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Enfin Une coordination officielle de l'Afdl à l'etranger

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Lwakale Mubengay Bafwa
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1. Des Sections fortes, dynamiques et représentatives de la communauté congolaise

Au service des puissances néo-coloniales, les médias occidentaux, dans leur grande majorité, se sont montrés extrêmement et tragiquement injustes à l'égard de l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo, l'AFDL, et du Président Kabila, tombeur de leur regretté protégé: le feu dictateur Mobutu Sese Seko. De chantages répétitifs en calomnies excessives, ils ont réussi à noircir l'image du nouveau pouvoir congolais, à requérir son isolement sur la scène internationale et à conjurer tragiquement un embargo sans nom à l'encontre du meurtri peuple congolais.

C'est dans ces circonstances étranges que s'explique également un certain affaiblissement du Mouvement libérateur à l'extérieur du Congo; avec notamment la diminution croissante du nombre de ses membres et sympathisants. A l'évidence, et surtout face au problème de discernement affiché de manière dramatique par les partis de la cour mobutienne, UDPS-Benelux en tête, dont les spoliateurs du Congo se servent pour déstabiliser le nouveau pouvoir, tout semble se développer dans un scénario mélodrame rappelant les tragédies de 1960; lorsque Emery-Patrice Lumumba fut crapuleusement et sauvagement assassiné.

Cependant, l'effritement constant de l'AFDL à l'étranger ne saurait être imputable qu'aux seuls éléments extérieurs au nouveau système politique congolais, notamment à ces coups de boutoir des néo-colonialistes spoliateurs brutalement surpris par un réveil hardi, résolu et surtout inattendu du panafricanisme et du nationalisme congolais dont ils redoutent les effets sur le reste du continent. Etonnamment, certaines personnes qui ont réussi à se hisser dans les sphères du nouveau pouvoir ont rapidement développé une attitude de refus de collaboration, voire de mépris, à l'égard des mouvements patriotiques de soutien à l'AFDL qui ont émergé simultanément avec la phase de libération militaire. Reflétant désormais l'image d'égoïstes opportunistes et entretenant parfois un climat de conflit avec leurs anciens compagnons de lutte restés à l'étranger, ce sont ces nouvelles autorités congolaises maladroites qui ont brisé l'élan patriotique et révolutionnaire que la brillante Guerre de libération avait engendré.

Pourtant, face aux multiples attaques et calomnies dont il est victime, le nouveau pouvoir congolais a besoin d'être défendu à l'extérieur du pays et de manière militante par une force structurée, qui soit réellement fière de réalisations en cours et croît profondément dans la capacité des nouveaux gouvernants à reconstruire le Congo. Seules des Sections de l'AFDL bien structurées, suffisamment fortes et résolument déterminées au combat peuvent valablement jouer ce rôle.

Aussi, est-ce à la lumière de cette analyse et de ce constat que les concertations des délégués de l'AFDL en Suisse ont conclu à la nécessité d'une collaboration plus étroite, plus régulière et plus dynamique entre les Sections représentées en vue de créer de nouvelles synergies, d'ouvrir de nouveaux horizons et de multiplier des actions politiques communes.

2. Décisions et projets ambitieux

Même si les représentants de l'Allemagne ou de la Russie affirment évoluer en Sections effectives de l'AFDL dans leurs pays respectifs d'accueil, il reste néanmoins évident que seuls la Suisse et le Canada peuvent se targuer de disposer des structures organisationnelles viables et de peser sur le débat dans le microcosme politique de la diaspora congolaise.

L'ambition, qui a alors animé les concertations du "Spécial Week-end sur le Congo" a été de redonner à l'AFDL le rôle moteur dans l'action politique à l'extérieur du pays et de lui permettre d'assumer, dans le débat politique, la place qui lui revient en tant que mouvement politique auréolé par une des plus éclatantes victoires sur le néo-colonialisme en renversant un régime mondialement soutenu et longtemps redouté ainsi qu'en tant que seule formation politique conduisant le changement et la transition vers la Troisième République tant attendue. Trois décisions importantes ont été prises dans cette perspective: la création solennelle d'une Coordination de l'AFDL à l'étranger, l'organisation des assises de l'AFDL à l'étranger, la restructuration du site Internet de l'AFDL pour en faire une attrayante vitrine commune à l'ensemble du Mouvement libérateur.

La direction provisoire de la Coordination de l'AFDL à l'étranger a été confiée à l'AFDL-Canada. En guise de cahier de charges, les délégués ont imparti à la Section du Canada la tâche de sensibiliser les autres sections déjà existantes à la nécessité de leur rigoureuse réorganisation et leur dynamisme dans des actions politiques concrètes et ostensibles. C'est également à l'AFDL-Canada qu'il a été confié la mission de mobiliser les sympathisants de l'AFDL dans les autres pays, en France et en Belgique notamment, afin qu'ils se rassemblent aussi et s'organisent en Sections ostensiblement entreprenantes du Mouvement.

Tâche d'une certaine ampleur et exigeant un minimum d'expérience, l'organisation des premières grandes assises de l'AFDL à l'étranger a été confiée à l'AFDL-Suisse. La date précise de ce mini-congrès a également été arrêtée. Sa tenue devra avoir lieu du 30 octobre au 1er novembre 1998.

C'est la Suisse qui a été provisoirement plébiscitée comme lieu de la rencontre. Mais, des modifications ont été envisagées au cas où la Suisse n'offrirait pas les conditions idéales au bon déroulement de ces assises.

La délégation venue d'Allemagne a notamment souhaité une ville allemande qui serait à égale distance avec Bruxelles, Paris, Genève, Munich, Berlin, dans la perspective de réduire la distance, les heures et les frais de voyage pour tout le monde.

3. Une Conférence-débat qui a atteint de sublimes sommets de la réflexion et du patriotisme

Alternant les moments de recréation culturelle avec des séquences des échanges et des réflexions politiques, "Spécial Week-end sur le Congo" avait fait de la Conférence-débat l'un des points forts de son programme. Initialement, trois orateurs devaient prendre parole à cette occasion: MM. Filip Tambwe de Belgique, Gérard Buakasa du Canada et Mubabinge Bilolo d'Allemagne.

Le premier cité n'a pu faire le déplacement de Genève. Appelé d'urgence à Kinshasa pour assumer de nouvelles responsabilités et participer plus directement à la Reconstruction, M. Tambwe a eu néanmoins l'élégance de nous envoyer par fax et depuis Kinshasa un message adressé à l'ensemble de participants à la Conférence. S'insurgeant vivement contre les rumeurs et les calomnies occidentales visant, précise-t-il, à occulter l'information et à biaiser les discussions sur les réalités congolaises, M. Tambwe considère que le but inavoué de ces déstabilisateurs est de nuire à toutes les relations extérieures susceptibles de soutenir la redressement du Congo et de renforcer l'isolement de notre pays sur le plan extérieur afin de mettre le nouveau pouvoir à genoux et trouver ainsi le moyen de lui imposer leur volonté.

Anticipant les discussions habituelles sur le bilan de l'AFDL au pouvoir et de la gestion du pays sous la direction du Président Kabila, il souhaite que parmi les critères d'appréciation, il soit tenu compte:

De l'énorme poids négatif de l'héritage laissé par le régime déchu,

De la situation des caisses de l'Etat lors de la prise de pouvoir par l'AFDL,

De la nécessité de survie d'un nouveau pouvoir confronté aux multiples facettes d'une guerre d'arrière-garde mais manifestement incisive.

Aussi, est-ce logique que ce soit par un vibrant appel au patriotisme agissant afin de rendre irréversible la renaissance de notre nation que M. Tambwe termine son brillant plaidoyer.

Sous le thème de la méfiance à l'égard des organisations non gouvernementales (ONG), le Professeur Gérard Buakasa attire l'attention de l'assistance sur des stratégies concoctées à l'étranger et visant à poursuivre la campagne de déstabilisation par des voies plus raffinées, si détournées qu'il devient difficile de se rendre compte du danger ou d'identifier le vrai ennemi. Pour M. Buakasa, ces ONG sont conçues, organisées, dirigées et financées depuis l'étranger pour des objectifs qui échappent à la plupart des nos compatriotes. C'est ainsi que beaucoup de nos concitoyens ne voient que les bienfaits matériels et rudimentaires des ONG en action dans leur entourage et sont bien incapables de percevoir le travail déstabilisateur mené en profondeur par ces agents, parfois inconscients, du néo-colonialisme.

Par ailleurs, on rappellera que la Conférence "Nationale Souveraine" (CNS), à laquelle certaines formations politiques de la vieille garde mobutienne ne cessent de référer leur pseudo-légitimité, a été une opération de diversion conçue et élaborée dans des laboratoires politiques de l'Elysée, ainsi que les Français eux-mêmes le dévoilent aujourd'hui, pour distraire les Africains après le déséquilibre provoqué par la fin de la Guerre froide. Même les principaux bénéficiaires de ces forums sur le continent, alors qu'ils étaient encore au pouvoir (Pascal Lissouba / Congo et Nicéphone Soglo / Bénin), n'ont pas manqué de dénoncer la manoeuvre.

Bouffon de Mobutu, qu'il n'a cessé de soutenir et d'embrasser par maladresse et au moment où on s'y attendait le moins, Tshisekedi l'a également été et de manière encore plus éclatante à l'égard de la CNS, qui n'a non plus cessé de l'humilier jusqu'à l'amener à signer solennellement sa propre destitution en 1994.

En guise de solution aux pièges multiples de l'Occident, le Professeur Buakasa propose de revenir sur nous-mêmes, de concevoir nos propres ONG et ce, en fonction des besoins réels de nos communautés.

Prenant le problème dans sa globalité et choisissant l'Afrique dans son ensemble comme champ d'application, le Professeur Mubabinge Bilolo, Chargé de Recherche à l'Institut Africain d'Etudes Prospectives, invite tous les Africains à ouvrir les yeux sur les réalités actuelles que nous vivons. Pour lui, le monde qui nous entoure est d'une funeste méchanceté. Pour le monde extérieur, l'Afrique ne compte que comme site touristique et comme gisement des matières premières. Les Africains n'ont eu de l'importance qu'en tant que valeur marchande, esclave, lorsqu'il fallait des personnes robustes pour faire les plus durs des travaux. A notre époque du machinisme, de la surpopulation, de la mondialisation et du chômage, l'Africain est désormais l'être le plus menacé en tant que réalité existentielle.

Révolté par un quiétisme traumatisant de la part de ses frères et sœurs Africains, jugeant cette apathie mortellement dangereuse et préjudiciable dans un monde qui se bâtit contre leur gré et sur leur dos, M. Bilolo souligne, non sans conviction et détermination, la nécessité pour les Africains de s'organiser rapidement pour être compétitifs sur la scène internationale tant sur le plan politique, économique que culturel. Pour lui, l'histoire de l'ancienne Égypte et de la succession des différentes dynasties pharaoniques nous rappelle que l'Afrique n'est pas seulement le berceau de l'humanité mais également le centre d'où ont émergé toutes les brillantes civilisations du monde connu. Toute période de crise y a été immédiatement suivie par des efforts de redressement qui ont engendré à leur tour des dynasties encore plus glorieuses. Il n'y a donc aucune raison de se décourager ou de faire triompher l'afro-pessimisme.

Ainsi, conclut-il, le grand défi que les Africains ont à relever est celui de redevenir sujets actifs de leur propre histoire et de reprendre la direction, le gouvernail de l'Histoire du Monde en tant que puissance politique, économique et culturelle comme jadis. Pour cela, il faut dès à présent commencer à en prendre pleinement conscience et à fourbir des armes appropriées. Au seuil du 21ème siècle, l'Afrique doit se réveiller, sortir de sa léthargie, divorcer d'avec sa bonacité vicieuse dans ses rapports internationaux, devenir responsable de son histoire et du devenir de notre planète.

Résumant et concluant de manière magistrale les débats, le modérateur de séance, un prêtre catholique, Monsieur l'Abbé Constantin Panu-Mbendele, constate que nous vivons d'emprunt, nous vivons par procuration. Ce qui, selon lui, n'est que suicidaire dans une société structurée sur la logique de la compétition. Il n'y a que les Africains, malgré toutes les humiliations et les exterminations dont ils ont été victimes, qui ne cessent de croire aux dons et à la bienveillance des étrangers. Après avoir rappelé l'essentiel des propos des différents intervenants, il interpelle tous les Africains à redevenir eux-mêmes, à reprendre conscience de leurs capacités, à les exploiter avec détermination pour imaginer, créer et élaborer leurs propres modèles de société.

Se rappelant que nous étions réunis pour commémorer l'accession du Congo à la souveraineté nationale et internationale, l'apôtre de l'église catholique a démontré comment les réflexions du jour allaient dans le sens du célèbre discours que Patrice-Emery Lumumba prononça à cette occasion.

C'est dans un silence absolu et avec une attention soutenue de l'auditoire que le prêtre a repris et relu, en restituant ton et gestes du héros national congolais, le discours du 30 juin 1960. Et le tout se termina dans une interminable et frénétique ovation.

4. Un succès politique saillant pour l'AFDL-Suisse

En effet, c'est en apothéose qu'il a été mis un point final à l'alléchant programme du "Spécial Week-end sur le Congo" dont l'AFDL-Suisse a eu la lumineuse initiative d'organiser. Retenu par un programme politique surchargé, le Président Kabila n'était donc pas venu à Crans-Montana. Le Gouvernement congolais été néanmoins représenté par une importante délégation conduite par le Ministre d'Etat chargé du Plan, M. Badimany Mulumba. Trois autres ministres faisaient également partie de la délégation. Il s'agit de:

M. Nyembo Kabemba, ministre de l'Economie nationale,

M. Kibwe, ministre en charge du Portefeuille de l'Etat,

M. Léonard She Okitundu, ministre des Droits humains.

C'est cette importante délégation du Gouvernement de Salut public qui avait convié à un souper-conférence, dans la soirée du dimanche 28 juin dernier, les représentants de l'AFDL à l'étranger. De l'avis quasi unanime de ceux qui ont pris part aux entretiens, les échanges se sont déroulés dans un climat détendu, avec beaucoup de sincérité et de modestie de part et d'autre. Le Président de l'AFDL-Suisse, Camarade Nickédo Nkiawete TOUZEYEWO qui conduisait la délégation des militants du Mouvement libérateur, a surtout relevé la volonté très nette de travailler et de s'acquitter au mieux possible de leurs tâches de la part de tous les ministres présents.

L'ensemble du programme ainsi réalisé à travers ce "Spécial Week-end sur le Congo" procure ainsi un succès politique indéniable à la Section suisse de l'AFDL qui voit naître sous sa juridiction la Coordination effective de l'AFDL à l'étranger, qui se voit confier l'ambitieuse mission d'organiser les premières grandes assises de l'AFDL à l'étranger avec, en filigrane, l'opportunité d'accueillir solennellement les principaux responsables du Mouvement à l'occasion de la tenue de ces assises. Le rendez-vous est donc pris, il reste aux dirigeants de l'AFDL-Suisse de prouver qu'ils peuvent être à la hauteur de tels événements.

Lwakale Mubengay BAFWA

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