Négociations
de Paix - Sun
City (Afrique du Sud)
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Par leur offensive sur Muliro, le
Ruanda et les RCD torpillent le dialogue intercongolais
Congonline.com - Correspondance
particulière
Bruxelles, 17/03/2002 (Congonline.com)
- Les rebelles du RCD ont annoncé la prise de localité de Muliro (située à 400 Km de
Lubumbashi, sur la rive sud-ouest du lac Tanganyika, à proximité de la frontière
zambienne). Cette annonce survient deux jours après les accusations "d'attaques
massives" du gouvernement congolais en l'encontre de l'armée ruandaise et de ses
alliés rebelles du RCD.
Jeudi dernier, le gouvernement congolais avait décidé de
suspendre sa participation aux négociations de paix de Sun City en signe de protestation
à la reprise des hostilités au sud-est du Katanga, déclenchées par "10.000
hommes de l'armée ruandaise appuyés par les rebelles du RCD", selon le
communiqué du gouvernement congolais.
La MONUC critiqué
"La mission de la MONUC, c'est de faire appliquer
les accords de Lusaka. Si elle ne peut pas remplir ce rôle, qu'a-t-elle d'autre à faire?",
s'est interrogé le ministre délégué à la Défense, Irung Awan, qui faisait le point
de la situation militaire à Muliro
"La MONUC et les mécanismes mis en place pour
surveiller le cessez-le feu n'ont pas fonctionné, en dépit des appels lancés par
l'Etat-major interarmées des forces armées congolaises (FAC) dénonçant l'attitude
belliqueuse du Rwanda", a déclaré M. Irung Awan.
Le Ruanda, qui dément être impliqué dans les combats à
Muliro, accuse Kinshasa de "chercher des boucs émissaires pour contourner le
dialogue intercongolais".
La France accuse le Ruanda et saisit le conseil de
sécurité
Le démenti ruandais contraste avec les affirmations de
l'ambassadeur français à l'ONU, Jean-David Levitte.
"Dix mille hommes des troupes rwandaises ont engagé une offensive dans la
région de Muliro", a déclaré Jean-David Levitte, devant le Conseil de
sécurité lors d'un débat sur la protection des civils dans les conflits armés.
"Il s'agit d'une violation majeure des accords de
cessez-le-feu, a souligné l'ambassadeur, avant de s'en prendre à la MONUC (Mission de
l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo) : il est
inadmissible que la MONUC ne soit pas en mesure de nous donner des indications sur ce qui
se passe à Muliro".
Le diplomate français a demandé l'envoi dans l'immediat
"des observateurs de la MONUC sur place par hélicoptères pour informer de la
situation sur le terrain" tout en lançant une mise garde claire au Ruanda :
"s'il y avait une opposition du Rwanda, ce serait un acte aggravant",
a-t-il ajouté.
Sept bataillons, au moins 10.000 hommes, selon le diplomate
français, participent à cette offensive qui a été lancée dans les dernières vingt
quatre heures à la fois par voie terrestre à partir de la localité de Pepa et par le
lac Tanganyika.
Muliro, a fait remarquer l'ambassadeur, se trouve à près de
600 kilomètres du Rwanda.
M. Levitte a également annoncé que le Conseil se réunira
mardi prochain à la demande de la France pour "discuter des derniers développements
de la situation en RDC, c'est-à-dire l'offensive du Rwanda".
"Nous sommes tous préoccupés par ce
développement", a-t-il ajouté faisant remarquer que cette offensive avait été
déclenchée alors que le dialogue inter-congolais était engagée à Sun City (Afrique du
Sud).
Elle intervient aussi, a-t-il souligné en substance, alors
le Conseil de sécurité a lancé à deux reprises -la dernière fois jeudi- un appel au
calme et a décidé l'envoi, début mai, d'une mission dans la région des Grands Lacs
afin de relancer le processus de paix.
M. Levitte a précisé que la tenue de cette mission, qu'il
doit diriger et qui est prévue pour le début mai, n'est pas remise en cause.
"Ce qui nous préoccupe, a-t-il ajouté, c'est que le
Conseil de sécurité a lancé hier (jeudi) un deuxième appel au cessez-le-feu et que les
combats semblent augmenter en intensité et que l'offensive des contingents de l'armée
rwandaise non seulement ne s'est pas arrêtêe mais s'est aggravée".
Les accrochages ont été nombreux cette semaine
Les Forces armées congolaises (FAC) ont été de nouveau
accrochées, lundi et mardi, par des éléments rebelles du Rassemblement congolais pour
la démocratie (RCD) soutenus par le Rwanda, dans la localité de Pepa, dans le nord de la
province du Katanga.
Le commandant des Forces de la Mission de l'ONU en RDC
(MONUC),
le général Mountaga Diallo, qui l'a annoncé mercredi au cours
d'une conférence de presse à Kinshasa, a relevé que le bilan de
ces accrochages n'a pas été donné, se contentant de souligner que
la MONUC est inquiète des mouvements de troupes dans ce secteur.
La Facilitation tente de débloquer la situation par la voie diplomatique
Pour ramener Kinshasa à la table de négociations, le
facilitateur du dialogue intercongolais, Sir Ketumile Masire, a indiqué vendredi que des
tentatives diplomatiques étaient en cours auprès des pays engagés dans le conflit en
République démocratique du Congo (RDC) pour ramener le gouvernement de Kinshasa autour
de la table des négociations engagées à Sun City.
Le bureau de M. Masire a précisé qu'un mécanisme de
coordination a été mis en place entre le Bureau de la Facilitation et les Nations unies
de manière a nouer des contacts avec les six pays belligérants de la région: la RDC et
ses alliés d'Angola, de Namibie et du Zimbabwe d'un côté, les pays alliés des rebelles
de l'autre --Ouganda et Rwanda-- ainsi qu'avec la Zambie, pays chargé de la médiation du
conflit.
"Une délégation composée de hauts responsables de
ces deux instances a été chargée d'engager au cours du week-end des contacts de haut
niveau avec les autorités de Kigali, Kampala, Harare, Lusaka, Windhoek, Luanda et
Kinshasa en vue de sortir de cette impasse", indique le communiqué du
facilitateur.
Le facilitateur Ketumile Masire a rencontré le président
zimbabwéen Robert Mugabe, parrain et allié de Joseph Kabila afin qu'il conseille au
gouvernement de revenir à la table des négociations.
Le président sud-africain, Thabo Mbeki a, de son côté,
pris langue avec son homologue Paul Kagame du Rwanda, principal allié de la rébellion du
RCD, pour qu'il privilégie les négociations afin de mettre fin à la "première
guerre continentale africaine" qui se déroule sur le sol congolais.
La Facilitation du dialogue intercongolais a choisi de mettre
le week-end à profit pour poursuivre les contacts diplomatiques susceptibles de ramener
les protagonistes sur la table des négociations.
Sous la pression internationale, les rebelles du RCD
se disent prêts à se retirer de Muliro au profit de la MONUC.
Les premières pressions diplomatiques semblent porter ses
fruits. Ainsi, les rebelles du RCD, qui avaient déclarés qu'ils ne céderaient pas un
pouce du territoire nouvellement conquis, ont revu leurs exigences à la baisse ce
weekend.
Me Azarias Ruberwa Manywa a promis de faire, dimanche soir, une
déclaration de cessez-le-feu dans laquelle il prendra également
l'engagement solennel de quitter Muliro dans le cas où le
gouvernement prête serment de ne plus y revenir.
Le secrétaire général du RCD voudrait que l'ONU occupe la
cité et
donne les modalités de protection des habitants de ce point
stratégique qui offre des possibilités de déstabilisation de
toute la région autour du Lac Tanganyika.
Toutes les parties souhaitent reprendre le dialogue
intercongolais
Les différentes parties au dialogue intercongolais de Sun
City, en Afrique du Sud, ont annoncé ce dimanche, séparément, leur volonté de
reprendre le dialogue intercongolais bloqué depuis à cause de la reprise des combats
dans la localité de Muliro et de la divergence des vues sur le futur ordre politique à
mettre en place en RD Congo.
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