| MORPHOLOGIE ET CHOIX DU SITE DE KIKWIT
(KAKESA Kambembo et MUBANGA Nzo Ayum, Assistants à l'Institut
Supérieur Pédagogique de Kikwit)
RESUME
Les proportions inquiétantes atteintes aujourd'hui par
le processus de dégradation des sols dans la ville de Kikwit, nous a amené à
réfléchir sur le conditions qui ont milité pour le choix de ce site de Kikwit et
d'analyser sa morphologie.
INTRODUCTION
Kikwit est une deux villes de la province de Bandundu. Une
ville du monde tropical dont la rapide croissance démographique ne s'est pas accompagnée
d'une maîtrise suffisante de l'évolution du milieu physique.
Ce site pose de nombreux problèmes morphologiques : ravinements et dégradation des sols,
à cause du mauvais emplacement et de l'existence des éléments du milieu physique qui
sont d'instabilité naturelle.
En effet, la recherche de nouveaux espaces a conduit la population à s'installer sur les
terrains impropres à l'urbanisation brisant ainsi l'équilibre du milieu physique. Cette
occupation spontanée, anarchique et incontrôlée de la ceinture du relief
sablo-argileux, a déclenché le processus d'érosion qui détruit le paysage urbain et
gène l'évolution et le progrès de la ville de Kikwit.
Le choix de ce site a été fait sans examen préalable de la morphologie du terrain. Les
impératifs économiques se sont imposés.
Selon le dictionnaire Robert (1968), le site est une configuration du lieu, du terrain où
s'élève une ville , la manière dont elle est située. Pour GEORGES, P., (1974) le site
est un cadre topographique dans lequel s'est implanté la ville. MERENNE, E., (1981)
considère le site comme l'emplacement précis d'une ville ou d'un village déterminé par
le relief, l'exposition et la situation par rapport à un cours d'eau ou la mer. Ainsi, le
site est donc l'une des principales conditions de l'implantation d'une ville.
En effet, comme le note VAN CAI LLIE (1985) " les aménageurs de l'espace urbain
commettent souvent l'erreur de considérer les données physiques de terrain comme
secondaire par rapport aux moyens techniques en mettre en uvre pour réaliser leurs
projets ".
De telles erreurs dans le choix de site urbain sont dangereuses et conduisent souvent à
des catastrophes. Car l'étude préalable de la morphologie d'un site permet d'une part de
prévoir le plan d'extension et de mise en valeur de la ville et d'autre part contribue à
protéger la ville contre les érosions et de faciliter son assainissement.
Actuellement trop des sites urbains en Afrique tropicale sont exposés à des
dégradations chroniques du fait d'un mauvais choix.
Le cas de Kikwit est très éloquent. Dans cette ville, l'érosion a atteint un stade de
gravité extrême à la suite d'une mauvaise occupation du terrain. A Kikwit, l'habitat
court à travers un milieu physique qui continue à subir son évolution à cause de la
pente et surtout du relief. Les caractères topographiques ne sont pas l'objet d'un examen
attentif lors de constructions.
Jusqu'aux années 50, Kikwit s'est donc cantonné sur la terrasse alluviale, de la ville
basse. Après les années de l'indépendance, la cité est le vague d'un puissant
exode rural. L'habitat déborde tant sur les versants à forte pente de Poto-poto ,
Bongisa, Wenze et sur les interfluves inclinés du quartier Bruxelles. L'extension de la
cité a été à l'origine de la dégradation de la ville.
Une telle extension de l'agglomération de Kikwit n'a pas manquer de poser de problèmes
au niveau de l'urbanisme et la voirie, de l'alimentation en eau et de la répartition des
activités ou de l'implantation de nouveaux citadins.
L'objectif de cette étude est de tenter de décrire la morphologie du site de Kikwit pour
dégager son influence sur la dégradation actuelle.
Les données utilisées dans cette étude proviennent de mesure de terrain et celles
calculées à l'aide de l'assemblage photographique au 1/20.000 ème de l'Institut
Géographique national(I.G.N.) en 1989 et au plan avec courbe de niveaux de 1954 au
1/4.000 ème réalisé par l'Institut Géographique du Congo (I.G.C.) à partir de la
photographie aérienne.
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