| A Albert Ngama: sur le
mobutisme |
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| JM Beya |
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Cher monsieur Ngama:
Je voudrais vous faire une réponse très brève compte tenu de mon programme très
chargé ces derniers temps.
Vous avez bien sûr le droit et vous devez prendre votre liberté de répondre aux
questions qui vous sont posées par des compatriotes.
Ma réaction, comme vous l'avez remarqué, tient du fait que dans votre réponse vous
nous présentez un mobutisme que l'on aurait souhaité vivre, et vous oubliez que nous le
peuple congolais nous avons déjà vécu le mobutisme pendant 32 ans. La face du mobutisme
que vous nous présentez ne ressemble pas du tout à celle que nous avons vécue.
Et à moi de vous posez une question: où étiez-vous lorsque Mobutu nous faisait vivre
son mobutisme à lui? De là où vous étiez, vous arrivait-il de vous informer sur la
situation de vos compatriotes sous le régime de Mobutu?
D'après tout ce que vous dites, il me semble que vous n'êtes pas très conscient du
rôle d'un chef d'état dans son pays; vous ne me donnez pas l'impression de vous être au
moins une fois posé des questions sur le quotidien du peuple de ce pays. Tout ce que vous
dites me semble venir de ce que le mobutisme aurait pu être et non de ce qu'il a été
réellement.
C'est pour cela que je pense que de ces discussions sur le net vous vous rendiez compte de
ce que fût réellement le système que vous vous employez à défendre aujourd'hui.
Quant à votre fierté, je regrette de vous dire que vous me surprenez car même on ne
peut être fier que de quelque chose qui a réussi. Je pense que vous partagez aussi le
sentiment que le mobutisme était un échec sur tous les plans, sinon vous auriez dit le
contraire. Si le mobutisme avait réussi, le peuple aurait pu le remarquer aussi. Mais
malheureusement cela n'a pas été le cas.
Je reconnais tout de même que je ne peux pas vous enlever cette fierté qui est en vous,
mais entre nous je peux vous dire sans erreur que vous n'avez pas de raison d'être fier
du mobutisme; et je crois que beaucoup de nos compatriotes partagent ce point de vue.
A bientôt.
JM Beya |
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