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Le cas Kyungu : Monument de la médiocrité de la CN et de tous les Partis Politiques. Réponse à quelques réactions (II)
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Dr. Mubabinge Bilolo

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Certains partis politiques et certaines Associations Non-Gouvernementales qui prétendent défendre les Droits de l’Homme et des Peuples veulent tirer profit de notre Appel pour répandre le venin anti-kabiliste autour du Gâteau-national.

Nous avons critiqué la décision du Président de la République de reconduire Mr. Kyungu non pas à la lumière de l’esprit de la transition de 1991-1997, mais plutôt à la lumière de la Maâticratie. Madame Libambu parle de l’Etat de Droit, mais nous, nous parlons de l’Etat de Droit et d’Ethique, l’Etat de la Maât. Nous formulons notre critique à la lumière d’une VISION POLITIQUE.

En outre, même si la République Multi-nationale ou Multi-ethnique du Congo n’était qu’une Illusion, une Fiction juridique, dont la fonction est de permettre aux Boys des Sociétés Étrangères d’hypothèquer sans aucune consultation locale l’ensemble des richesses d’une province ou d’une nation autre que sa province ou son kabila / ekolo d’origine, notre option pan-africaniste, notre engagement pour l’Intégration Africaine, pour les Nations Unies d’Afrique nous aurait amenés à exiger l’annulation de la nomination de Kyungu comme Représentant de notre Pays.

Le cas de Kyungu a toujours été à la base de notre remise en question de la capacité des Partis politiques créés entre 1990-1996 à mettre le Congo sur la voie que nous voulons, celle de l’Etat de Droit et d’Ethique.

Il nous suffit pas d’appuyer la remise en question de la voie adoptée par le Président, il faudrait aller au-delà et remettre en question la totalité des Partis et des acteurs politiques de la période de transition 1992-1997. Ils sont tous co-responsables, complices de ces épurations.

1) Responsabilité de la CN

Lorsque Kyungu et Ngunz incitaient publiquement la population à la haine, à la chasse aux Bilulu, voire à la sécession katangaise, on a gardé silence à Kinshasa et dans les Provinces non tragiquement concernées par ces épurations ethniques. On n’a pas organisé des marches de protestation pour obliger Kyungu, Ngunz et Mobutu à stopper leurs épurations. Ce n’était même pas une raison pour exiger la destitution de Mobutu ou de Kyungu.

La Conférence Nationale n’avait pas donné à ces épurations ethniques l’attention qu’elle méritait. Pire encore, cette Conférence Nationale avait contribué à la consécration de l’IMPUNITÉ? Le Haut-Conseil de la République – Parlement de Transition (= de Trahison) était un monument historique de cette inversion des valeurs. A sa clôture, Mgr. Monsengwo, Président de la CN, dira en faisant allussion aux Mobutistes et aux Epurateurs : « nous ne leur en tenons pas rigueur », c’est-à-dire qu’ils aient contribué à la mort des milliers, à la ruine du Pays, à l’EXODE des millions, ce n’est pas une raison pour les punir, « nous ne leur en tenons pas rigueur ». Cette monstruosité était aussi passée sans commentaire et sans proteste.

2) Responsabilité du Premier-Ministre E. Tshisekedi wa Mulumba

Comble de malheur, la radicalisation des épurations a commencé le jour où la Conférence Nationale avait nommé Mr. Tshisekedi, Premier-Ministre.

Autrement dit, durant les épurations régionales du Shaba en 1992, Tshisekedi était Premier-Ministre, issu de la Conférence Nationale et Mgr. Mosengwo, Président de la Conférence, ils n’ont pas donné l’ordre à l’Armée et à la Gendarmerie pour protéger la population.

Tshisekedi aurait dû démissioner pour obliger Mobutu à stopper Kyungu et Ngunz, il ne l’a pas fait. Il nous a laissés végéter dans des gares de Kolwezi, de Likasi, de Kamina et dans des écoles, comme si nous n’étions pas des Congolais, comme si nous étions des réfugiés en terre étrangère. La diplomatie des couloirs n’était pas suffisante. Il croyait que nous étions encore en 1959-1960.

Les victimes s’attendaient à un ordre de protection, un Appel pathétique de la part du Premier-Ministre, une confrontation directe avec Mobutu, mais en vain. Il n’a même pas abandonné Kinshasa pour aller participer à la campagne de sauvetage. Nous ne savons même pas s’il avait signé un degré de destitution de Kyungu comme Gouverneur. Le Gouvernement issu de la Conférence Nationale avait abandonné plus de 2.000.000 des Congolais à leur propre sort. Il a cautionné les ASSASSINATS, L’EXODE ET LA DÉPOSSÉSSION.

Cette faiblesse politique était impardonnable. Le Premier-Ministre de l‘époque paye et payera les conséquences de son attitude, de son LÂCHAGE ET DE SA LÂCHETÉ dans ce moment où le Peuple Congolais avait besoin de lui. Il a manqué à sa mission de protection de la population.

Il n’avait pas évité le pire qu’il voulait certainement éviter. Car, il y a eu des milliers de morts et des millions de réfoulés et de dépossédés. Une Lettre Pastorale de Mgr. Tshibangu Tshishiku datant de cette période décrit très bien cette tragédie humaine, cet exode forcé des Citoyens dans un pays qui se dit unitaire ainsi que ses retombées sur le reste des populations kasaïennes.

Si Mobutu empêchait Tshisekedi wa Mulumba de faire son travail de Premier-Ministre, pourquoi n’avait-il pas DÉMISSIONNÉ à l’époque ? Ces épurations ethniques n’ont-elles pas été déclenchées à l’occasion de son élection à la Primatur ? Ces milliers des morts et ces millions des rescapés, dits Refoulés n’étaient pas aussi victimes de la guerre que l’UFERI de Ngunz Karl Bond et Kyungu wa Kumwanza avaient déclaré à l’UDPS et aux forces acquises au changement à l’époque ?

Suite à cette TRAGÉDIE HUMAINE, Mobutu, Kyungu, Ngunz, tous initiateurs et co-auteurs des crimes contre l‘humanité, des épurations ethniques, pouvaient être traduits pour motif de haute-trahison devant la Cour-Suprême de Justice et pour crimes contre l’humanité devant un Tribunal International. Qu’est-ce que le juriste Tshisekedi wa Mulumba, Premier-Ministre en exercice, avait entamé comme procédure ? Quelles conséquences juridiques et politiques avaient-ils tiré de cette situation ? Il a poursuivi sa politique „d’embrasser" Mobutu et les mobutistes comme si rien ne s’était passé. On dirait qu’il luttait non pas pour la Justice ou contre l’Impunité, mais pour la Démocratie, prise au sens de « partage du Gâteau-National entre plusieurs partis ».

3) Responsabilité des autres Gouvernements et de tous les autres partis

Tous les Gouvernements qui se sont succédés depuis 1992 n’ont pas inquiété Kyungu. Ils n’ont même pas appuyé des mesures pour la réintégration des victimes.

Dans ce sens, KABILA prolonge la politique de Tshisekedi, de Mgr. Mosengwo, de HCR-PT et de tous les autres gouvernements qui se sont succédés depuis 1992 ainsi que de tous les partis politiques aujourd’hui suspendus.

Tous les conflits entre les partis politiques congolais tournaient et tournent autour du GÂTEAU-NATIONAL. On fonde des partis politiques n’ont pas pour transformer le pays, mais pour accéder à des postes politiques. On n’y accède de façon très floue sans laisser les traces des principes éthiques quelconques que le Peuple pourrait utiliser pour juger l’action sur le terrain.

Aujourd’hui, Kyungu est reconduit. A l’exception du Memorandum de l’AFDL-Suisse, les réactions de ces soi-disant partis d’opposition se font toujours attendre. Serait-il possible que tous ces partis cautionnent les épurations régionales? Attendent-ils les élections pour faire appel à cette nomination comme argument?

Dans le contexte de Political Quality Management, on reconnaît le caractère national, patriotique d’un parti ou d’une opposition par son engagement pour le Peuple, pour les victimes d’une catastrophe naturelle, sociale ou nationale, pour les victimes des injustices et des violences de toute sorte.

On reconnaît les valeurs patriotiques auxquelles un Parti ou une Association a souscrit par ses prises de position, ses réactions en face d’une nomination comme celle de Kyungu. La plupart des réactions connues jusqu’à présent portent un cachet individuel. Il en est de même des tensions à l’est du Congo qu’on instrumentalise à des fins politiques au lieu de contribuer effectivement à leur réduction.

Pourquoi les directoires de nos prétendus partis politiques, pourquoi les associations de nos prétendus démocrates contribuent-ils par leur silence à faire apparaître la nomination de Kyungu comme une nomination parmi d’autres? Et pourtant ce qui est en jeu, c’est l’Unité et l’Intégration Nationales, c’est la Convivialité entre les ressortissants de différentes provinces ou régions du Congo et c’est aussi l’Etat de Droit et d’Ethique.

4) Complicité des ONG et des Eglises

Ni les Eglises chrétiennes ni les ONG ni encore moins des Partis politiques actuels ne constituent une solution à la Crise Morale et Politique du Congo. Ce sont tous des « animaux malades de la Peste », atteints du « Sida Moral et Mental ».

Il y a eu entre, 1991-1993, des Evêques, des Prêtres et des Religieux qui ont appuyé ces épurations provinciales. Mais cela ne constitue pas pour Rome un motif pour destituer ou excommunier les responsables. Au contraire, par sa politique de nomination des Evêques, Rome contribue sciemment à raviver et à entretenir des tensions entre nos peuples respectifs.

Si la Conférence Episcopale du Kasayi et la Conférence Episcopale Congolaise attendaient deux ou trois à mois avant de condamner cette nomination, elles se rendraient encore une fois complices de la consécration de l’impunité.

Même les groupes qui sont entrain d’exploiter à des fins démagogiques le Rapport sans preuves contraignantes de l’ONU, ces prétendus amoureux des Droits de l’Homme et des Peuples passent sous-silence la reconduction de Kyungu alors qu’il s’agit là d’un cas éclatant de violation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ainsi que de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, cas sur lequel nous avons tous des preuves indiscutables.

Quelle crédibilité peut-on accorder à ce genre d’associations ou d’organisations non-gouvernementales?

C’est la guerre pour le Gâteau-National et non pour une Valeur Patriotique ou Humaine quelconque.

Dr. Mubabinge Bilolo

Bilolodr@aol.com

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