| ONU, une fois
encore, ridicule et piteuse au Congo |
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| Lwakale Mubengay Bafwa |
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Mémorandum
À : Son
Excellence Monsieur le Secrétaire général de l'ONU
Objet : Rapport de l'ONU sur de présumés massacres
Réf : AFDL-CH / Secr-Prov / 004 - 98
CC : Secrétariat Général de l'AFDL
Gouvernement de Salut Public
Membres du Conseil de Sécurité
De : AFDL - Suisse
Date : 15 juillet 1998
Par
Véron Omba Mosengo
Georges Mizeka KAZADI
Célestin Banzeba NDAYE
Noël Lubilanji TSHIBANGU
Damas Butshan'ns VUMUKA
Ange Lusanga SANKIEME
Augustin ODIMBA
Bushiri MUSSA
Sous la direction de
Lwakale Mubengay BAFWA
Secrétaire général provincial
Et de
Nickédo Nkiawete TOUZEYEWO
Président provincial
AFDL-Suisse
Case postale 51
CH - 1752 Villars-sur-Glâne 2
Tél: 00 41 22 / 800 34 53
Fax: 00 41 22 / 800 34 54
E-mail: webmaster@afdl-congo.com
D'un acharnement effréné à un rapport minable
Excellence Monsieur le Secrétaire général,
Lancée dans un contexte de
vives polémiques sur le vrai rôle joué par l'Organisation des Nations Unies et
certaines puissances occidentales dans les drames à rebondissement dans la Région des
Grands Lacs africains, la mission onusienne d'enquête sur les présumés massacres dans
l'Est de l'ex-Zaïre a fini par accroître le discrédit déjà inquiétant sur la plus
importante des institutions internationales. Certes, l'ONU doit tenir compte des avis des
Etats qui la financent et lui assurent sa survie. Mais, en alignant trop son action sur
des ambitions politiques, souvent démesurées et anachroniques des certains Etats au
détriment des intérêts légitimes des peuples faibles, l'ONU risque de voir s'éroder
tout le capital moral dont elle a besoin pour accomplir sa mission dans le monde:
prévenir et arbitrer des conflits, assurer la paix générale.
Avec la publication du dernier rapport sur
les présumés massacres dans l'Est de l'ex-Zaïre, l'ONU a, une fois de plus et dans un
même problème pourtant très délicat, usé de la manière forte et de l'arrogance pour
faire la démonstration du mauvais traitement qu'elle entend réserver aux plus faibles
des nations. Comment comprendre qu'une enquête, qui s'est déroulée de manière
lamentable et dont la mission a été stoppée prématurément, soit en mesure de publier
un rapport complet, avec des conclusions précises englobant l'ensemble du mandat?
Même s'il y a eu plus grave ailleurs,
nous ne sommes pas opposés à ce que la communauté internationale contribue à ce que la
lumière soit faite sur de multiples tragédies dont la région des Grands Lacs a été et
continue à être le mauvais théâtre. Cependant, la dernière mission d'enquête de
l'ONU en République Démocratique du Congo devait conduire ses investigations en
priorité dans l'Est du pays. Finalement, cette région n'a pas fait objet d'enquête.
S'appuyant sur une compilation de ragots sans le moindre fondement, la commission
onusienne publie des conclusions que tout le monde connaissaient à l'avance; parce
qu'elles ont été préalablement élaborées dans des laboratoires politiques élyséens.
Quel crédit peut-on alors accorder à ce minable rapport?
Le scénario étudié a consisté à faire
échouer la mission d'enquête et d'en imputer la responsabilité au Gouvernement
congolais. Là aussi, la sottise de l'ONU a de quoi surprendre le commun des mortels. Le
prétexte à l'origine de la décision de suspension des travaux de la commission est
complètement absurde. En effet, c'est un comportement volontairement ou involontairement
coupable d'un des membres de la délégation qui a été mise en évidence. Le godiche
fonctionnaire a provoqué l'exaspération logique des gardes-frontières en multipliant
des sorties à Gisenyi, au Rwanda, en présentant alternativement tantôt son passeport
canadien, tantôt ses documents onusiens. Plutôt que d'entraîner des sanctions, au moins
hiérarchiques, contre son indigne membre, ce choquant comportement du fonctionnaire de
l'ONU est invoquée par cette dernière pour justifier l'arrêt brutal de son insolite
mission au Congo.
Tout est alors
aisément intelligible. Constatant qu'il n'y avait pas sur le terrain des éléments
susceptibles d'étayer des allégations maladroitement avancées et de justifier des
conclusions prématurément arrêtées, la délégation onusienne a alors recherché et
trouvé dans cette maladresse de son propre fonctionnaire l'occasion d'interrompre ses
futiles investigations. C'est donc pour habiller ce retentissant échec, tout en
maintenant d'injustes pressions sur le Gouvernement congolais, que les stratèges de l'ONU
ont préféré conclure à l'impossibilité de poursuivre les travaux et d'en imputer
perfidement la responsabilité aux autorités congolaises.
Pourtant, un
modèle de vraie guerre de libération
Excellence Monsieur le Secrétaire
général,
Selon l'ONU, entre 150'000 et 180'000
"réfugiés" rwandais auraient perdu la vie dans l'Est de l'ex-Zaïre. Comment
justifier valablement ces chiffres? Et, surtout, de qui l'ONU se moque-t-elle, si ce n'est
que d'elle-même?
On sait que plus d'un million de
"réfugiés" rwandais, sous bonne escorte des troupes de l'AFDL et sous le
témoignage inébranlable des caméras des télévisions du monde entier, ont pu regagner
leur pays au cours d'une trêve décrétée unilatéralement par l'Armée de Libération.
On sait également qu'il y a, jusqu'à ce jour, des milliers de "réfugiés"
rwandais disséminés sur tout le territoire de la République Démocratique du Congo. On
sait surtout que c'est encore sous l'égide de l'ONU que des camps ont été érigés pour
des "réfugiés" rwandais qui ont traversé les frontières congolaises et
s'amassent par milliers au Congo-Brazzaville, en République Centre Africaine, au Gabon
etc
En Europe, la France et la Belgique, préoccupées de couvrir leurs complices
dans ces drames programmés, en ont accueilli respectivement un certain nombre, par
milliers paraît-il. On peut citer l'afflux dans d'autres pays, en Suisse par exemple.
Mais, cela en vaut-il encore la peine au vu des estimations déjà très éloquentes
ci-dessus?
Par ailleurs, aucune troupe, aucun soldat
de l'AFDL n'a montré nulle part qu'elle (il) pouvait se livrer aux atrocités bestiales
par lesquelles les extrémistes du Hutu Power, formés par les Français, ainsi que les
sanguinaires mercenaires croates se sont rudement illustrés. Certes, il y a eu quelques
combats sporadiques par ici et par là. On en connaît le corrélat, somme toute logique:
des morts de part et d'autre. C'est l'implacable conséquence de toute guerre! Et pour
celle dont il est question ici, l'une des mieux filmées de l'Histoire, tout
téléspectateur a retenu que les troupes de l'AFDL n'ont ouvert le feu que de manière
très parcimonieuse. Lorsqu'elles y ont été effectivement contraintes. Un comportement
exemplaire dont la France devrait s'inspirer et arrêter ainsi de détruire l'Afrique
comme elle l'a fait à Kolwezi, à Brazzaville, au Tchad, en République Centre Africaine
et au Rwanda.
Par
révisionnisme vers de nouvelles provocations
Excellence Monsieur le Secrétaire
général,
Pour comprendre le déclenchement de la
Guerre de Libération du Congo, le succès attendu des troupes de l'AFDL ainsi que
l'affligeant enlisement des certaines puissances occidentales dans une mortifiante
résistance, il convient de remonter et d'analyser la situation dans la Région des Grands
Lacs depuis les débuts des années quatre-vingt-dix; depuis 1990 plus précisément. Car,
la Commission parlementaire française, chargée de faire la lumière sur le génocide de
1994, vient d'établir que, depuis cette année charnière, l'armée française, alliée
officiellement aux Forces Armées Rwandaises (FAR), a essuyé plusieurs défaites
militaires devant l'irrésistible reconquête du Rwanda par les forces du Front
Patriotique Rwandais (FPR).
En effet, malgré les balbutiements
embarrassés de François Léotard, ancien Ministre français de la Défense à l'époque
des faits, en audition devant les membres de la Commission, des éclairages plus
significatifs sur les mésaventures françaises au Rwanda ont été néanmoins apportés
par l'interpellation du Général Quesnot, qui dirigeait la cellule militaire de l'Elysée
et de son collègue le Général Huchon, Chef de la Mission militaire de la Coopération
française.
Après l'éclatante victoire définitive
du FPR sur les forces armées françaises et sur l'armée officielle rwandaise, la France
profite de sa position de grande puissance pour orchestrer, avec la bénédiction de
l'ONU, une rocambolesque opération pseudo-humanitaire visant à récupérer et à
protéger les cadres politiques et militaires du régime rwandais déchu. L'objectif
principal, tout le monde l'a alors bien compris, est de rééquiper et de préparer cette
armée défaite à la reconquête militaire du pouvoir au Rwanda. C'est ainsi qu'en
automne 1994, plus de deux millions de Rwandais envahissent l'Est du territoire zaïrois.
A coups de propagande très bien ciblée grâce à l'appui des organisations
pseudo-humanitaires, l'aide internationale s'organise rapidement et efficacement pour
entretenir les génocidaires et les préparer à de nouveaux forfaits.
De 1994, avec la tristement célèbre
opération "Turquoise", à l'automne 1996, c'est avec l'aide de l'ONU que la
France prépare la reconquête du Rwanda à partir du territoire zaïrois, bafouant ainsi
toutes les règles internationales en matière de souveraineté et de droit d'asile. Il y
a bien sûr des femmes et des enfants dans les camps érigés par l'opération
"Turquoise". Mais, ces quelques civiles infortunés sont là pour couvrir de
sales manuvres militaires et servir de boucliers humains aux bellicistes du Hutu
Power.
Losqu'éclate, en octobre 1996, la Guerre
de Libération du Congo, ce n'est pas contre les soldats démoralisés de Mobutu que les
troupes de l'AFDL sont confrontées; mais, bel et bien aux combattants extrémistes du
Hutu Power et leurs alliés français très décidés à sauver le régime Mobutu pour
conserver leur excellente base-arrière.
Invention et principal vecteur de
rayonnement et de domination de la civilisation occidentale, la guerre, hélas! Reste une
terrible tragédie. Dans l'immense course-poursuite engagée entre les troupes de l'AFDL
déterminées à mettre un terme à une dictature de plus de trente années et les
assaillants du Hutu Power refusant de s'éloigner de la frontière rwandaise, il y a
malheureusement des pertes humaines à déplorer. Ce sont d'abord des militaires de deux
camps qui tombent sous les balles de leurs adversaires. Mais, il y a aussi des femmes et
des enfants, tant parmi les populations civiles locales zaïroises que parmi les
"réfugiés" rwandais en fuite, qui succombent à la faim, à l'épuisement, qui
se perdent dans la grande forêt équatoriale congolaise ou qui sont simplement liquidés
par les extrémistes du Hutu Power lorsqu'ils tentent de fuir et de rebrousser chemin
alors qu'ils doivent servir de boucliers humains à ces criminels patentés et à des
génocides désormais identifiés et localisés.
Dans une conférence publique très
récente, un éminent universitaire belge s'est efforcé de montrer que la plupart des
massacres commis dans des camps des "réfugiés" rwandais dans l'Est de
l'ex-Zaïre ont surtout été l'uvre des extrémistes du Hutu Power, avec la
complicité des milieux officiels français dans le but de provoquer l'indignation de la
communauté internationale et inciter ainsi le Conseil de Sécurité de l'ONU à
décréter, comme la France le souhaitait, l'envoi d'une force militaire d'interposition.
Pour ce convainquant Professeur belge, la manigance française a tourné court parce
qu'elle a été comprise et suivie par une autre puissance impérialiste rivale, aussi
membre du même Conseil de Sécurité. Cette dernière ayant même menacé de faire des
révélations publiques si la France persévérait dans sa démarche.
C'est là, nous semble-t-il, une thèse
sérieuse. Elle permet de conclure qu'au Conseil de Sécurité, les vrais responsables des
drames qui ont saccagé la Région des Grands Lacs sont bien connus et que l'ONU dispose
de toutes les informations susceptibles de faire toute la lumière tant sur le génocide
de 1994 que sur les présumés massacres de l'Est de l'ex-Zaïre. Depuis les travaux des
Commissions parlementaires belge et françaises, plusieurs chercheurs et journalistes de
réputation internationale ont sollicité eux-mêmes pour être entendus sur la question.
Depuis, ils ont buté et butent encore sur la stratégie de non-réponse. On sera donc
tenté de croire, comme d'aucuns l'affirment déjà, que les acrobaties actuelles de l'ONU
et des certaines puissances occidentales impliquées dans le génocide de 1994 visent à
brouiller les pistes avec des rapports révisionnistes dans l'espoir de conclure à un
nouveau génocide et relativiser dès lors leur responsabilité dans l'ensemble du drame.
Au-delà de la cruauté de la démarche, la provocation pour les parents et amis des
victimes semble évidente. Elle risque d'étendre et d'amplifier la polémique.
Un stupide et vain
combat d'arrière-garde
Excellence Monsieur le Secrétaire
général,
Certes, il manque des preuves matérielles
irréfutables dans ce piteux rapport par lequel l'ONU, bras opérationnel de la France et
de la honteuse cohorte néo-colonialiste occidentale, sur les présumés massacres dans
l'Est de l'ex-Zaïre. Par contre, à travers tout ce qu'on a dit et redit sur l'ensemble
des événements, une constante s'impose de manière indiscutable: ce sont les mêmes
génocidaires de 1994 qui ont poursuivi et poursuivent le sale boulot auquel la France,
par le biais des Opérations "Noroît" et "Panda", les a formés.
Au siège du Conseil de Sécurité de
l'ONU, le dernier rapport de la Commission d'enquête a suscité des débats très
houleux. De nombreux diplomates ont critiqué, de manière à peine voilée, l'alignement
trop prononcée de la politique humanitaire de l'ONU sur les visées politiques des
certains membres de l'organisation. Rappelant le mauvais feuilleton de l'hiver dernier,
l'acharnement inconsidéré des Etats-Unis dans une campagne punitive contre l'Irak, des
voix se sont multipliées pour exprimer leur critique, voire leur opposition à l'actuelle
politique onusienne vis-à-vis du Congo. Le risque de voir le crédit de l'ONU s'éroder
à force de poursuivre des causes manifestement injustes a poussé le Conseil à adopter
une résolution visant à normaliser les rapports avec la République Démocratique du
Congo. Cette résolution va jusqu'à promettre de l'Aide aux Gouvernements congolais et
rwandais pour qu'ils réalisent leurs propres enquêtes respectives sur les événements.
Pouvait-il en être autrement? Cet
épilogue est un réel camouflet personnel pour le Secrétaire général de l'ONU, qui a
géré avec beaucoup de maladresses ce délicat dossier. Le même camouflet est surtout
infligé à la France et à la Belgique, qui ont entretenu, depuis le début des
événements, une attitude résolument revancharde à l'égard des tombeurs de leurs
protégés mobutistes à qui ces deux anciennes puissances colonialistes n'ont cessé de
promettre, de manière prématurée et irréaliste, un retour au pouvoir. La pilule sera
difficile à avaler pour ceux qui ont tout misé sur la condamnation solennelle du nouveau
pouvoir congolais. Car, au Conseil de Sécurité où chaque membre se décide finalement
en fonction des intérêts et de la vision politique de son pays, l'unanimité initiale de
façade vient de sauter en éclats.
En proposant une résolution très
conciliante, votée le 13 juillet dernier, les Etats-Unis reprennent, avec réalisme, la
tête d'une tendance favorable au dialogue avec les autorités congolaises. La suite
laisse présager des débats stériles au Conseil de Sécurité et la paralysie totale
quant aux sanctions jadis envisagées contre le Congo.
L'ONU trouve également d'autres
contradicteurs très pénétrants sur ce dossier. Notamment en la personne de la célèbre
journaliste et écrivain belge, Madame Colette Braeckman, grande spécialiste de la
région des Grands Lacs et l'une des principales reporters des dernières péripéties.
Qualifiant le fameux rapport onusien de mauvais et injuste procès contre le pouvoir
congolais, Mme Braeckman constate que ces pressions acerbes de l'ONU sur un peuple en
quête d'un nouveau départ après plus de trente ans de dictature soutenue par la même
communauté internationale, risquent de susciter des réflexes nationalistes au sein de
l'opinion congolaise.
En tant que spécialiste de la région des
Grands Lacs africains, Braeckman vient de démontrer, une fois de plus, qu'elle mérite
bien sa réputation. Car, c'est Kabila qui sort en définitive bénéficiaire de ce
face-à-face qui l'a opposé, des mois durant à l'ONU. Il a réussi, malgré lui, à
resserrer les rangs sur le front intérieur contre ces tentatives onusiennes de
déstabilisation. Même la presse kinoise, longtemps très critique au nouveau pouvoir,
vient de rallier sa cause et décrédibilise désormais la démarche de l'ONU. Tandis que
les adhésions au Mouvement libérateur s'accélèrent et enveloppent précipitamment,
comme une toile d'araignée, l'ensemble de la communauté congolaise de l'étranger.
Mais, la discussion sur l'unanimité ou
non au sein du Conseil de Sécurité quant au texte de la résolution finale à prendre
dans un sens ou dans un autre sur ce dossier controversé est un faux problème: il est
nécessaire, avant tout, de dévoiler et de reconnaître les vraies responsabilités dans
ces atrocités qui ont ému le monde entier. Il faut en conséquence redonner sa place à
la France. Merci l'ONU d'en avoir établi les prémisses et d'en avoir tracé le chemin!
En conclusion et pour nous résumer, nous demandons l'annulation pure et simple du rapport
de la "Commission Amega". L'ONU en sortira plutôt rehaussée.
Lwakale Mubengay BAFWA |
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