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De l‘astuce au faux-pas historico- juridique dans la défense des mobutistes par M. Kabundi
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Shushukulu Mubabinge Bilolo
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En lisant attentivement la nouvelle réaction de Mwanetu Kabundi, nous avions eu du mal à comprendre qu’il ne veut pas comprendre. Cependant, s’il nous avait compris, ce que le concept de „pathologie juridique occidentalogique" aurait été une expression mal choisie. C’est une maladie qui ne peut guérir de soi-même sans l’aide des médecins, des thérapeutes, des centres de réhabilitation.

Nous commencerons par vos trois méprises stratégiques :

I. MEPRISES STRATEGIQUES

1.1. Place de Jésus ou d’Adam : Mise en évidence du sens de la " Solidarité ".

Mwanetu Kabundi - nous n’avons aucune sympathie pour des prénoms importés que nous portons, à la suite de la « mission évangélisatrice et civilisatrice », comme marques de notre servitude spirituelle et culturelle -, demande avec beaucoup de rhétorique, c’est que Jésus ou Adam venait faire dans la discussion. Mais si notre juriste était attentif aux faits textuels, il aura remarqué sans peine que ces deux métaphores illustrent très bien la connotation de la charité, de la générosité, de la magnanimité ou de la grandeur d’âme contenue dans le concept de SOLIDARITE. Cette connotation demeure même dans le contexte du DROIT POSITIF.

Notre commentaire sur la logique de la solidarité ministérielle fait des remarques de Mr. Kabundi sur Jésus ou sur Adam un remplissage inutile des pages:

« Le raisonnement suit la logique suivante:

* a) Je n'ai pas tué, mais comme j'étais soldat j'assume aussi les conséquences des actes posés par d'autres soldats;

* b) Je dormais quand cela s'est passé ou j’étais en voyage à l’étranger, mais étant donné que j'étais chef, j'assume la responsabilité de ce qui s'est passé;

* c) Je n'ai jamais contribué à la mort du Congo et des Congolais, mais étant donné que mon chef ou mes collègues y ont contribué, j'accepte d'assumer la responsabilité de leurs actes.

Ce qu'il a de vicieux dans ce raisonnement, c'est que XY devient comme JÉSUS-CHRIST qui se sacrifie par amour, par SOLIDARITE (de solidus) avec les autres hommes pour les péchés qu'il n'avait jamais commis. XY devient martyr, le sauveur de la solidarité ministérielle, donc un cadre responsable, un fonctionnaire modèle. Il a accepté de partager le fruit de la haute-trahison par amour pour le Guide-Eclairé comme Adam avait mangé le fruit défendu par amour pour Eva »

Le Général canadien qui n’a pas été en Somalie, mais qui a été démis de ses fonctions pour les crimes commis par ses soldats en Somalie ou un autre officier-supérieur qui démissionne pour les actes commis par son bataillon en Somalie se sacrifie ou est sacrifié au nom de la « solidarité ministérielle ». Il quitte son poste avec beaucoup de dignité et de respect, car il est martyr des actes qu’il n’a ni cautionné ni commis. C’est sa grandeur d’âme, son sens aigu de responsabilité qui fait qu’il « se solidarise » avec son baillon.

Mais cela peut-il s’appliquer pour XY qui était directement au front, comme premier-adjuvant de Mobutu ?

 

1.2. Hitler et le scapegoat theory

La référence à Hitler est un véritable faux-pas historico-juridique. L’anti-sémitisme et l’anti-nigrisme que Hitler a mis en pratique de façon conséquente ne peuvent être réduits au modèle du bouc-émissaire. Toute la République de Weimar avait passé son temps à chercher des méthodes d’élimination des Nègres et des Juifs en Allemagne. Elle appelait les enfants métis « IGNOMINIE NOIRE » du Rhin. L’anti-sémitisme comme l’anti-nigrisme ne peut être ramené à un vice de généralisation indue d’une faute commise par un individu à toute sa race ou à l’obsession d’un bouc-émissaire. Il se fonde ou s’enracine dans une vision théologique, philosophique, juridique et socio-biologique multi-séculaire du monde qui exclut l’autre. Ainsi lorsque la dame qui avait dirigé en 1994 –nous ne sommes pas sûr de l’année, car nous la citons de mémoire - la délégation officielle de l’Allemagne à la Conférence de l’ONU sur la Population déclare que les Noirs ne sont pas intelligents « et qu"il faut les empêcher à se reproduire », vous n’allez pas nous dire que les Noirs sont ici de bouc-émissaires.

En outre, et cela est très grave pour un Juriste comme vous. Comment pouvez-vous oser comparer les Mobutistes aux Juifs dans l’Allemagne hitlérienne ? Comment pouvez-vous comparer les Mobutistes aux Noirs et aux autres peuples victimes du Régime Nazis ? Voulez-vous insinuer par-là que les Juifs étaient comme les mobutistes, mais que l’erreur aurait été de généraliser la culpabilité ? Vous voyez à quelles monstruosités historiques, politiques et juridiques votre pathologie juridique occidentologique vous amène ?

Si vous aviez porté des critiques contre le Tribunal de Nürnberg, nous seriez peut-etre restés dans votre propre système. Vous y avez fait allusion en disant qu’ils ont été jugés par un Tribunal. Mais quel tribunal ? La plupart d’entre-eux ont été passés aux armes dès la prise de leurs bastions. Il y a eu des actions de lynchage de l’Armée Française, Russe et Anglaise. Au fond, on les aurait éliminés tous dans les premières 48 heures, mais on avait besoin de quelques personnalités pour comprendre l’incompréhensible. Pour répondre à la question : « Comment cela-a-t-il pu être possible ? », on avait besoin d’un Procès. On avait besoin des preuves historiques pour écrire l’Histoire de cette Cruauté.

La preuve cherchée était la fonction ou les fonctions exercées par la personne durant le Régime d’Hitler.

 

1.3. Qui a fait le Procès de ces centaines des milliers d’Allemands de l’Est indexés ?

Après la réunification de l’Allemagne, plusieurs centaines des milliers d’Allemands de l’Est sont indexés, mis en quarantaine, écartés de la vie politique et des institutions. La liste se prolonge chaque jour. Pourriez-vous nous dire quand est-ce que l’Allemagne Fédérale, pays démocratique, a fait les procès pour établir la responsabilité individuelle de plus d’un million des personnes ? Les procès qui sont menés visent à envoyer en prison certaines personnes dans cet ensemble des personnes mises en quarantaine ou pour augmenter cet ensemble et non pour déculpabiliser qui ce soit.

Voilà ce que nous exigeons de la part de l’actuel Président de la République : la mise en quarantaine de tous les mobutistes, leur exclusion de toutes les institutions de l’Etat. Un renouvellement radical et systématique de la classe politique, des partis politiques et des Cours et Tribunaux. Même notre plaidoirie manifeste pour Tshisekedi wa Mulumba est conditionnée : S’il veut contribuer au nom du « consensus national », de la « démocratie sans éthique », à la reconduction des mobutistes, nous le combattrons et exigerons sa mise en pension.

 

II. REPETITION DE L’ASTUCE D’ENFONCER LES PORTES OUVERTES

 

Porte 1 : Nul ne conteste le principe de la présomption d’innocence.

Nul ne consteste la présomption d’innocence: „Tout accusé est présumé innocent jusqu’à ce qu’un jugement définitif le déclare coupable et cela hors de tout doute raisonnable". Mais cela n’empêche qu’en cas de doute fondé ou compte tenu soit du danger public que l’accusé pourrait représenter, soit du danger d‘évasion, soit encore du danger de destruction de preuves ou de traces, en cas où les motifs d’accusation seraient fondés, et en attendant un jugement définitif, que l’inculpé soit gardé en détention préventive.

Mais qui peut soutenir, en âme et conscience, en prennant les Vivants, les Morts et Nzambi-Mungu-Maweja à temoin, que les reproches portés par notre Peuple contre les architectes, les piliers et les hauts-dignitaires du Régime de Mobutu ne justifie pas une détention préventive de leur part et la poursuite systématique de ceux qui sont en fuite sur l’ensemble de la planète?

 

Porte 2 : Nul ne conteste le principe de preuves contraignantes.

Nul ne conteste le principe selon lequel il appartient à l’auteur de l’accusation de prouver la culpabilité, donc de fournir des preuves. C’est ainsi que nous avions explicitement souligné au paragraphe 3 de „Solidarité n‘est pas Responsabilité" ce qui suit: „Notre critique ne remet nullement en cause le fait que pour porter une accusation concrète contre une personne donnée déterminée, appelée en abrégé XY, une accusation du genre : XY a tué, violé, volé la banque, confisqué la parcelle d’autrui, il faut des preuves contraignantes, indubitables, irréfutables. Personne ne conteste ce principe.

 

Porte 3 : Nul ne conteste ce principe : « Ne doute profite à l"accusé ».

Personne ne conteste non plus le principe selon lequel « Le doute profite à l"accusé ». L’Etat a le devoir de protéger toute personne contre les calomnies et les propos mensongers. C’est un droit inaliénable de tout être humain. »

Voilà pourquoi nous avions introduit le § 4 par une question : « 4) Pourquoi vouloir enfoncer une porte ouverte ? ». Et nous avions ajouté : « Mais, Mr. Kabundi aurait dû remarquer que les Congolais n'accordent pas beaucoup d'attention au procès du Général Kikunda, car ils estiment que si l'Etat allait trop vite à la besogne, il risquerait de perdre le procès. Même Mobutu jouit dans sa tombe du droit à l’innocence. Il est au sens de Marcel Kabundi innocent. Pour affirmer qu’il a volé le Congo, il faut les prouver de façon irréfutable, avec des preuves contraignantes. Les avocats suisses, belges, français de Mobutu et de sa famille exigent de telles preuves. »

Donc en exigeant des preuves contraignantes à propos de l’accusation concrète selon laquelle Tshisekedi serait responsable de la mort de Lumumba, de Tshombe et de Kasa-Vubu nous n’avons pas péché contre un principe quelconque de notre conception du Droit. Vous auriez dû remarquer que nous avions en ce qui concerne sa co-responsabilité et sa « solidarité fonctionnelle » soutenu qu’on pourrait le condamner à 10 ans de prison et à 15 ans de mise en quarantaine politique. Mais nous avons ajouté qu’étant donné qu’il a déjà passé 10 ans en prison et 15 ans de mise en quarantaine et qu’il s’est réellement sacrifié et engagé pour nous libérer de la dictature mobutiste – si bien qu’il mérite aujourd’hui un Prix Nobel de la Paix -, le Tribunal des Nations Congolaises ou la Cour Souveraine l’acquittera. Cela n’est pas une brèche ouverte dans le système, mais une mise en exergue de ce que nous avons toujours exigé de tout politicien et de tout(e) compatriote : la capacité de dire « NON », de DÉMISSIONNER et de combattre le Règne de la Mort (BUAKALENGE BWA LUFU) et de la Destruction (CINYANGU + DISHIPA DITUNGA).

Dans ce même ordre d’idées nous ne voyons pas comment on pourrait utiliser le RAPPORT DE L’ONU contre les autorités actuelles. Un JUGE BANTOU, du TRIBUNAL DES NATIONS CONGOLAISES – n’oublions pas que les Banyarwanda du Congo font partie de la population congolaise, donc des Nations Congolaises – dira : « MESDAMES ET MESSIEURS DE l"ONU, APPORTEZ-NOUS 200.000 CRÂNES DES PERSONNES INDUBITABLEMENT IDENTIFIÉES COMME HUTU, TUÉES AU CONGO PAR l"AFDL ET MONTREZ-NOUS LES ENDROITS D"OÙ VOUS LES AVIEZ DÉTERREZ ». Lorsque nous aurons vu les 200.000 crânes, nous passerons à la deuxième phase : « Quel intérêt les Congolais et les Congolaises auraient-ils eu à tuer les Hutu parce que Hutu? Pour quel motif ? Quel est le bataillon qui avait mené les opérations dans les endroits où l"on a découvert ces tombes communes ?». Il y a d’autres questions relatives au concept de GENOCIDE ou des CRIMES CONTRE L’HUMANITE qu’un Juge-Bantu ne peut ne pas poser, mais que nous préférons ne pas encore évoquer. Des questions qui peuvent mettre en évidence LA LEGERTE COUPABLE avec laquelle la mission onusienne en question avait mené son enquête et le manque de rigueur dans le choix de ses termes. A cela vient s’ajouter la LEGERTE avec laquelle on commente ce rapport en lui faisant dire ce qu’il ne dit pas, en écartant ses nuances et ses réserves.

Cependant personne ne prétend qu’il n’y a pas eu de guerre. Nul ne soutient qu’il n’y a pas eu des morts du côté de l’AFDL, du côté de l’Armée de Mobutu, du côté de la milice armée ou des ex-militaires rwandais et du côté de la population civile. Et cette guerre de libération de l’AFDL était théologiquement, éthiquement et juridiquement justifiée et cela de façon transhistorique et transculturelle.

 

III. Droit Africain : Monument de la Sagesse des Nations

 

Le mépris du Droit Africain qui se révèle dans le discours de Mwanetu Kabundi est constitutif de la pathologie juridique occidentologique. Pendant plus de trente ans, ces Juristes occidentologues n’ont pas dit le Droit. La Cour Suprême de Justice a refusé de dire le Droit et cela même après la Conférence Nationale. Nous avons assisté impuissant à un juridisme ridicule dont l’objectif était la défense du mobutisme et la consécration de l’iséfeticratie, c’est-à-dire du règne de l’impunité, de l’injustice, de la raison du plus fort.

Kabundi ose affirmer que le « jugement populaire et général est subjectif, sentimental et démagogique ». Nous ignorons à quel état de choses, il se réfère. Car nous avons parlé du TRIBUNAL DES NATIONS CONGOLAISES, de la COUR SOUVERAINE qui s’appuierait sur les principes juridiques de nos peuples respectifs. Ce TRIBUNAL fonctionne en Afrique depuis des millénaires. Nous sommes connus dans le monde comme PEUPLES SANS PRISON, orientés beaucoup plus vers la JUSTICE-RÉPARATION, vers la RECONCILIATION APRÈS CONDAMNATION, vers la MISE EN QUARANTAINE que vers le LYNCHAGE et l’EMPRISONNEMENT.

Nous ne voyons pas comment vous pourriez, à la lumière de cette sublime tradition juridique africaine et bantu, commencer à lyncher les mobutistes.

Nous avons ajouté que le DROIT AFRICAIN est plus sévère envers les responsables ou les chefs des institutions étatiques, envers les gouvernants qu’envers les gouvernés. De cette exigence-orientation dérive l’obligation pour le Régime actuel de mettre en quarantaine les architectes, les piliers et les hauts-dignitaires du Régime de Mobutu.

La Justice Africaine est une Justice au service des victimes, des faibles, des gouvernés, des opprimés et non une Justice au service du plus fort, de l’oppresseur, du gouvernant. Que vous le vouliez ou non, le DROIT EUROPÉEN est au service du plus fort, du plus malin, du plus riche. Il s’enracine dans une civilisation isefeticratique, une civilisation qui a consacré les injustices et les inégalités. L’ETAT EUROPÉEN est au service du plus fort. C’est ce qui explique que les occidentologues africains n’ont aucun instrument juridique d’origine européenne pour PUNIR LA TRAÎTE NEGRIERE, LES MASSACRES DES AMERINDIENS, pour ETABLIR LA LOURDE FACTURE DE LA COLONISATION, DU NEO-COLONIALISME.

Si l’AFDL avait adopté la logique européenne de la lutte de libération ou de la révolution armée, elle aurait « nettoyé » le Pays, elle aurait instauré la « guillotine » pendant les premières 48 heures de la prise de Kinshasa. Malheureusement pour le devenir de notre Pays et heureusement pour les architectes, les piliers et les hauts-dignitaires du Régime de Mobutu, l’AFDL avait adopté la Philosophie Fondamentale du Droit Africain, celle de la SAGESSE, de l’HUMANISME AFRICAIN et de la RÉCONCILIATION.

Cependant nous devons faire attention à ce que la notion de RÉCONCILIATION soit vidée de sa dimension juridique africaine. Réconciliation africaine implique :

1) RECONNAISSANCE DE SES FAUTES, DONC AVEU PUBLIC

2) PARDON PUBLIC INDIVIDUEL ET COLLECTIF,

3) RÉPARATION (remise libre ou confiscation de tous les biens mal acquis),

4) NON-RECONDUCTION A DES POSTES POLITIQUES

5) PRESTATION PUBLIQUE DE SERMENT DE NON-RÉITÉRATION (sous peine de mort) DES ACTES ANALOGUES.

Sans la reconnaissance de ses fautes, sans l’aveu, on n’applique le principe du doute profite à l’accusé, mais en faisant appel au RITE DE NON-CULPABILITE au cours duquel l’accusé est invité à boire « la boisson de la vérité » (en luba : KUNUA CIPAPA"), à manger ou à boire le caolin préparé par les mamans, à traverser le CIOTA « LE FEU PUBLIC DU VILLAGE ». Nous sommes d’accord pour qu’on convoque les Mères de tous nos chefs traditionnels et qu’on convoque aussi tous nos chefs traditionnels, tous les gardiens de la « Haute-Science-de-la-Nation » (BULOJI BWA DITUNGA) pour qu’ils président le Rite de Non-Culpabilité, qu’ils invitent les Mobutistes présumés innocents à enjamber KAPIA KA / CIOTA KA DITUNGA « le Feu du Pays », qu’ils les invitent à boire la « boisson de la vérité » et qu’ils les laissent partir.

Mais cet aspect ne nous intéresse pas pour l’instant.

 

IV. D’où tirez-vous l’appel au Lynchage public des Mobutistes ?

 

Nous ne savons pas d’où vous tirez l’appel au lynchage public des mobutistes : "J’égorgerai le premier individu que je soupçonnerai ou qui ressemble, selon vos critères, à un Mobutiste ». D’où tirez-vous cela, car nous avons attiré votre attention que ces mobutistes demeurent nos frères, nos soeurs, nos ami(e)s ; que nous les rencontrons à des conférences, à des deuils ; que nous leur rendons visite quand ils / elles sont éprouvé(e)s ou malades et qu’ils nous rendent aussi visite. En tant que frères, soeurs, ami(e)s, compatriotes, collègues de profession, etc. , les relations demeurent.

Cependant, ces relations personnelles ou interpersonnes, ces rapports micro-sociaux ne doivent pas porter préjudice aux exigences macro-sociales. Notre frère, cousin, ami, compatriote mobutiste peut vivre dans notre maison, mais nous veillerons à ce qu’il comparaisse devant le TRIBUNAL et s’il était envoyé en prison, il serait de notre devoir d’aller lui rendre, de lui apporter à manger, un livre à lire ou une cigarette.

Nous refusons catégoriquement à ce que ces relations micro-sociales soient instrumentalisées au niveau de la macro-politique, au plan macro-social pour consacrer l’impunité et l’isefeticratie. Les mobutistes peuvent compter sur l’humanisme que nous enseignons, sur la MAÂT. Ils seront traîtés de façon maâtique en prison ou en quarantaine.

 

V. HORIZONT DE LECTURE : MAÂT ET MAATRICRATIE

Nous comprenons les difficultés que vous avez, Mwanetu Kabundi, lorsque quelqu’un résume sa pensée autour d’un concept qui n’est pas très connu. Nos propos ne peuvent en aucun cas être interprété en dehors de l’IDÉAL DE LA MAÂT et de notre objectif de faire du Congo : UNE MAATICRATIE, UNE REPUBLIQUE MAATICRATIQUE . Et quiconque ignore la notion de la MAÂT n’a aucune idée et du DROIT et de la JUSTICE. Tout le drame de l’Afrique réside dans l’oubli de la Maât et la renaissance de l’Afrique est inconcevable sans la révalorisation de la Maât. Dans cette notion, disions-nous, il y a les sèmes de « juste milieu », de « balance », de la « juste justice » (ni trop ni trop peu, sans excès).

Ce que vous nous reprochez, c’est ce que nous voulons éviter. Si le Régime actuel ne divorce pas d’avec les mobutistes, s’il ne les envoie pas en quarantaine politique, s’il ne condamne les hauts-dignitaires de Mobutu pour motif de CINYANGU et de DISHIPA-DITUNGA (Destruction et Assassinat du Pays), s’il les reconduit au pouvoir au nom de la réconciliation, il y a danger que les victimes prennent l’initiative de se rendre justice. Si l’Etat ne fait pas son devoir de mettre en quarantaine les architectes, les piliers et les hauts-dignitaires du Régime de Mobutu, si les chefs de nos nations respectives ne demandent pas à l’Etat d’écarter ces éléments du pouvoir, alors il est à craindre que le Peuple humilié pendant plus de 30 ans ne prenne revanche.


Shushukulu Mubabinge Bilolo (
africain.univ.studies@t-online.de )

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