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Revue Pistes et Recherches

PISTES ET RECHERCHES

Revue Scientifique

CONTRIBUTION A L’HISTOIRE DU RECRUTEMENT DE LA MAIN-D’OEUVRE INDIGÈNE AU CONGO- BELGE

CAS DU COLONAT EUROPÉEN AU KWILU (BANDUNDU)
ET A KALIMA ( MANIEMA)

( SUNKEYI-DA Yekama-Yeyu, Assistant à l’Institut Supérieur Pédagogique de Kindu (Maniema), R.D.C )

 

RESUME

Tirant parti de recherches entreprises dans le Bandundu sur le colonat européen, nous les confrontons avec la situation rencontrée dans l’entreprise Symétain de Kalima. Les similitudes sont telles que les deux cas peuvent être traités ensemble.

De cette ressemblance, nous concluons que le recrutement des travailleurs indigènes dans de mauvaises conditions humaines, répondait à une politique tolérée si pas voulue par le colonisateur

INTRODUCTION

Faire l’histoire de recrutement de la main-d’œuvre indigène au Congo Belge n’est pas facile, car plusieurs documents de l’histoire coloniale de notre pays sont dans les mains des colonisateurs qui sont à la fois juges et parties.

Pourtant, la main d’œuvre indigène est restée la principale préoccupation des colonisateurs. Elle a, en effet occupé une place de choix dans presque tous les rapports sur l’administration du Congo Belge.

La nécessité d’une main-d’œuvre n’est pas à démontrer. Elle constitue la base du progrès économique de toute entreprise. Il ne suffisait donc pas pour les entreprises coloniales de posséder de grandes concessions de terre mais encore fallait-il les mettre en valeur.

Malheureusement, il n’existe presque pas de livres qui exaltent les mérites de la main-d’œuvre indigène congolaise dans l’édification de notre pays. Tous les livres d’histoire du Congo Belge rendent hommage uniquement aux bâtisseurs de l’empire colonial. Les statues du Roi Léopold II ainsi que celles de l’explorateur STANLEY ( et autres) en sont des exemples éloquents.

Cette attitude est certes la preuve du mépris qu’a affiché le colonisateur à l’égard des autochtones. Le colonisateur récusait toute capacité créatrice au colonisé.

CHEICK ANTA DIOP (1965) l’explique dans Nations Nègres et Cultures : " Le conquérant ... déniait aux rebelles toute capacité de création, c’est-à-dire ce qui fait la valeur suprême de l’homme et ne leur connaissait que les valeurs inférieures d’imitation " (NGAMAYAMU , D. 1982).

Ainsi, le rôle joué par des autochtones dans la construction de notre pays a été minimisé. Voilà pourquoi nous nous penchons sur cette question en vue de réécrire l’histoire de recrutement de la main-d’œuvre au Congo ainsi falsifiée.

Nous nous poserons les trois questions ci-après :

  1. Comment et pourquoi recrutait-on la main-d’œuvre indigène pendant l’époque coloniale ?
  2. Quelle était l’attitude des autochtones face au recrutement ?
  3. Quelles en étaient les conséquences et quelle leçon l’autorité publique doit-elle tirer en ce qui concerne le problème de recrutement et des salaires dans notre pays ?

Nous avons fait recours à la méthode historique qui procède par deux étapes (analyse et synthèse) tout en critiquant les sources tant écrites qu’orales. La parfaite connaissance de notre passé présuppose une analyse minutieuse et systématique des témoignages, en nous imposant une attitude de sereine objectivité, de répudier toute thèse a priori. Pour cela, un choix judicieux de documents doit être fait étant donné que tous leurs auteurs sont européens.

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