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Négociations de Paix  -  Sun City (Afrique du Sud)

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Progrès notables à Sun City, affrontements sanglants entre mouvements rebelles dans le Haut Uélé.

Congonline.com – Correspondance particulière

Sun City, 27/03/2002 : Les membres de la Commission "Economie et Finances" aux négociations de Paix de Sun City sont parvenus, ce mercredi, à un accord sur le réexamen des contrats et engagements économiques passés pendant la guerre, notamment avec des pays étrangers. Une liste des principes directeurs, éthiques et financières servira de base au comité d'experts qui sera mis en place pour la réévaluation de la validité des conventions économiques et financières signées pendant la guerre.

Les principes agréés portent sur la transparence dans la conclusion d'une convention, l'absence de clause avantageant exagérément une partie, ou lésant la Nation, l'absence d'enrichissement personnel, et l'habilitation des signataires de la convention.

Cette réévaluation se fera pendant la phase de transition politique qui doit mener le pays vers les élections démocratiques.

Plusieurs rapports de l'ONU accusent vertement les parrains de la rébellion et du gouvernement de Kinshasa de le pillage des ressources du sous-sol congolais.

Au terme de cet accord, les contrats signés avec les entreprises des pays impliqués dans la guerre en RDC devraient être réévalués au même titre que les autres contrats.

Des sources proches de la Facilitation, Congonline.com a appris que les commissions "Paix et Réconciliation" et "Sociale et Humanitaire" ont également réalisé des progrès notables et qu'ils acheminent vers l'élaboration de la déclaration finale.

Les progrès accomplis par les commissions "moins sensibles" contraste avec la situation de quasi blocage dans les commissions "Défense et Sécurité" et "Politique et Juridique".

A 15 jours de la fin des travaux (prévue pour le 11 avril 2002), le gouvernement continue de soutenir une interprétation de la notion de "Nouvel ordre politique" jugée erronée par toutes les autres composantes du dialogue. De même, les accords de Lusaka prévoit "la formation de la nouvelle armée congolaise dont les éléments seront issus des Forces Armées Congolaises, des forces armées du Rassemblement Congolais pour la Démocratie et des forces armées du Mouvement pour la Libération du Congo" alors que le gouvernement parle de l'intégration des éléments issus des mouvements de la rébellion au sein des forces gouvernementales.

Alors que le RCD qui avait tenté de faire capoter les négociations en lançant ses troupes, soutenues par le Ruanda, à l'assaut de la localité de Moliro, a obtempéré devant la mise en garde claire et sévère du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le gouvernement campe sur des positions qui excluent toute avancée significative sur les questions sensibles.

Le gouvernement doit donc revenir à l'esprit des accords de Lusaka pour permettre la mise en place des institutions de la transition ainsi que le choix des animateurs de celles-ci dans les 15 prochains jours.

Au niveau de la Commission "Défense et Sécurité", les délégués ont évité le blocage en désignant une commission ad hoc de rédaction des résolutions.

Elle va dégager les points de divergence et de convergence pendant 24 heures. Les délégués du gouvernement ont demandé une journée supplémentaire pour déposer leurs propositions harmonisées à la commission de rédaction.

C'est seulement jeudi que la Commission de la défense et de la sécurité va se réunir pour adopter le rapport. Le principe du désarmement des groupes armés et du retrait des troupes étrangères a été adopté.

La Commission a également évalué le respect des engagements pris pour le respect du cessez-le-feu et le désengagement des troupes sur la ligne des fronts.

La question de la nationalité divise les délégués au dialogue

La question de la nationalité divise les délégués membres de la Commission "Paix et Réconciliation", a confié à Congonline.com un membre de ladite commission.

Certains délégués de cette Commission soutiennent que l'accord de cessez-le-feu de Lusaka a déjà réglé la question de la nationalité congolaise, en stipulant que "tous les groupes ethniques et nationalités dont le territoire constituait ce qui est devenu Congo (aujourd'hui RDC) à l'indépendance doivent bénéficier de l'égalité des droits et de la protection aux termes de la loi en tant que citoyens".

Des femmes venues de Kinshasa et membres de ladite Commission ont condamné le fait que l'ancien président Mobutu ait accordé massivement la nationalité congolaise à des groupes 'rwandophones' se trouvant au Kivu (Est).

Ces déléguées, qui veulent que ce problème soit renvoyé devant le Parlement, déclarent qu'elles rencontreront des difficultés au retour à Kinshasa puisque les habitants de la capitale congolaise sont contre l'octroi par le Dialogue inter congolais de la nationalité à ces personnes.

D'autres délégués, qui estiment que la question de la nationalité doit trouver sa solution au Dialogue inter Congolais, pensent qu'elle a été la cause des deux guerres de 1996 et 1998 en RDC suite aux massacres des populations de morphologie Tutsi à qui d'autres compatriotes ont refusé la nationalité congolaise.

La Commission chargée de la paix est par contre parvenue à un convergence sur les causes et les conséquences des guerres de 1996 et 1998 à l'intérieur de la RDC et dans la sous-région des grands lacs, la paix et la sécurité à l'intérieur du pays, la vérité et la réconciliation, la cohabitation pacifique et la protection des minorités.

On rappelle que dans cette Commission, se retrouve la quasi- totalité des chefs religieux ainsi que le leader de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, opposition), Etienne Tshisekedi.

La question de la nationalité a toujours soulevé des passions en RDC où des populations de Rutshuru et de Masisi au Nord-Kivu, (Est) se sont affrontées en cherchant à s'exterminer afin d'obtenir le contrôle "de la terre des ancêtres".

Les combattants locaux Maï-Maï fondent leur lutte sur "la récupération et la protection des terres qui leur ont été léguées par les ancêtres" mais restent occupées par des populations 'rwandophones'.

Des combats sur le terrain pendant les négociations

Alors que les négociations sont sur la dernière ligne droite, des combats ont repris dans le district du Haut Uélé (à 600 km de Kisangani) entre les troupes du RDC national de Roger Lumbala et celles du RCD-Kisangani- Mouvement de Libération (RCD-ML) de Mbusa Nyamwisi.

Dans un communiqué rendu public le lundi 25 mars 2002 à Sun City, Roger Lumbala a appelé les délégués au dialogue inter congolais de demander à Mbusa Nyamwisi d'arrêter les attaques et de se retirer du District du Haut Uélé.

Le président du RCD/National a révélé que le facilitateur, Ketumile Masire, le général Diallo de la Mission d'Observation de l'ONU en RDC (MONUC), deux commandants de l'armée ougandaise, James Kazini et Noble Mayombo ont demandé au président du RCD- Kisangani-ML d'arrêter les attaques après la déclaration unilatérale du cessez-le-feu par l'autre partie.

Pour Mbusa Nyamwisi, il est notoire que le RCD/N, une dissidence du RCD-Goma, sert de prête-nom au Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de Jean Pierre Bemba.

Créé longtemps après la signature de l'Accord de Lusaka, il ne peut être considéré ni comme une composante à part entière du dialogue inter congolais, ni comme un sous-groupe du RCD- Kisangani/ML.

Ces deux mouvements armés, appuyés par l'armée ougandaise, se disputent le contrôle de la ville d'Isiro, disposant d'un aéroport international.

Les combats entre le MLC et le RCD-Kisangani/ML ont tour à tour fait passer la ville d'un camp à l'autre.

Ce mercredi, elle était contrôlée par les troupes fidèles à Roger Lumbala du RCD/National après une alliance entre ce mouvement armé et le MLC.

Le RCD-Kisangani/ML a accusé l'Armée patriotique rwandaise (APR) d'appuyer l'offensive des troupes de Jean-Pierre Bemba sur Bafwasende, Isiro et Watsa par une ligne de ravitaillement héliporté.

Mbusa Nyamwisi s'est rapproché du gouvernement de Kinshasa.

Le RCD-Kisangani/ML et le RCD/National sont des dissidences du RCD-Goma. La première dissidence a été à la base des combats qui ont endeuillé la ville de Kisangani, Mbusa et Wamba en alliance avec Jean-Pierre Bemba cherchant à contrôler la capitale de la Province Orientale.

D'un autre côté, le secrétaire général du RCD a annoncé que les troupes des Forces armées congolaises (FAC) ont contourné Muliro à l'aide des speed-boats pour s'installer à Lulangwa, à 60 km de Moba.

Le chef d'état-major de l'armée du RCD, le commandant Sylvain Buki, a indiqué que ces éléments ont repoussé les attaques des FAC et leurs alliés des FDD (Forces de défense de la démocratie, rebelles hutus burundais) plus au sud, notamment à Zongwe.

L'Union pour la démocratie et le progrès social, parti de l'opposition (UDPS), citant des chefs coutumiers locaux, parle de la présence massive de plus ou moins 5.000 hommes fortement armés des FAC qui font leur infiltration et leur déploiement à Kabinda et Tshilonda au Kasaï Oriental.

Il y a un sérieux problèmes des garanties d'application des décisions du dialogue inter congolais au risque que la République démocratique du Congo se retrouve dans une situation similaire à celle de la Somalie avec des seigneurs de guerre.

De l'avis de plusieurs analystes, une forte autorité internationale devrait être mise en place pour le suivi de l'application des résolutions du dialogue intercongolais.

Congonline.com

 

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