérard Kamanda Wa Kamanda, Coordination politique du "MPR" en exil
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Me Biminayi Jean-Pierre
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Cher Monsieur,

Je viens de lire votre lettre intitulée "lettre du collectif de l'opposition" dans laquelle vous parlez et signez au nom du peuple congolais et au nom des partis et regroupements politiques congolais interdits au Congo; je vous cite: "Au nom de notre peuple, atteint dans sa dignité par le régime d'occupation que lui impose l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo de M. Laurent Désire Kabila, depuis qu'il s'est auto-proclamé Président de la République, le 29 mai 1997, en général et en particulier au nom des partis et regroupements politiques interdits qui forment, aujourd'hui, l'Opposition au régime de M. Kabila, spécialement: -l'Union pour la Démocratie et le Progrès social, U.D.P.S.; -le Front Commun des Nationalistes, F.C.N.; -le Parti Démocrate Social Chrétien, P.D.S.C.; les Forces Nouvelles et l'Union Sacrée, FO.N.U.S.; -le Conseil de la Résistance pour la Libération Nationale, C.R.L.N.; -le Mouvement National pour la Sauvegarde de la Démocratie, M.N.S.D.; -le Rassemblement des Patriotes Congolais, R.P.C.;...".

Cette lettre m'a vraiment bouleversé. Je viens de passer une nuit blanche à lire et relire ces maudites 16 pages de vos commentaires; sans sommeil, au milieu de la nuit, j'étais là à me poser tant de questions auxquelles je n'arrivais plus à répondre, Monsieur Kamanda. J'étais là, comme un abruti, à me demander pourquoi étais-je là à vous lire? J'étais là terrorisé à l'idée de penser que quelque part ceux-là même qui ont spolié notre peuple vivent encore et gardent l'espoir de le spolier à nouveau. Mais aujourd'hui, cher Monsieur, je veux de réponse précise de votre part ainsi que celles de vos amis des partis politiques soi-disant de l'opposition pour qui vous avez signé cette lettre de mauvais goût.

Monsieur Kamanda, s'il y a, aujourd'hui, un point sur lequel je suis en accord avec le nouveau régime du Congo, c'est de vous avoir mis hors d'état de nuire et d'avoir permis aux intellectuels sans scrupules comme vous d'aller goûter le fruit de l'exil; il est très amer, Monsieur Kamanda. Demandez à Monsieur Nguz A Karl I Bond, il a l'expérience et il vous dira ce que c'est. Si vous étiez à mes côtés, cher Monsieur, j'aurais craché sur votre visage pour exprimer ma colère et mon indignation.

Voilà encore un autre dignitaire de la mouvance mobutiste qui sort de l'ombre et veut nous donner des leçons de démocratie et de droits de l'homme! Le voilà tout heureux et ravi que le Président américain n'ait pas visité son grand et riche pays pendant qu'il visitait les provincettes de la nature du Rwanda et de l'Ouganda! Le voilà encore tout souriant quand il apprend que son pays, le Congo, est envahi par nos frères africains du Rwanda et de l'Ouganda! Et je suis certain qu'il trinquera du cordon rouge s'il apprend qu'aucune aide étrangère ne viendra renflouer les caisses du trésor public pour assouplir les malheurs de ce peuple congolais molesté et meurtri! Il entonnerait la "Zaïroise" s'il apprend que le Congo était plongé dans une guerre interethnique de l'envergure de nos voisins de l'Est, danserait le "dialelo"s'il apprend que rien ne marche au Congo et chanterait le "Mobutu vuma"s'il apprend que le Congo allait sombrer dans une guerre de contrôle de pouvoir comme chez nos voisins du Sud. Voilà en quelques mots ce que vous êtes, Monsieur Kamanda Wa Kamanda: un opportuniste de premier rang et un démagogue à la taille de votre mari, Monsieur Mobutu (je présume que vous savez de quoi je parle, les secrets de la "prima curia" obligent).

Cher Monsieur Kamanda, hier en lisant votre lettre, je me suis rappelé que vous n'aviez jamais connu le chômage, ni non plus la misère que connaissait le peuple congolais sous votre règne des dinosaures impunis.

Jeune diplômé, vous voilà promu Représentant du Zaïre auprès de l'Organisation de l'Unité Africaine à Addis Abeba (Ethiopie), puis Vice-Premier secrétaire général de l'O.U.A., et puis tour à tour Conseiller à la Présidence de la République, Ministre des Affaires Étrangères, Vice-Premier Ministre, Ministre de l'Intérieur, Ministre de la justice, et puis... et puis... Enfin arriva la guerre des Banyamulenge... qui permit au Congo de se libérer de l'exploitatation du clan Mobutu, votre clan et qui permit l'auto-proclamation du président Kabila que vous dénoncez aujourd'hui avec ténacité.

Poussant encore en arrière mon esprit, je vous revis à la "RTBF", bien habillé, en compagnie de messieurs Mpinga Kasende et Nyimi M., monsieur "Droits de l'homme", tous trois prostitués intellectuels de haut niveau, venus en Belgique pour démontrer au peuple belge que la coopération belgo-Zaïroise ne profitait pas au peuple zaïrois. Vous aviez raison, car les fonds d'aide au développement et à la coopération allaient dans les comptes de Monsieur Kuku Ngbendu et dans vos comptes privés. Je vous revis, Monsieur Kamanda parler au nom de Monsieur Mobutu et prendre des décisions en son nom. Je vous revis Monsieur Kamanda annoncer la fin de la coopération belgo- Zaïroise. Je vous revis donner une leçon de droit et de démocratie à ces belges qui, jadis, avaient colonisé le Congo.

Vous étiez le Président de la délégation Zaïroise ... Je revis, à vos côtés, Madame Colette Braeckman, Monsieur Paul Gossens et les autres journalistes belges rougir de rage et de honte. Je vous vois encore, aujourd'hui, cher Monsieur Kamanda, impoli, orgueilleux et hautain, parler au nom de ce même peuple congolais que vous avez humilié tout au long de votre sinistre parcours politique. Mais en politique, le ridicule ne tue pas, dit-on.

Monsieur Kamanda, au nom de quel peuple parlez-vous? Nous sommes aujourd'hui près de 45 millions d'âmes meurtries, appauvries, anéanties, écrasées par le mobutusime et autres doctrines confondus... et je vous demande de me préciser au nom de qui parlez-vous? Et au nom de quelle opposition? Vous avez cité certains partis politiques que nous respectons humblement et qui ont aidé, dans le passé, sans armes à la main, notre peuple à démystifier Monsieur Mobutu, je vous demande de préciser, à la lumière du soleil, quels dirigeants de ces partis vous ont autorisé a signer cette lettre en leur nom? Vive la démocratie! Si tel est le cas, je m'empresserais d'affirmer que le Président Kabila a eu raison de boucler la bouche de ces soi-disant partis politiques d'opposition qui, hier, compatissaient avec l'ennemi et continuent encore, aujourd'hui, de signer une lettre commune avec ceux-là même qui ont mis notre peuple à genoux. "Ceux qui s'assemblent se ressemblent", dit-on. Aussi nous lançons un appel solennel a ces partis signataires de la lettre du collectif de l'opposition (UDPS, PDSC, FONUS...) de nous éclairer à la lumière du jour s'ils ont fait une coalition avec les mobutistes pour parvenir a leur fin. Un adage bantou qui prend essence dans la philosophie machiaveliste nous dit: "ceux qui trompent et qui savent tromper trouveront toujours, quelque part, quelqu'un à tromper".

Mais notre peuple, politiquement mûri, ne se laissera plus embourber par ceux la même qui ont permis aux Ougandais et consorts d'occuper notre cher pays. L'histoire vous jugera. Monsieur Kamanda, revoyant tout ce scénario, mon esprit me proposa de revoir la cassette de cette journée de triste mémoire sur le débat de clarification -votre débat de clarification-. Je mis la bande dans le magnéto et je vous revis comme dans mon esprit en train de gronder vos élèves belges pour avoir offensé le nom de Monsieur Mobutu, votre mari, en publiant qu'il était l'homme le plus riche de la planète-terre. Je vous revis mettre fin à la coopération belge et je revis, par votre décision, l'augmentation de la misère de nos parents restés au Congo. À ce point, je vous pose une question: "le bonheur du peuple congolais était-il mieux assuré aujourd'hui qu'il y a une ou cinq années?" Monsieur Kamanda, vous parlez, dans votre lettre, de l'insécurité, de l'instabilité, du sous- développement, des violations des droits de l'homme, du déficit de la démocratie, des crimes contre l'humanité, de la tyrannie, de l'épuration ethnique, de l'exclusion, de la famine, des maladies et de la pauvreté...Tous les maux engendrés et hérités du règne de votre "padrino" qui repose aujourd'hui aux enfers...(que Dieu aie pitié de moi) et vous pensez atteindre notre émotion en nous rappelant que notre peuple subit la pire humiliation de son histoire. Non... et mille fois non Monsieur Kamanda, le pouvoir vous manque et vous voilà matraqué par cette obsession occulte des mobutistes de penser qu'ils détiennent la clé de la vérité; et dites-nous quelle est votre recette magique de nous sortir du sous-développement? Quelle recette avez-vous de la démocratie? Des violations des droits de l'homme? De la famine? De la pauvreté? De la tyrannie? Parlez, je vous en prie, nous vous écoutons...

Monsieur Kamanda, je vous revis encore une dernière fois, à Pointe-Noire, au Congo-Brazza, dans le bateau sud-africain qui allait devenir pour tout congolais le point de référence de son affranchissement; je vous revis, Monsieur Kamanda, à côté de celui avec qui vous avez pillé le trésor national congolais pour un enrichissement personnel. Monsieur Kamanda, -ce jour-là sera toujours gravé dans ma mémoire- je vous revis tout petit, diminué devant celui qui allait devenir notre Président. "Alea iacta est", disaient les anciens romains. Je vous revis, à côté de votre patron, implorer la grâce et la pitié, Monsieur Kamanda et ce jour-là marqua le début de votre exil, car vous aviez compris que le vin était tiré et qu'il fallait le boire. Vous vous êtes retrouvé au Togo avec tous vos amis de tout bord. Vous formiez, au Zaïre, un club de 300 membres autour de votre parrain... les Kengo, les Bemba, les Bosekota, les Kasereka, les Banda, les Ngbanda, les Ilondo, les Nyembo, les Mukamba, les Kamitatu, les Kithima, les Nzumbu, les Mongbondo, les Kikunda, les Nyimi, les Baramoto, les Nzimbi, les Nkema, les Nzuzi Wa Mbombo, les Kankolongo Wa Bashala, les Bolozi, les Mulumba Kin du Soft, et que sais-je encore...(Tous des bâtards) mais vous vous êtes retrouvés au Togo avec une trentaine de ces membres, les autres dinosaures -ayant bouffé tout leur butin- avaient préféré attendre l'arrivée de l'AFDL pour régler des comptes avec eux. Monsieur Kamanda, vous êtes un carnassier et vous appartenez à la catégorie des rapaces rares que le monde n'ait jamais connu. Je vais vous rappeler une phrase si chère a votre parrain: "un fruit ne tombe que quand il est mur, mais devant l'ouragan et la tempête de l'histoire, mur ou pas mur il tombe quand même". Monsieur Kamanda, Mobutu mort et enterré, vous l'êtes avec lui et je vais vous dire un petit mot: "si vous vous permettez d'engager des mercenaires, avec notre argent que vous nous avez dérobé, pour troubler l'ordre public et la reconstruction du Congo, nous allons nous porter volontaires pour éviter que les rapaces comme vous reviennent au pays car parmi nous il y a encore des militaires et des miliciens qui avaient étudié l'art de la guerre pour renverser le régime ignoble de Monsieur Mobutu"

Monsieur Kamanda, vous parlez des régimes minoritaires installés par la force en Afrique centrale. Mais cher Monsieur, souffrez-vous d'un trou de mémoire? A peine parti en exil, vous oubliez que le régime de Monsieur Mobutu -votre régime- était un pouvoir minoritaire installé par un coup d'Etat du 24 novembre 1965 et vous avez la prétention de critiquer celui des autres. Vous oubliez que la situation telle qu'elle se présente, aujourd'hui, au Congo, est le résultat naturel de vos erreurs politiques et de votre inconscience. Vous oubliez que vous avez quitté l'"Union Sacrée de l'Opposition Radicale/USOR" pour affaiblir le Premier ministre issu de la Conférence nationale souveraine/CNS et, grâce à ce geste, vous avez réhabilité Monsieur Mobutu qui avait pourtant déclaré devant le peuple en 1990 qu'il prenait congé du "MPR", et de ce fait n'avait plus de contrôle sur la "res publica" zaïroise et n'était plus présidentiable. Je ferme la parenthèse. Vous parlez des tutsi qui veulent contrôler une large portion de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique centrale et vous oubliez que vous aviez une maîtresse tutsi et que sous votre règne (règne des inconscients et des vautours) vous avez promu beaucoup de réfugiés rwandais -qui n'avaient jamais obtenu la citoyenneté zaïroise- au rang des ministres et des PDG. L'exemple des Messieurs Rwanyindo Pierre et de Gitera Janvier en dit long.

Qu'avez-vous contre les tutsi si ils peuvent prouver de leur citoyenneté congolaise ? C'est seulement aujourd'hui que vous vous réveillez et vous rendez compte de la présence tutsi au Congo. Allez-vous en au diable, monsieur Kamanda. Nous sommes encore un peuple pacifique qui ne veut pas tremper ses mains dans le sang si non vous étiez des gens à rechercher et a abattre partout ou vous êtes... Vous parlez de la soif de pouvoir sans partage et de la volonté de domination des tutsi, Monsieur Kamanda et que pensez-vous de la deuxième République? Votre deuxième République?

Je vous demande, Monsieur Kamanda, d'éviter encore une fois de nous distraire comme vous l'avez fait pendant 32 ans de votre règne sans partage. Soyez patient. La politique africaine est faite ainsi aujourd'hui vous êtes au pouvoir et demain en exil. C'est la loi de la nature, il faut s'y soumettre..

Monsieur Kamanda, vous parlez de l'AFDL comme Parti -Etat, c'est l'héritage que vous nous avez légué; vous voilà reconverti à la démocratie, vous voilà devenu le chantre des droits de l'homme. L'exil a ses raisons que la raison ne connaît point. Monsieur Kamanda, savez-vous combien d'années avions-nous passés, sous le froid, aux quatre coins du monde à attendre qu'un jour quelqu'un vous jette dehors et libère ce grand et magnifique Congo? Le savez-vous? J'ai passé la moitié de ma vie en exil à me ballotter d'un pays à un autre pour attendre ce moment précieux de libération pendant que vous vous remplissez les poches des revenues de nos ressources naturelles. Saviez-vous que jusqu'en 1990, "le Zaïre vivait sous un véritable régime de chefferie modernisée. Le MPR était proclamé la seule institution de l'Etat et les autres organes n'apparaissaient que comme ses simples démembrements.. Ce qui frappait surtout l'observateur c'était l'omnipotence du président du MPR, président de la République de droit et guide constitutionnel du peuple zaïrois. Il fixait les grandes orientations de la vie nationale, et exerçait un véritable pouvoir constituant intuitu personae du fait de sa compétence à structurer le MPR. Il nommait ainsi aux postes les plus importants du parti et de l'Etat, exerçait la plénitude du pouvoir et présidait tous les organes de l'Etat (article 30 de la constitution), ce qui anéantissait l'antique garde-fou constitutionnel de la séparation des pouvoirs. Bref, c'était une véritable chefferie organisée. Cette chefferie modernisée, monopartisane et totalitaire ne mettait en principe guère d'entraves au pouvoir du président chef". Cette situation existait pendant qu'on vous appelez Son Excellence monsieur Kamanda, Excellence Monsieur le ministre et pendant que vous étiez aux rouages du pouvoir. Vous me direz que Mobutu n'écoutait personne. C'est bien beau comme argument. Mobutu, mort et enterré, tout le mal retombe sur lui. Je vous pose maintenant une question: "Qu'avez-vous fait de concret pour signifier a Monsieur Mobutu, votre parrain, qu'il était allé trop loin ou qu'il allait trop loin?" Nous vous écoutons...

Monsieur Kamanda, "il est bien vrai que, si l'on reconquiert une seconde fois les pays révoltés, on les perdra ensuite plus malaisément...." nous dit Machiavel. De grâce, Monsieur Kamanda, réfléchissez à ce que vous faites; demandez à vos amis les Kengo, les Baramoto et autres généraux commerçants d'oublier le Congo et de s'adonner au commerce. C'est un travail lucratif et vous pourrez multipliez ce que vous nous devez et un jour (seul Dieu sait quand) vous pourrez aisément rembourser la somme due au trésor congolais et ainsi garder les bénéfices. Une façon comme une autre de vous racheter et d'assouplir votre peine. Conseil gratuit.

Mais le jour que nous vous attraperons, nous vous mettrons devant les instances judiciaires compétentes de notre pays et nous vous demanderons des comptes. Revoyez l'histoire du peuple juif, il pourra vous servir d'exemple. On recherche et condamne encore aujourd'hui les criminels nazis 50 ans après les faits.

Monsieur Kamanda, vous écrivez une lettre à Monsieur le Président des Etats Unis d'Amérique lui suppliant de venir à votre secours. Quelle ironie du sort! Vous, monsieur Kamanda, l'omnipotent ministrable de Monsieur Mobutu. Je vous revois, comme Pierre et Nicolas Machiavel écrivant au Cardinal Giovanni Lopez lui suppliant de leur éviter une honte: "nous nous prosternons donc aux pieds de votre R.S., la suppliant de ne pas permettre que des hommes moins dignes que nous, qu'à juste titre nous pouvons appeler nos ennemis, se parent de nos dépouilles et se vantent d'une telle victoire, à notre grande honte. Daignez de grâce, Révérend Seigneur, moyennant le même émolument que vous attendez d'eux, parer notre maison du grand honneur de recevoir de vous cette libre possession. Ne souffrez pas que nous soyons marqués d'ignominie, en nous ôtant ce que nous nous sommes évertués avec tant de ténacité à sauver jusqu'à présent. Et pour dire la vérité, comme nous la perdrons au prix du plus grand déshonneur si votre clémence n'intervient pas, nous nous efforcerons de la reprendre par tous moyens, quoi qu'il en coûte à l'adversaire. Mais.... Vale iterum. Vive in aeternum." Voilà votre objectif et voilà ce que vous attendez de Monsieur Clinton. Monsieur Kamanda, vous faites la honte du peuple congolais; vous faites la honte du peuple africain; vous faites la honte de toute l'intelligentsia congolaise en pensant que les Etats Unis d'Amérique sont nos protecteurs et nos bienfaiteurs. Cette façon de raisonner, je pense, est révolue et vous êtes resté en 1960, cher monsieur, quand les grandes décisions de notre peuple se tranchaient dans les grandes métropoles européennes, à Paris et à Bruxelles. Un conseil: "Les Américains n'ont pas d'amis, ils n'ont que des pions et dès qu'ils s'aperçoivent que leurs intérêts sont mis en jeux, ils vous tournent le dos". Vous avez l'expérience, je vous ai vu sur le bateau, à Pointe Noire, debout, inquiet et cherchant, à tout prix, à rencontrer Monsieur Kabila. Vous devriez en tirer une leçon. Mais comme vous êtes gourmand et faible d'esprit vous n'avez rien compris de cette situation. "Abyssus abyssum invocat", dit-on. Tant pis pour vous. Vos expériences de la prima curia vous ont enlevé tout esprit de discernement et vous font raisonner comme un bambin. Après avoir bu l'urine de Monsieur Mobutu je vous comprends et je vous plains à la fois. Je vous informe: un de vos amis mobutistes, Monsieur Mandungu Bula N. Antoine est au Bénin (à Cotounou) et il est reconverti à la parole de Dieu; il a remplacé le frère Sakombi Dominique. Une façon comme une autre de remplir sa journée. Nous sommes en train de mettre sur pied la liste et les adresses de tous les mobutistes en exil et un jour ou l'autre, nous vous traquerons. À bon entendeur salut!

Monsieur Kamanda, si les autorités congolaises actuelles ne vous ont pas encore signifié leur préoccupation de vous traduire en justice pour tous vos crimes contre l'Etat et le Peuple congolais, je vous avertis qu' aux termes de l'article 101 du code pénal zaïrois, nous vous accuserons des recels et détournements des derniers publics et aux termes des articles 22 et 23 du code pénal nous vous accuserons de complicité de recel, d'escroquerie et d'enrichissement sans cause et des crimes de droits humains. Vous êtes un juriste et comprenez que lorsqu'un vrai pouvoir -un pouvoir démocratique et libre- sera mis en place, au Congo, vous allez répondre de tous vos crimes. Soyez-en assuré. Ce n'est pas une menace mais une mise en garde fondée sur le droit. Je vous le promets. Et je termine ici en vous garantissant ab imo pectore que le Congo libre mettra en exécution ce plan si Dieu nous prête vie. Acta est fabula. Que Dieu protège le Congo.

Me Biminayi Jean-Pierre (LL.M.) ( Licopa@hotmail.com )

Doctorant en droit

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