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DES MASQUES DANS LA CIRCONCISION
Cas de la société traditionnelle Yaka.
(MBALA Manzembe et BAKATA
Ibula, Assistants à l'Institut Supérieur Pédagogique de Kikwit)
(suite)
2. LES PRÉPARATIFS à LA CIRCONCISION
Tout homme yaka est circoncis à
lâge de la puberté, ou un peu avant ou après. La circoncision dans les sociétés
ancestrales est une étape capitale de la vie, une initiation à la vraie vie, une
naissance à la nouvelle vie.
Avant la circoncision qui est-on donc ?
Sinon une femmelette, un enfant ! Après la circoncision par contre, on devient
parfaitement homme. " Les Arouches ne croient-ils pas à un changement de
lâme au cours de la circoncision
"(BAUMANN, H., et al.,
1967) ? Cest pour ainsi dire que lhomme doit grandir. Ce passage de
lenfant à ladulte que nous appelons ici la circoncision exige une
préparation.
Avant la circoncision, on doit connaître
le nombre denfants qui seront circoncis. Les parents des néophytes doivent se
préparer à la circoncision : achat de viande : poule, bouc, poisson etc., qui serviront
pour la fête douverture. Chaque parent doit choisir un Kitapa (le
" circonciseur ") de son enfant. Chaque enfant reçoit de son oncle le
" lupemba " : un cadeau qui peut être un bouc, une chèvre, un
coq, un symbole pour éviter un accident éventuel.
Le jour fixé étant arrivé, tous les
néophytes doivent se trouver dans un camp érigé pour la circonstance.
En cet endroit, les nouveaux circoncis
" Tundansi " passent un à deux jours. Lentrée au camp
initiatique est strictement interdite aux femmes.
Pendant ce temps, les jeunes gens déjà
circoncis lors dune précédente nkhanda, les Tulombusi, et qui,
en échange reçoivent les intestins des animaux tués à la chasse et de nombreux
cadeaux, à la fin de la nkhanda.
Ces leçons se déroulent toujours devant
une assistance nombreuse de la part des autres hommes du village, qui sy rendent
même abandonnant leur petit travail. Cest là certainement lune des raisons
de la popularité de cette institution et de sa persistance : la nkhanda est en
quelque sorte le club des hommes du village. Cest donc dire quon ne
peut toucher à aucun aspect de léducation coutumière, que ce soit à
léducation sociale, morale intellectuelle, religieuse ou esthétique, sans toucher
en même temps au problème des initiations (ERNY, P., 1972).
Quand chacun a bien appris son rôle ,
soit le chant, soit le tam-tam, soit la danse et quand certaines obligations envers les
organisateurs de la nkhanda Kazudi et Nlopo sont remplies, alors
les Tundansi et Tulambusi se préparent à la finale de la nkhanda.
Cest-à-dire , une tournée de danse dans les villages de Bayaka proches ou
éloignés, en fonction du programme préalablement établi à lavance.
3. LA CIRCONCISION PROPREMENT DITE
Le jour de la circoncision venu, les
candidats doivent aller se laver très tôt matin, habillés en jupes de raphia (masabala),
se oignent de kaolin rouge (nkula) et mettent des perles.
La circoncision a lieu tôt le matin. Le
" circonciseur " (Kitapa) shabille en sorcier. Le
candidat sassied sur le mondo en même temps que le batteur de tam-tam qui
entonne la chanson :
Samba twabukwené é
Samba twabukwené é (sans arrêt)
ce qui signifie :
Nous avons coupé la prépuce
Nous avons coupé la prépuce
Le Kapita est le premier à être
circoncis et la mbala le dernier. Le candidat à la circoncision ne peut pas
pleurer quand on coupe la prépuce sous risque de se faire huer et injurier par ses
parents.
Après la circoncision, les nouveaux
circoncis sont placés dans la case autour du feu. Un des
" circonciseurs " (Kitapa), le plus sage, est choisi pour
les nourrir. Ainsi, avant de servir les circoncis, il doit dabord manger lui-même,
puis il peut les servir en utilisant la pointe de couteau qui a servi à la circoncision.
Cette nourriture veut dire que les circoncis ne doivent pas mourir parce que le prépuce a
été coupé et le sang a coulé.
Après trois jours, les nouveaux circoncis
doivent aller se laver dans une grande rivière, habillés de la même façon quau
début de la circoncision. En route, le Kapita se met devant et la mbala
derrière. Quand un circoncis ne veut pas nettoyer sa plaie, ce sont les deux précités
qui le font à sa place.
De temps en temps, pour se distraire, ils
tendent des pièges. Les bêtes capturées appartiennent à toute la communauté. Cette
vie communautaire crée entre les membres une sensibilité, un courant de réceptivité
aisément perceptible. Comme dit DE BEIR, L., (1975) : ils ont des antennes par
lesquelles, ils captent les dispositions et les impressions du bloc du clan, des
impulsions extrêmement puissantes, parfois extrêmement dangereuses : on dirait une
télépathie communautaire qui, au moindre mouvement, fait vibrer la sensibilité de tous
les individus.
Si par contre un de nouveaux circoncis ou
un nombre de sa famille est décédé, on ninforme personne jusquà la
clôture de nkhanda.
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