| I Cher frère Tofingonayi,
Lorsque vous souhaitez que votre pays aille dans une
direction et que les autorités de votre pays prennent des décisions qui vous avancent
dans ce que vous considérez comme la bonne voie, vous devez être à même de vous
réjouir de chaque geste, de chaque décision qui répond à ce souhait. Et dans ce cas,
on dit "MERCI".
Voilà pourquoi, nous préférons faire partie de ceux qui savent dire MERCI. Peut-être
que vous n'avez rien demandé, peut-être que vous ne vouliez pas ce retour, et dans ce
cas, vous n'avez pas besoin de dire MERCI. Mais, quant à nous, nous avons formulé
explicitement notre souhait de voir E. Tshisekedi retourner auprès de sa famille
restreinte à Kinshasa.
C'est pourquoi nous rémercions les autorités congolaises pour cette décision.
Si pour vous, un MERCI est un terme inconnu, il demeure pour nous au coeur de la vie. La
science, cher Tofingonayi, est inséparable de la politesse. Et votre réponse montre que
vous avez plus besoin de nous ici à l'étranger qu'au Congo.
Vous rendriez un grand service à notre pays, si vous appreniez ces cinq lettres
M-E-R-C-I. Vous rendriez aussi un grand service à notre pays, si vous appreniez à
valoriser toutes les initiatives susceptibles de nous unir davantage.
II.
A notre cher frère Gbebia,
Si vous êtes sûr que Tshisekedi wa Mulumba est responsable de la mort de Lumumba, de
Kasa-Vubu et de Tshombe, il faudrait nous fournir des preuves contraignantes, indubitables
et irréfutables. Dans le cas contraire, il pourra, comme vous conseille si bien Marcel
Kabundi, vous poursuivre en justice pour motif de calamonies.
Il en est de même de certains éléments de l'UDPS qui s'associent au Rapport de l'ONU.
Ils doivent nous fournir des preuves contraignantes, irréfutables des 200.000 Hutu, sinon
ils peuvent être poursuivis pour calomnies ou diffamations. On peut être contre Kabila,
c'est une question d'options politiques. Mais de là s'unir à nos ennemis pour traîner
notre pays dans la boue, c'est de la traîtrise. C'est une attitude politiquement
irresponsable.
III.
A notre cher frère Kzungu,
Nous avons beaucoup apprécié vos remarques. Vous avez
raison en ce qui concerne les considérations d'ordre général. Nous devons être très
vigilants pour que le Bateau-Congo ne prenne pas la voie mobutiste.
Nos réserves portent sur les conclusions que vous en tirez.
Vous dites: "Ce qui est clair, c`est que en ce moment, vous voulez nous amener dans
le schema du Roi Baudouin: "C`est Kabila qui a eu l`amabilite ou la magnanimite de
liberer Tshisekedi". Et vous adoptez l`atitude de Kasavubu: "Nous devons
remercier Kabila pour avoir libere Tshisekedi. Ceux qui ne le font pas sont des
ingrats". Et l`UDPS a emprunte
plutot la voie de Lumumba en disant: "C`est suite a la pression du peuple congolais
que Kabila a libere Tshisekedi".
Le problème est que les sections visées de l'UDPS ne faisaient pas pression, ils
injuriaient et injurient encore. Avec les injures, on n'obtient pas de libération. Si
vous vous rappelez bien de nos appels, vous remarquerez que nous avions à plusieurs prié
les autorités de notre pays pour que Tshisekedi rentre à Kinshasa où il voulait vivre.
Les attaques de Gbebia sont justement dirigées contre nos plaidoyers et nos éloges pour
Monsieur Tshisekedi. Nous avions avancé un proverbe luba qui dit: "Bipata nshimba,
mbala kuseki, lubilu nluetu lwa bukwa nyama" (Lorsqu'on fait la chasse à l'animal
nshimba, l'animal mbala ne devrait pas rire, car ce sont tous les animaux qu'on chasse).
Nous rappelons aujourd'hui ce proverbe aux mbala qui espèrent tirer capital du Rapport
calomnieux et sans fondement de l'ONU.
Vous dites que le Président a fait son devoir. Nous le concédons. Mais comme nous avons
souffert du fait que sous le mobutisme le Président ne faisait pas son devoir, pourquoi
réfuserions de remercier le Président qui fait son devoir? S'il fait son devoir, c'est
bien. C'est très bien.
Il mérite un simple M-E-R-C-I.
La différence entre vous et nous est que nous avons opté pour les critiques et les
propositions constructives. Nous ne mettons pas Kabila à côté pour nous associer à
lui, mais nous le considérons comme un grand-frère, un Mukulu dans cette lutte que nous
ménons ensemble pour notre libération (Budikadidi bwa Mufike) et pour notre
développement (Bubanji). Dans cette lutte, il est au sens propre du terme notre aîné
dans les maquis et l'aîné de Tshitshi. C'est un mérite.
Nous n'avons adhéré à aucun mouvement, nous nous unissons pour lutter ensemble contre
le développement du sous-développement. Nous ne flattons personne. Nous essayons de
mettre en évidence les mérites de nos compatriotes.
Shushukulu Mubabinge Bilolo
( africain.univ.studies@t-online.de ) |