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ar2-r.gif (1769 octets) LITTERATURE
Exploité sauvagement par l'Europe dés la fin du 19ème siècle et annexé en 1908 par la Belgique, la République démocratique du Congo(ancien Congo Belge et ex-Zaïre) a subi un siècle de violence caractérisé par "l'anéantissement de l'humain au profit du développement économique". Ces propos de l'écrivain et critique congolais Mukula Kadima-Nzuji expliquent en partie la raison pour laquelle il a fallu attendre l'après guerre et le recul progressif des forces coloniales pour qu'une élite intellectuelle locale ait enfin droit à la parole et qu'un mouvement littéraire de langue française prenne forme. Certes, on pourrait signaler Bantu (1910) un essai de Stefano Kaoze qui fut un des La Psychologie des premiers Congolais à être ordonné prêtre et à écrire en français. Cependant, c'est surtout le courant de renouveau qui souffla à la fin de la guerre et la création du mensuel La Voix du Congolais en 1945 qui marquèrent le début d'une littérature congolaise originale. Après un demi siècle d'éditions missionnaires à but pastoral, souvent en langues congolaises (Kikongo, Lingala, Otetela, Swahili, Tshiluba...) La Voix du Congolais signale une prise de conscience politique et culturelle des Congolais.

Deux personnalités ont marqué cette époque: Antoine-Roger Bolamba (devenu Lokolé en 1972, après la décision de l'ex-dictateur Mobutu d'imposer des noms à consonance Bolamba africaine à tous ses concitoyens) et Lomami-Tshibamba. D'autres écrivains méritent aussi d'être signalés: Paul Désiré-Joseph Basembedans l'écriture d'une pièce de théâtre en 1956 ou , Albert Mongita et Lumumba qui a laissé quelques écrits politiques avant d'être assassiné peu après l'indépendance. En 1962, la création d'un centre de littérature Romane d'Inspiration Africaine à l'Université Lovanium favorisa l'émergence d'une nouvelle génération d'écrivains. Au nombre des auteurs les plus connus, on peut signaler Lisembé (Philippe) ElebeMudimbe , (Edmond) Withankenge , Timothée Malembe, V. Y. Walukumbu-BeneKayembe Mubadiate Buabuaou Zamenga Batukezanga. Au cours des années 1980, plusieurs nouveaux auteurs font leur apparition sur la scène littéraire congolaise, les plus connus étant sans doute Pius Ngandu Nkashama, Kama Kamanda ou l'homme de théâtre Kashi M'Bika Katende. Un survol de la littérature congolaise au début des années 1990 publié dans par l'auteur et critique littéraire, Georges Ngal, relève la vitalité des auteurs de ces dernières années. En ce qui concerne l'écriture féminine, un recensement complet des textes publiés reste à faire, mais il faut noter que les premières femmes de lettres congolaises publient déjà à la fin des années 1960, surtout de la poésie. Les premiers vers de Madiya (Clémentine) Nzuji, sortent en 1967, ceux d'Ikole (Ivonne Marie-Claire) Botuli-Bolumbu en 1972 et ceux de Lima-Baleka Bosek'Ilolo en 1973. La même année, Christine Kalondji publie une nouvelle aux qualités littéraires incontestables. En 1977, c'est au tour de Tol'ande (Elisabeth) Mweya de publier deux nouvelles. Ntumb Diur se lance dans le théâtre (Zaïna qui hurle dans la nuit) et Kabika Tshilolo dans l'écriture d'un roman en 1986. Signalons enfin l'(auto)biographie de Léonie Abo qui relate l'insurrection paysanne de 1963-1968, et les massacres de l'armée de Mobutu, vus de par une femme combattant aux côtés des résistants.

Pour plus de renseignements sur la littérature africaine, voir Lire les femmes écrivains et la littérature africaine.