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Appel de Genève pour un Dialogue intercongolais constructif
Teddy MBUINZAMA, Coordinateur CEDAF
15/10/2001
Appel de Genève pour un Dialogue intercongolais constructif

Introduction.

Dans quelques jours vont se tenir à Addis-Abeba en Ethiopie, les assises du Dialogue Intercongolais. Tout congolais qui qu'il soit, où qu'il soit ne peut s'empêcher d'apporter sa contribution en vue de la réussite de ces travaux. C'est pourquoi, à travers les lignes qui suivent, quelques congolais de Genève se proposent de soumettre les conclusions de leurs réflexions aux participants pour d'une part attirer leur attention sur la nécessité d'éviter de retomber dans les erreurs du passé, et d'autre part rappeler que seul l'intérêt supérieur de la nation doit primer sur toute autre considération.

1. Aperçu historique des principales conférences sur le Congo-Zaïre ( Objectifs, résultats et conséquences)

A chaque crise politique majeure, les Congolais ne manquent pas d'initiatives pour se retrouver en vue de résoudre les problèmes qui se posent. Cette fois-ci, la ville d'Addis-Abeba en Ethiopie abritera les pourparlers politiques dont les objectifs principaux sont la pacification du pays et la mise en place d'un ordre institutionnel et politique nouveau.

Toutefois, il sied de rappeler que cette rencontre s'inscrit dans la suite d'une série d'autres dont : Léopoldville (janv.-fév. 1961), Tananarive(Mars 1961),.Coquilathville (Avril-mai 1961), Lovanuim ( Juillet - août 1961), Luluabourg( 1964), et la Conférence Nationale Souveraine (1991-1992)

Si en règle générale, chacune de ces rencontres poursuivait les mêmes objectifs que ceux évoqués ci-dessus, force est de constater qu'elles se sont déroulées toujours sous l'emprise des puissances étrangères. L'ingérence étrangère a souvent conduit à un antagonisme d'intérêts qui engendra chaque fois une nouvelle crise. Ceci pourrait s'expliquer par le fait que chaque composante congolaise à la concertation obéissait aux ordres des parrains étrangers dont les desiderata ne correspondent pas toujours à ceux des congolais. De 1960 à 1965, une constante a caractérisé le comportement des acteurs politiques à savoir, la division en plusieurs tendances dont les principales sont : les partisans de Moïse Tshombé défendant les vues de la Belgique ( UMHK) ; les lumumbistes soutenus par les pays de l'Est et le bloc des pays non alignés ; le gouvernement central appuyé par la majorité des pays occidentaux.

Ces injonctions extérieures ont alimenté des contradictions internes et perduré les conflits. D'où un chaos indescriptible qui régna jusqu'à la conférence de Luluabourg. Le non respect par monsieur Joseph Kasa-Vubu des règles du jeu mises sur pied amena à un conflit à la tête de l'exécutif, ce qui a conduit au coup d'Etat de 1965 de monsieur Joseph-Désiré Mobutu dont les 32 ans de gestion autocratique a replongé le pays dans le gouffre.

Le vent de la Perestroïka et les aspirations du peuple congolais à la démocratie ont nécessité un nouveau rassemblement de ceux-ci à travers la CNS en vue d'une relecture de l'histoire du pays et la mise en place des bases d'une nouvelle société.

Des nouvelles institutions transitoires ont été mises en place et n'ont fonctionné que dans un laps de temps suite à un nouveau conflit de pouvoir au sein de l'exécutif .Encore une fois le non respect des règles établies amena un blocage qui a servi de prétexte à un groupe de congolais, avec l'aide des armées étrangères, d'envahir le pays et d'installer l'ordre chaotique actuel.

2. Les enjeux du Dialogue intercongolais: Continuité du processus de démocratisation.

De ce qui précède, deux niveaux permettent de cerner les enjeux de la rencontre d'Addis-Abeba :

- Au plan interne : oeuvrer pour l'effectivité de l'intégrité territoriale, normaliser la vie politique, garantir les libertés fondamentales. En outre, le principe de la séparation des pouvoirs devra être privilégié.

- Au plan externe: promouvoir l'entente et la paix avec les pays voisins à travers une diplomatie active à la dimension du grand Congo, rechercher les voies et moyens tendant à pacifier l'Afrique centrale.

3. Avis et considérations sur le DIC

Les participants aux Dialogue intercongolais devront mettre l'accent sur l'importance cadre juridique devant organiser la transition pour lever toutes les ambiguïtés et les pièges de blocage: succession, vacance de pouvoir, destitution, etc

En ce qui concerne la durée de la transition, un maximum de 24 mois nous paraît indiqué. Quant à ses institutions, nous suggérons :

- Pour la présidence de la République: Fonction d'impulsion, de rassemblement, de médiation et de représentation. Pour assumer cette fonction, le candidat devra être de nationalité congolaise, être né de père et de mère congolais, avoir 40 ans révolus.

- Pour le Gouvernement : coordination des activités de l'Etat, mission de réhabiliter un Etat de droit, assurer la neutralité des forces armées.

- Pour le parlement de transition (commission consultative faisant office de parlement) dont le nombre de sièges à pourvoir devra être fonction des groupements ou collectivités répertoriés .

- Séparation net des pouvoirs des institutions de la transition.

Des modalités de désignation: tout congolais remplissant les conditions est libre de soumettre sa candidature à la fonction de son souhait auprès des instances ad hoc.

Le parlement et le gouvernement de transition seront conviés à tout mettre en oeuvre pour assurer l'organisation du référendum portant sur le projet de constitution de la troisième république ainsi que les élections à différents niveaux.

4. L' après Dialogue intercongolais: Perspectives et recommandations

Il s'agit ici des résolutions du Dialogue intercongolais et de leurs implications sur la conduite des affaires nationales. De la sorte, nous recommandons ce qui suit :

- Toute matière non-traitée au Dialogue intercongolais revient de droit aux Institutions de Transition. En cas d'incompétence de ces dernières, les organes issus des élections libres et démocratique se saisiront de la question.

- Promouvoir une politique de bon voisinage en vue de garantir la sécurité aux frontières.

- Oeuvrer pour la tenue de la conférence internationale sur la paix et le développement de la région des grands Lacs

- Decréter une amnistie en vue d'une réconciliation sincère, excepté les cas de crimes contre l'humanité.

- Préserver les acquis du Dialogue intercongolais, en ce sens qu'aucun individu ne peut modifier de son gré les décisions acceptées par tous et veuillez à en assurer un meilleur suivi.

- Restituer aux congolais leurs libertés en tant que souverain primaire pour la légitimation du pouvoir

- Prolongation du mandat de la Monuc jusqu'à la fin du processus de transition pour mieux garantir le respect des résolutions du Dialogue intercongolais.

- Exiger le départ immédiat et inconditionnel de toutes les troupes étrangères présentent au Congo.

Conclusions

Soucieux de contribuer au débat sur l'avenir de la patrie, nous saisissons l'occasion de la tenue du Dialogue intercongolais, moment crucial pour sortir le pays de la guerre inutile et non voulue, afin de lancer un appel patriotique aux congolais.

Chers compatriotes, unis nous sommes forts, divisés nous serons faibles. C'est l'avenir de la nation qui est en jeu. Nous sommes convaincus qu'il est fort possible à des partis politiques de l'opposition non armée, aux composantes rebelles, à la société civile, forces vives de la nation, au pouvoir de Kinshasa de s'entendre sur un programme de transition et des échéances d'avenir.

Nous congolais(es) devront prendre en main le destin de notre pays. Nous avons l'obligation de prendre conscience de la complexité de nos responsabilités et de nous rendre aptes à les assumer.

Le Congo est notre patrie. C'est notre devoir d'oeuvrer pour la prospérité de notre belle et chère patrie. A ce dialogue, tous les congolais(es) devront s'unir pour définir les orientations et le chemin pour un avenir radieux.

Fait à Genève, le 29 septembre 2001

Pour l'Equipe de la Rédaction *

Teddy MBUINZAMA, Coordinateur

Equipe de Rédaction

- Richard MUKUNDJI

- Hilaire KABEYA

- Robert MWAN

- Rémy LUVUMBU

Contact : CEDAC (Club Espérance pour le Développement et l'Avenir du Congo)

Case postale 410 à 1211Genève 19

Mobil 0041793014966 - E-mail : cedaco@hotmail.com

 

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