| Appel à la Diaspora:
Nécessité d'un Sursaut |
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| Dr. Mubabinge Bilolo |
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Le Colloque de la Diaspora Congolaise sur le
thème "Congolais de l'Etranger face à la Reconstruction de la RDC" s'est tenu
du 22 au 24 mai 1998 à Soesterberg, près de Utrecht en Hollande. Bien qu'annoncé à la
une et cela deux mois durant sur les différents sites congolais, ce Colloque n'a pas eu
la participation souhaitée et la plupart des participants venaient de très loin: sud de
la France, sud de la Suisse et de l'Allemagne. Et pourtant le thème principal
"Congolais de l'Étranger face à la Reconstruction de la RDC" et les
différents sous-thèmes: "1. Bilan du Nouveau Régime, 2. Institutions de la 3ème
République, 3. Lobbying et idéologies politiques, 3. Politique congolaise relative aux
Emigrés congolais, 4. Quête d'une structure faîtière de la diaspora congolaise et 5.
Problématique de l'exercice de leurs droits civiques" devraient en principe retenir
l'attention et avoir priorité dans la vie de toute Congolaise et de tout Congolais. Les
organisateurs avaient oublié de combiner le Colloque avec un concert de Tshiala Mwana ou
de Koffi ou encore d'annoncer qu'il y aurait à la fin l'élection de la délégation de
la Diaspora à la Constituante.
Cette faible participation, qui nous a certes permis de travailler en profondeur, illustre
l'amour et l'engagement des Congolaises et des Congolais pour leur chère Patrie.
Mais le Colloque de la Diaspora n'était pas l'unique manifestation congolaise de ce mois.
Nous sommes invité à une Conférence-Débat qui porte le titre fort révélateur:
"Un An de désespoir pour la naissance d'un État de Droit et d'un Régime
Démocratique en République Démocratique du Congo". Parmi les sous-thèmes, citons:
"L'An 01 de la prise du pouvoir par le génocidaire notoire et dictateur
Laurent-Desiré Kabila et son AFDL au Congo (ex-Zaïre)" et "Crise de l'Elite ou
son incapabilité de répondre aux attentes du Peuple". L'entretien avec les
organisateurs a cependant révélé qu'ils voulaient un Bilan scientifique et objectif sur
le Nouveau Régime. S'il en est ainsi, pourquoi choisir des expressions calomnieuses et
injurieuses à l'endroit de Kabila? La raison est simple: On chasse actuellement en masse
les jeunes Congolais dont les dossiers de demande d'asile traînent depuis plus de trois
dans presque tous les pays occidentaux. Au moment où les Occidentaux critiquent le
Nouveau Régime et justifient leur refus de soutenir le Plan de Relance et de
Stabilisation Economique par les arguments relatifs à la violation des Droits de l'Homme,
ils utilisent les réactions de ce même Régime pour chasser en masse les Congolaises et
les Congolais demandeurs d'asile. Le but de nos partenaires, conscients de l'importance du
Congo dans le devenir de l'Afrique, reste le même: se servir des Congolais pour affaiblir
politiquement et économiquement le Congo.
Notre appel ne vise pas en premier ce langage en folie de ses jeunes exilés que
l'Occident traite comme des criminels, qu'on vient souvent chercher à trois heures du
matin par des policiers bien armés et qu'on amène à l'aéroport les mains liées. Ces
jeunes jouissent des conditions atténuantes et il est de notre devoir de contribuer à
leur formation politique, surtout dans le domaine de la politique internationale, afin
qu'ils puissent atteindre leurs objectifs sans porter préjudice à leur pays d'origine.
Ces jeunes ne représentent pas un danger. Le grand danger vient de ces dinosaures impunis
qui pointent aujourd'hui à l'horizon comme des "politiciens compétents"
auxquels Kabila devrait nécessairement faire appel pour le salut de la République.
Certains d'entre-eux s'organisent pour préparer la déstabilisation de la Nouvelle
République.
A qui incombe la responsabilité de cette évolution? A nous tous. Car nous n'avons pas
voulu vomir ces faiseurs d'iniquité qui nous ont ruinés pendant plus de 30 ans. Nous
avons voulu consacrer l'impunité au nom de la réconciliation. Nous n'avons exigé un
Tribunal populaire pour l'ensemble des dinosaures de l'ancien Régime. Nous n'avons pas
non plus soutenu l'appel lancé par la Diaspora Congolaise en 1996 et que nous avons
réitéré depuis lors à plusieurs reprises pour la mise en quarantaine de tous les
anciens hauts dignitaires du MPR.
C'est pourquoi nous invitons toutes les Congolaises et tous les Congolais à former un
front commun contre le retour des mobutistes au pouvoir et contre toutes les tentatives de
déstabilisation de notre pays par ces délinquants. Nous devons former un front pour
contrecarrer les objectifs du Conseil pour la République Démocratique et Fédérale du
Congo. Les mercenaires Willy Mallants et Robert Stewart doivent comprendre que Kengo wa
Ndondo et les autres dinosaures sont vomis par le Peuple Congolais.
Le Congo est sur une bonne voie. Beaucoup de reproches contre le Nouveau Régime sont sans
objet. Le calendrier politique a été jusqu'à présent respecté. L'argument du
processus de démocratisation qui serait bloqué est faux. Car ce processus présuppose
une définition préalable du cadre juridique et surtout du cadre constitutionnel. Or nous
constatons que l'Avant-projet de Constitution, déposé en mars 1998 postule le pluralisme
politique comme un droit fondamental. Dans le titre II sur Droits Fondamentaux, Chap. I
Des Droits Civils et Politiques, article 28-30, nous lisons :
Art. 28 : Le pluralisme politique est reconnu et garanti en République Démocratique du
Congo. Le droit de créer un parti ou un regroupement politique, d'y adhérer et de le
quitter est garanti dans les limites fixées par la loi ... La structure et le
fonctionnement internes des partis et des regroupements politiques doivent obéir à des
principes démocratiques. Une loi fixe les conditions de financement des partis politiques
.
Art. 29 : « Nul ne peut imposer un parti unique sur tout ou partie du territoire
national. L"institution du monopartisme constitue un crime imprescriptible de haute
trahison. »
Art. 30 : « L'opposition politique est reconnue en République Démocratique du Congo.
Elle est constituée de partis ou d'un groupe de partis qui proposent un projet de
société d'alternance. Elle fonctionne dans le respect des principes de l'ordre public et
des règles de la démocratie. »
En face de tels articles, on ne peut continuer à tromper l'opinion internationale sur le
sérieux du processus de démocratisation au Congo.
L'Avant-projet de Constitution prouve que notre pays est sur une bonne voie.
Sur le plan international, l'État Congolais est victime d'une campagne menée par ses
ennemis en vue de son isolation. Mais une telle campagne est aussi un signe du fait que
nous sommes sur une bonne voie. Un mauvais Président africain en Occident est un bon
Président. En lisant l'Avant-projet de Constitution, nous avons compris pourquoi Kabila
est l'objet des critiques. S'il fait passer l'actuel projet de Constitution, il entrera
dans l'histoire comme le Président qui aura donné au Congo une base démocratique
solide.
La jeune génération congolaise doit assumer ses responsabilités et elle doit cesser de
se laisser leurrer par des destructeurs du Congo comme Kengo wa Ndondo. Lorsqu'il était
Procureur de la République, Kengo avait tenté d'affaiblir complètement l'Ordre des
Avocats et à se mettre au-dessus de la Constitution. Il était, après Mobutu, la
deuxième personne au-dessus de la Constitution. C'est cet homme qui avait traumatisé le
barreau et mis la Justice à son propre service qui veut aujourd'hui venir nous donner des
leçons de démocratie. Le pouvoir judiciaire au Congo a été affaibli non pas par
Mobutu, mais par Kengo wa Ndondo. C'est lui l'ennemi de l'Etat de Droit et il sera jugé
pour cela.
Réveillons-nous et soutenons notre pays, car c'est un pays envié et enviable.
Protégeons ce pays et construisons-le à chaque instant de notre vie.
C'est pourquoi nous invitons toutes les Congolaises et tous les Congolais à s'unir pour
construire le Congo, à soutenir l'actuel projet de Constitution. Nous devons réactiver
la lutte contre les dinosaures impunis et contre la culture mobutiste.
Dr. Mubabinge Bilolo ( bilolo@writeme.com
)
Membre du Conseil d'Administration de la Diaspora
Chargé de la Cellule Stratégique de la Société Civile Congolaise à l'Etranger. |
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