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POLITIQUE
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Le socle de la force européenne
au Congo sera franco-allemand |
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La décision d'envoyer une force militaire européenne au Congo,
pendant la période électorale qui s'ouvre en juin, est désormais
acquise. Bien des détails doivent encore être réglés, mais les propos du
ministre français des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, et du
ministre allemand de la défense, Franz Josef Jung, lundi 20 mars, ont
levé l'incertitude qui perdurait depuis plusieurs semaines. La France et
l'Allemagne formeront l'"ossature" de ce contingent d'environ 1 500
hommes, avec chacune 500 soldats, a indiqué M. Douste-Blazy.
L'Allemagne assumera le commandement général de l'opération, à
Potsdam, qui est l'un des cinq quartiers généraux créés au titre de la
politique européenne de sécurité et de défense (PESD), et la France
exercera le commandement, à Kinshasa, du "quartier général projeté" de
250 hommes, sous l'autorité de Potsdam.
La majeure partie de cette force militaire européenne, soit environ 1
250 soldats, constituera une force de réaction rapide, dite de
"dissuasion", prête à être acheminée au Congo en cas de troubles. Le
point de savoir où ces renforts doivent être stationnés n'est pas réglé,
mais il est probable qu'une partie le sera dans un pays africain proche
(peut-être au Gabon), et une autre partie en Europe.
COMPÉTENCE TERRITORIALE INCERTAINE
Une réunion d'experts militaires des pays de l'Union européenne (UE)
s'est tenue lundi à Berlin, au cours de laquelle différentes
contributions ont été avancées. L'Espagne et la Pologne enverront
chacune une centaine d'hommes, alors que la Suède et la Belgique
dépêcheront chacune environ 50 soldats. Les autres pays de l'UE se
répartiront les 200 soldats restants.
Le feu vert formel de l'UE sera donné ultérieurement, par l'adoption
d'une "action commune" du conseil des ministres. S'il est acquis que les
troupes européennes travailleront en étroite coopération avec les 16 000
soldats de la Monuc (la force des Nations unies), leur compétence
territoriale reste incertaine. La principale difficulté de cette mission
se situe en Allemagne, où elle est loin de faire l'unanimité, y compris
chez les militaires, ce qui rend une approbation par le Parlement
(obligatoire) incertaine. Jusqu'au sein des partis au pouvoir, des voix
se sont élevées pour critiquer le "manque de clarté" entourant le mandat
de la force européenne.
A demi-mots, la chancelière Angela Merkel et son ministre de la
défense sont accusés de s'être fait forcer la main par la France. Du
côté de la Bundeswehr, on craint que les soldats allemands ne soient pas
adaptés à ce genre de mission et que la force européenne n'ait pas les
moyens de s'imposer. La France, qui a dirigé l'"opération Artémis" dans
la province congolaise d'Ituri, à l'été 2003, cherche à se désengager
d'une relation trop exclusive avec l'Afrique, et ne souhaitait donc pas
apparaître en première ligne. Dans les faits, en dirigeant le QG de
Kinshasa, elle le sera. "Il y avait un prix à payer pour que l'Allemagne
s'implique dans la PESD", commente un diplomate français.
Laurent Zecchini (avec Antoine Jacob à Berlin)
Source: Lemonde.fr
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