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Le socle de la force européenne au Congo sera franco-allemand  
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(Lemonde.fr - 21/03/2006)
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Actualité Mars 2006
Archives Actualité

POLITIQUE

Le socle de la force européenne au Congo sera franco-allemand

 

   

La décision d'envoyer une force militaire européenne au Congo, pendant la période électorale qui s'ouvre en juin, est désormais acquise. Bien des détails doivent encore être réglés, mais les propos du ministre français des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, et du ministre allemand de la défense, Franz Josef Jung, lundi 20 mars, ont levé l'incertitude qui perdurait depuis plusieurs semaines. La France et l'Allemagne formeront l'"ossature" de ce contingent d'environ 1 500 hommes, avec chacune 500 soldats, a indiqué M. Douste-Blazy.

L'Allemagne assumera le commandement général de l'opération, à Potsdam, qui est l'un des cinq quartiers généraux créés au titre de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), et la France exercera le commandement, à Kinshasa, du "quartier général projeté" de 250 hommes, sous l'autorité de Potsdam.

La majeure partie de cette force militaire européenne, soit environ 1 250 soldats, constituera une force de réaction rapide, dite de "dissuasion", prête à être acheminée au Congo en cas de troubles. Le point de savoir où ces renforts doivent être stationnés n'est pas réglé, mais il est probable qu'une partie le sera dans un pays africain proche (peut-être au Gabon), et une autre partie en Europe.

COMPÉTENCE TERRITORIALE INCERTAINE

Une réunion d'experts militaires des pays de l'Union européenne (UE) s'est tenue lundi à Berlin, au cours de laquelle différentes contributions ont été avancées. L'Espagne et la Pologne enverront chacune une centaine d'hommes, alors que la Suède et la Belgique dépêcheront chacune environ 50 soldats. Les autres pays de l'UE se répartiront les 200 soldats restants.

Le feu vert formel de l'UE sera donné ultérieurement, par l'adoption d'une "action commune" du conseil des ministres. S'il est acquis que les troupes européennes travailleront en étroite coopération avec les 16 000 soldats de la Monuc (la force des Nations unies), leur compétence territoriale reste incertaine. La principale difficulté de cette mission se situe en Allemagne, où elle est loin de faire l'unanimité, y compris chez les militaires, ce qui rend une approbation par le Parlement (obligatoire) incertaine. Jusqu'au sein des partis au pouvoir, des voix se sont élevées pour critiquer le "manque de clarté" entourant le mandat de la force européenne.

A demi-mots, la chancelière Angela Merkel et son ministre de la défense sont accusés de s'être fait forcer la main par la France. Du côté de la Bundeswehr, on craint que les soldats allemands ne soient pas adaptés à ce genre de mission et que la force européenne n'ait pas les moyens de s'imposer. La France, qui a dirigé l'"opération Artémis" dans la province congolaise d'Ituri, à l'été 2003, cherche à se désengager d'une relation trop exclusive avec l'Afrique, et ne souhaitait donc pas apparaître en première ligne. Dans les faits, en dirigeant le QG de Kinshasa, elle le sera. "Il y avait un prix à payer pour que l'Allemagne s'implique dans la PESD", commente un diplomate français.

Laurent Zecchini (avec Antoine Jacob à Berlin)

Source: Lemonde.fr

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