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Manifeste contre l'oubli de l'esclavage: crime contre l'humanité
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Association d'étudiants Africains de Lyon
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Nous sommes une association d'étudiants Africains (RDC, Congo, Gabon) de Lyon (France) qui sommes des lecteurs assidus de congonline. Nous aimerions que notre manifeste puisse être édité sur votre site puisqu'il attire de nombreux lecteurs. Un peuple qui ne s'est toujours pas reconcilié avec son passé ne peut réellement bâtir un monde d'avenir. Merci d'avance.

Il y a 150 ans de cela, l'homme Africain était considéré comme un animal, un être auquel on déniait toute propriété, patrie, culture, famille. La traite négrière transatlantique fut spécifique en ce sens qu'elle fut une logique collective, systématisée et légiférée. En effet, le " code noir " de Colbert considérait l'Africain comme un res mobilis, simple meuble. D'où la justification et l'organisation de ce crime contre l'humanité. Il a fallu élaborer un système qui justifiait l'esclavage et qui apaisait les consciences morales de l'époque. Des êtres humains sont vendus car ils sont considérés culturellement et biologiquement inférieurs.
L'Eglise et une bonne partie de l'intelligentsia de l'époque, notamment les philosophes des lumières ont légitimé cette idéologie. Ainsi la dite " époque des lumières " fut parmi les plus sombres de l'histoire du continent Africain.
150 ans après, l'esclavage est toujours présenté comme une époque vague et lointaine. Or de nombreux écrits existent qui exposent en détails les faits, et il suffit de s'y intéresser quelque peu pour appréhender l'étendue de la ponction : le Brésil aurait officiellement importé d'Afrique plus de 3 600 000 esclaves durant la période 1680-1786. On pourrait allonger la liste. Cela étant, de nombreux historiens affirment que l'Afrique a perdu plus de 100 000 000 de ses fils et filles durant les 4 siècles de la traite, ce qui est considérable par rapport au nombre d'habitants que possédait le continent à l'époque. Remarquons que la Grande Bretagne, la France, le Portugal, l'Espagne, la Hollande se sont taillés la part de lion dans ce commerce de la chair humaine.
Il y a comme un décalage entre l'atrocité de l'esclavage et le caractère " bon enfant " des manifestations qui ont pour objectif avoué " le devoir de mémoire ". Ceci se vérifie en particulier dans la manière dont les commémorations sont faites en France. Nous regrettons qu'elles donnent lieu à des manifestations de joie, des fêtes, alors qu'un tel événement ne devrait susciter que recueillement. Les anciennes nations esclavagistes chercheraient-elles à se donner bonne conscience à peu de frais ?
Cependant, le plus grave est le manque de mobilisation des descendants d'esclave et ceux de leurs frères restés sur le continent Africain. Ils occultent l'événement et refusent consciemment ou non de se souvenir. L'esclavage est le plus grand crime contre l'humanité, du fait de son atrocité, de sa durée et doit officiellement être reconnu comme tel. Il est inadmissible que seuls l'Egypte, Israêl et le Sénégal y soient favorables. Certains hauts responsables français refusent catégoriquement l'appellation de crime pour y substituer celle " d'offense contre l'humanité ". Avec de tels propos, c'est la communauté Africaine de par le monde et sa diaspora (Africain-Américain, Afro-Caraîbeens¿) qu'on offense.

Association d'étudiants Africains (RDC, Congo, Gabon) de Lyon (France)

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