Depuis trois jours, j'ai
été envahi par des messages des compatriotes et amis politiques étrangers m'invitant à
lire pour appréciation deux excellents articles" apparus sur le net le 8 juin
dernier. Il s'agit de:
<< Réfléchissons ensemble sur les
massacres présumés >> de Marcel Kabundi,
<< Coup d'Etat annoncé contre
Kabila>> de Jean-Pierre Biminayi.
Après une première lecture rapide, je me suis néanmoins
senti intellectuellement émerveillé et politiquement interpellé si bien que j'ai
également ressenti le besoin de relire ces deux pertinentes analyses. Je l'ai alors fait
à plusieurs reprises. Je retiens que ces deux articles expriment une certaine inquiétude
par rapport aux complots que certains milieux internationaux préparent contre la nouvelle
République Démocratique du Congo. Mais si M. Kabundi propose une démarche à ses
compatriotes pour saisir par eux-mêmes le sens, la portée et les enjeux politiques du
fameux rapport de la commission onusienne sur les présumés massacres, M. Biminayi
s'inquiète sérieusement de la façon gonflée, caricaturale que reflète une attitude
générale des puissances impérialistes à la recherche d'une nouvelle recolonisation du
Congo uniquement pour des raisons financières.
Et l'article mis en évidence par Biminayi va encore plus
loin, parce qu'il souligne la trahison des pantins congolais qui, comme du temps de la
première émancipation, prêtent naïvement flanc à ceux qui s'opposent à la gestion
des richesses congolaises par les Congolais eux-mêmes. C'est dans cette bourriche de
dégénérés qu'il convient de repérer tshombistes et mobutistes à la recherche d'une
nouvelle mise en dépendance et humiliation du Congo. J'ai été très surpris que
d'autres figures du même acabit, Docteur Tshipamba Mpuila et Albert M'Peti notammant, ne
figurent pas sur la liste de Papa Mallants pour confirmer de manière encore plus
ostensible les tragiquement creuses et ineptes déclarations dont ils ne cessent de nous
seriner sempiternellement. Au regard de l'absence notoire de discernement que ces amis de
Belgique ont toujours affichée, nous ne pouvons que miser sur le temps pour les voir
aussi plus explicitement dans le giron de Mallants ou semblable.
En effet, au moment où je m'apprêtais à appuyer les
réflexions ci-dessus citées, une petite visite sur Congonline dans la perspective de
lire les premières réactions, c'est sur un autre arlequin que je tombe; sans surprise
certes, mais quelle désolation! Incapable de digérer la profonde réflexion brillamment
développée dans l'article "Coup d'Etat annoncé contre Kabila", un certain
Robert Wabankambwa s'autorise à accuser sans nuance ni discernement son compatriote
Biminayi de n'écrire que pour rechercher un poste auprès de nouvelles autorités
congolaises.
Cette accusation aura eu au moins le mérite de me faire
comprendre que Biminayi avait déjà eu à exprimer sur ce net d'autres réflexions qui,
visiblement n'allaient pas dans le sens du présent article. Au fait, convient-il de le
préciser, le fameux article que j'admire n'est du reste pas de Biminayi, mais de notre
Camarade Ludo Martens, un Belge sans la moindre ambition de se disputer la moindre
parcelle de pouvoir avec les Congolais en République Démocratique du Congo. Guidé par
la curiosité, j'ai parcouru Congonline afin de me requérir d'éventuelles contentions
authentiques de Biminayi. Une démarche très opportune parce qu'elle m'a permis d'admirer
une constance remarquable de la réflexion de ce brillant compatriote structurée autour
de quelques valeurs primordiales: le patriotisme, la démocratie, la prospérité
matérielle du peuple congolais
Pourquoi ne serait-il pas légitime et logique qu'un
tel élément de valeur soit associé directement à la grande uvre de
reconstruction du Congo?
Curieusement, au moment où je cherchais à mettre mes
idées en place dans l'espoir de saisir l'énorme écart qui sépare certains compatriotes
des enjeux réels et présents du pays, une autre réflexion, encore plus inattendue et
allant dans le même sens que l'article attribué à Biminayi, tombe sur le net. Elle est
l'uvre d'Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Il s'agit en fait de l'interview que ce
dernier a accordé à l'issue de son entretien avec Kabila. Mais si l'article sur
l'hypothétique "Coup d'Etat annoncé contre Kabila" exprime une inquiétude
profonde et justifiée face aux manuvres machiavéliques qui se préparent à partir
de l'étranger contre le changement politique intervenu au Congo, Tshisekedi va plus loin,
se montre plus performant dans son analyse de la situation et surprend superbement ceux
qui espéraient le mettre dans leur camp pour déstabiliser le nouveau régime Congolais.
En effet, loin de s'inquiéter de l'agitation mortifiante
de ceux qui recherchent une nouvelle guerre civile au Congo, très convaincu de limites
effectives de toutes ces excitations face à la nouvelle donne politique congolaise, le
leader de l'UDPS tourne tout son monde en dérision. " Jai entendu parler de
cela. Mais, ça ne mintéresse pas. Ceux à qui vous faites allusion, mais ils
étaient dans ce pays, ils étaient surarmés ! Comment expliquer quils font
maintenant du bruit à partir de lextérieur ? Ce qui nous importe nous, cest
notre victoire qui est déjà là."
Au moment où le processus vers la reconciliation
nationale est désormais efficacement lancée et s'avère d'une extrême nécessité pour
contenir le complot international qui se prépare contre la nouvelle République
Démocratique du Congo, ce changement d'attitude de Tshisekedi invite tout vrai patriote
congolais à envisager, sans état d'âme, une réelle mansuétude à l'égard de celui
qui a commis, certes de multiples erreurs et des fautes graves au début de sa carrière;
mais qui n'a cessé de se racheter par la suite. Voir Tshisekedi revenir au devant de la
scène politique congolaise et prendre sa part à la reconstruction du pays en cours,
c'est une excellente situation susceptible de s'apparenter à un bouclier de plus contre
l'impérialisme et le néo-colonialisme ambiants.
L'attitude de Tshisekedi est d'autant plus pathétique que
le chef de l'UDPS développe sa pertinente réflexion de son bannissement de
Kabeya-Kamwanga. S'il avait compris au bon moment tous les paramètres politiques qui,
tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Congo, obligent les nouvelles autorités à une
vigilance permanente et accrue, c'est à partir de Kinshasa (la Capitale) et fièrement
qu'Etienne Tshisekedi serait aujourd'hui, à côté des autres bien sûr, en train de
donner ses leçons au relent nationaliste aux néo-colonialistes. Voilà qui inaugure de
terribles acrobaties pour ses aveugles et émotifs partisans qui n'ont rien vu venir et
qui doivent désormais s'appliquer à un périlleux exercice de reconversion politique
pour emboîter le pas à leur leader. Attention donc aux schismes et à ses inéluctables
dégât!
Lwakale Mubengay BAFWA |