| A Mr Léon Diatezua:
Concerne Votre Exemple |
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| JM Beya |
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Cher Diatezua:
Merci beaucoup de votre réaction à ma demande des temoignages qui démontre à la
majorité de notre peuple que les kasaiens ne sont pas des tribalistes, et ce malgré la
rumeur populaire qui a des objectifs ignobles et inavoués et que la plupart d'entre les
congolais ne cherche même à comprendre avant de servir de caisse de résonance.
Pour votre information, je ne suis pas quelqu'un qui se laisse frustrer par la rumeur,
surtout si elle est mensongère. Ma démarche n'a que pour seul objectif d'informer notre
peuple sur la vérité des choses, car un rejet d'une tribu constitue toujours un danger
car les génocides dont on parle souvent ces derniers temps ne se nourissent que de ce
genre de choses. C'est plutôt la tristesse que j'ai vis-à-vis de notre pays chaque fois
que je lis des messages
qui tendent à alimenter un quelconque tribalisme; car notre peuple répond toujours
présent lorsqu'il s'agit de mensonge, corruption, stupidité et médiocrité. Ma
démarche n'a pour but que de contribuer à casser ce type de comportement qui nous mène
chaque jour vers la misère et la honte. Aujourd'hui on ne souhaite pas que l'Onu accuse
le pouvoir Afdl de génocide, et encore moins le peuple congolais; c'est bien mais comment
le génocide
commence-t-il dans les têtes des gens?
Revenons à vos écrits auxquels je répondrai parfois par des interrogations:
1. Pourquoi "être fier de sa culture" se confond-il avec tribalisme? Pourquoi
"parler sa langue" est-il une impolitesse? Savez-vous que si on n'est pas fier
de soi, on nie et regrette soi-même son existence; et à partir de là on est facilement
vendable, je veux dire on accepte volontier la corruption? Et de là vous comprenez
pourquoi on ne démarre toujours pas, car bon nombre d'entre-nous (les congolais) changent
de position pour pas grand chose...Donc il nous faut tous commencer par apprendre à être
fiers de nous-mêmes. Et c'est de cette fierté dont vous parlez que le colon qui voulait
que toute valeur du nègre vienne du diable n'a pas supporté; ce qui l' a poussé à dire
aux autres responsables politiques des autres tribus de se méfier des baluba. Mais
seulement ce que ces pauvres gens n'ont pas compris, ce que cet avertissement ne servait
que le colon et seulement lui seul. La suite de notre histoire est là pour témoigner.
2. Vous citez en exemple le cas des 2 entreprises André Motor et LEZA. Je pense que ce
type d'entreprises constitue un mauvais exemple qui me montre que vous n'analysez pas
correctement la société congolaise. D'abord je vous rappele que nous parlons du
tribalisme, càd du comportement de quelqu'un ( moral ou physique) qui est de nature
à favoriser uniquement son ethnie ou sa tribu.
Les entreprises dont vous parlez étaient des entreprises familiales; qui dit entreprise
familiale dit une certaine façon de recruter: on recrute autour de soi; seulement si
autour de soi il n'y a plus personne il va autour des cercles d'amis et ainsi de suite. Et
dans notre société dans laquelle même aujourd'hui en 1998 ( et non 1980), parce qu'on
est frère
du chef d'état on a droit au poste le plus puissant de l'état, on ne peut reprocher à
une entreprise familiale qu'elle récrute dans un cercle restreint!
Des exemples qui seraient donc utiles de donner c'est par exemple lorsqu'il s'agit des
entreprises de l'état ou même des fonctions dans l'administration publique, car là il
ne s'agit pas de quelque chose de privé, mais bien de quelque chose qui appartient à
tout le peuple congolais. Et si on prend cela en exemple on verra que les kasaiens n'ont
jamais favorisé les kasaiëns dans dans des postes de l'état, mais les autres tribus le
font sans se gêner et cela sans que personne de dise rien. C'est ce silence de nos
compatriotes vis-à-vis du tribalisme pratiqué systématiquement par les autres tribus
qui me semble bizarre.
3. De l'udps: où avez-vous lu que l'udps virait des gens d'autres tribus? voilà encore
une fausse information. Si vous pensez aux personnes qui quittent l'udps pour rejoindre
les rangs du Mpr et aujourd'hui les rangs de l'Afdl, pourquoi utilisez-vous le terme
"virer" alors que ces gens partent d'eux-mêmes après des propositions
alléchantes et comme toujours éphémères du pouvoir.
4. Vous parlez des raisons qui mettent les gens en "alerte". Pourquoi le mot
"alerte" qui signifie qu'on se méfie de quelqu'un? Pour quel intérêt se
méfie-t-on aujourd'hui. Nous n'avons pas encore assez de la dictature qui a remplacé la
colonisation?
J'espère que cet échange, ces précisions et interrogations aideront beaucoup
d'entre-nous à éviter qu'un jour on (re)parle de génocide des baluba dans notre pays.
Portez-vous bien aussi.
JM Beya |
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