Gaugévé.jpg (21096 octets) Droitebandeau.jpg (54419 octets)
Mémorandum du groupe de l'opposition extérieure non armée résidant en Amérique du nord sur le dialogue inter-congolais devant se tenir en Afrique du sud  
07/02/2002
 

MEMORANDUM DU GROUPE DE L’OPPOSITION EXTERIEURE NON ARMEE
RESIDANT EN AMERIQUE DU NORD SUR LE DIALOGUE INTER-CONGOLAIS
DEVANT SE TENIR EN AFRIQUE DU SUD.

  1. EXPOSE DES MOTIFS
  2. --------------------------------------

    I.1 LES CAUSES DE LA CRISE.

    --------------------------------------------

    Les causes profondes de la crise congolaise remontent au malaise social impose par le système colonial, à l’impréparation des Congolais aux fonctions politiques et a la date du 5 septembre 1960, date à laquelle le Premier Ministre élu Patrice Emery Lumbumba a été révoqué suite à la conspiration des forces étrangères, provoquant ainsi un déséquilibre du système démocratique naissant.

    La classe politique congolaise de 1960 devrait assumer sa responsabilité en reconnaissant son manque de maturité à l’époque, pour avoir réclamé l’indépendance alors qu’elle n’était pas capable de gouverner et d’administrer le pays.

    L’absence d’un Etat de droit garantissant d’une part, les libertés fondamentales des Congolais: à savoir les libertés d’expression, d’association, de circulation et de choisir librement leurs dirigeants, et d’autre part, les valeurs républicaines d’unité, d’intégrité territoriale et de souveraineté, a étouffe les aspirations démocratiques du Peuple Congolais.

    Les coups d’état successifs du 14 septembre 1960, du 25 novembre 1965 et du 17 mai 1997 ont profondément plonge les Congolais dans un régime ethnocratique, monolithique et autocratique. Le 24 avril 1990, sur la base des consultations populaires, une tentative de restauration de la démocratie a été initiée par le Président Mobutu. Une fois de plus, la classe politique congolaise s’est distinguée par sa médiocrité en bloquant le processus.

    Il s’en est suivi une lutte implacable de course au pouvoir. De ce fait, il en est résulte un foisonnement des partis dont l’objectif principal consistait à conquérir le pouvoir tout en ignorant les aspirations profondes exprimées par le Peuple Congolais lors des consultations populaires, notamment la restauration de la démocratie basée sur le suffrage universel.

    L’incapacité de la classe politique à prévenir le danger que représentait la présence prolongée des réfugies rwandais sur notre territoire, conformément à la Convention de l’OUA régissant les aspects particuliers des réfugies africains et la corruption de cette même classe politique, et surtout celle de l’armée zaïroise, ont précipité l’arrêt total de la nouvelle tentative consensuelle de restauration de la démocratie, prônée par les Institutions de la Transition.

     

    Le coup d’état de Kabila est une violation flagrante du consensus instauré durant la période de Transition.

    Cette prise de pouvoir a son tour, mu par des sentiments de vengeance et d’exclusion, a affronté la résistance, mieux l’attaque de ses propres allies d’hier. Les conséquences désastreuses de ces guerres se sont revelées incommensurables et inextricables, offrant peu de chance au rétablissement de l’unité, de la paix, de l’intégrité territoriale, de la souveraineté et par de-la aux élections libres, démocratiques et transparentes.

    Grâce à la médiation du Président Frederick Chiluba de la Zambie, soutenue par l’ONU, l’OUA et l’Union Européenne, un cadre politique de règlement pacifique de la crise congolaise, a été signé par les belligérants et les pays impliques au conflit arme au Congo. Cet Accord politique réglemente les modalités du dénouement pacifique de la crise armée et politique, notamment par la tenue des Négociations politiques congolaises devant aboutir à la restauration de la démocratie et de la recréation de l’Etat Congolais.

    I.2. LES SOLUTIONS DURABLES A LA CRISE

    -------------------------------------------------------------

    Toute solution durable à la crise congolaise dépendra à la fois de la bonne foi et du sens élevé de patriotisme de chaque élite politique congolaise et du peuple congolais dans son ensemble.

    Tout préjuge politique peut se reveler un facteur de blocage aux consultations politiques. Il est donc recommandé l’humilité, le sens de dignité et le respect d’autrui en gardant à l’esprit le dernier jugement que rendra le Peuple à l’issue des élections.

    La recherche du consensus lors des négociations politiques devrait prévaloir dans la prise des résolutions et des décisions opposables à tous.

  3. DE LA PARTICIPATION DES COMPOSANTES ET DES FORCES VIVES AUX NEGOCIATIONS POLITIQUES INTER-CONGOLAISES.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------

Considérant les progrès notables réalisés lors de la réunion d’Abuja tenue du 7 au 8 décembre 2001 entre les belligérants et lors de la rencontre de Bruxelles du 15 au 17 janvier 2002 entre l’Opposition Politique non armée et la Société Civile, notamment en ce qui concerne la répartition des quotas:

-55 pour le Mouvement de Libération du Congo (MLC)

-55 pour le Rassemblement Démocratique Congolais (RCD)

-55 pour l’Opposition Politique non Armée dont 5 pour l’Opposition extérieure

-71 pour la Société Civile et 9 pour les Confessions Religieuses, donnant un total de -300 Participants,

 

et aussi l’allocation par chaque parti politique du groupe de Gaborone de 5 places pour les membres d’autres partis politiques ayant fait l’objet d’exclusion ultérieurement, le Groupe estime que toutes les conditions sont réunies pour assurer la représentation de toutes les parties au Dialogue.

Il rappelle toutefois que les notions de parité et de représentativité régionales doivent être de stricte observance lors de la désignation des animateurs des institutions de la Transition en vue de privilégier le caractère national desdites instances.

Il tient à souligner qu’a ce stade, la légitimité du pouvoir est limitée par la période de transition. Aucune tentative de prorogation ne peut être acceptée.

III DE L’AMNISTIE GENERALE, DE LA RECONCILIATION NATIONALE ET DU RETABLISSEMENT DES DROITS PRIVES DES CITOYENS SPOLIES.

-------------------------------------------------------------------------------------------------

III.1 L’Amnistie générale devrait être proclamée solennellement par le Dialogue Inter-Congolais afin de créer un climat de confiance et de solidarité au sein de la Nation. Elle sera le second acte à poser par le Parlement de Transition et promulguée par le Président désigné par le Dialogue.

III.2 La réconciliation nationale doit être scellée a l’issue du Dialogue Inter-Congolais démentant l’opinion soutenue par d’aucuns que les Congolais ne sont pas encore murs pour comprendre et mesurer la tragédie que traverse leur Patrie.

III.3 Le rétablissement des droits prives des concitoyens dont les biens privés ont été, soit vandalisés, soit pilles, ou spolies, doit être effectué conformément a la recommandation du Pacte Républicain de Gaborone.

IV. DE LA DUREE DE LA TRANSITION

-------------------------------------------------------

Douze ans vont bientôt passer depuis que le processus de démocratisation a été déclenché.

Que de pertes en vies humaines,

Que de pillages économiques, industriels et des matières stratégiques,

Que de spoliation et de confiscation arbitraire de la propriété privée,

Que de destruction des infrastructures routières, industrielles, portuaires, hospitalières et en ce qui concerne l’éducation,

 

Que d’insécurité, d’harassements, d’arrestations arbitraires et d’abus de pouvoir

Que de déstructuration de l’appareil administratif de l’Etat et de la déliquescence de l’Autorité de l’Etat,

Que de décrépitude des Villes, des Cites et des Zones rurales,

Que de paupérisation de la population Congolaise,

Que de propagation des endemies et des pandémies telle que le SIDA a travers la population,

Que de détérioration de l’environnement, de l’éco-système et des routes,

Face a cette dégradation, le Groupe de l’Opposition Extérieure non Armée en Amérique du Nord est convaincu qu’une durée de transition n’excédant pas deux ans, devrait être acceptée, en vue de répondre aux impératifs suivants:

IV.1 Le premier semestre de la Transition sera consacré à la reconstitution et à la

recomposition de l’Etat congolais, de l’Administration, de l’Armée

Républicaine, et au retrait total de toutes les armées étrangères au Congo afin de

permettre au Gouvernement de transition d’exercer un contrôle effectif sur

l’ensemble du territoire; Le Parlement de transition est investi des pouvoirs de

la Constituante.

IV.2 Durant le deuxième semestre, le projet de Constitution sera soumis au

Referendum populaire après que la Commission Electorale Nationale ait

procédé au recensement de la population. Cette Commission Électorale

Nationale programmera durant cette période les échéance électorales devant se

tenir au cours de la deuxième année.

IV.3 Les élections municipales et des zones rurales doivent avoir lieu durant le 3eme

semestre.

IV.4 Les élections au niveau de chaque région ou province se tiendront durant le

troisième semestre également après les élections municipales et des zones de

telle sorte que chaque région ou province soit dotée d’une assemblée régionale

ou provinciale et d’un Gouverneur élus.

IV.5 Le dernier semestre de la Transition marquera les élections législatives et

Présidentielles.

  1. DE L’ACTE CONSTITUTIONNEL DE LA TRANSITION ET DU NOUVEL ORDRE POLITIQUE.

V.1. ADOPTION DE L’ACTE CONSTITUTIONNEL DE LA TRANSITION

PAR LE DIALOGUE

V.2 DU MANDAT DU PRESIDENT DE LA TRANSITION.

Son Choix devra se réaliser par consensus et personne ne peut prétendre l’obtenir de lui-même ou de son clan. Les pouvoirs du Président sont régis par l’Acte Constitutionnel de la Transition. Le Président ne peut révoquer le Premier Ministre de la Transition, les Ministres, le Chef d’Etat Major de l’Armée et ses adjoints, le Chef de la Police Nationale et ses adjoints et le Directeur du service d’intelligence.

En cas de faute grave, d’incompétence notoire ou d’incapacité physique de ces derniers, seul le Parlement de Transition les sanctionnera.

V.3 DES ATTRIBUTIONS DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION ET DE SON MANDAT IMPERATIF.

L’Acte Constitutionnel de la Transition définira le mandat impératif limité

dans le temps du gouvernement, ainsi que celui du président.

V.4 ROLE DU PARLEMENT DE TRANSITION

 

En tant que Constituante, le Parlement élaborera le projet de Constitution de la

Troisième République.

 

Exerçant son contrôle sur le gouvernement de transition, il veillera au strict

respect des principes de bonne gouvernance.

Toutefois, Il doit être entendu que l’organe législatif ne peut en aucune manière

aller au delà des prérogatives lui reconnues par l’Acte Constitutionnel de la

Transition notamment la déstabilisation, par des motions et interpellations

intempestives, des actions du gouvernement.

V.5 COMMISSION ELECTORALE NATIONALE, INDEPENDANTE, INTEGRE ET AUTONOME.

Sa composition doit répondre au critère régional de représentation. Les

membres de ladite Commission ne sont pas autorisés a se présenter aux

élections.

V.6 COURS ET TRIBUNAUX: 3EME POUVOIR INDEPENDANT

V.7 AUTORITE VISUELLE INDEPENDANTE

 

En vue de faciliter l’accès aux médias de toutes les composantes politiques,

cette Autorité Audio-visuelle sera instituée et relèvera du Parlement de

Transition.

V.8 COUR DES COMPTES

Il faudra la réhabiliter.

VI DE LA CONSTITUTION DE LA 3EME REPUBLIQUE

 

VI.1 FORME DE L’ETAT

Unitaire avec une forte décentralisation

 

VI.2 REGIME POLITIQUE

Présidentiel avec son avantage de stabilité gouvernementale

VI.3 DUREE DES MANDATS DU PRESIDENT ET DU PARLEMENT

Renouvelable une seule fois pour le Président de la République.

 

VI.4 AUTRES ORGANES DE L’ETAT: - CONSEIL CONSTITUTIONNEL - CONSEIL D’ETAT

DONT LES FONCTIONS PEUVENT ETRE REMPLIES PAR LA SECTION ADMINISTRATIVE DE LA COUR SUPREME DE JUSTICE

    * ARMEE REPUBLICAINE

    * POLICE NATIONALE ET PROVINCIALE

    * SERVICE D’INTELLIGENCE

VI.5 QUESTION DE LA NATIONALITE

Une matière ordinaire du droit qui se traite par cas individuel.

VI.6 PROBLEMES ECONOMIQUES, FINANCIERS, SOCIAUX,

D’INFRASTRUCTURES, DE PLANIFICATION, D’EDUCATION, DE

SANTE ET DE DEVELOPPEMENT.

 

 

Fait a Washington DC le 2 février 2002

se/Honorable Mukadi Tshindundu

Ancien Député

se/Honorable Norman Kamosi

Ancien Député

se/Honorable André Ghonda

Ancien Député

se/Honorable Bakaato Idambituo

Ancien Député et Ministre du Budget

se/Professeur Pierre Diomi

Ancien Directeur du service Médical Présidentiel

et Médecin Personnel du Chef de l’Etat

se/Gilbert Ilondo

se/Castel Balimaka

Ancien Conseiller du Président de la République

Président-Directeur Général des Sociétés

se/Professeur Katchelewa Shimbi-Kamba

Professeur a Bukavu et Gestionnaire de l’Hôpital Mama Yemo

se/Ambassadeur Adeito N. Bagbeni,

Ancien Ministre des Relations Extérieures et Diplomate de carrière

Coordonnateur-Porte parole du Groupe et son Représentant désigné au Dialogue Inter-Congolais

 

Copyright © 2001, Afriqu'Info asbl - Congonline.com