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AGRONOMIE ar2-r.gif (1769 octets) Manioc
Le manioc est une Euphorbiacée originaire de l'Amérique du Sud. L'histoire révèle qu'il était déjà cultivé par les populations locales du Brésil, de la Guyane et du Mexique, à l'époque précolombienne.

Les quarante-deux espèces connues du genre Manihot sont toutes spontanées en Amérique, la plupart au Brésil, quelques unes à la Guyane, au Pérou et au Mexique. Amené en Afrique par les navigateurs portugais vers l'an 1.600, le manioc s'est rapidement développé dans le centre de l'Afrique. Actuellement, il est cultivé dans toutes les régions chaudes du globe.

Le manioc est une plante arbustive, semi-ligneuse, atteignant en culture 2 à 3 mètres de hauteur. Elle est pluriannuelle, mais généralement cultivée comme plante annuelle. Comme tous les Euphorbiacées, ses diverses parties contiennent du latex. Les tiges, dont le diamètre ne dépasse pas 2-3 cm, sont en grande parties remplies de moelle et, de ce fait, fort fragiles. Les feuilles sont alternes, à multiples lobes foliaires, de formes variées. La couleur des feuilles, quelques fois pourpre dans le jeune âge, est vert clair à vert foncé. Les feuilles sont portées par de ongs pétioles; ceux-ci, de même que les nervures foliaires, sont de couleur verte ou rouge à pourpre, plus rarement blanchâtres.

Les inflorescences sont des panicules terminales. Les fleurs unisexuées sont de couleur rose, pourpre, jaunâtre ou verdâtre. Elles sont dépourvues de corole. On rencontre des flleurs mâles et des fleurs femelles dans la même inflorescence, mais la floraison n'a jamais lieu en même temps. Les fruits sont des capsules déhiscentes, éclatant bruyamment à maturité. Les racines subérisées contiennent un glucoside cyanogénétique appelé manihotoxine. Suivant que ce glucoside est principalement localisé dans la région externe des racines ou qu'il est uniformément réparti dans tous les tissus de la plante, et surtout suivant la teneur en ce glucoside, on distingue des variétés douces et des variétés amères. Ces deux groupes de variétés se différencient peu par leurs caractères botaniques. Ils ne sont pas considérés comme des espèces distinctes et appartiennent tous deux à l'espèce Manihot esculenta.

Dans l'ancien Congo belge, le manioc fut rapidement connu et apprécié par les populations locales et prit progressivement la place des divers féculents de cueillette ou de culture, à tel point qu' actuellement il constitue, avec la banane, l'aliment hydrocarboné de base de la plupart des Congolais. Sa popularité résulte avant tout de ses qualités exceptionnelles : croissance vigoureuse, rendement assurés et très élevés, travail restreint et facile, aptitude spéciale à réussir après défrichement, résistance à la sécheresse, facilité de conservation dans le sol, etc...

Dans le srégions à saison sèche trop prolongée ou à température peu élevée par suite de l'altitude ou de la latitude, le manioc est surtout cultivé comme vivre de réserve. Les rendements y sont naturellement inférieurs par comparaison avec ceux que l'on enregistre dans les régions chaudes et humides. Au-delà de 1.800 mètres, le manioc se développe très lentement, aussi ne l'y trouve-t-on qu'exceptionnellement. Le manioc peut croître dans toutes les régions de la République démocratique du Congo, mais il affectionne un climat chaud et pluvieux. En aucun cas, le manioc ne supporte la gelée. C'est une plante héliophile qui requiert une insolation abondante. Elle résiste mal aux vents violents et doit être plantée dans des endroits abrités. Le manioc s'accommode de toutes espèces de sols, mais sa production sera toujours fonction de la qualité du terrain. Il préfère les sols sablo-arileux profonds, meubles et bien drainés.

Avant d'être consommées, sous quelque forme que ce soit, les racines de manioc des variétés amères doivent subir un traitement qui les débarasse de leurs propriétés toxiques. Les racines elles-mêmes contiennent un enzyme propre à dédoubler la manihotoxine : la linase. Ce dédoublement ne s'opère toutefois qu'en présence de l'air. Les racines de manioc débarassées de leur écorce peuvent être transformées en farine après dessiccation. La farine obtenue par pilonnage ou mouture des racines séchées est employée comme telle dans l'alimentation. Une autre méthode consiste à soumettre pendant 36 à 48 heures les racines pelées au rouissage dans une eau courante, de préférence. La fermentation qui s'installe rapidement éliminent pratiquement tout le glucoside. La farine provenant des racines rouies est utilisée pour la préparation des "chikwangues" qui constituent l'aliment de base pour une bonne partie des Congolais.

La racine de manioc est un aliment assez pauvre. Elle ne renferme que 0,50 à 0,75 % de matières protéiques, 0,33 % de glucose et 1 % de saccharose et dextrine; elle contient quelque 35 % d'amidon mais pas du tout de matières grasses; le reste de la matière sèche est en grande partie constitué de cellulose.