Négociations
de Paix - Sun
City (Afrique du Sud)
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Conférence de presse du Facilitateur, Sun
City, Afrique du Sud, 5 mars 2002
Sir Ketumile: Nous avons conclu les discussions en soumettant la question de la
représentation aux partis politiques. Il y avait un litige entre les belligérants
eux-mêmes à propos de la représentation des partis politiques à Sun City.
Heureusement, les politiciens qui sont à Sun City et ceux qui sont à Johannesburg sont
parvenus à un accord. Ils ont mené des consultations en vue de trouver une solution. Jai
été contacté à trois reprises au sujet de la prétendue solution. Mais il ny
avait pas de solution parce quun parti avait proposé quelque chose au détriment
des autres.
Le vendredi, jai rencontré les parties séparément mais malheureusement elles nont
pas pu se rencontrer bien quelles maient promis de régler ces divergences et
de soumettre une réponse avant lundi matin. A défaut davoir obtenu une réponse, jai
convoqué les représentants des deux formations politiques et jai abordé la
question. Le principal point de ma réunion avec eux était de les inciter à ne pas
adopter « la politique de lautruche », cest-à-dire de ne pas plonger la
tête dans le sable et prétendre que les autres parties nexistent pas. Je les ai
poussés à être réalistes et à se reconnaître mutuellement.
Ensemble, leur nombre excède le nombre de 55 qui leur est imparti. Dès lors ils doivent
décider comment se répartir ce nombre ou négocier avec les bélligérants une
éventuelle augmentation de ce nombre. Que laccord porte sur 55 ou sur plus de 55,
pour autant quil sagisse dune décision obtenue démocratiquement et que
les bélligérants acceptent, la Facilitation ny fera pas dobjection.
Etant donné quils ne mont pas soumis de réponse à cette question, nous
avons cherché la façon daller de lavant. Comme nous nétions pas
assurés dobtenir leur réponse, nous avons envisagé deux scénarios. Le premier
consistait à tenir une séance plénière et se scinder ensuite, en commissions. Le
deuxième se présentait ainsi : comme nous ne pouvons nous réunir en séance plénière
formelle, sans que toutes les composantes soient présentes, nous devons néanmoins
profiter de la présence de certaines composantes de façon à ce que nous puissions
accomplir une partie du travail. Et lorsque nous commencerons la rencontre formelle, nous
pourrons progresser plus rapidement que si rien navait été fait durant cette
pause.
Ce matin, nous nous sommes réunis dans la salle de conférence. Lune des
composantes était absente. Au moment où jallais clôturer la réunion informelle,
jai reçu un message des partis politiques annonçant quils étaient très
proches dune solution susceptible de satisfaire toutes les parties. Cest alors
que nous avons donné un peu de travail à certaines commissions, pour nous en informer
cet après-midi. Nous reprendrons la réunion à 15H. Si la décision des partis
politiques nous parvient et si elle convient à toutes les parties nous commencerons la
séance plénière des travaux. Si ce nest pas le cas, nous aurons une réunion
informelle.
Q: Il y a des rumeurs selon lesquelles vous pourriez démissionner si les pourparlers avec
les différents partis et la Rébellion ne savéraient pas concluants. Quen
est-il au juste ?
SK: Cela nest pas vrai. Je ne suis pas lié par un contrat. Si je veux
démissionner, je prendrai ma veste et partirai.
Q: Votre Excellence, vous avez dit que la résolution du problème de la liste
additionnelle a été confiée aux partis politiques eux-mêmes. Cependant, au même
moment, vous disiez que si « nous avons une réponse satisfaisante pour toutes les
parties, nous pouvons reprendre la réunion formelle. Cela veut-il dire quau cas où
cette réponse ne satisferait pas lune des parties belligérantes, nous serons tenus
dattendre cette partie? Ma deuxième question concerne les pouvoirs du Facilitateur
?
SK: Si lune des parties belligérantes veut faire de la représentation des partis
politiques un prétexte pour boycotter le Dialogue, elle peut le faire. Pour ce qui est de
votre deuxième question, les pouvoirs du Facilitateur sont très limités, mais il peut
user de son pouvoir discrétionnaire, sil le juge nécessaire.
Q: Plusieurs voix préconisent de convoquer la réunion plénière avec les délégués
qui sont disposés à le faire, quitte à ce que les autres rejoignent ultérieurement les
commissions qui ont déjà commencé leur travail, après sêtre organisés. Que
pensez-vous de cette proposition ?
SK: Nous avons décidé douvrir la réunion avec ou sans la présence des
composantes. Si toutes les composantes ne sont pas présentes, nous sommes tenus par le
règlement dordre intérieur de nengager que des discussions informelles. Il y
a donc un vide juridique grâce auquel nous pensons quil y a moyen de commencer une
partie du travail avec au moins les délégués présents. Et ceux qui ne le sont pas,
pourront venir lors de la réunion formelle et pourront y avoir voix au chapitre.
Q: Dans une séance plénière informelle, y a-t-il des questions particulières que vous
ne pouvez pas aborder ou, au contraire, ce genre de réunion peut traiter de tous les
problèmes ?
SK: Au fur et à mesure que nous avançons, il y aura des questions que nous pourrions
éventuellement reporter jusquà ce que tous les délégués soient réunis.
Toutefois, il y a des questions qui ne pourront être abordées en labsence dautres
délégués, nous y reviendrons lorsque tout le monde sera présent.
Q: On rapporte que lopposition politique pense que vous collaborez avec le
gouvernement pour maintenir le processus dans limpasse. Pourriez-vous répondre
clairement à cette question, sans utiliser un jargon diplomatique?
SK: En vérité, au cur du problème, il y a deux listes. Une liste souvent citée
comme Liste de Gaborone ou liste des 45. Il existe aussi la liste des 20 représentants de
lopposition politique. Quand nous nous sommes réunis à Gaborone, nous avons
décidé que les 15 partis politiques présents devraient augmenter leur nombre en
ajoutant certains membres de leurs propres formations politiques ainsi que les membres dautres
partis politiques. Mais quand ces 15 ont rejoint Kinshasa, ils ont dit quils
allaient seulement ajouter les membres de leurs formations pour constituer la composante
opposition politique du Dialogue. Cette attitude na été appréciée ni par les
autres partis politiques, ni par la Facilitation, ni par le gouvernement.
Cinq mois plus tard, le 6 décembre 2001, les belligérants ont réalisé que les partis
politiques avaient échoué dans leur tâche consistant à compléter la désignation des
représentants de lopposition politique et ont, dès lors, accordé à la
Facilitation le droit daugmenter leur représentation jusqu à 30 délégués ou
plus, mais délargir, en plus la représentation dautres partis politiques,
ainsi que le droit délire 20 représentants.
Ces 20 représentants ont été conformément à ce qui a été convenu à Lusaka. Les
principes signés à Lusaka stipulent que chaque composante doit désigner ses propres
représentants sans aucune entrave, ni influence extérieure. La Facilitation sest
engagée à créer les conditions nécessaires à leur désignation. Les 20 représentants
étaient désignés formellement à linstar des 15 qui étaient à Gaborone.
Cependant lorsque nous avons convoqué la réunion de Sun City, les 15 auxquels nous
avions octroyé le droit daugmenter leur nombre à hauteur de 30 délégués ont
annoncé dit quils ne participeraient pas au Dialogue.
Le MLC leur a emboîté le pas. Dès lors, nous avions deux problèmes à résoudre. Dune
part, ramener le MLC à de meilleurs sentiments et accepter que ces 20 personnes
rejoignent Sun City. Dautre part, chercher le moyen de faire venir le groupe de
Gaborone à Sun City avec 30 délégués. A lheure actuelle, nous espérons que
cette question sera résolue.
Nous pensions que les belligérants pourraient venir ensemble et essayer de trouver un
compromis mais ils ont tardé à venir ou ont refusé dassister à la réunion.
Aussi, comme les 20 sont finalement arrivés à Sun City et étant donné que le MLC sest
plaint à propos des 30, nous avons estimé que nous devions faire un geste pour les
encourager. Donc, nous avons permis aux 15 de faire venir trois délégués par formation
au lieu de deux, ce qui, par voie de conséquence, a augmenté de 15 membres le nombre
total de la délégation des partis dopposition. Cest le problème auquel nous
devons, à présent, faire face. Les 45 pensent quils ont davantage de droit à
être à Sun City que les 20. De leur côté, les 20 disent quils ont plus de droit.
Q: A Addis Abeba, des difficultés financières ont empêché la poursuite de la réunion.
Maintenant, vous avez les moyens de continuer ces pourparlers. Il nen demeure pas
moins que, aucun progrès substantiel na été enregistré bien que nous entamions
aujourdhui le huitième jour. Envisagez-vous de prolonger le Dialogue au-delà de 45
jours?
SK: La vérité doit être dite. Nous avons honte davoir passé une semaine ici sans
avoir réalisé le moindre progrès. Nous espérons trouver les voies daplanir les
différends. Comme je lai annoncé, nous essayerons de rattraper le maximum de temps
perdu. La deuxième question, principalement la délocalisation du Dialogue
Inter-Congolais. En effet, nous sommes entrain de négocier pour voir comment seffectuera
la délocalisation et à quel endroit.
Q: En vertu de larticle 6 de lAccord de Lusaka, les « Forces vives » et lopposition
politique ont la latitude de désigner leurs représentants en toute liberté après avoir
consulté les parties congolaises. Estimez-vous que la position du MLC est fausse et quils
nont aucun droit de rejeter la liste additionnelle des 20 ?
SK : A mon avis, les belligérants ont tort de vouloir se prononcer sur la sélection des
autres composantes. Il est clairement stipulé dans larticle 6 des 49 articles
signés à Lusaka que chaque composante et chaque entité éliront leurs représentants
sans intervention externe sur cette composante ou cette entité. Quil sagisse
du MLC ou de toute autre composante, sils interviennent dans la désignation des
membres dautres composantes, ils dépassent les limites.-FIN
Source: Bureau du Facilitateur du
Dialogue Inter-congolais
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