Travail
forcé pour le cuivre et pour l'or - L'histoire du Congo 1910-1945,
de Jules Marchal, Editions Paula Bellings,
Borgloon 1999, Tome 1.
Les
historiens universitaires belges reconnaissent actuellement que le régime
de l’Etat indépendant du Congo était néfaste pour les habitants
de ce pays. Mais ils le font en affirmant que la reprise de cet Etat
par la Belgique en 1908 mit radicalement fin à ce régime.
L’auteur
du présent livre, en ajoutant créance à cette affirmation, en 1985
conclut sa version en néerlandais de l’histoire de l’Etat Indépendant
par un chapitre intitulé : Le Congo Belge devient une colonie
normale. Par ce titre il entendait : une colonie abandonnant
les méthodes d’exploitation du XVIIe siècle pour opérer selon des
principes modernes. Il voyait ce chapitre comme point terminus de son
voyage de découverte dans l’histoire coloniale belge qu’il avait
entrepris pour rechercher la vérité sur l’Etat Indépendant.
Mais les
archives des premières années du Congo Belge, auxquelles l’auteur
se vit confronté dans la dernière phase de son voyage, ne manquaient
pas d’éveiller en lui les doutes quant à la justesse de l’axiome
du changement radical par suite de la reprise. Examinant ces archives
de près, l’auteur n’y vit pas de rupture avec le passé. Cette
constatation l’amena à s’imposer un nouveau voyage de découverte,
ayant pris le caractère d’une mission : la recherche de la vérité
sur la période 1910-1945 du Congo Belge.
Le présent
livre est le premier fruit de cette mission. Il consiste en deux récits
révélant la face cachée de l’histoire tant vantée des fleurons
des sociétés coloniales ayant exploité le cuivre et l’or. Cette
face consiste en des déportations sur des d’énormes distances (à
parcourir à pied), en l’abattage des villageois récalcitrants
comme du gibier, en du travail forcé dans des conditions mortelles,
en la corruption des chefs africains pour livrer les forçats et leur
nourriture, en l’extorsion de cette nourriture contre une fraction
de sa valeur – le tout sous le signe de la mission civilisatrice,
sous le prétexte d’apprendre aux Africains les bienfaits de la loi
du travail.
L’auteur
compte, Deo volente, compléter ce premier tome par d’autres,
concernant une période de l’histoire du Congo aussi mal connue que
celle d’avant 1910.
| Jules Marchal est
né dans le Limbourg (Belgique). Docteur ès philosophie et
lettres (Université catholique de Louvain) ;
fonctionnaire territorial au Congo belge (1948-1960) ;
conseiller technique au Congo-Zaïre (1960-67) ;
diplomate (1968-89). |
L’édition
en langue française des quatre volumes de l’histoire du Congo de
1876 à 1910, de Jules Marchal, constitue à ce jour la meilleure étude
sur cette période cruciale. Je me suis inspiré de son ouvrage, à
proprement parler encyclopédique, à d’innombrables reprises.
Adam
Hochschild,
Dans le
best-seller Les fantômes du roi Léopold |