Négociations
de Paix - Documents
ACCORD POLITIQUE POUR LA
GESTION CONSENSUELLE DE LA TRANSITION EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
Note de Congonline.com : Cet accord
politique est un accord entre le gouvernement Kabila et le MLC de Jean-Pierre Bemba. Il
est soutenu par la plupart des partis politiques de l'opposition non-armée et par une
grande partie de la société civile. L'accord est rejeté par les rebelles du RCD et les
principaux partis de l'opposition dont UDPS, FONUS, ... (fin de la note)
Article 1
Durant la transition,
Monsieur Joseph KABILA est Président de la
République, Chef de lEtat.
Monsieur Jean-Pierre BEMBA est Premier
ministre. Le Premier ministre est chef du Gouvernement et président du Conseil des
ministres.
Le Président de lAssemblée nationale
sera issu du Rassemblement Congolais pour la Démocratie.
Le Président du Sénat proviendra de
lOpposition politique non armée.
Les institutions citoyennes, à savoir la
Commission Electorale Indépendante, la Haute Autorité des Médias, la Commission
Vérité et Réconciliation, lObservatoire National des Droits de lHomme, la
Commission dEthique et de la Lutte contre la Corruption, seront présidées par les
représentants de la Société Civile/Forces Vives.
Sauf cas de trahison, concussion ou
corruption, le Président de la République, le Président de lAssemblée Nationale,
le Premier ministre, le Président du Sénat restent en fonction durant toute la période
de la transition.
Article 2
Les institutions de la transition en
République Démocratique du Congo sont :
- le Président de la République ;
- lAssemblée nationale ;
- le Sénat ;
- le Gouvernement ;
- les Cours et tribunaux.
Article 3
Le Président de la République est le garant
de lunité nationale et de lintégrité du territoire de la République.
Il représente la nation.
Il promulgue les lois.
Il est le commandant suprême des forces
armées.
Il statue par voie dordonnance dans le
cadre des prérogatives qui lui sont reconnues par la constitution.
Il accrédite les ambassadeurs et les
envoyés extraordinaires. Les ambassadeurs et envoyés extraordinaires étrangers sont
accrédités auprès de lui.
Il nomme et révoque, avec le contreseing du
Premier ministre, les vice-premiers ministres, les ministres et les vice-ministres.
Sur proposition du conseil des ministres, il
nomme et révoque, avec le contreseing du Premier ministre, les hauts fonctionnaires de la
République, les officiers de larmée, les officiers supérieurs et généraux de la
police, les mandataires des entreprises publiques et les responsables des services de
lEtat.
Article 4
Les propositions de nomination et de
révocation faites par le Premier ministre au Président de la République prendront effet
dans un délai de 7 (SEPT) jours en labsence de prise de position par le Président
de la République.
Le délai ainsi convenu sera repris dans la
constitution de transition.
Article 5
Les parties conviennent que le commandement
suprême des Forces armées se fera par le biais du Conseil supérieur de la Défense.
Le Président de la République préside le
Conseil supérieur de la Défense.
Une loi organisera la composition et le
fonctionnement du Conseil supérieur de la Défense. Elle déterminera son rôle et sa
compétence sur les matières suivantes :
- la formation de larmée nationale,
- le commandement et lengagement des forces armées,
- la nomination aux principaux emplois militaires,
- la nomination des officiers supérieurs et officiers
généraux,
- lordre de mise en oeuvre des troupes,
- la proclamation de létat de siège,
- la proclamation de létat durgence,
- la déclaration de guerre,
- le traitement de toute matière relevant de la Défense
nationale.
Article 6
Le Premier ministre est le chef du
gouvernement de la transition.
Il préside le Conseil des ministres.
A linitiative du gouvernement, le
Président de la République peut présider le Conseil des Ministres.
En cas de situation exceptionnelle, après
concertation et à linvitation du Président de la République, le Premier ministre
convoque le Conseil des ministres qui se réunit sous la présidence du Président de la
République.
Le Premier ministre exerce le pouvoir
réglementaire par voie de décret délibéré en Conseil des ministres.
Les actes quil prend dans ce cadre sont
contresignés, le cas échéant, par le ministre chargé de leur exécution.
Article 7
En vue de la formation du gouvernement de
Transition, les composantes et entités aux négociations politiques inter-congolaises, à
savoir le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, le Mouvement de
Libération du Congo, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie, lOpposition
politique, les Forces Vives, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie-Mouvement
Libération, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie-National, les Mayi Mayi,
adressent au Premier ministre la liste de leurs candidats.
Le Premier ministre a le pouvoir de récuser
un candidat en concertation avec la composante concernée. Dans ce cas, cette dernière
propose un autre candidat.
Dans les ministères relevant des domaines de
collaboration, le Président de la République peut récuser les candidats proposés aux
fonctions en rapport avec lesdits ministères.
Article 8
Le gouvernement conduit la politique de la
nation, telle que définie par les Négociations politiques inter-congolaises.
Il dispose de ladministration publique,
de la police nationale et des services de sécurité civile.
Il est pleinement responsable de la gestion
de lEtat et répond de celle-ci devant lAssemblée nationale.
LAssemblée nationale exerce son
contrôle sur le gouvernement , les services et organismes publics de lEtat par la
question écrite, la question orale avec ou sans débat non suivie de vote, la question
dactualité, la commission denquête et linterpellation.
Compte tenu du caractère consensuel des
institutions de la transition, le Parlement ne peut voter une motion de défiance contre
le Premier ministre et son gouvernement.
Les ministres sont personnellement
responsables et sont, en cas de faute lourde, remplacés par la composante dont ils sont
issus.
Article 9
Outre le Premier ministre, le gouvernement
comprend des vice-premiers ministres, des ministres et des vice-ministres.
Les ministères de collaboration entre le
président de la République et le gouvernement sont : le ministère des Affaires
étrangères, le ministère de la Défense et celui de lIntérieur.
Article 10
Le Premier ministre tient le Président de la
République pleinement informé des affaires de lEtat.
En application de ce principe, le Premier
ministre informe le Président de la République des points inscrits à lordre du
jour du Conseil des Ministres et des décisions y arrêtées.
Article 11
LAssemblée nationale est constituée
de manière à assurer la représentation de lensemble du territoire national.
Elle est composée des 425 membres désignés
par les composantes et entités aux Négociations politiques intercongolaises.
Les membres de lAssemblée nationale
portent le titre de " député ".
Leur mandat est national.
Le Bureau de lAssemblée nationale
comprend :
- un président ;
- deux vice-président ;
- un secrétaire-rapporteur ;
- un secrétaire-rapporteur adjoint ;
Aucune composante ou entité aux
Négociations politiques intercongolaises ne peut avoir plus dun membre au Bureau de
lAssemblée nationale.
LAssemblée nationale élabore les lois
et contrôle laction du gouvernement.
Article 12
Le Sénat est constitué de manière à
assurer la représentation des provinces et de la ville de Kinshasa. Il comprend 65
membres.
Aucune des composantes ou entités ne
désignera plus dun membre par province.
Ils doivent avoir 40 ans révolus lors de
leur désignation.
Le Bureau du Sénat comprend :
- un président ;
- deux vice-présidents ;
- un secrétaire-rapporteur ;
- un secrétaire-rapporteur adjoint.
Aucune composante ou entité ne peut avoir
plus dun membre du Bureau du Sénat.
Le Sénat a pour mission :
- darbitrer les conflits entre les institutions.
- délaborer lavant-projet de constitution devant
régir le Pays après la transition.
- de conduire une réflexion prospective sur le devenir du pays
et de proposer les voies et moyens pour la mise en place, après la transition, dun
Etat, démocratique, moderne et capable daffronter les défis du futur.
Article 13
Les parties conviennent quà
lissue des Négociations politiques inter-congolaises, il y aura un mécanisme pour
la formation dune Armée nationale, restructurée et intégrée incluant les Forces
armées du Gouvernement de la République démocratique du Congo, les Forces armées du
Rassemblement congolais pour la démocratie et les Forces armées du Mouvement de
Libération du Congo, conformément au point 20 de larticle 3 des principes de
lAccord de Lusaka.
Ce mécanisme pour la formation de la
nouvelle armée congolaise comprendra des Officiers des Forces armées du Gouvernement de
la République démocratique du Congo, des Officiers des Forces armées du Rassemblement
congolais pour la démocratie et des Officiers des Forces armées du Mouvement de
Libération du Congo.
Dans un souci de paix, dunité et de
réconciliation nationales, le mécanisme précité devra inclure les forces armées du
RCD/ML, celles du RCD/N et les Maï-Maï, selon des modalités à définir par les
Institutions politiques de la Transition issues du Dialogue National.
Le mécanisme sera placé sous
lautorité des Institutions politiques de la Transition issues du Dialogue national.
Article 14
Il sera pourvu à la désignation du premier
Président de la Cour Suprême de Justice et du Procureur général de la République à
la mise en place des institutions de la transition. Le Président de la République et le
Premier ministre conviendront des modalités de ces désignations.
Article 15
Les mesures de sécurité appropriées seront
mises en application dans la ville de Kinshasa avant linstallation des nouvelles
institutions et de leurs animateurs.
Article 16
Le Président de la République, le Premier
ministre et le Président du Parlement et le Président du Sénat prennent
lengagement de sassurer la sécurisation mutuelle et détablir un climat
de confiance réciproque dans lintérêt supérieur du peuple Congolais.
A cet effet, le ministre de la Défense, le
Chef dEtat-major général, le Chef dEtat-major de la force terrestre et les
autres membres de lEtat major intégré à créer seront issus des composantes et
des entités belligérantes.
Article 17
Il sera mis en place un groupe de travail
représentant toutes les composantes et entités pour élaborer un projet de constitution
de la transition
Article 18
Le présent Accord met en oeuvre la
réunification des territoires sous contrôle de toutes les composantes et entités
belligérantes, à savoir le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, le
Mouvement de Libération du Congo, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie, le
Rassemblement Congolais pour la Démocratie-Mouvement Libération, le Rassemblement
Congolais pour la Démocratie-National, les Mayi Mayi.
Article 19
Les parties conviennent de tout mettre en
uvre pour que linstallation des nouvelles institutions de la République
Démocratique du Congo se fasse dans les meilleurs délais.
Article 20
Les parties invitent la communauté
internationale, particulièrement lOrganisation des Nations-Unies, lUnion
Africaine, lUnion Européenne, la République Sud-Africaine, la Zambie, les
Etats-Unis dAmérique à soutenir le présent Accord.
Article 21
Le présent Accord engage les parties
signataires à compter de la date de sa signature.
Fait à Sun City, le 19 avril 2002
Pour le gouvernement de
la République
Démocratique du Congo |
Augustin Katumba Mwanke |
Pour le Mouvement de
Libération du Congo |
Olivier Kamitatu Etsu |
Pour le Rassemblement
Congolais pour la
Démocratie-Mouvement de Libération |
Ernest Wamba dia Wamba
Mbusa Nyamwisi
Kambale Bahekwa
John Tibasima Atenyi |
Pour le Rassemblement
Congolais pour
La Démocratie-National |
Roger Lumbala
Dieudonné Kahasa |
Pour les
Mayi Mayi |
Anselme Enerunga,
porte parole du gén. Padiri
Yaka Swedy Kosco, pour le Comdt Dunia
Mbilizi Piko, pour le gén. Padiri
Elias Mulungula Hobigera, représ. du gén.
Alunda
Kakule Sikuli Lafontaine, chef Mayi Mayi grand
Nord
Raphaël Luhulu Lunghe, Comdt Grégoire Kayobo |
Pour les
Formations et organisations
De lOpposition politique |
CODEP
UDRC
UNADEF
FCI
FRUONAR
FSDD
PNCD
MPR fait privé
UNAFEC
PDSC
ROM
FSD/DC
EGO et ROC
MSDD
FCN/CAD
PIONNIERS
FPC
DCF/N
Opp. Pol.ext./ Afrique |
Raymond Tshibanda
Mokonda Bonza
Soki Fuani Eyenga
Badingaka Nicolas
Mulangala Médard
Marie Jeanne Nzola
Dr. Ngandu Lejabuliza
Omari Lea Sisi
Kisimba Ngoy
André Bo-Boliko
Patrice Aimé Sesanga
Eugène Diomi Ndongala
Arthur ZAhidi Ngoma
Christophe Lutundula
Gérard Kamanda
Justin-Marie Bomboko
Aziz Kumbi
Venant Tshipasa
Prof. N.Y. Muyima |
Pour les
Forces Vives |
Société
Civile/Equateur |
Yves Mobando |
Société Civile |
Jean Batoma |
Société
Civile/Katanga |
Déo Flwanakibulu
Ngoy |
Société
Civile/Bandundu |
Sylvain Delma Mbo |
Forces Vives/Sud
Kivu |
Mwami Kabare |
Forces Vives/FEC |
Athanase Matenda |
Société
Civile/Kinshasa |
Bahati Lukwebo |
Société
Civile/Maniema |
Bernard Tabezi
Pene Magu |
Société
Civile/Sud Kivu |
Gervais
Chirhalwirwa |
Société
Civile/Katanga-Kalemie |
Jean Manda
Kansabala |
Société
Civile/Katanga |
Jacqueline Rumbu |
Chef de
délégation Soc.Civ. Katanga |
Mgr Ngoyi |
Bâtonnier |
Moka Ngolo |
LIntersyndicale
du Congo |
Steve Mbikayi |
Société
Civile/Equateur |
Gertrude Ekumbe
Ekolo |
Société
Civile/Ituri |
Henriette Dhesi
Dile |
Société
Civile/Province orientale |
Béatrice Lomeya |
Société
Civile/Katanga |
Vicky Katumwa |
Société
Civile/Intersyndicale |
Chérubin Okende
Senga |
Société
Civile/Province de Kinshasa |
Marie Madeleine
Kalala |
Société
Civile/Délégation de Bunia |
Abbé Sakpa
Kiguma |
Société
Civile/Bas-Congo |
Marceline Kibungi |
Société Civile
de lIturi |
Bhavira Michel |
Société Civile
du Nord Kivu |
Abbé Muholongu
Malu Malu |
Société Civile
de Bandundu (Kikwit) |
Viviane Kibuluku |
Société
Civile/Nord Kivu (Beni) |
Dyna Masika
Yalala |
Société
Civile/Equateur |
Toussaint Balay |
Société Civile
Bas Uele |
(illisible) |
Société
Civile/Ituri |
Dr. Amuli Alimasi |
Société
Civile/Maniema |
Azama Asani |
Société
Civile/Bandundu |
Sébastien
Mawetemoke Mbokoso |
Société
Civile/Prov. Orientale (Buta) |
Raymond Tebulani
Enkose |
Société
Civile/Bandundu |
Dr. Anicet Kipasa
Mungala |
Société
Civile/Kinshasa |
Mbelu Brosha |
Société Civile |
Modeste Mutinga |
Société
Civile/Equateur (Gemena) |
Selinga K.W. |
Société
Civile/Kinshasa |
Georges Kombo
Tonga Booke |
Société
Civile/Nord Kivu |
Denis Masumbuko
Ngwasi |
Société
Civile/Prov. Or. (Kisangani) |
(illisible) |
Société
Civile/Kasaï Oriental |
Gertrude Biaya
Ndaya |
Société
Civile/Sud Kivu |
Aurélie Bitondo |
Société
Civile/Kinshasa |
Pierre Anatole
Matusila (porte-parole) |
Société
Civile/Bas-Congo |
Mgr. Philippe
Dinzolele |
Société Civile |
R.P. Jean-Luc
Kuye (président) |
Société
Civile/Maniema |
Ramazani Kabengwe |
Un premier Accord
régissant les rapports entre le Président de la République et le Président du
Mouvement de Libération du Congo, avait été signé le 17 avril 2002 par les
experts des deux parties. Pour le Gouvernement de la République Démocratique du
Congo : Augustin Katumba Mwanke, Théophile Mbemba, Samba Kaputo,Vital Kamerhe,
Ntumba Luaba et Col. Didier Etumba. Pour le MLC, Olivier Kamitatu, François Muamba,
Lunda-Bululu, Thambwe-Mwamba, José Endundo et Cdt. Valentin Senga.
Cet accord a été approuvé par les
personnalités et plusieurs hautes autorités morales issues de toutes les composantes du
Dialogue Intercongolais.
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