Sur le terrain militaire, les troupes gouvernementales ont
réinvesti la localité stratégique de Muliro fraîchement démilitarisée par le RCD au
profit de la MONUC.
Les rebelles qui cherchent depuis longtemps un prétexte pour
ne pas se retirer de Pweto (au profit des troupes gouvernementales) et de Kisangani (au
profit de la MONUC) comme l'exige les différentes résolutions du conseil de sécurité,
ont accueilli à bras ouverts cette bavure du gouvernement. Le RCD n'a donc pas tardé à
annoncer qu'il suspend sa pleine collaboration avec la MONUC. Par la bouche de Moise
Nyarugabo, secrétaire général par intérim du RCD, le mouvement rebelle menace de
reprendre Muliro par la force si la MONUC n'obtient pas le retrait des forces
gouvernementales. "Et nous n'allons plus poursuivre le désengagement des nos forces
pour Pweto et Kisangani", a renchéri Moise Nyarugabo, lors d'un point de presse ce
mardi.
Dans cette confusion, le Ruanda a lancé l'APR à l'assaut de
la région congolaise de Minembwe, région contrôlée par le chef de guerre des
Banyamulenge, le commandant dissident du RDC Masunzu. Les hommes du commandant Masunzu
avait chassé, il y a quelques mois, les troupes du RCD de cette région stratégique qui
dispose d'un aéroport important.
L'APR s'est impliquée directement dans ces combats, après
l'échec des troupes du RCD dans leurs attaques contre le commandant Masunzu. Il les avait
défaites il y a près de deux semaines, s'assurant le contrôle de Kiziba, leur plus
importante base dans la région du Minembwe, ainsi que de son aéroport.
Le Rwanda a lancé 1.600 hommes dans la bataille, appuyés par des hélicoptères de
combat et de l'artillerie, selon le porte parole du commandant Masunzu. La colonne en
provenance d'Uvira est tombée dans une embuscade jeudi près de Kabara, et aurait subi de
nombreuses pertes, a déclaré à Congonline le porte parole de Masunzu. Mais ces
affirmations n'ont pas été confirmées de source indépendante.
Le Ruanda, accusé de piller le Congo par les différents
rapports de l'ONU, a toujours refusé de se retirer du Congo malgré les multiples
résolutions du conseil de sécurité de l'ONU.