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JM Beya
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Chers compatriotes, voici pour votre information, appréciation et commentaires, une
lettre qui a été adressée à Monsieur le Président de la RDC par "ses frères" Katangais qui sont à Mbuji-Mayi.

"Extrait du journal « NATION du Jeudi 16 Avril 1998"


A l’intention de Son Excellence Monsieur le Président de la République et président
de l’Afdl.

1. Motivation

Notre démarche répose sur les citations suivantes :

1.1 « Il est inadmissible et impensable que l"Alliance après avoir pris le pouvoir au prix du sang et d"énormes sacrifices, déraciné la dictature et le dictateur, libéré le pays du joug du timonier, qu"elle aie la grâce d"organiser les élections et finalement qu"elle aie le malheur de les perdre. Non le pouvoir doit être conservé à tout prix » .

1.2 «Les acteurs politiques Ngbandi du Mpr et ceux de l’opposition, tous distinctement se sont exilés parce que concerné d’une manière ou d’une autre par le pouvoir déchu. Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, le pouvoir est au Katanga parce que c’est un fils du terroir qui préside aux destinées de ce pays. Donc en tant que Katangais, nous sommes concernés par le pouvoir où que nous nous trouvons. Ce faisant nous avons le devoir et l’obligation d’oeuvrer pour la conservation du pouvoir et sa légitimation par la victoire aux élections».

2. Stratégie

Pour ce qui est du Kasaï-Oriental, nous nous appuyons sur les principes suivants :

2.1. Ne pas armer l’adversaire. Quand l’adversaire est armé, il peut le moment venu user de son arme pour vous abattre et ainsi vous arracher le pouvoir. Dans le Kasaï-Oriental, la Miba constitue une source génératrice des recettes. Il est anormal que la gestion de cette entreprise soit entièrement entre les mains d’un proche de l’opposant nr°1 à notre pouvoir. Et cela en déhors de tout contrôle des tenants du pouvoir, je cite les Katangais.
La Miba sous la gestion de l’actuel président-administrateur-délégué (Pad) constitue
une arme en faveur de l’opposant qu’il faudra à tout pris demanteler. Il est clair qu’à ce jour de même que les Katangais ne seront pas fiers d’avoir un non originaire de surcroît Luba-Kasaï à la tête de la Gécamines et réciproquement pour la Miba, ces derniers ne seront pas contents d’avoir un Katangais à la tête de la Miba.
Le dirigeant de la Miba doit donc être choisi dans le lot des Kasaïens. Seulement, le
choix devra porter sur celui qui manifeste le soutien au pouvoir actuel et qui ne soit pas proche de l’opposant.
Au Kasaï chez les Luba, une tension a toujours existé chez les Sudistes (Bakwa mutu
wa mukuna) majoritaires et les Nordistes (Bena Tshibanda) minoritaires, regroupés dans une association dénommée « Kalonji ka mpuka », Agecap en sigle, auquel appartient l’opposant et l’actuel Pad/Miba.
Pour nous assurer une majorité chez les Luba Kasaïens, il faut pendant la période
préélectorale entretenir la division de ces deux groupes. C’est pour cela que nous
suggérons que le dirigeant Miba soit choisi parmi les sudistes.

Comment le pouvoir peut assurer le contrôle de la société ?

Le poste de Dga (directeur administratif) est un poste politique, il devrait être confié à un Katangais. Ce dernier sera l’oeil du pouvoir, mais il doit justifier de la compétence voulue (de préférence un économiste ou un ingénieur civil).
Les candidatures suivantes peuvent être examinées : Kandala Thiyaze (attaché de direction), kalend Fwam Dishet (chef de département adjoint), Sangany Mbuy Muzemb (chef de département adjoint).
Le dirigeant actuel de la Miba a un mépris pour les Katangais et le Katanga et les autres ethnies non Luba de la région.

Quelques faits sont parlant :

La Miba compte à ce jour 23 directeurs dont aucun Katangais, Tetela ou Songe.
Paradoxalement, la Gécamines compte les Luba du Kasaï parmi les huit premiers postes de l’entreprise. Comment le pouvoir pourra-t-il obtenir les détails sur la marche réelle de l’entreprise s’il n’a pas l’oeil katangais là-dédans ?
Dernièrement, l’inspecteur général de la police, Mzee Kifwa a visité Mbuji-May, la
Miba ne lui a pas accordé l’hospitalité voulue malgré la disponibilité dans les guest-house Miba. L’inspecteur a été logé à l’hotel Kumbi-Kumbi, loin du centre ville, dans un endroit peut sécurisant.
Il conçoit des projets sans avoir les moyens de les réaliser dans le seul but de s’octroyer les commissions. Le danger est que la non réalisation de ces projets peut discréditer le pouvoir, c’est le cas du projet « électrification du Kasaï et réhabilitation des infrastructures routières » pour lesquels les finances sont peu sûres. Tous ces projets piétinent et risquent de discréditer l’Alliance. Il se reclame dans certains milieux d’être très proche du président et qu’il ne pourra jamais être inquiété d’autant plus que de temps à autre, il offre des libéralités à la présidence.

2.2. Compter avec les non Luba.

Il ressort de l’observation que les Luba ne sont pas majoritaires au Kasaï-Oriental.
Donc, en nous assurant le soutien des autres ethnies (Songe, Tetela, Kanyoka, etc.) du
Kasaï, nous pouvons garantir environ 60% des ressortissants du Kasaï, et les Luba ne
devraient pas constituer une crainte outre mesure.

2.3. Redynamiser l’Afdl.

L’Afdl est absente sur le terrain . Son action dans le Kasaï-Oriental ne se fait pas sentir. Elle devrait plus oeuvrer à la sensibilisation de la masse par les média, l’organisation des services comme l’insalubrité publique (nettoyages des canniveaux, déplacement des immondices, proprété des marchés, des rencontres sportives, etc…).
Sensibiliser les responsables de l’Afdl à l’intérieur sur leur véritable mission. Qu’il ne se substitue pas en magistrat, police, services générateurs des recettes, etc…

2.4. Rendre l’Anr plus efficient

L’Anr doir refléter la nouvelle dynamique du changement en évitant de poser au nom du pouvoir des actes de barbaries susceptibles de discréditer l’image de marque de l’Afdl avec comme conséquence la démobilisation et le rejet de celles-ci par la population. Pour ce faire, il convient de signaler que le directeur adjoint de l’Anr/Kasaï-Oriental commet régulièrement des actes de nature à compromettre le pouvoir en place (plusieurs rapports ont été faits à sa hiérarchie à cet effet mais sans suite à ce jour). Nous estimons qu’il est opportun que ce dernier soit rappelé à l’état-major pour compétence et qu’une autre unité, de préférence non Luba du Kasaï, puisse le remplacer.

2.5. De la Sécurité de l’Etat

C’est la corde sensible du pouvoir parce qu’elle filtre tous les renseignements touchant à la sécurité de l’Etat, donc du pouvoir. Il convient donc qu’un Katangais soit à la tête de cet organe à l’interim de Mzee Kabwe pendant son indisponibilité.
L’intérimaire actuel (non originaire du Katanga) n’offre pas de garantie et est soupçonné d’être de connivence avec ses frères qui sont en déhors du pays. Ce qu’il peut orchestrer dans l’entre-temps peut nous échapper.
Ce dernier peut alors garder son rang d’adjoint juste pour bénéficier de son expérience
dans un premier temps . Pour la sécurité, l’élément principal c’est le capital confiance.
Soit dit en passant que l’ancien régime avait pris racine parce que la sécurité civile et
militaire avait été presque de tous les temps entre les mains des « forestiers ». Cela
peut nous servir de leçon.

2.6. De la territoriale

Le fait que le gouverneur est ressortissant du côté majoritaire Luba-Kasaï (Sudiste) et que le vice soit issu d’une tribu jadis marginalisée dans le Kasaï nous est profitable.
Toutefois, des rappels incessants à l’ordre pour qu’il s’implique dans le processus d’implantation de l’Afdl au niveau provincial devront être faits. L’Afdl ne pourra être efficace sans leur appui moral, matériel et financier.

2.7. Vie sociale

Les tares du Kasaï-Oriental sont connues, il s’agit du problème :

-d’électrification
-d’adduction d’eau potable
-de l’infrastructure routière, urbaine et provinciale ;
-le ravinement ;
-l’habitat (plus de la moitié des maisons sont en briques à daube), etc…

La solution à ce problème devrait relever de la compétence des autorités provinciales et non de la Miba dont l’objet social est Production et commercialisation du diamant.
La Miba peut être néanmoins un support pour la province. A ce titre, elle devra, avec les comptoirs et autres opérateurs économiques, verser les taxes à l’Etat (à la province) pour permettre à cette dernière d’être efficace.
Il faut éviter à tout prix que la Miba se substitue à l’Etat, les autorités provinciales devront présenter un programme chiffré pour le développement de la province. Le problème de recouvrement des taxes doit être suivi et la gestion des fonds justifiée régulièrement.

Pour la communauté Katangaise :

Kalend Faustin (Miba)
Sombo Yuma
Mutamba Lesa (Rtnc)
Sangany Ngoy (Miba)
Senga Ngoie Lucien (Anr)
Marie Kaj (Police Nationale)

JM Beya ( kbeya@vub.ac.be )

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