Négociations
de Paix - Sun
City (Afrique du Sud)
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Le gouvernement de RDC suspend sa participation au
dialogue intercongolais
JOHANNESBURG, 14 mars (AFP)
- Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a suspendu jeudi sa
participation au dialogue intercongolais de Sun City (Afrique du sud) en invoquant des
attaques "massives" du Rwanda dans l'est de la RDC, affirmation démentie dans
la soirée par l'armée rwandaise.
Le ministre de la Communication de RDC, Kikaya bin Karubi, a indiqué que la délégation
du gouvernement de la RDC allait néanmoins rester pour l'instant à Sun City "pour
donner une chance à la paix". Mais les organisations rebelles voient dans la
décision du gouvernement de Joseph Kabila un refus de fond de négocier un nouvel ordre
politique en RDC.
"Nous avons suspendu notre participation au dialogue", a déclaré M. bin
Karubi, expliquant que "le Rwanda a lancé des attaques massives contre nos
positions, tuant plusieurs personnes".
Selon le ministre, le Rwanda a déployé dans le sud-est du pays sept bataillons qui ont
notamment attaqué des positions gouvernementales à Moliro, à la frontière avec la
Zambie.
L'armée rwandais a démenti ces affirmations jeudi soir à Kigali. "C'est faux,
archi-faux. Ces attaques n'ont pas eu lieu," a déclaré à l'AFP le porte-parole de
l'Armée patriotique rwandaise (APR), le lieutenant-colonel Jean-Bosco Kazura.
"Kinshasa ne veut pas la paix. Ils cherchent peut-être un bouc émissaire", a
ajouté le porte-parole.
Azarias Ruberwa, chef de la délégation du Rassemblement congolais pour la démocratie
(RCD) à Sun City, a dénoncé l'attitude du gouvernement.
"Nous condamnons avec la dernière énergie la décision du gouvernement de boycotter
les négociations pour la deuxième fois, après l'avoir fait à Addis Abeba", a
déclaré à l'AFP le secrétaire-général du RCD. Le gouvernement congolais avait déjà
quitté le dialogue intercongolais en octobre à Addis Abeba, en invoquant à l'époque
des raisons techniques liées à l'insuffisance de moyens financiers.
M. Ruberwa a souligné que la décision du gouvernement de Joseph Kabila intervenait au
lendemain de la victoire électorale du président zimbabwéen Robert Mugabe, le principal
allié militaire du président congolais Joseph Kabila. Selon M. Ruberwa, "la
victoire de Mugabe enivre le gouvernement".
Une analyse que partage un autre mouvement rebelle, le Mouvement de libération du Congo
(MLC) de Jean-Pierre Bemba. Selon le numéro deux du MLC, Olivier Kamitatu, le
gouvernement a "fui la table de négociation sans utiliser préalablement les
instruments à sa disposition , à savoir la MONUC (mission d'observation des Nations
Unies en RDC) qui peut vérifier les violations du cessez-le-feu".
Pour M. Kamitatu, le gouvernement de RDC, renforcé par la victoire de Mugabe, a agi ainsi
"en réalité pour ne pas aborder le point le plus sensible des négociations
politiques: le nouvel ordre politique et la nouvelle armée".
Au cours des derniers jours les discussions bloquaient complètement dans la commission
défense et sécurité du dialogue intercongolais. Le gouvernement de RDC souhaitait une
intégration des mouvements rebelles au sein de l'armée congolaise tandis que les
mouvements rebelles appelaient de leurs voeux une armée totalement renouvelée.
Selon le responsable du MLC, "le gouvernement s'est retrouvé isolé par rapport aux
autres composantes qu'il pensait avoir acheté ou manipulé, notamment l'opposition
politique et la société civile qui se sont retrouvées dans un camp opposé aux thèses
du gouvernement".
Volet politique de l'accord de paix de Lusaka (1999), les Assises de Sun City réunissent
350 délégués du gouvernement, des groupes rebelles, de l'opposition politique et de la
société civile pour négocier un nouvel ordre politique dans l'ex-Zaïre.
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