L'Ajustement
politique africain. Pour une démocratie endogène au Congo-Kinshasa,
de Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo, Paris, L'Harmattan, Montréal Inc., 1999,
284 p.
Le
destin de l’Afrique se joue dans un cercle vicieux. Après la démocratie
des années 60, on est passé à l’autocratie, au nom de l’Unité
nationale et du Développement, avant de retourner à la démocratie
des années 90, qui s’efface de nouveau au profit de l’autocratie.
Le résultat est consternant. Où est la faute ?
Selon
l’auteur, la cause principale de l’effondrement africain généralisé
est à rechercher dans la démission des élites locales face aux
tares du modèle politique hérité de la colonisation. Depuis les indépendances,
les élites africaines ne sont pas parvenues à identifier le problème
majeur posé par l’Etat en Afrique. Celui-ci, né du despotisme
européen exacerbé par le colonialisme, a aplati toutes les « différences »
et contradictions inhérentes à la juxtaposition de populations, en
les soumettant à une centralisation forcée exogène. Les identités
communautaires ou régionalistes ont été ignorées ( voire
instrumentalisées quand nécessaire) mais elles ont survécu et prospèrent
en temps d’incertitudes.
L’Afrique
souffre de ses structures politiques issues d’Etats-Nations
quasiment inexistants sur le continent ! Tout processus d’émancipation
de cette camisole de force passe par un ajustement politique
indispensable, qui prenne en compte tous les niveaux des sociétés
africaines et notamment la « tribu », l’« ethnie »
ou la région. Le citoyen africain peut à la fois être loyal à son
foyer culturel et à son pays territorial. Et un modèle politique démocratique
est possible en Afrique. L’auteur en dessine les contours au cœur même
du réel africain.
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Mayoyo
Bitumba Tipo-Tipo fut élève des jésuites au collège Kiniati, dans
la province de Bandundu au Congo-Kinshasa. Licencié en Langue et Littérature
Françaises ainsi que Licencié en Langue et Littérature Anglaises de
l’Université de Lubumbashi en 1984, il est également Licencié Spécial
en Coopération et Développement de l’Université Libre de
Bruxelles depuis 1994.
Premier
lauréat du concours d’éloquence ouvert aux finalistes de son
université, en mai 1984, par le Rotary Club de Lubumbashi, en
collaboration avec le Rotary Club de Kinshasa, il a exercé dans son
pays les fonctions de commis, tout en étant élève (1974-76),
d’enseignant (1976-77), de contrôleur-quantité dans un chantier
naval (1977-78) et de logisticien dans une entreprise agricole et
cotonnière (1984-91).
Il
a déjà publié : Migration
Sud/Nord. Levier ou obstacle ? Les Zaïrois en Belgique,
Bruxelles, Institut Africain CEDAF, Paris, L’Harmattan, 1995, 168 p.
Et il attend actuellement le feu vert des éditeurs sur un essai ayant
pour thèmes la couverture de la guerre du Congo par les médias
occidentaux et les enjeux du conflit.
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